LA COORDINATION INTERAFRICAINE"
Version Intégrale"
"Solidarité Africaine"
19, Place Viarme
44OOO NANTES
______________
Nantes, ce premier jour de septembre 1996,
Du Collectif des Ressortissants Africains de Nantes,
A Monsieur Jacques Chirac,
Président de la République Française,
Palais de l'Elysée, PARIS.
Monsieur le Président,
C'est avec une grande attention que nous avons suivi la gestion gouvernementale
du dossier des Africains de Saint-Bernard. L'Etat français a
déjà refusé des Polonais, des Croates, des Russes,
et des ressortissants de bien d'autres nations encore. Jamais ces refus
n'ont pris le caractère démonstratif des expulsions d'Africains
par charters tambourinés et trompetés aux quatre coins
de la planète. Au ton pris par ces opérations réitérées
avec l'acharnement d'un combat hygiénique, nous étions
déjà loin de trouver notre compte. Avec Saint-Bernard,
nous avons compris que notre silence serait entendu comme une autorisation
pour plus bas encore attenter à notre dignité d'hommes.
Ainsi nous serions, nous immigrés, à la source de tous
les maux de la France, de trois crimes et même de quatre. Ce qu'on
insinuait il y a vingt ans, s'est aujourd'hui amplifié. Des experts
en islamismes et africanismes divers l'étayant sur les murs infranchissables
de nos "différences culturelles" l'ont rationalisé.
La presse l'a banalisé. De la droite, du centre, de la gauche,
des hommes politiques proclamant leur volonté de barrer la route
aux extrémismes sont pour leur part descendus recueillir dans
le peuple la rumeur toute chaude du mécontentement contre "l'envahisseur";
puis ils sont remontés à la télévision dire
tout haut ce qui paraît-il se disait tout bas.
Longtemps avant la découverte de la fracture sociale, experts
et politiques nous décrétèrent fautifs universels.
Le chômage galopait à peine que nous en étions la
source; nous les derniers embauchés, les premiers licenciés,
dotés déjà de l'étrange viatique de la prime
au retour inconditionnel. Le trou de la sécurité sociale
? Encore nous, dans le temps même où Messieurs Pasqua et
Pandraud, relayés par Bianco et Marchand puis Pasqua à
nouveau travaillaient activement à restreindre jusqu'au droit
élémentaire de vivre en famille. Si les hommes politiques
se racontant leur ascension se faisaient un devoir d'y inclure leurs
années de bohème à l'étranger, la plonge
dans un restaurant pour survivre et jusques y compris la compréhensive
amie, pour nous, ce ne pouvait être que de la triche. Le niveau
"baissait"-il dans les collèges ? la délinquance
croissait-elle dans les villes ? les banlieues étaient-elles
en déshérence ? Toujours nous. Avant de penser aux moyens
de l'Education nationale, aux pratiques de certains commissariats de
police où on tirait sur nos enfants comme sur des pigeons, à
la déprimante architecture de nos cités, encore et encore
nous, nous et nos cultures si "éloignées" et
"inassimilables".
Plus sophistiqués, des économistes prétendirent,
refaisant le monde, que la compétitivité industrielle
française eût été meilleure si le patronat
n'avait cédé à la facilité de faire appel
à notre force de travail. Ainsi nous la légion étrangère
des "trente glorieuses" devrions expier plus loin que le chômage,
têtes obtuses et ignorantes que nous sommes, de n'avoir pas inventé
mieux que le marteau-piqueur et la benne à ordures.
Les débats sur l'application des dispositifs de Schengen nous
le rappelle, il n'est pas jusqu'aux difficultés de faire l'Europe
qui n'ait offert occasion de ramener par un chemin ou l'autre à
notre immensurable culpabilité de respirer l'air de France. Obstacles
à la propagation du bien-être général, notre
existence ici serait selon un mot fameux, sinon la bonne solution, du
moins la bonne question.
Cette façon de nous déconsidérer, nous ne passerons
pas ici notre temps à la dénoncer tellement vous savez
déjà vous-même qu'elle est fausse. Pourtant nous
aurions pu. Maintes fois déjà, nous aurions pu en effet
opposer les chiffres, les vrais contre les faux, des théories
mieux lunées avec les faits, remettre en mémoire les actions
d'un Etat français installant au canon nos dictateurs là-bas,
les absolvant ici, pour décider à la mesure suivante,
avec une liberté des mains rarissime dans les Concours Chopin,
que nous n'étions que des "réfugiés économiques".
Mais à quoi bon. Plus modestes, nous vous écrivons pour
signaler que ceci est passé maintenant au-dessus de nos forces
: accepter en silence le pli inquiétant de toujours agiter nos
frêles présences comme le mouchoir rouge pour distraire
des problèmes cruciaux et réels auxquels nous nous trouvons
tous confrontés, nous les en-bas-de-en-bas, français ou
pas français.
Monsieur le Président,
De cette tendance massive à nous coller sur le dos tout ce qu'il
y a de pire et à oublier notre contribution pratique, pluri-séculaire
et moins imaginaire à votre liberté, à votre aisance,
à votre démocratie et à vos richesses, vous n'êtes
pas singulièrement responsable. Aussi, nous n'avions rien à
vous reprocher personnellement.
Pourtant, nous aurions dû. Lorsque, sous un ciel parfaitement
apaisé vous vous rappeliez naguère à notre attention,
stigmatisant notre "odeur" et nos vrais-faux 50 000 francs
d'allocations familiales, notre indignation fut exprimée avec
modération. Peut-être avions-nous préféré
pour beaucoup parmi nous ranger l'événement au compte
d'un échauffement électoral sans conséquence grave.
L'accès de lepénisme passerait. Plus vite l'espérions-nous
en tout cas que l'accès de gauchisme ou -qui sait ?- votre projet
vrai de réduire la fracture sociale. Nous ne pensions pas alors
que notre effacement du paysage de France serait, en "un signal
fort", proposé en gage de cette volonté.
En effet, nous la connaissons cette fracture d'initiation pour être
en plein dans sa faille, nous autres Africains de Vincennes, de Saint-Bernard
ou de partout ailleurs. Nous, mais aussi nos amis, français ou
non, nos compagnons de fortune comme d'infortune, français ou
non, nos voisins de palier, nos collègues de travail, tous gens
honorables, que nous côtoyons, que nous envisageons, à
qui nous parlons, que nous écoutons, sans que jamais nous ayons
à convoquer pour cela notre odorat ou notre flair... Tous ces
proches, comme nous souvent victimes de cette fracture, s'enfonçant
comme nous dans la mouise indicible des fins de mois difficiles, des
restos du coeur, des factures impayées, de l'électricité
coupée, de l'incapacité d'assurer l'écot à
la cantine des mioches, croient-ils encore vraiment que nous leur ôtons
le pain de la bouche ?
Ces tout à fait "bons Français" massés
devant une église, accourus faire corps avec notre cause sous
l'imperturbable matraque et très souvent les premiers - à
notre courte honte, nous l'avouons - croyez-vous qu'un charter, ou cent
de plus, même affrétés de nuit pour éviter
la mobilisation, les rassureront sur l'avenir de ce pays ?
Monsieur le Président, permettez-nous d'en douter. Même
si nous ne doutons plus du tout, nous autres Africains, d'avoir été
choisis comme des objets politiques commodes, de toute première
opportunité parce que de tous temps "bons à tout".
Bons comme esclaves pour fournir en sucre, bons pour s'offrir en remparts
de la liberté, bons en bras pour vos usines, vos routes, vos
champs et vos voiries. Le "signal fort" que vous avez envoyé
nous a traversé de part en part. De Dunkerque... au Cap, nous
l'avons entendu : "Que toute la misère du monde comprenne
sa douleur si elle s'avise jamais de marcher sur le sol de France".
Maintenant que nous ne sommes bons que pour l'exemple, qu'avons-nous
à faire de la peur si savamment instillée de n'être
jamais tout à fait en règle ? Déjà les formulaires
d'embauche existent où l'on ne nous demande plus seulement d'être
français mais encore de préciser si nous le sommes devenus
par acquisition, réintégration ou mariage. Dans plusieurs
de nos quartiers, le taux de chômage réel des Africains
avoisine les 95%. Avec nos enfants en un tour de main dénaturalisés
comme en 40, avec nos papiers en règle, la préférence
nationale a frappé et continue chaque jour que Dieu fait. Sans
que jamais Le Pen ait exercé le pouvoir. Au reste, qu'a-t-il
besoin de le faire quand d'autres depuis dix ans font, homéopathiquement
peut-être mais si bien, ce qu'il a programmé ?
Le temps est déjà là dans lequel, fille ou homme
de France, si vous vous avisez d'aimer l'une ou l'un quelconque d'entre
nous, chose qui ne se commande pourtant pas, vous avez intérêt
à affronter le ridicule de lui demander ses papiers. Le postier,
la ménagère de la SONACOTRA, le contrôleur du tram
ou du métro, le concierge ou même le voisin, sont tout
près de se concevoir auxiliaires de police. Avec les appels anonymes
devenus notre ordinaire, qui nous disent juste notre nom et "rentre
chez toi !", nous croyions avoir les sommets du harcèlement
téléphonique cher aux cellules de certain partis. C'est
pourtant dans la lancée de plusieurs de ces appels anonymes que
l'un de nous, honorable citoyen nantais, a reçu ensuite la visite
d'une inspectrice de la SPA venue vérifier, en pure perte de
temps, les "horribles traitements" subis par le chien de la
maison. Ce chien vautré dans les fauteuils nous a fait rire mais
pas longtemps car, si nous suspecter devient un devoir civique, où
faudra-t-il encore aller, pour qu'un signal soit dit fort ?
Monsieur le Président,
Nos concitoyens français vous ont confié il y a un an
et demi la charge suprême de ce pays. Un an et demi et nous voilà
à nouveau boucs émissaires. Peut-être passé
à l'as la réduction de la fracture sociale, nous nous
retrouvons une fois encore universel abcès de fixation . Notre
dignité, le respect que nous donnons et qui doit nous être
rendu, l'aspiration à plus de liberté manifestée
par des centaines d'entre nous ayant opté pour le plus aride
des votes, le vote avec ses pieds, la volonté banale de forger
à ses enfants un avenir acceptable, ces visées élémentaires
mais nobles se trouvent soudain disqualifiées. Parce que nous
avons passé la Méditerranée, nous ne serions plus
que papiers au vent, bouches et ventres. Non plus des êtres taillables
et corvéables à merci comme en certains temps, ni des
chairs à canon, remparts ultimes pour la liberté française
comme en d'autres, mais tout simplement individus surnuméraires,
tout juste intéressés à la charité : "Repartez
chez vous, on passera vous aider"; "vous serez intégrés
à la condition que les mauvais nègres dans vos rangs soient
expulsés", pour des raisons que vous comprenez bien, Monsieur
le Président, nous trouvons l'un et l'autre de ces marchés
indignes et nous les refusons complètement.
Au prix de dures privations, les travailleurs maliens, mais il n'y a
pas qu'eux, expédient annuellement à leurs frères
restés au pays, un argent permettant l'ouverture d'écoles,
de dispensaires, de maternités, le creusement de puits. Un argent
gagné sou sur sou et que l'aide officielle française annuelle
à tout le Mali n'égalera jamais. Puisque cette aide comprend
un matériel acheté, en France, des salaires de coopérants
économisant, en France, et souvent jusqu'à leur loyer
et leurs voitures de fonction, il y a long temps que nous avons compris
qu'elle n'est qu'une subvention à l'industrie et au chômage
français. A la vitesse du Paris-Dakar, elle chatouille juste
nos odorats et revient avec un outrecuidant contentement se reposer
ici.
Nous choisissons les Maliens, non qu'ils soient les seuls, mais parce
que le modèle d'autogestion qu'ils offrent, un classique salué
par les ONG les plus compétentes, est celui-là même
que tentait il y a peu de saper à la base un Député,
le désormais célèbre Cuq, martelant dans un rapport
incroyablement scandaleux sur les foyers : "En regard d'un revenu
mensuel de 4900 francs, il y a possibilité de dégager
une épargne de 3400 francs transférée au pays d'origine,
ce qui ne peut que favoriser un flux d'immigration clandestine "
Nous savions l'"amitié franco-africaine" conçue
par beaucoup comme l'amitié fixée de toute éternité
du cheval et du cavalier. Nous n'imaginions peut-être pas quelqu'un
mettre en balance des SMIG honnêtement gagnés avec les
profits librement rapatriés des entreprises françaises
installées chez nous et en sus la prébende ici déposée
au chaud de certains parmi nos dirigeants.
L'image réelle de femmes et d'hommes gagnant à la dure
ce qu'ils ont et ce qu'ils construisent, nous sied bien mieux que celle
d'assistés. Nous la préférons à la vague
promesse d'une aide qui à ce jour n'a jamais fait pousser à
notre profit quoi que ce soit en Afrique. La "Démocratie"
pour laquelle nous ne serions pas mûrs disiez-vous, encore moins.
"Le chant du coq et le silence de Saint-Pierre"... En ces
temps difficiles, encore plus difficiles pour les Africains, faisons,
Monsieur le Président, le compte des reniements. Il y avait encore
quelques églises pour nous ouvrir leurs portes, des prêtres
pour réconforter les musulmans mêmes, des médecins,
une poignée de professeurs émérites, d'artistes
dénigrés, et la chaîne longue, longue, puis invisible
des sympathisants. Tous pour nous rappeler que cette nation, au milieu
du délire sur l'"envahisseur" sait décidément
se tenir avec élégance et encore raison garder.
Mais, Saint-Bernard, combien de voix ? Ce lieu de paix où les
imaginaires antagonismes s'effaçaient, comme s'il avait par la
grâce des lois Pasqua été transporté en des
terres ravagées, l'Etat y renonçait à l'exercice
minimal de ses prérogatives de santé publique, à
relever la médecine des temps de guerre par celle des temps de
paix. Pour nous autres venus de contrées où des Etats
exsangues, entrelardés par les coups de couteau du FMI se sont
décomposés, nous laissant à nous-mêmes sur
tous les sentiers de la planète, l'Etat n'est pas ce monstre
froid que l'on dit. Simplement, il sert ou bien la démocratie
ou bien la haine ordinaire du ressentiment. A Saint-Bernard, déléguer
une puéricultrice de l'Etat portant quelques guigoz pour les
enfants eût été pourtant si bien venu pour amorcer
le dialogue. Au lieu de cela, pour rassurer les uns, fouetter l'imagination
inquiète des autres, il fallait au contraire que cet enclos évoquât
les images d'un Rwanda toujours plus mortifié que la mortification.
Il fallait à l'Etat s'arc-bouter sur sa volonté de faire
exemple, d'humilier toujours un peu plus : les grévistes de Saint-Ambroise
n'avaient même pas à choisir leur mort, son lieu et son
moment, mais à accepter celle qu'on voulait bien leur concéder
en les expulsant vers des havres improbables du respect des droits de
l'Homme. Qu'ils meurent mais sans salir nos tapis ! Ce fut donc le raid
prophylactique. Avant l'assaut.
Monsieur le Président, des mois durant, ces Africains ne demandaient
qu'à discuter. Pourquoi plus de mille policiers au chant du coq,
ces cars, ces écus de plexiglass, ces matraques et ces haches
contre des portes protégeant des enfants.
Ces enfants, femmes, hommes, avaient-ils volé ? tué ?
violé des fillettes ? posé des bombes ? ruiné une
banque ? profané des tombes ? Non, non, non et non : ils n'avaient
pas leurs papiers, tout simplement. Et cette réponse nous étonne.
Depuis des années, nous ne comprenons pas, prélogiques
bornés que nous sommes peut-être, ce si peu de sang froid,
cette mobilisation de centaines de sociologues à la quête
du "malaise des banlieues", de milliers de fins limiers à
la poursuite du clandestin inconnu, si inconnu qu'il faut des lois pour
le créer. Nous ne comprenons pas la débauche de moyens
de Saint-Bernard, comme nous ne comprenons pas la dépense d'énergie
pour seulement de loin en loin, découvrir dans la froidure d'un
matin normand au fond d'une cale, un Ghanéen tétanisé,
l'audace abasourdie, échappé de justesse à la noyade,
mais que la clameur du jour sur l'"envahisseur" prive du chapeau
bas que l'on dit à l'homme qui émerge pour témoigner
de l'horreur.
Le choix de ce petit matin 52ème anniversaire de la Libération
pour bouter hors de France les filles et les fils de ceux-là
mêmes qui, à deux reprises, permirent de libérer
Paris - et son Hôtel de ville - peut n'être pas délibéré.
Mais l'amnésie étant un luxe au-dessus de nos moyens,
nous relevons la curieuse façon de feuilleter les pages d'histoire.
Les tabous sont peut-être faits pour être brisés
de nos jours. Nous ne savons pas si De Gaulle parti solliciter nos pères,
volontaires-désignés pour monter à l'assaut du
nazisme, se serait permis de briser ce tabou-là, en plein Paris.
Nous ne savons pas mais peu importe car, notre dignité, est-ce
encore un tabou ?
Non, mais infiniment plus. C'est nous tout entiers. A prendre définitivement
tels quels. Non l'image arrangée de notre humiliation, expulsée
pour solde de tout compte.
Nous avons eu l'honneur d'exprimer auprès de vous, avec gravité,
notre inquiétude extrême face aux humiliations dont nous
Africains sommes sujets à intervalles de plus en plus rapprochés.
Ces choses devaient être dites, Monsieur le Président,
mais daignez toujours croire en notre profond respect et entière
disponibilité.
Ont signé :
LES COORDINATEURS :
AFOGNON, BA Mouhamadou, BADO Charles, BAKA Alain, BAMBA-BULEON Eugénie,
BARRY, BIPKO Céline, BOTOWAMUNGU Kalomé, BLEY Joseph,
BUTUNGU Mvula-Gory, CAMARA Saïdou, CAMARA Arfan, CHITOU Fath, DAGA
Halima, DIALLO Alpha, DIMO Bertrand, FAMBA Paul, GBOHOU Jean-Luc, GUIMENDEGO
Maurice, HOUINSOUHOUSSOU David, KANSCI Germain, KEBE Sadou, LEMA Lunyanga,
MINGOUBE Jean, NGAH Esther, NGAPA Jean, NGASSA Jean-Paul, NGNAZOU Blaise,
OMOUALAH Edgard, RHONGO Abdou, SOSSOUGLOH Jean-Baptiste, TADE Théophile,
TROH Roger, YUSUF Indah, ZATE Tiama
LES ASSOCIATIONS :
ASSOCIATION DES SENEGALAIS DE NANTES & AGGLOMERATION
* ASSOCIATION DES MALIENS DE NANTES
* ASSOCIATION CULTURELLE CAMEROUNAISE DE LA LOIRE ATLANTIQUE
* ASSOCIATION DES IVOIRIENNES DE LA LOIRE ATLANTIQUE
* ASSOCIATION DES IVOIRIENS DE NANTES [AIN]
* ASSOCIATION DES CENTRAFRICAINS DE NANTES
* ZAIRE-FRANCOPHONIE
* ASSOCIATION AFRIQUE-PROMOCULTURE
* ASSOCIATION COSMOPOLITE
* FRANCE-BENIN
* SOLIDARITE AFRICAINE LIGUE CAMEROUNAISE DES DROITS DE L'HOMME [section
de l'Ouest de la France]
* NORD SUD