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Pourquoi faudrait-il punir ?
Annonce et présentation du livre

Manifeste Abolitionniste Manifeste Abolitionniste

Catherine Baker (née en juillet 1948 à Bailleul) est une journaliste française et une écrivain libertaire.

Source : Encyclopédie en ligne Wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Baker

Principaux ouvrages
1979 : Les contemplatives, des femmes entre elles
1982 : Ballade dans les solitudes ordinaires
1985 : Insoumission à l'école obligatoire
Dans ce dernier livre, elle fait la critique du système éducatif obligatoire et justifie les parents qui ont choisi la non-scolarisation et l'éducation à domicile: "... dès qe le déclin de l'Eglise s'est manifesté, il a fallu que l'État trouve de toute urgence le moyen de se faire admettre dans les esprits et ce de façon aussi totalitaire que l'Eglise y était parvenue."
Une citation de Catherine Baker : "La seule lutte profondément utile à mener, ce n'est pas contre l'autorité, mais contre la soumission. Là seulement, le pouvoir, quelqu'il soit, est perdant".


Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l'abolition du système pénal
Catherine Baker

Bien des philanthropes, depuis la création de la prison, luttent pour une amélioration du sort des détenus. C'est d'ailleurs la moindre des choses. On peut indéfiniment réformer et reformer ainsi la prison.
On peut aussi vouloir son abolition, sa suppression pure et simple. Comme on a supprimé les tortures de l'arsenal pénal.
Elle est un supplice, au même titre que la goutte d'eau sur le crâne et tous les supplices qui visent l'énervement.
Elle repose sur l'idée qu'elle doit être dégradante et humiliante : au sens le plus littéral du terme, elle se veut une peine infamante.
Les modernes, malgré les concessions au populisme d'aujourd'hui sur le «tout sécuritaire», s'accordent à la trouver archaïque. Mais on peut s'attendre à ce qu'elle soit remplacée par quelque chose de pire
C'est pourquoi la question essentielle n'est pas celle du comment, mais du pourquoi.
Pourquoi punir ? Pourquoi faudrait-il punir ?

Ce livre vient de paraître (2004)
ISBN 2-912631-11-4 192 p. de format A6

A noter que l'auteure à créé un site pour en discuter, qui d'une part met à disposition une version abrégée du livre à télécharger, et d'autre part un forum de débat sur la question :   http://abolition.prisons.free.fr/        Mouvement abolitionniste des prisons

Le texte intégral est disponible sur le site des éditions Tahin-Party      http://www.tahin-party.org/textes/baker.pdf

Manifeste Abolitionniste Manifeste Abolitionniste


Présentation disponible sur
http://www.xs4all.nl/~sjakoo/books/8682.htm
http://www.prison.eu.org/article.php3?id_article=4804
http://www.interdits.net/2004mai/peine.htm

« Pourquoi faudrait-il punir ? » sur l'abolition du système pénal
de Catherine BAKER

Le mardi 22 juin 2004.

http://www.cdafal29.infini.fr/article.php?id_article=94

« Pourquoi faudrait-il punir ? » sur l'abolition du système pénal de Catherine BAKER éditions Tahin party 182 pages 5 € mars 2004

ABOLIR LES PRISONS !

Ce livre de plus de 180 pages au prix défiant toute concurrence de 5 € pièce vaut plus que le détour, même si vous n'êtes pas un abolitionniste convaincu et militant ! En accord ou pas avec l'auteure, l'argumentation est solide. Catherine BAKER nous plonge dans l'univers « concentrationnaire » et infernal des prisons, où coupables, et innocents en préventive connaissent la promiscuité, l'absence de vie sexuelle, et souvent la violence sous toutes ses formes. C'est une analyse rigoureuse, implacable de la situation des prisons avec en toile de fond une affirmation étayée sur l'inutilité de cette forme de punition inhumaine. Depuis la fin de la peine de mort, il y a une multiplication de peines à perpétuité, on est passé ainsi en 1980 à 12 personnes condamnées à perpétuité sans aucune condamnation à mort à 44 condamnations à « perpette » en 1985 et53 en 89… « Comme si les juges avaient voulu se venger d'avoir été dépouillés de leur jouet sanglant » La prison est cruelle, elle détruits les hommes qu'elle enferme où les transforme en récidivistes aggravés. « La cour et le jury vous condamnent à la prison de vingt années de réclusion criminelle. Ce qui signifie : Vous êtes condamné à vous mettre nu aussi souvent qu'on le jugera nécessaire pour être fouillé à corps, à montrer votre anus aux surveillants chaque fois qu'ils l'exigeront dans le cadre de leurs fonctions. Vous êtes condamné à vous soumettre nuit et jour à leurs volontés. Vous obéirez à tous les ordres, même à ceux qui vous sembleront ineptes ou uniquement mortifiants. » Tant pis si vous êtes ensuite acquittés…Il vous restera des séquelles toute votre vie. Ainsi va la justice ! La « justice » ? De nombreux exclus, pauvres, clochards finissent par se retrouver en prison. « La prison fait partie intégrante du milieu de la délinquance. Elle en est l'un des constituants, le vivier, ne serait-ce que parce qu'elle renforce ce qu'il est commun d'appeler l'exclusion. » Qui ne serait pas d'accord avec cette affirmation de l'auteure : « La lutte contre la délinquance commence nécessairement par une politique de lutte pied à pied contre la pauvreté. » ?

Abolir les prisons ! Pourquoi pas…

Même si ce mot d'ordre vous semble utopique, il est indéniable que le système pénitentiaire français ne demande pas à être réformé, il doit être « révolutionné » de fond en comble, pour que la justice ne soit plus une justice de classe, une justice inhumaine et inefficace…. Belle utopie que celle là aussi ! Oui peut être mais il ne faut pas laisser faire et continuer sur une pente d'américanisation des prisons avec les dérives que nous connaissons….

Ce livre au titre et au contenu très « avant gardiste » comme diraient certains est une contribution incontournable pour toutes celles et tous ceux qui se préoccupent de la « justice ».

Jean-François CHALOT


La fin d'un monde en peine ?

Site L'iNTERDiT http://www.interdits.net/

Origine du texte : http://www.interdits.net/2004mai/peine.htm

"Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l'abolition du système pénal". Le titre du livre de Catherine Baker est explicite : au-delà des problèmes particuliers posés par la prison, le livre vise à la suppression même de la peine.

Concernant la prison, il est notable qu'à peu près tout le monde est maintenant conscient de son inutilité, voire qu'elle renforce délinquance et criminalité. Les gens de passage, engageant la conversation sur le titre du bouquin traînant à côté de moi, en étaient tous d'accord. Catherine Baker peut affirmer "Je suis certaine que le mouvement qui vise la suppression des prisons trouve un écho en beaucoup plus d'individus qu'on ne croit", je ne la détromperais pas. Sur ce sujet, comme beaucoup d'autres considérés come progressistes, je trouve un accord spontané chez la plupart de ceux que l'on appelle "français moyens". Leur frein vient de ne pas trop savoir comment faire, mais l'adhésion intellectuelle est acquise.

Pourrait-il en être autrement, quand il est notoire qu'aux USA, là où la répression est la plus accrue, la criminalité augmente en conséquence? Que le 28 juin 2000, à l'Assemblée Nationale, le"Rapport de la Commission d'Enquête sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires" conclut d'un glaçant "la prison est conçue non pas comme un lieu où l'on va amender le délinquant, voire le guérir, mais comme un trou noir où l'on s'en débarasse, un moment de non-vie". Non-vie est à prendre au sens propre quand l'on sait combien de suicides ont lieu dans les prisons, le taux de suicide augmentant avec la durée de la peine, laquelle durée de la peine ne cessant de s'allonger. Les détenus ayant fait plus de vingt ans et ayant répondu aux questions de l'auteur "considèrent pratiquement tous que cinq ans de détention est à peu près le pire qu'un être humain puisse endurer sans dommages irréversibles". On serait tenté de revoir à la baisse, à la lecture des tortures quotidiennes, de l'arrachement d'avec l'entourage (puni dans la foulée), de l'humiliation systématique. Reste aussi le problème bien connu de la récidive : "la prison appelle la récidive parce qu'elle jette dehors des gens désaxés, miséreux, perdus pour tous, mais aussi parce que beaucoup de délinquants "se sont installés en taule, que celle-ci est devenue le lieu où ils ont échafaudé comme ils ont pu leur personnalité de "mauvais garçon", qu'elle est l'unique refuge de leur chienne de vie".

Bref, nous ne sommes plus très nombreux à défendre cette institution (à l'exception certes, des biens nommées "Autorités").

On ne punit qu'un inférieur

La notion de peine est beaucoup plus polémique. Moi-même, quand je lis : "Avec l'injonction de soins, on a facilement réglé le problème pour les délinquants sexuels. Dans les pays policés, un homme normal n'a le droit de forcer une femme non consentante que dans certains cas et autorisé par un officier supérieur ou Monsieur le Maire, sinon il ne peut s'agir que d'un individu souffrant de troubles psychiques. La castration et la lobotomie, quand elles peuvent se passer de chirurgie, ont très bonne presse dans le public". Ou encore : "On a souvent lu l'exemple de cet homme qui roulant trop vite avait causé la mort d'un enfant. Il fut condamné à travailler dans le service d'un hôpital où tous les jours il pouvait voir de ses yeux des enfants brisés, brûlés, hurlant- Voilà l'exemple du travail rédempteur qu'on propose- Je me demande s'il n'eût pas mieux valu pour lui être condamné à mort", je me retrouve à penser que l'auteur a pété les plombs, et ne sait trop par où commencer dans les commentaires de ces extraits.

Dans le premier texte, la misogynie frappe d'emblée. Elle est confirmée ailleurs dans la bienveillance au sujet des "tournantes", etc, alors que la remontée fulgurante et internationale de la misogynie est peut-être le problème le plus grave à l'heure actuelle. Mettre sur le même plan la castration chimique et la lobotomie rend également incrédule. Ce qu'on appelle "castration chimique" consiste en la prise de médicaments calmant la libido. Les Français sont les plus gros consommateurs mondiaux de calmants, somnifères et antidépresseurs. Soit des régulateurs d'humeur, rarement ordonnés avec autant de nécesité que dans le cas de personnes ne sachant contrôler leur sexualité. La prise de ces produits n'a rien d'irréversible, est-il nécessaire de le préciser.

Passons au second texte. Voir une abolitioniste de toute peine prétendre que le conducteur responsable de la mort d'un enfant aurait été préférablement condamné à mort que spectateur actif dans un hôpital, laisse forcément perplexe. Mais tenons-nous en au thème de l'ouvrage.

Il s'agit de se protéger de violeurs et de chauffards, sans avoir recours à la prison, sans même, si on y réfléchit, parler de peine! Des soins dans un cas, une prise de conscience dans l'autre, en se rendant utile dans un domaine où l'on s'est montré, peut-on dire, faible, quoi de facheux?! Nous sommes au contraire en plein dans les solutions alternatives…

Car, je suis bien d'accord, la notion de punir, en soi, n'est pas satisfaisante. L'exemple pris dans le livre, celui de septembre 2001, où les Etatsuniens veulent punir des terroristes, lesquels veulent punir les Etatsuniens, les uns et les autres convaincus d'être dans le bon camp, voilà des punitions faisant bien des victimes et risquant de s'éterniser.

Sur un plan individuel, "il est indéniable qu'on ne punit qu'un inférieur, c'est-à-dire celui que l'on veut placer en situation d'infériorité : l'enfant, le subalterne, l'esclave ou l'animal. Un accusé est toujours traité en inférieur".

Alors que la solution préconisée commencerait par l'estime de soi, ce qui n'implique pas l'estime de son acte.

Alternatives

Car il existe des solutions alternatives aux peines. Décriminaliser, d'abord. Les innombrables immigrés clandestins qui n'ont strictement rien fait de répréhensible en dehors de "la seule infraction à la police des étrangers. C'est un délai purement administratif mais qui coûte cher". Lutter contre les réseaux mafieux en libéralisant la drogue. Eduquer, bien sûr, ce qui n'a pas l'air actuellement le plus simple, bien que le plus nécessaire.

La médiation, utilisée en Australie et au Canada, rassemble "les acteurs et victimes d'agressions. Il est exclu de punir et de sanctionner. Chacun est invité à parler et tous à réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour réparer les dégâts et éviter que cela ne recommence". La formule fut également appliquée en Afrique du Sud.

Les moyens financiers pour les familles pauvres, moyen simple de s'attaquer aux problèmes de base en évitant la misère. J'ai été surprise de ne pas voir suggérer mon chouchou : le revenu minimum garanti sans contreparties de travail, qui ne pénalise ni les sans emploi, ni les célibataires, ni qui que ce soit. Par contre, il est rappelé que "N'est-ce pas dans les fameux "Etats Providence" tant décriés où l'aide sociale a été la plus élevée, en Scandinavie, que le taux de délinquance a été le plus bas?", ou encore : "Depuis le temps qu'on nous parle de l'exemplarité du châtiment, pourquoi est-on si discret sur ce que serait l'exemplarité de la bienveillance?" Car là où les abolitionnistes se montrent forts, c'est en rappelant comme le fait l'auteur qu'ils ont déjà gagné d'autres causes considérées en leur temps comme tout aussi utopiques : l'esclavage ou la peine de mort!

Alias

Mouvement abolitionniste des prisons : http://abolition.prisons.free.fr

Manifeste Abolitionniste Manifeste Abolitionniste

Catherine Baker : Pourquoi faudrait-il punir? Sur l'abolition du système pénal. Editions Tahin Party, 20 rue Cavenne, 69007 Lyon - 5 euros.

Site L'iNTERDiT http://www.interdits.net/


Lundi 1er décembre à 19h45 film et débat avec Catherine BAKER BRIMADES ET EXPERIMENTATIONS

Pour l’ouverture de la SEMAINE CONTRE TOUTES LES PRISONS

http://www.lagryffe.net/actualite_locale/article250.html

Imaginer une société sans prison, débattre plus largement sur les questions d’enfermement. Appréhender des formes de lutte contre cette résignation qui nous amène à penser que la prison serait incontournable, indestructible. S’informer sur le quotidien des détenu-e-s et leur demain, (quand la mort ne les a pas laissé-e-s sur place). Connaître les projets de l’administration pénitentiaire et en dévoiler les liens avec la politique du tout-répressif , tout-carcéral, le contrôle social, l’exclusion.

Ciné Duchère, avenue Andrei Sakharov, Lyon 9ème

Voici quelques-uns des thèmes que nous vous proposons.

Quatre rencontres, projections de films et débats, et une soirée d’atelier d’écriture.

Et en point d’orgue, pour la quatrième année, le 8 décembre (lors de la fête des illuminations à Lyon) la manifestation contre les morts suspectes en détention à 18 heures devant les prisons St Paul-St Joseph.

Mis en ligne par michael le 27 novembre 2003

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