Au moment où certaines organisations et les forces politiques,
et syndicales discutaient le projet de loi relative aux conditions d’entrée
et de séjour des étrangers et au droit d’asile, le
Réseau pour l’autonomie juridique des femmes immigrées
et réfugiées, à l’initiative de la Commission
femmes de la FASTI, a voulu se saisir de ce débat, afin d’avancer
les revendications spécifiques des femmes immigrées et
construire une mobilisation en faveur des droits des immigrées
et réfugiées.
L’absence d’un statut autonome pour la femme immigrée,
l’empêche d’accéder aux droits qu’elle devrait
avoir en tant qu’individue. En effet, ses droits sont subordonnés
à sa condition de mère, d’épouse ou de fille.
En tant que femme de polygame, elle subit la discrimination de plein
fouet. Les autorités françaises s’appuient sur les
dispositions juridiques des pays d’origine, où la plupart
des lois sont rétrogrades pour les femmes. Quand la femme change
de statut juridique - quand elle devient majeure, quand elle divorce,
etc., elle perd ses droits de régularisation.
Ainsi, en France, elles ne bénéficient même pas
des droits des hommes. Jusqu’à cette date, la réglementation
juridique n’a jamais tenu compte des femmes immigrées en
tant que telles. La dernière circulaire et le projet de loi (Chevènement)
ne parlent pas des femmes célibataires, répudiées,
séparées ou divorcées, des veuves, des concubines,
des femmes de polygames et des réfugiées.
En outre, les femmes sont victimes des innombrables agressions, trafic
et violences sexistes dans leur pays d’origine. Les actuels débats
et les propositions pour le projet de loi occultent les persécutions
que subissent les femmes et ne leur donnent pas la possibilité
d’avoir un statut qui garantisse l’asile en France. On ne
peut que faire le constat de cette inégalité de traitement
des femmes immigrées devant la législation. L’absence
de statut se répercute ainsi dans tous les domaines tels que
le droit à l’éducation, à la formation professionnelle
et au travail, le droit à la santé, à l’avortement
et à la contraception et les droits sociaux ... L’immigrée
subit une triple oppression :
- en tant que personne
- du fait de son origine
- par l’absence d’un statut juridique autonome
Appel
Les associations ASFAD, LA MAISON DES FEMMES de Paris, les femmes de
la COORDINATION NATIONALE des SANS PAPIERS, la commission femmes de
la FASTI, les femmes du TROISIEME COLLECTIF des SANS PAPIERS, PLURI-ELLES
ALGERIE, Collectif féministe «Ruptures», travaillant
avec l’immigration, en solidarité avec les immigrées
et réfugiées appellent à l’extension du réseau.
Des réunions unitaires sont envisagées avec toutes les
associations intéressées par les activités concernant
les droits des femmes immigrées. Devant cette situation, elles
proposent:
- la constitution d’un réseau avec ces associations et
collectifs pour une mobilisation effective et efficace autour de ces
constats, au sein du mouvement de solidarité avec les immigrées
et réfugiées,
- la possibilité de diffuser, illustrer et éclaircir
la situation des immigrées et réfugiées à
d’autres collectifs.
Les actions du réseau
- recensement des problèmes : l’oppression ou les violences
subies par les femmes immigrées, la situation d’exclusion
dans leur vie professionnelle, etc.,
- à partir de ces données, mise en place d’outils
permettant d’y répondre sur le plan juridique, sur le
plan de la santé, la contraception et l’avortement et
des droits sociaux, logement, formation et travail,
- réflexion sur le statut juridique autonome des femmes, dans
le pays d’accueil (dont l’absence est aujourd’hui une
des causes de leurs difficultés) et dans le pays d’origine
- prises de contacts avec les différentes associations, collectifs
autonomes de femmes qui sont nés,
- organisation d’une rencontre nationale avec les femmes immigrées
et réfugiées.
Contacts
MAISON DES FEMMES de Paris
Tél. 01 43 43 41 13 Fax 01 43 43 42 13.
FASTI - Tél. 01 40 31 84 41 - Fax 01 43 64 04 73.
Le lien d'origine, la commission femmes de la Fasti http://www.penelopes.org/pages/actualites/solidari/immig.htm
La Fasti possède un site http://www.fasti.org/
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