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L'AUTOGESTION ANARCHISTE
FEDERATION ANARCHISTE
Collectif
Les éditions du Monde Libertaire
Collection Brochure Anarchiste
ISSN 1159-3482 - ISBN 2-903013-99-3
Editions du Monde Libertaire 145 rue Amelot - 75011 Paris
http://www.federation-anarchiste.org/editions
Pas de copyright : Reproduction libre en citant la source.
Extraits de la brochure l’Autogestion anarchiste qui vient
de paraître aux éditions du Monde libertaire.
L’autogestion anarchiste
Premier extrait
jeudi 2 février 2006
La brochure : L’Autogestion anarchiste est disponible à
la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e, au
prix de 3 euros.
http://public.federation-anarchiste.org/article.php3?id_article=236
Le règne de la marchandise, associé au développement
des nouvelles technologies, a une nette tendance à s’approprier
des icônes, des concepts ou des mots issus d’un vocabulaire
politique. Que ce soient une compagnie de chemin de fer ou une chaîne
d’hypermarchés ou des marques de vêtements. L’usurpation
d’une culture de la contestation issue des années 70
est utilisée à la fois pour la tourner en dérision,
la vider de son sens en la normalisant via la publicité,
mais aussi parce qu’elle conserve sans doute un certain attrait.
Parmi ces conceptions « retournées », il y a
l’autogestion.
De nombreux produits en ligne sur Internet, ou par téléphone,
sont en effet proposés au consommateur sous forme de libre-service
afin d’adapter les besoins du client aux options commerciales
proposées par l’opérateur. Ainsi,le «
Do it yourself » des années 70 fait maintenant résonance
au plus récent « Autogérez votre consommation
» et autres « Autogérez vos forfaits ».
L’autogestion... Issue des plus profondes aspirations à
l’émancipation, sans cesse enrichie par les peuples
et les civilisations qui se la sont appropriée, elle nous
reviendrait aujourd’hui sous forme de hochet consumériste
?
Alors, « has been », l’autogestion ?
En France, à côté de collectifs éditoriaux
(la revue Autogestion, Autogestion et socialisme, etc.) ou pédagogiques,
ce sont surtout deux organisations qui ont popularisé l’autogestion
jusqu’au milieu des années 70. D’une part la
CFDT, fraîche séparation du syndicat chrétien,
la CFTC ; d’autre part, une organisation politique aujourd’hui
disparue, le Parti socialiste unifié. Chacune a, dans le
monde du travail et dans la vie politique, permis l’éclosion
de réflexions et d’expérimentations, mais principalement
sur la voie social-démocrate de l’étatisation
et de l’intégration de l’économie autogestionnaire
au développement capitaliste. La conception de l’autogestion
fut à ce point vidée de son contenu révolutionnaire
que les partis socialiste et communiste d’alors pensèrent
intégrer ce volet dans leur « Programme commun de gouvernement
» en 1972. Ce qui permet aussi, rétrospectivement,
de se dire que la pratique autogestionnaire était sans doute
très populaire.
Aujourd’hui, que reste-t-il de cette revendication de la «
deuxième gauche » d’alors ? Plus rien, ou si
peu. Le mot « autogestion » semble avoir disparu du
vocabulaire politique contemporain. De nos jours, la « deuxième
gauche », qui trouve à peu près son équivalent
dans la « gauche altermondialiste », revendique la «
démocratie participative » Porto Alegre au Brésil
faisant figure d’exemple. La seule formulation de ce concept
montre qu’il s’agit d’une nouvelle forme de gouvernance
qui a d’ailleurs vocation à cohabiter avec la représentation
parlementaire traditionnelle. Et si l’objectif affiché
est la démocratie directe, nous sommes, là encore,
face à une « étape intermédiaire »,
une « transition » qui dure depuis vingt ans à
Porto Alegre. Or, dans cette ville, le cadre d’intervention
et de décision laissé aux habitants est étroit
et partiel. Il est d’abord défini par les élus
du pouvoir en place et leurs experts, et garde une organisation
verticale. Et cette« démocratie participative »
reste conditionnée par des élus, eux-mêmes nommés
par des partis qui n’ont rien à voir avec l’autogestion
ou la démocratie directe. D’autres encore, tout en
se déclarant anticapitalistes, marxistes et écologistes,
écrivent que : «
L’autogestion est tombée en désuétude
en raison de limites endogènes : elle nie la question du
pouvoir et néglige les parties prenantes extérieures
de l’entreprise (clients, usagers, etc.). » On répondrait
alors à cet échec par « un pouvoir politique
à qui il revient de décider des priorités ».
Alors, quoi de neuf sur l’autogestion, à gauche ou
à son extrême ? Globalement, une formidable régression,
en fait. Des années 70 à aujourd’hui, pour ce
qui est de l’ambition d’une société autogérée
se libérant des pouvoirs politiques et économiques,
c’est un recul, associé à d’autres renoncements
idéologiques (acceptation de l’idéologie sécuritaire,
renoncement à un projet de société émancipateur,
soumission aux institutions nationales et supranationales et à
la loi du marché, etc.) qui est explicable, d’une façon
certaine.
Comment s’en étonner ? Et pourtant...
Extraits de la brochure l’Autogestion anarchiste qui vient
de paraître aux éditions du Monde libertaire.
Anarchisme et autogestion
Deuxième extrait
jeudi 2 février 2006
La brochure : L’Autogestion anarchiste est disponible à
la librairie du Monde libertaire, 145, rue Amelot, Paris 11e, au
prix de 3 euros.
http://public.federation-anarchiste.org/article.php3?id_article=237
Dans les mouvements sociaux contestataires, comme options de rébellion
face à l’État et devant les modes d’articulation
hiérarchisée et despotique inhérentes au capitalisme,
il peut se constituer un modèle d’organisation basé
sur des pratiques collectives et égalitaires et en relations
de solidarité et de coopération volontaire telles
que nous les avons mises en valeur, configuré par des groupes
auto administrés, coopérants et où l’autoritarisme
et la domination n’auraient pas leur place [Mendez y Vallota,
2001].
Certainement que cette organisation volontaire et non hiérarchisée
exige de l’investissement personnel, de la participation et
de la conscience, au contraire des institutions autoritaires qui
ont recours aux achats des consciences, à la soumission et
aux fraudes, en décourageant un développement individuel
plus poussé sous prétexte de spécialisation,
avec la répression et la violence commence où dans
les faits. Si bien que cela rend difficile et retarde la création
et le développement de nouvelles formes d’organisation
autogestionnaire, et cela s’exprime aussi par une téméraire
résistance à l’innovation, la marque des valeurs
dominantes et la routine qui tendent à nous éloigner
de changements qu’induit un travail ardu et constant, renouvelé
et fait d’engagement solidaire. Mais personne n’a démontré
que le progrès n’implique pas d’efforts, en plus
de la maturité des personnes.
Alors, l’autogestion - et plus encore l’autogestion
généralisée - sera-t-elle réellement
possible ?
Pour l’anarchisme, la réponse est oui, puisque l’exploitation
et la domination, avec une misère conséquente et l’aliénation,
produisent des résistances et que l’on constate la
présence chez les gens d’imaginaires témoignant
du désir d’une autre société, qui exprime
différents modes d’organisation et de relation entre
les êtres humains - bien qu’il ne soit pas toujours
clair de savoir lesquels -, où il serait possible de dépasser
l’état actuel des choses. Certainement que la route
de cette alternative sociale n’est pas aussi courte et linéaire
que certains le pensaient, ou que nous le voulons, mais aussi que
l’histoire nous montre combien est intériorisé
le phénomène de subordination et d’aliénation
dans toutes les classes et les groupes sociaux. Et plus encore dans
notre société de masse et paralysée par l’idéologie
du consumérisme et du spectacle, les déficiences éducatives
et une indolence stimulée empêchent de se poser la
question des chemins alternatifs. L’individualisme possessif
a des racines culturelles profondes- et jusqu’à des
racines sociobiologiques disent certains -, mais amène comme
conséquences l’exploitation, la mort, la guerre et
l’aliénation. Néanmoins, nous faisons appel
à la contribution déjà mentionnée de
Kropotkine, en aucune façon démentie par la recherche
scientifique postérieure, mettant en évidence qu’un
des facteurs décisifs de l’évolution des espèces
a été la coopération entre ses membres ; ce
qui en découle est particulièrement visible dans le
cas de la trajectoire de l’humanité, qui bat en brèche
catégoriquement cet égoïsme comme quelque chose
de naturel chez l’être humain.
La question réside dans le fait de savoir jusqu’à
quel point les sociétés humaines sont capables de
mettre en oeuvre leur processus d’apprentissage historique
et de recréation des structures sociales ; ou si la force
conservatrice de l’inertie mêlée aux trames autoritaires
du pouvoir et de la peur stimulée peuvent congeler la créativité
et l’insatisfaction humaines qui parcourent l’histoire.
Le chemin de la liberté (dépassement de la dépendance
absolue de la nature et de l’autre, vers la construction de
l’autonomie), ce sentier que les groupes sociaux et les individus
cherchent à travers l’histoire, exige la fin de l’amarrage
à l’exploitation, la domination et l’aliénation,
en mettant en évidence une relation authentique et profonde
entre l’individu et ses semblables autour de lui. Mais ce
n’est pas un fait inexorable, c’est le résultat
d’une décision et de sa mise en pratique. Tel est l’objectif
que doivent atteindre les mouvements pour le changement, s’ils
ne veulent pas se perdre dans le raccourci des concessions secondaires
avec lesquelles le système de pouvoir a embobiné ses
opposants - dans le passé le syndicalisme et les partis socialistes,
aujourd’hui les nouveaux mouvements sociaux -, et a, dans
la majorité des cas, tenté de les retourner en clients
satisfaits de l’exploitation et de la domination qu’ils
condamnaient au début.
L’organisation autogestionnaire - autonome dans sa relation
à l’État, au capital et à toute autre
forme de pouvoir dominant - est la libre association par affinité
et amitié, cultivée dans des relations inter-personnelles
déhiérarchisées, ce qui lui offre un énorme
potentiel pour être un instrument possible pour le changement
social. Mais assumer cette conception ne passe pas par la vague
adoption de quelques principes théoriques, mais par une véritable
pratique essayant des formes d’association qui emmènent
vers un modèle égalitaire, autonome et surtout légitimé
par l’action de tous, une semence pour le moins du projet
de la raison utopique pour la société globale. Un
modèle de participation directe et interactive, dans lequel
il peut y avoir de la délégation mais réalisée
en des termes choisis, avec des objectifs définis, des tâches
définies, durant des moments limités, révocables
à tout moment avec une responsabilité incontournable
des délégués ; un modèle qui refuse
la bureaucratisation, et l’administration sclérosante
des syndicats, partis politiques et mouvements sociaux engourdis
dans les formalismes, contribuant à l’enrichissement
spirituel de chaque participant, créant une culture alternative,
pilier des nouvelles relations collectives et voie pour la recréation
de la structure sociale.
L’autogestion anarchiste
4/02/2007
Collectif Fédération anarchiste
Editions du Monde Libertaire, Collection Brochure anarchiste, 2006,
48 pages, 3 euros
http://www.autogestion.coop/spip.php?article68
Une brochure de 48 pages sur l’autogestion. Sympathique constance
des anarchistes dans leur attachement à l’idée
autogestionnaire. Un bréviaire pour militant qu’il
n’est probablement pas inutile de remettre en circulation
sous une forme actualisée. Sauf que, comme tous les opuscules
du genre, il ne parle que du passé ou du lointain.
Cela commence par une sorte de long éditorial sur l’actualité
de l’autogestion : rapide rappel de l’évolution
de l’idée autogestionnaire en France depuis les années
1960, survol mondial des luttes altermondialistes avec les inévitables
expériences du Chiapas et de l’Argentine, appel à
une réflexion théorique et pratique. Lisible, pas
contestable ...et un peu convenu.
Vient ensuite le non moins inévitable chapitre sur l’autogestion
dans l’histoire. Ici on commence au moyen-âge, puis
la naissance du mouvement anarchiste, les soviets de 1917 à
1921, l’Ukraine de Makhno, l’Espagne de 1936 à
1939, la Yougoslavie des années 1960. Une impression de déjà
vu ? Oui, sur ce site c’était pour L’Autogestion,
une idée toujours neuve aux éditions Alternatives
libertaires. Mais cela aurait pu être à propos de nombreuses
brochures précédentes. Ironie une peu facile car il
n’est jamais inutile de rappeler les grands ancêtres
pour la formation des nouveaux.
Enfin, un chapitre sur une perspective anarchiste de l’autogestion.
Les présupposés de base, les conditions et la viabilité
de l’autogestion selon deux auteurs espagnols.
Assez théorique. Sympathique et même pas faux.
L’auteur nous a promis par mél des articles à
venir sur l’autogestion dans le Monde libertaire. Espérons
qu’ils aborderont les expériences (lieux de travail
ou lieux de vie) ici et maintenant. On est toujours un peu surpris
de la sorte d’extase qui gagne ceux qui nous annoncent «
200 entreprises récupérées par leurs salariés
» en Argentine. C’est très probablement beaucoup
moins que le nombre d’entreprises autogérées
en France.
Extraits de la brochure
…. / ….
Sur un plan plus idéologique, Abraham Guillen (1913-1993),
militant anarchiste espagnol, fils de paysans aragonais, auteur
d'une cinquantaine d'ouvrages sur des thèmes variés,
a laissé une oeuvre inconnue du public francophone, au moins.
Chassé par le franquisme, il se réfugiera en Argentine
et sera journaliste, économiste, universitaire... Il écrira
des ouvrages sur le socialisme d'aUtogestion, le coopérativisme
(il fut expert pour l'ONU), la démocratie directe, la propriété
sociale.., En 1988, la Fondation Anselmo Lorenzo de Madrid, liée
à la CNT, publiera "Economie libertaire, alternative
pour un monde en crise". Puis en 1990, le collectif éditorial
madrilène "Madre Tierra" édite "Economie
autogestionnaire, les bases du développement économique
de la société libertaire". Cet imposant ouvrage
de 506 pages développe un examen fouillé de l'organisation
et des contradictions de l'économie capitaliste, privée
et d'Etat, et des conséquences qui en découlent. A.
Guillen y nourrit une réflexion que l'on sent inspirée
par ses observations, ses études, sa pratique autogestionnaire.
Il avertit le lecteur: "Nous ne voulons pas tomber dans le
fétichisme idéologique dans lequel est tombé
le socialisme d'autogestion, que ce soit dans l'Utopie de Thomas
More ou le phalanstère de Fourier. Non. Le socialisme d'aUtogestion,
qui est le commencement réel du socialisme libertaire, 'aura
dans sa première étape à gérer des contradictions
d'un autre ordre que celles du capitalisme privé ou d'Etat"
(page 191). L'aUtogestion n'est pas un chemin facile à emprunter...
Cette certitude, Robin Hahnel et Michael Albert, la partagent aussi,
au même moment que Guillen. Tous deux se sont fait connaître
au public francophone lorsque les éditions Agone ont publié
leur contribution sur
"L'économie participative ou Ecopar", en anglais,
"Participory economics ou Parecon" (3). Cette proposition
économique et sociale, élaborée par les deux
américains dans les années 1990, bannit le marché
autant que la planification centrale comme institutions, mais également
la hiérarchie du travail et du profit. Dans cette économie,
des conseils de consommateurs et de producteurs se coordonnent,
et la propriété publique des moyens de production,
la coopération, la solidarité... sont autant des moyens
que des finalités. Dans ce l'autogestion prend une place
prépondérante: "Ici encore, pour aller rapidement
à l'essentiel, disons simplement que les auteurs aboutissent
à une définition de l'autogestion entendue
comme le fait que la voix de chacun a de l'impact sur une décision
à proportion de ce qu'il sera affecté par cette décision.
Albert et Hahnel tiennent avec raison cette définition
de l'autogestion comme un des apports les plus originaux, novateurs
et lourds d'impact de l'Ecopar". (Normand Baillargeon).
…. / ….
Qu'est ce que l'autogestion?
A partir des idées ébauchées, nous proposerons
un noyau central de définitions, d'après ce que différents
auteurs contemporains ont perçu comme la conception anarchiste
de l'autogestion (voir Bonnano s.f. ; Massari, 1977 ; Guillén,
1998; Bertolo et Lourau, 1984; Ecocomunidad DeI Sur, 2005 ; et Araus,
2004) afin de centrer le traitement du sujet sur l'aspect social
de l'autogestion. ,
Pour l'idéal acrate, l'autogestion est un projet ou mouvement
social qui, aspirant à l'autonomie de l'individu, a pour
méthode et pour objectif que l'entreprise et l'économie
soient dirigées par ceux qui sont directement liés
à la production, la distribution et l'utilisation des biens
et des services. Cette même attitude ne se limite pas à
l'activité productive de biens et de services mais s'étend
à la société toute entière, en proposant
la gestion et la démocratie directe comme modèle de
fonctionnement des institutions de participation collective.
Examinons ce qui précède avec attention afin de signaler
les aspects distinctifs. L'autogestion s'oppose à l'hétérogestion,
qui est la façon de conduire les entreprises, l'économie,
la politique ou la société sans le concours de l'ensemble
de ceux qui sont directement intéressés. Quand nous
disons cela, nous nous référons au fait ce que ce
n'est pas l'ensemble qui assume la direction mais un secteur, qui
se coupe du collectif pour son propre bénéfice, comme
cela se passe habituellement dans le monde contemporain dans lequel
le capital prend le contrôle pour son profit. Tel est le cas
des entreprises et de l'économie dirigées par le Capital,
mais il en est de même en politique avec les partis ou dans
la société avec l'Etat. Cette distorsion se manifeste
par le fait que cette domination hétérogestionnaire
s'exerce toujours à travers le pouvoir, quand ça n'est
pas directement par la violence, sans argument, raison valable,
ni consensus.
L'autogestion est un projet ou un mouvement, c'est-à-dire
que ce n'est pas un modèle achevé. Sa structure, son
organisation et même son existence est et sera le fruit du
désir, de la pensée et de l'action des membres du
groupe impliqué (une usine, une ferme, une école,
ou toute la société) sans préconcept ni imposition
comme le seront également les modalités qu'elle peut
prendre dans chaque cas.
L'autogestion à laquelle nous nous référons
est sociale, pas individuelle, car bien que son but soit l'individu,
elle ne le prend pas dans sa dimension isolée mais comme
une identité qui co-habite avec ses semblables, dont il dépend
et qui à leur tour dépendent de lui. Dans ce sens,
nous comprenons la gestion comme une suite de démarches pour
une question d'intérêts individuels et collectifs,
ce qui implique toujours la participation de plus d'une personne.
Il est clair que, si cette gestion se réalise au sein d'un
groupe qui poursuit des objectifs communs, à travers des
accord internes et avec d'autres groupes, sans contrainte extérieure,
alors la liberté individuelle n'est en rien affectée,
en permettant que l'on trouve un compromis non pas sur la base de
la soumission mais en autonomie responsable.
L'autogestion est méthode et objectif, c'est-à-dire
que sa fin est autant dans la pleine participation de l'individu
à la société -en assumant de façon directe
et collective la bonne marche de son groupe- que dans l'unique façon
de réussir l'autogestion à travers l'exécution
d'actions autogérées, à travers la pratique
de l'autogestion. Pratiquer l'autogestion c'est comme apprendre
à lire, ce n'est possible qu'en lisant. Il n'y a pas de modèle
déjà établi qui nous amène à
l'autogestion, si ce n'est son propre exercice au sein d'un collectif.
Autogérer ses affaires s'apprend en les autogérant;
il n'y a pas de recette pour y arriver, même si nous commettons
des erreurs sur le chemin. A y regarder de plus près, des
siècles d'hétérogestion ne sont pas encore
parvenus à faire en sorte que les réussites soient
supérieures aux erreurs et il en sera de même dans
le futur.
On a mentionné deux aspects, social et économique,
et dans ce dernier il y a deux niveaux: micro-économique
et macro-économique. Au niveau micro-économique, en
prenant l'exemple de n'importe quelle entreprise productrice de
biens ou de services, l'organisation autogérée existe
lorsque la direction est entre les mains des travailleurs et pas
entre les mains exclusives des maîtres, qu'ils soient privés
ou de l'Etat. Au niveau macro-économique, ce qui précède
se traduit par la perte de poids du Capital (privé ou étatique)
dans les décisions économiques; les travailleurs et
leurs intérêts collectifs étant ceux qui prennent
de la prépondérance et la responsabilité, en
créant pour cela, ce qui sera sûrement nécessaire,
de nouveaux systèmes d'organisation pour la société
toute entière.
Etant donné le caractère social de l'autogestion,
il est impensable qu'une entreprise ou association donnée
soit isolée des actions et des intérêts d'autres
entreprises complémentaires et de l'ensemble dans sa totalité.
Des relations doivent s'établir entre elles, régies
par les mêmes modèles que les relations à l'intérieur
de l'entreprise. L'ensemble conformant un modèle macro-économique
qui, à la différence des modèles actuels (qu'ils
soient pseudo socialistes ou capitalistes) n'est pas détaché
des engagements de tous et de chaque individu. La situation particulière
dans le contexte collectif importe, car il le reflète et
le traduit. Bien sûr, cela renferme l'idée d'un grand
dynamisme, car les moyens et les objectifs seront variables, en
accord avec les décisions et les circonstances changeantes,
mais facilement harmonisables si tous sont animés par le
même esprit de bien-être collectif.
Etendre l'autogestion à la société implique
de faire disparaître tous les centres de pouvoir qui se réservent
aujourd'hui la gestion politico-sociale, comme les grandes corporations,
les partis politiques, les bureaucraties syndicales, l'Etat, l'Armée,
etc. ; en mettant leurs affaires entre les mains de tous les membres
de la collectivité, sans intermédiaire, sans dirigeant
ni dirigé, en s'organisant de la façon qu'ils jugent
adéquates. Sur ce point, comme sur le précédent,
nous remarquons que, comme nous l'avons dit auparavant et voulons
le répéter, le processus d'autogestion se développe
en autogérant.
L'impérieuse nécessité de donner lieu à
de nouveaux modes d'organisation fait que les forces qui tentent
de l'éviter, comme les bureaucraties syndicales, les gouvernements
démagogues, les entrepreneurs, proposent un autre concept,
que les théoriciens organisationnels arborent de temps en
temps: celui de la cogestion. La cogestion est un modèle
de participation caractérisé par la composition paritaire
des institutions sur ce qui concerne spécifiquement la prise
de décisions. Autrement dit, des patrons et des travailleurs
participent, en nombre égal, à la direction de l'entreprise
(dans le meilleur des cas), avec la présence d'un homme ou
d'un agent « neutre » pour résoudre les situations
d'égalité. En général, l'Etat se réserve
ce rôle.
Ce système fut initié lors du processus de reconstruction
de l'Europe après la deuxième guerre mondiale, spécialement
en Allemagne, où il opère avec la reconnaissance institutionnelle
depuis 1976 et, à un degré plus ou moins semblable,
dans d'autres pays. Sans doute, ce modèle tente de contrôler
la voix émergente de ceux qui sont directement impliqués
dans la gestion, les travailleurs, en leur donnant une participation
sur quelques aspects des affaires, de la politique ou des institutions
dans le but de stimuler leur effort ou leur engagement. Cependant,
c'est un palliatif car cela ne résout pas ce qui est en jeu:
car il doit y avoir un changement radical pour résoudre les
nombreux problèmes qui découlent de la situation actuelle.
Aucune modification partielle ne peut contribuer à régler
les problèmes de fond. Encore moins certaines options, comme
celle de la cogestion patronale-étatique, qui signifie uniquement
que c'est l'appropriation du capital privé par les détenteurs
de la force des armes qui accompagne la domination politique de
tout Etat, sans pour cela que les intérêts des travailleurs
et de la population en général y participent un minimum,
et bien que cela soit proclamé. (*)
L'autogestion libertaire est quelque chose de très
différent de la cogestion.
Comme nous l'avons dit, la cogestion est une forme de participation,
c'est-à-dire prendre part à quelque chose. Mais prendre
part, dans ce cas, signifie admettre une structure de hiérarchie
préexistante dans l'entreprise, l'usine ou la société,
en permettant aux travailleurs un apport à la direction de
quelque chose qui, en définitive, ne lui appartient pas.
Dans la cogestion, on cède intelligemment une partie du pouvoir
absolu pour dépasser ou concilier des frictions entre employés
et propriétaires mais d'aucune façon on ne remet en
cause qui commande, qui a le dernier mot, qui est le maître:
le Capital, privé ou d'Etat, jamais les travailleurs.
L'autogestion n'est pas participation.
En autogestion il n'y pas de maître du capital, privé
ou d'Etat, qui participe ou qui permette que le travailleur co-participe.
C'est la totalité des membres d'une entreprise qui assume
sa direction ou son administration. Il ne s'agit pas de limiter
le rôle de l'« intérêt naturel des capitalistes»
dans la direction de l'entreprise, mais de transformer radicalement
la manière de la concevoir. Avec l'autogestion, l'entreprise
n'a pas à disparaître, ni à perdre de son efficacité,
ni à cesser de contribuer à la satisfaction de saines
nécessités, ni à négliger les besoins
de matière première, de production, de coûts,
de la répartition des bénéfices, ni même
du Capital, selon ce que l'on détermine. Ce qui doit changer
c'est le pôle autour duquel tournent ses intérêts
et la manière d'y parvenir. Si aujourd'hui, l'autogestion
généralisée semble utopique, il en était
de même lorsque Copernic disait que la Terre tourne autour
du Soleil et non le contraire. Il en résulta que l'Astronomie,
par la suite, fonctionnera mieux ainsi, même s'il lui aura
fallu plus d'un siècle avant d'être acceptée.
Nous ne devons pas oublier non plus que le capitalisme a mis plusieurs
siècles pour faire évoluer, dans ses intérêts,
les modes d'organisation sociale, politique et économique
qui l'ont précédé. Pour y réussir, il
faut commencer par marcher et marcher s'apprend en cheminant.
A cela s'ajoute le fait que l'autogestion anarchiste prétend
à - ou, si l'on veut, est parallèle à - une
transformation totale et radicale de la société, et
pas seulement de l'entreprise. En revanche, la cogestion est un
système de participation qui est compatible avec la coexistence
de n'importe quel système politique et s'adapte à
n'importe quelle organisation sociale préexistante. L'autogestion,
elle, est une tentative de modifier l'organisation sociale et la
notion de politique, en mettant entre les mains de tous et de chacun,
de façon directe et sans intermédiaire, toutes ses
affaires.
Pour conclure ce qui vient d'être exposé, il est pertinent
de citer in extenso un texte [Guillén 1988, pp 197 –
198] qui énonce une version assez aboutie de la proposition
libertaire, en plus d'exposer ce qui, du point de vue anarchiste,
s'entend par révolution sociale et qui peut servir de point
de départ pour des discussions autour de ce sujet:
« Décalogue» de l'autogestion
1. Autogestion: Ne pas déléguer le pouvoir populaire.
2. Harmonie des initiatives: Unir le tout et les parties dans un
socialisme fédératif.
3. Fédération des organismes autogestionnaires: Le
socialisme ne doit pas être chaotique, mais une unité
cohérente du tout et de ses parties, de la région
et de la nation.
4. Action directe: Anti-capitalisme, anti-bureaucratisme, pour
que le peuple soit le sujet actif de l'histoire, à travers
la démocratie directe.
5. Autodéfense coordonnée: Face à la bureaucratie
totalitaire et à la bourgeoisie impérialiste, défense
de la liberté et du socialisme autogestionnaire, diffusé
à travers la propagande par les faits, non pas avec des postures
théoriques.
6. Coopération dans les campagnes et autogestion en ville:
L'agriculture se prête à une entreprise autogestionnaire,
dont le modèle peur être le complexe agro-industriel
coopératif. En ville, les industries et les services doivent
être autogérés ; mais leurs conseils d'administration
doivent être constitués par des producteurs mêmes,
sans aucune médiation de classes dirigeantes.
7. Syndicalisation de la production: Le travail syndiqué
doit se convertir en travail associé avec ses moyens de production,
sans bureaucratie ni bourgeoisie dirigeant les entreprises.
8. Tout le pouvoir aux assemblées: personne ne doit diriger
à la place du peuple ni usurper ses fonctions par le professionnalisme
en politique; la délégation des pouvoirs ne devra
pas être permanente, mais se fera à travers des personnes
déléguées, non bureaucratisées, éligibles
et révocables par les assemblées.
9. Ne pas déléguer la politique: pas de parti, d'avant
garde, d'élite dirigeante, de timonier, car la bureaucratie
a tué la spontanéité des masses, leurs capacités
créatives, leur action révolutionnaire, jusqu'à
les convertir en un peuple passif, instrument docile des élites
du Pouvoir.
10. Socialisation et non rationalisation des richesses: passer
le relais du rôle protagoniste de l'histoire aux syndicats,
aux coopératives, aux sociétés locales autogestionnaires,
aux organismes populaires, aux mutualistes, aux associations de
tous types, les auto-administrations et autogouvernements, locaux,
de la contrée, régionaux, et au co-gouvernement fédéral,
national, continental ou mondial."
Conditions pour l'autogestion
Nous avons dit que l'autogestion apporte un changement dans la
société, mais il se fonde sur un changement chez les
individus qui la composent. Pour cela, nous voulons mentionner trois
conditions générales, bien qu'il y en ait sûrement
d'autres, qu'il est nécessaire de satisfaire sur le chemin
qui mène à la construction de l'autogestion. Nous
devons dire que ce ne sont pas des conditions pour initier l'autogestion,
mais des conditions que nous estimons indispensables pour élever
l'autogestion aux niveaux de satisfaction, de bonheur et de succès
que nous voulons atteindre.
Première condition: pour réaliser le changement social
par l'autogestion, les individus doivent passer par l'apprentissage
de l'autonomie, et la liberté de mener ses affaires. Mais,
à la différence d'aujourd'hui où on la stimule
précisément pour la contrôler, la liberté
implique la responsabilité dans le contexte social. Ce qui
suppose non pas une responsabilité imposée, mais autonome
qui permette la constitution d'une société éthique.
Une société dans laquelle les individus ne sont pas
libres mais dominés et gouvernés ne pourra jamais
se former comme une société éthique. Pour cela,
aspirer à une société régie par des
principes éthiques, requiert que ses membres soient libres
et responsables. Dans le cas de l'entreprise, ceci se traduit par
le fait que chaque membre exécutant une tâche spécifique,
doit s'intéresser à tous les aspects qui s'y rattachent,
pour avoir une participation positive qu'il apporte à l'ensemble,
depuis son point de vue particulier.
La seconde condition est un des changements les plus difficiles
auquel l'autogestion oblige: c'est la reconnaissance de l'autorité
en remplacement de la relation de pouvoir qui est en place aujourd'hui.
Nous pouvons comprendre le pouvoir comme la domination qu'une personne
exerce sur un objet concret, qui peut aussi être une autre
personne, ou sur le développement d'une activité,
tandis que l'autorité est l'influence morale que quelqu'un
a et qui découle d'une vertu. Cette différence se
manifeste de diverses manières: le pouvoir est toujours imposé,
la plupart du temps par la force comme unique argument, tandis que
l'autorité est librement reconnue; le pouvoir tient à
se concentrer pendant que nous pouvons tous avoir l'autorité
si nous parvenons à l'exercice virtuose de quelque activité,
comme un médecin dans le domaine de la santé, un menuisier
au sujet du bois, un paysan dans la culture de la terre ou un philosophe
avec la pensée; le pouvoir se prend, s'approprie, agressivement
bien souvent, tandis que l'autorité se consent, résulte
de la reconnaissance que d'autres font à quelqu'un pour sa
virtuosité comme musicien, comme administrateur, comme mécanicien
ou comme boulanger.
La participation d'un individu dans un collectif autogestionnaire,
de telle manière qu'il puisse trouver son autonomie, amène
la responsabilité d'acquérir une quelconque qualité
- nous dirions qu'il en faudrait le plus possible, mais au moins
une- à travers l'étude, la pratique, l'intérêt,
et l'effort nécessaire, à un niveau tel que cela entraîne
la reconnaissance des autres; et d'autre part la capacité
de reconnaître l'autorité des autres dans des secteurs
où ils ont développé leurs potentiels ou leurs
compétences. Il est facile de constater que, si cela était
ainsi, le pouvoir appuyé par la violence et l'agression resteraient
relégués aux oubliettes, parce que jamais la force
ne fut un argument suffisant pour s'imposer, à moins que
l'on admette qu'elle est imposée [La Boëtie, 1980].
L'abandon des relations de pouvoir et la reconnaissance de la valeur
et de l'autorité de tous est une condition pour parvenir
à l'autogestion.
Finalement, il faut reprendre ce que Kropotkine avait signalé
au commencement des discussions sur le darwinisme et qu'aujourd'hui
les études scientifiques ont pleinement validé, à
savoir que la consolidation de notre espèce sur terre, jusqu'aux
niveaux actuels, est le résultat de la coopération
entre les êtres humains. L'humain n'est pas un être
violent par nature, il n'y a pas de gène de la guerre et
personne ne peut non plus la faire seul, comme le dit un certain
refrain mal intentionné. Chacun des adultes de l'espèce
est le résultat de la collaboration et de la coopération
d'autres adultes qui permirent de dépasser ce qui n'est encore
qu'un long début entre les animaux. En conséquence,
la guerre, la compétition, l'égoïsme, n'ont rien
de naturel mais s'acquièrent précisément à
partir de l'institutionnalisation des relations de pouvoir qui règnent
à partir du moment où s'impose la différence
entre gouvernés et gouvernants, il y a quelques 100.000 ans.
Reprendre le modèle de relations d'entraide, de solidarité,
de sympathie, d'amitié, de coopération, qui prédominèrent
pendant les dizaines de millénaires antérieurs (on
estime que notre espèce homo sapiens sapiens date d'au moins
140000 ans), est aussi une condition pour le succès de l'autogestion
…. / ….
(*) Référence aux pays où des Etats organisent
une co-gestion comme au Vénézuela.
Au Vénézuela, le gouvernement présente et impulse
un type de « cogestion » innovant car on appelle ainsi
des associations de l'Etat avec des entrepreneurs, dans lesquelles
les ouvriers n'ont aucune participation. Dans certains cas, une
telle cogestion est forcée vu qu'il est « suggéré
» aux entreprises de contracter des prêts « étatiques
» en échange d'une participation actionnaire de l'Etat
et que la refuser apporte de sérieuses difficultés,
vu le contrôle de la dispense de dollars pour les activités
économiques, l'arbitraire dans la justice et le recouvrement
des impôts. Dans d'autres cas, particulièrement dans
le secteur agraire, l'Etat prend pour lui des entreprises en situation
déficitaire, ou en voie d'expropriation, et s'associe avec
les travailleurs pour son développement, mais il n'y a pas
de participation de ceux-ci dans la propriété ou dans
les décisions.
…. / ….
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Note du gestionnaire du site Ph Coutant
Une phrase de cette brochure me pose problème. Il s'agit
de cette affirmation :
"L'humain n'est pas un être violent par nature,
il n'y a pas de gène de la guerre"
Il est exact qu'il n'y a pas de gène de la guerre et que
la nature humaine ne peut être définie sans une vision
normative. Par contre, nous avons toutes et tous de la violence
en nous. Refuser cette donnée de base peut conduire à
de nombreux déboires et ne pas comprendre pourquoi il y a
tants de conflits entre libertaires sur la question du pouvoir,
en particulier
.
Le machisme de base est violent, les féministes le crie depuis
longtemps. L'homme ne se vit pas comme violent, pourtant il l'est.
C'est une construction culturelle, qui s'appuie sur le désir
intime dont nous n'avons pas conscience. Les mises en cause du machisme
en milieu militants reviennent régulièrement. Ce phénomène
touche la FA comme les autres groupements militants. On peut se
souvenir de ce texte écrit après un Congrès
de la FA assez tumultueux :
http://1libertaire.free.fr/Isabelle01.html
Au Vaag auquel se réfère les auteurs d ela brochure
tout n'était idyllique :
Pas d'autogestion sans abolition de l'oppression des femmes ! Patriarcat
et mondialisation CLAAACG8
Convergence des Luttes Anti-Autoritaires et Anticapitalistes Contre
le G8
http://1libertaire.free.fr/FemmesClag8.html
Dans une librairie libertaire il y a eu des difficultés
:
D'une librairie à l'autre, du féminisme en milieu
hostile par Anne-Laure
http://1libertaire.free.fr/AnneLaure01.html
Il est possible de se référer divers documents, qui
abordent la question des difficultés de l'autogestion.
On s'aperçoit vite que la violence est bien présente
dans notre vie militante :
http://1libertaire.free.fr/DifficultesAutogestion01.html
Cette violence ne peut pas être imputée seulement à
la société capitaliste qui nous construit et nous
influence.
Notre subjectivité est en cause, nos fonctionnements collectifs
également.
Ph C le 12 Août 2007
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