"Nouveau millénaire, Défis libertaires"
Licence
"GNU / FDL"
attribution
pas de modification
pas d'usage commercial
Copyleft 2001 /2014

Moteur de recherche
interne avec Google

"Dans les rue de Nantes"


Le vendredi 5 Octobre 2001 les forces de police à 6 heures du matin expulsaient les sans-papiers
de Nantes, qui avaient trouvé refuge à la Bourse du travail. L’ordre avait été donné par Monsieur Jean Marc Ayrault, Député Maire de Nantes et chef du groupe parlementaire du PS. Une manif avait été organisée le samedi 6 Octobre dans le cadre de l’initiative « Le monde n’est pas une marchandise ».
Un des slogans était :

« Ils préparent la guerre, expulsent les sans-papiers, gauche plurielle, gauche poubelle ! »


Trois personnes sans papiers avaient été arrêtées et placés au centre de rétention afin de préparer leur expulsion. Le lundi soir les réfugié/es s’installait devant l’entrée administrative de la préfecture. Ils passèrent deux nuits ainsi et se déplaçaient la journée. Le mercredi deux barnums étaient installés tout près de la préfecture.

Un message internet a été envoyé le mercredi matin il était libellé ainsi :


L’universel en miettes

Quelques sans-papiers sont installés à nouveau devant la Préfecture,
il ne pleut pas, le brouillard nous a enveloppés,
plusieurs fois les keufs sont passés,
au moins trois voitures sont venues nous observer.

Entre déprime et révolte
Quelques damné/es de la terre
Font face à l’universel en miettes.

Un politicien au Conseil Général
A dit que c’était scandaleux, intolérable,
Ces cinquante personnes qui dorment dans la rue.
Pour une grande ville c’est inadmissible,
Mais il ne fait rien, il est incompétent …

Le chef de Cabinet du Préfet dit que la loi s’applique
Pour tout le monde pareil, ce sera sans cruauté, le juge décide ...
Il continue en disant qu’il n’y aura pas de rafles,
Mais que normalement les contrôles seront effectués.

Trois personnes vont être expulsées,
une trentaine d’autres essaient de se reposer
dans un campement de fortune.
A 8 Heures il faudra avoir décamper,
Pour que tout soit propre pendant la journée,
la nuit seulement vous êtes toléré/es.
Pendant cette précarité,
la gestion de l’administration continue,
l’errance de la misère aussi.

Philippe Coutant Nantes le 10 Octobre 2001 entre 4 heures et 5 heures du matin



Dans la nuit une chanson avait été commencée, la voici terminée :

------
Dans les rues de Nantes

La chanson de base est "Dans les prisons de Nantes" dans la version de Try Yann, dont un des membres de ce groupe (Monsieur Jossic) est conseiller municipal, de fait il a soutenu l’expulsion :

[Em]Dans les prisons de Nan[D]tes, lan [Em]digidi[D]gidan, lan digidigidigidan
[Em]Dans les prisons de [D]Nantes, y'avait [Em]un p[D]risonnier, y'[Em]avait un prisonnier.

Elle est disponible à cette adresse:
http://www.multimania.com/vincepremier/cf/DanslesprisonsdeNantes.htm


La chanson des sans-papiers de Nantes :

Dans les rues de Nantes [landigidigidan, lan digidigidigidan]
Dans les rues de Nantes y avaient des réfugié/es, y avaient des réfugié/es.

Le maire les a viré, [landigidigidan, lan digidigidigidan],
le maire les a viré, puis ils ont erré, puis ils ont erré.
Z’ont décidé de camper [landigidigidan, lan digidigidigidan]
Z’ont décidé de camper pour pouvoir se montrer, pour pouvoir se montrer.

Dans les rues de Nantes [landigidigidan, lan digidigidigidan]
Dans les rues de Nantes y avaient des réfugié/es, y avaient des réfugié/es.

Personne ne vint les voir, [landigidigidan, lan digidigidigidan]
Personne ne vint les voir, sauf quelques policiers, sauf quelques policiers.

La filleu du R.G. [landigidigidan, lan digidigidigidan]
La filleu du R.G. à eux s’est associée, à eux s’est associée,
ensemble ils ont lutté, [landigidigidan, lan digidigidigidan]
ensemble ils ont lutté, ils ont manifesté, ils ont manifesté.

La journée, on leur dit [landigidigidan, lan digidigidigidan]
La journée, on leur dit« Allez donc vous cacher, allez donc vous cacher,
et pour la nuit encore [landigidigidan, lan digidigidigidan]
et pour la nuit encore oui vous pouvez rester, oui vous pouvez rester ! ».

L’hommeu du grand conseil [landigidigidan, lan digidigidigidan]
L’hommeu du grand conseil a dit qu’il les soutenait, a dit qu’il les soutenait,
et il a bien parlé, [landigidigidan, lan digidigidigidan]
et il a bien parlé, mais y n’a rien fait, mais y n’a rien fait.

L’hommeu du cabinet [landigidigidan, lan digidigidigidan]
L’hommeu du cabinet les a bien écouté, les a bien écouté,
mais il n’a pas bougé, [landigidigidan, lan digidigidigidan]
mais il n’a pas bougé, la loi l’a bien caché, la loi l’a bien caché.

Puisque j’chuis sans-papiers, [landigidigidan, lan digidigidigidan]
Puisque j’chuis sans-papiers, on ne veut pas m’loger, on ne veut pas m’loger,
si je peux pas être logé/e, [landigidigidan, lan digidigidigidan]
si je peux pas être logé/e, donnez moi des papiers, donnez moi des papiers.

Dès qu’il a eu ses papiers [landigidigidan, lan digidigidigidan]
Dès qu’il a eu ses papiers il se prit à chanter, il se prit à chanter :
« J’chuis un immigré/e [landigidigidan, lan digidigidigidan]
« J’chuis un immigré/e et j’ai pas le droit de voter, j’ai pas le droit de voter.
seulement d’être exploité/e [landigidigidan, lan digidigidigidan]
seulement d’être exploité/e et d’habiter une’cité, d’habiter une’cité.
d’regarder la télé [landigidigidan, lan digidigidigidan]
d’regarder la télé et de me faire contrôler, de me faire contrôler ... ».

Dans les rues de Nantes [landigidigidan, lan digidigidigidan]
Dans les rues de Nantes y avaient des réfugié/es, y avaient des réfugié/es.

Texte mis au point devant la Préfecture de Nantes
les nuits et les soirées du 9 et du 10 Octobre 2001