origine : http://les-etudiantes-ass-imf-montfavet.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=895245&coms=895245
Le livre que j’ai choisi d’étudier s’intitule
« L’exclusion, définir pour en finir ».
Il a été écrit sous la direction de Saül
Karsz avec Michel Autès, Robert Castel, Richard Roche et
Monique Sassier. Il est paru à l’édition Dunod,
collection pratiques sociales, en 2000.
1. L’ouvrage
1.1 Biographie des auteurs :
Chacun des cinq auteurs ayant écrit une parti de l’ouvrage,
j’ai pensé intéressant d’identifier quelques
éléments bibliographiques de chacun d’eux :
Saül Karsz est philosophe maître de conférences
en sociologie à l’université Paris V, membre
de l’association « Pratiques sociales » consultant
formateur en stratégies d’intervention sociale.
Michel Autès est sociologue, chercheur au CNRS-CLERSE (centre
lillois d’études et de recherches sociologiques et
économiques) et à l’IFRESI (institut fédératif
de recherche sur les sociétés industrielles), université
Lille I.
Robert Castel (né en 1933) est agrégé de philosophie,
sociologue, ancien directeur d’études à l’Ecole
des hautes études en sciences sociales. Depuis 1995, il est
directeur du Centre d’étude des mouvements sociaux.
Richard Roche est juriste, sociologue, membre de l’association
« Pratiques sociales », co-directeur de l’association
« Action sociale-formation-recherche », consultant formateur
dans les dispositifs d’intervention sociale.
Monique Sassier est sous-directrice de l’UNAF (Union nationale
des associations familiales), Paris, chargée des études
et des actions politiques.
1.2 Le genre littéraire
Genre littéraire : l’ouvrage « L’exclusion,
définir pour en finir » est un livre élaboré
à partir des exposés et des débats tenus à
l’occasion d’une rencontre organisée par l’association
« Pratiques sociales ». Chaque exposant a revu, réécrit
en partie ou en totalité sa contribution.
1.3 Résumé de l’ouvrage
PARTIE 1 « Les trois figures de la déliaison
» Michel AUTES
Michel Autès aborde l’exclusion sous une approche
théorique, il s’interroge sur l’emploi du terme
exclusion. Il distingue une évolution dans la manière
dont on a problématiser la question des personnes en difficulté
au sein des politiques sociales en France depuis 1945. Dans les
années 50, on parle d’individus asociaux, puis dans
les années 60, on construit des catégories autour
de l’inadaptation. Dans les années 70, apparaît
la notion de handicap, puis on voit apparaître les termes
de la pauvreté et de la précarité et enfin
le problème de l’exclusion. Depuis, il constate une
généralisation du terme, son passage dans le discours
commun.
Pour lui le social est « l’articulation de la sphère
économique et de la sphère politique …auquel
se rattache la sphère culturelle et la sphère domestique.
L’exclusion est un nom mis sur les malheurs du temps et qui
font mal aux articulations de ces différentes sphères
de la vie sociale. Quand on parle d’exclusion on est devant
quelque chose de l’ordre de la rupture du lien ». [1]
Il pose l’hypothèse suivante : « est ce que
ces problématisations autour de l’exclusion ne sont
pas l’indice d’une transformation ou d’un déplacement
de la question sociale ? » Pour lui la question du travail
est au cœur de cette question sociale. Selon lui, il y a deux
manières de voir le devenir de la société salariale.
Soit il s’agit d’une transformation de la société
salariale du a une crise du aux transformations des façon
de produire, soit on peut imaginer une mutation plus radicale faisant
qu’a terme le travail ne soit plus au centre des rapports
sociaux comme il l’est dans la société industrielle.
Autour de cette problématisation il s’interroge sur
quel type de liaison fait-on entre la sphère économique
et ce qui relève du politique ?
Michel Autès distingue trois figures de l’exclusion
et se demande si l’insertion est la réponse à
l’exclusion. Il aborde cette question par trois approches
: celle de Serge Paugam, V de Gaulejac et I Taboada Leonetti et
celle de Robert Castel.
L’approche de Serge Paugam [2]. L’idée initiale
de S.Paugam est que la pauvreté est une construction sociale.
« La disqualification est vue comme un phénomène
de désintégration sociale ». La disqualification
est un processus. Il considère que les personnes passent
par trois étapes : la première étape, «
les personnes sont fragilisées » dans leurs rapports
au travail, leurs liens sociaux, ils deviennent ainsi des individus
à risque, ce sont des précaires mais pas encore des
« assistés ». Ensuite, ils tombent dans l’assistanat.
Et enfin les « marginaux » ceux qui ont renoncé
à tout.
L’approche de V De Gaulejac et I Taboada Leonetti [3] est
centrée sur les destins individuels. Ils s’interrogent
sur les effets de la « désinsertion » sur l’identité
des individus. Ils considèrent le processus de désinsertion
en quatre phases : la première rupture est caractérisée
par la perte de l’emploi, le divorce, la maladie, la seconde
phase est suivie d’une série d’autres ruptures
similaires aux précédentes. Pour eux ces deux phases
se ressemblent. La troisième étape est ce qu’ils
appellent le « décrochage ». La dernière
étape est la « déchéance » comme
par exemple des comportements d’autodestruction.
Face à ce processus de désinsertion, les auteurs
considèrent que les individus ont trois types de réaction
: Les « réactions de résistance », les
individus tentent de résoudre leurs difficultés par
leur propres moyens, ils peuvent développer des « stratégies
d’adaptation ou d’installation » dans leur situation,
puis enfin éventuellement une « stratégie de
fuite et de sortie » de leur situation.
La désinsertion est considérée comme individuelle
et sans marquage social préalable.
R Castel aborde le concept de « désaffiliation »
qu’il caractérise comme une perte d’appartenance
des individus. Il parle d’une rupture par rapport au salariat
mais aussi par rapport au lien sociétal du fait de l’évolution
de la société.
« Il considère qu’il y a une construction progressive
du salariat par le rôle jouait par l’Etat. C’est
le passage des « sociétés de tutelle »
ou les gens se trouvaient sous la dépendance de liens entre
personnes, à des « sociétés de contrat
» à la mode libérale jusqu’à des
« sociétés de protection » ou de statuts
qui sont les formes modernes du salariat. Il oppose le libéral
où l’Etat ne doit pas se mêler de ce qui concerne
les rapports privés et l’entreprise et la construction
républicaine par la mise en place progressive des protections.
Pour lui l’ensemble se fragilise et on retrouve à l’intérieur
des rapports du travail une certaine vulnérabilité.
Leur appartenance à la société devient problématique.
» [4]
Michel Autès constate également un décalage
entre les politiques publiques et la réalité de terrain.
Car les réponses apportées sont construites sur des
représentations qui ne correspondent pas à la réalité
c’est ce que les sociologues appellent « l’effet
Tex Avery ». . il considère qu’il y a quatre
types d’impossibilité ou « d’impuissance
publique », ce sont des limites qu’il faut dépasser.
« La première c’est les difficultés à
penser les problèmes, la seconde c’est de trouver un
nom aux choses, ensuite il constate que l’interprétation
libérale du social devient plus prégnante, enfin l’impossibilité
de prendre en compte la dimension symbolique de la réalité
humaine ». [5]
Le travail est un facteur d’intégration important,
cependant, il est soumis aux lois naturelles du marché. D’où
l’incertitude de l’action publique, qui cherche à
inventer de nouvelles catégories d’action. La première
catégorie c’est « l’insertion, elle peut
s’analyser comme l’ensemble des processus de dérégulation
du marché du travail. On crée des sous statuts, des
contrats précaires qui pèsent sur le marché
du travail et on un effet sur des vrais contrats, cela fragilise
l’ensemble du dispositif. Les structures d’insertion
par l’économie jouent ce rôle, de même
que toutes les politiques publiques d’exonération et
d’incitation à la création d’emploi [6]
».
La deuxième catégorie c’est le territoire,
il peut être une autre façon de gérer les populations.
On repère des territoires par rapport à leur exclusion,
à leur désintégration comme les milieux ruraux
en désertification. Le territoire peut aussi être un
espace de démocratie locale.
La troisième catégorie est la sécurité.
PARTIE 2 « Cadrer l’exclusion » Robert
CASTEL
Pour Robert Castel il faut se méfier de la notion d’exclusion
en raison l’hétérogénéité
de ses usages, il considère que ce n’est pas une notion
analytique. De plus l’exclusion est issue d’un processus
« on ne naît pas exclu, on le devient ». Robert
Castel distingue plusieurs zones de la vie sociale. La zone d’intégration
: ce sont des personnes qui ont un travail régulier et des
supports de sociabilité stables. La « zone de vulnérabilité
» où le travail est précaire et les situations
relationnelles sont instables. « La zone d’exclusion
dans laquelle des vulnérables et même des intégrés
basculent ».Pour lui il faut essayer d’analyser ces
processus. Robert Castel propose d’utiliser le terme de «
désaffiliation » à la place d’exclusion
dans le but de démontrer le processus, des personnes qui
décrochent et basculent.
Il considère que le travail d’insertion doit être
complété par la mise en place de politiques préventives
pour éviter que les personnes basculent en situation d’exclusion.
Il considère qu’il y a une nouvelle population à
problème, ce ne sont pas des cas sociaux, ni des inaptes
au travail mais ils ne trouvent plus de place ou que des places
instables et précaires qui les conduisent à la vulnérabilité
pour des raisons qui ne sont pas de leur fait, il les nomme les
« surnuméraires ». On s’en tient aux faits
visibles d’une question qui traverse l’ensemble de la
société et on mobilise essentiellement des «
réponses techniques » alors que la maîtrise du
processus exigerait un « traitement politique du problème
».
Robert Castel aborde trois formes historiques de l’exclusion
: la première c’est le retranchement complet d’une
personne ou d’un groupe de la communauté c’est
le cas de la déportation, du génocide, du bannissement…
; la seconde c’est la construction d’espaces clos au
sein de la communauté mais coupés de celle-ci, comme
les asiles, les prisons, les ghettos ;et la troisième forme
d’exclusion c’est lorsque certaines populations sont
dotées d’un statut spécial qui leur permet de
coexister dans la communauté mais qui les prives de certains
droits et de la participation à certaines activités
sociales.
Il considère donc que « la plus part des situations
qu’on qualifie d’exclusion relèvent en fait de
vulnérabilité qui est créée par la dégradation
des relations de travail et protection attachées au travail.
On est en droit de parler de précarisation, de vunérabilisation,
peut-être de marginalisation mais pas d’exclusion »
[7]
PARTIE 3 « L’exclusion n’existe pas,
je l’ai rencontrée » Monique SASSIER
Monique Sassier cherche à comprendre comment est construit
l’exclusion. Elle recense le vocabulaire qui caractérise
les exclus. Pour elle, l’inflation de ces nouveaux mots traduit
cette élaboration conceptuelle car l’exclusion est
un phénomène nouveau dans ses conséquences.
Parallèlement elle constate une tentative de chiffrage qui
traduit une volonté de savoir et de connaître à
tout prix, en opposition à l’intuition selon laquelle
l’exclusion serait un processus dynamique et non un état.
De plus, ce chiffrage permet de légitimer des réponses
sociales, politiques et administratives. Il permet d’élaborer
des réponses techniques, des dispositifs,des actions alors
même qu’elles sont déjà insuffisantes.
Cela donne un effet de stigmatisation aggravé par la constitution
de catégories de personnes identifiées par leurs manques.
Pour Monique Sassier « nommer des catégories produit
des dispositifs, nommer des dispositifs produit des catégories
» [8].
Elle identifie l’exclusion en fonction de plusieurs points
de vue. C’est une sorte d’objet mouvant qui d’un
point de vue institutionnel, est une occasion pour une construction
financière, politique et administrative. Ainsi se créent
des « logiques ségrégatives » car «
tout ce qui n’est pas suffisamment exclu n’entre pas
dans les catégories socio-administratives qui permettent
des interventions sociales , administratives, politiques ou financières
» [9]. Or dans l’action sociale, il faut tenter de dépasser
les catégories qui sont créatrices d’exclusion.
D’un point de vue administratif, « les personnes en
difficultés se structurent dans un discours de l’ayant
droit absolu. Cette construction extrait les personnes elles-mêmes
de la problématique de l’échange social. Du
point de vue social, sortir de l’échange, et de la
consommation veut dire que plus personne n’est en charge de
cette question. En affirmant que tout ce qui dysfonctionne dans
notre société doit recevoir une réponse sociale,
les limites du social ne sont plus définies par le champ
social lui-même, mais par les champs laissés en jachère
par d’autres » [10]. Et enfin d’un point de vue
politique, cela permet la constitution d’un discours sur le
traitement des effets et autorise l’absence d’analyse
sur les causes.
Selon elle, les personnes qui s’en sortent sont celles qui
ne se laissent pas enfermer dans un état et qui ont un projet
et la faculté de se projeter. Elle dénonce l’urgence
comme mode d’interpellation sociale et comme mode de réponse
sociale. Les réponses en terme de dispositifs spécifiques,
de dispositifs d’urgence sont des interventions rapides qui
atténuent la volonté de travailler sur les causes
de l’exclusion afin d’investir dans le traitement des
effets visibles. Elle donne l’exemple du « Samu social
qui s’est fondé peu à peu sur une sorte de droit
inconditionnel à l’assistance qui se traduit par la
sortie radicale de l’échange social » [11]. Problématique
identique pour le système de prestations reconnu comme pouvant
aider à réduire la pauvreté monétaire,
mais qui laisse entière la question de l’exclusion.
Elle émet « l’hypothèse qu’il faille
savoir attendre et tenir, face à un problème considéré
comme provisoire et transitoire. L’urgence consisterait seulement
à organiser l’attente, dans l’espoir de jours
meilleurs. Ce parcours d’insertion et ces dispositifs ont
au fond le statut d’un véritable métier. Le
nouveau métier des gens en difficulté serait d’attendre
». [12]
La question sociale, devient une question sociétale, dont
les élus ne peuvent s’abstraire. Cette liaison nécessite
des rencontres entre les professionnels du social et les élus.
Elle considère que « l’exclusion est une interrogation
sociale partagée, sans doute parce que s’est forgé
un consensus sur le côté incertain et aléatoire
de son déclenchement » [13]. L’exclusion serait
un risque social partagé.
PARTIE 4 « De l’exclusion à l’insertion
: problématiques et perspectives » Richard ROCHE
Richard Roche interroge la notion d’insertion en tant que
réponse à l’exclusion. Et questionne l’insertion
en tant que représentation. Il se réfère à
la grille de lecture de C.Guitton qui distingue l’insertion
comme représentation, comme catégorie, comme politique,
et comme statut. Ces différents aspects s’articulent.
Il s’intéresse au terme de surnuméraire qu’il
définit comme un statut partiel et fragile, une situation
transitoire sur le chemin de l’insertion. Par là il
entend les contrats emploi-solidarité. Il qualifie cette
période de « sas », de « sphère
», elle a pour conséquence la stigmatisation des personnes,
une détérioration rapide de l’employabilité
et une usure du à la fois aux échecs et au temps.
Cette période est une sphère de l’insertion
qui se situe entre la sphère de l’emploi et la sphère
de l’aide sociale.
Selon lui, « l’insertion est en panne ». «
L’insertion est devenue, non plus cette phase transitoire,
ce moment de passage avec un avant et un après, mais un statut
à part entière. Voilà une nouvelle forme d’exclusion…de
la sphère de l’emploi ordinaire et une nouvelle position
sociale : être en insertion à défaut d’être
inséré, ou mieux encore intégré. »
[14]
PARTIE 5 « L’exclusion : faux concept, vrai
problème » Saül KARSZ
Saül Karsz se propose de « démontrer le regard
particulier posé sur le réel, qui porte le nom d’exclusion
» [15]. Il veut travailler sur l’exclusion pour savoir
de quoi on parle en employant ce terme. Car selon lui « n’est
pas exclu qui veut »pour accéder à l’exclusion
les personnes doivent connaître un « parcours »,
un certains nombre de « caractéristiques ».Il
y a une condition déterminante : l’existence d’une
« problématique d’exclusion ».
Il procède à la présentation de la problématique
de l’exclusion. Le terme exclusion est apparu en 1965. Mais
son usage contemporain date des années 90, il caractérise
la précarisation et la fragilisation de populations de plus
en plus nombreuses. La notion d’exclusion se généralise,
s’élargie, elle devient une « catégorie
surdéterminée, sans frontière »
L’exclusion a de multiples facettes et une pluralité
de significations. A partir des années 90, elle requiert
un sens spécifique. Pour repérer, il fait une distinction
entre l’usage générique et l’usage spécifique.
L’usage générique concerne les exclusions restreintes,
particulières, le terme revêt un caractère indéterminé.
L’usage spécifique est contemporain, il nécessite
des codes précis, des présupposés particuliers
dans ce cas, « il ne suffit pas d’être exclu de
quelque part pour être exclu au sens spécifique, contemporain,
du terme » [16].
Dans les années 50, on parle déjà d’exclusion
par rapport au logement, dans les années 70, il est question
des exclus (de l’économie, du bien être, du progrès…)
mais il les différencie de l’exclusion sociale qui
date des années 85-90, car selon lui, « ces exclus-ci
le sont radicalement, il sont donc socialement exclus, ils sont
des exclus sociaux ». Elle suppose une démarche globale.
Selon lui, « c’est pour cela que la loi de lutte contre
l’exclusion se propose d’assurer rien moins que la cohésion
sociale » [17].
Il distingue deux type d’exclusion : les exclusions plurielles,
déterminées, qualifiées dans le temps et l’espace
(exclusions scolaires, professionnelles…) et l’exclusion
forte, radicale, l’exclusion au singulier : l’exclusion
sociale. Il s’agit de deux sortes d’exclusion tout a
fait différentes, et en même temps d’une seule
et même exclusion car elle est réelle, concrète.
C’est un phénomène de société,
c’est pour ça qu’elle est sociale.
Saül Karsz interroge ensuite la problématique de l’exclusion
d’un point de vue critique. Il établit une analyse
de discours et de pratiques concernant la catégorie d’exclusion.
Il concerne son caractère polysémique, paradoxal,
spéculaire et enfin consensuel.
La catégorie polysémique est une catégorie
passe-partout. La catégorie paradoxale illustre le paradoxe
que constitue l’exclusion. Saül Karsz donne l’exemple
des pratiques toxicomaniaques. En effet, ces pratiques conduisent
à l’exclusion ou en résultent. Cependant elles
nécessitent une insertion dans les différents réseaux,
des filières d’échanges…pour se procurer
les produits. Il considère que « c’est une manière
d’être ensemble, de tisser et d’entretenir des
liens, d’organiser et de gérer un certain genre de
vie sociale » [18]. Le caractère extrême de ce
genre de situations, met en relief des traits reconnaissables dans
l’ensemble des situations d’exclusion. C’est le
« paradoxe constitutif de l’exclusion ». Il considère
l’exclusion comme un statut social, car elle concerne des
gens qui sont en dehors d’une société, pourtant,
il en font nécessairement partie, sinon il ne pourraient
pas en être exclus. Donc on peut se poser la question de comment
insérer des gens qui le sont toujours déjà
? Faut-il parler plutôt de réinsertion et/ou d’intégration
? Cela viserait à faciliter l’accès à
des places meilleures que celle que les personnes occupent déjà.
La catégorie spéculaire. L’exclusion comprend
des destinataires qui sont les exclus et des émetteurs qui
sont les institutions et les services, les politiques publiques,
les dispositifs et les intervenants qui s’occupent d’exclusion.
« Des intérêts forts lient les uns aux autres,
des enchaînements et des interdépendances » [19].
Il estime que la dialectique de l’exclusion concerne l’ensemble
de la population, l’ensemble des rapports sociaux. Pour lui,
l’exclusion conforte l’insertion, et la questionne également.
Le couple exclusion-insertion constitue une dialectique et leurs
rapports sont dynamiques.
Dans la catégorie consensuelle, il veut faire apparaître
que dans l’exclusion, des enjeux de fond sont en cause qui
dépassent les intérêts particuliers. Il définit
le consensus comme étant une forme particulière de
l’accord qui minore les désaccords et met en avant
les accords, les affinités, les convergences. Le principe
fédérateur du consensus est : « tous des humains
».Il définit deux personnages de la problématique
de l’exclusion les « in », les inclus dans la
société et qui sont de la société et
les « out », les exclus qui sont dans la société
quoique sans en être. Mais ils « partagent les mêmes
objectifs et adhérent aux mêmes idéaux, que
les uns réussissent à réaliser et les autres
pas. Ils occupent des places différentes, mais sur la même
échelle de stratification sociale… Leurs intérêts
individuels et collectifs divergent mais au sein de désirs
et de buts convergents. » [20], ils veulent la même
société
Enfin il identifie les présupposés majeurs de l’exclusion,
ses enjeux théoriques et politiques, et esquisses les conditions
d’un dépassement raisonné. Il suggère
d’identifier la problématique générale
dont l’exclusion est un symptôme et un des représentants.
2. Analyse de l’ouvrage
2.1 Contexte
Dans les années quatre-vingts, la société
prend conscience qu’elle est en période de mutations
profondes d’ordre structurel. L’accroissement de la
pauvreté, la montée du chômage, la déqualification,
la désaffiliation des groupes les plus fragiles, le délitement
du lien social, l’éclatement de la cellule familiale
avec sa cohorte de conséquences sur l’équilibre
de l’individu sont à l’origine de la précarité.
Sur le plan économique, la société n’est
plus capable d’offrir de l’emploi à tous dans
les mêmes conditions de protection sociale.
Cette lutte contre les exclusions est traduite en partie, à
la fin de la décennie, par le dispositif RMI en instaurant
une politique contractuelle, transversale et territoriale fondée,
entre autre, sur le droit à une allocation, un accompagnement
social des personnes et une dynamique partenariale. C’est
un tournant dans la conception et l’organisation des politiques
d’action sociale et des méthodes d’intervention
sociale.
Cette décennie, marque le temps de la décentralisation
et de la mise en œuvre de la nouvelle répartition des
compétences entre l’Etat qui conserve le secteur de
l’aide sociale à l’hébergement, et les
collectivités territoriales. Le législateur estime
que la mobilité et la fragilité des publics doivent
être garanties par la solidarité nationale.
La loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 entend
donner une certaine cohérence à l’ensemble des
dispositifs de lutte contre la pauvreté et la précarité.
Lorsque l’ouvrage apparaît la question de l’exclusion
est donc au cœur de l’actualité sociale. A travers
ce livre les auteurs interrogent la catégorie exclusion et
la théorise, ils s’intéressent aux politiques
sociales et souhaitent questionner cette réalité.
2.2 Problématique
L’ouvrage est un instrument de travail, car chacun des auteurs
qui a contribué à ce livre fourni un diagnostic et
un point de vue particulier quant a ce que l’exclusion signifie.
L’exclusion passe du stade d’évidence au statut
de question, de catégorie à penser. Il interroge par
le biais de l’exclusion, l’organisation et le fonctionnement
de nos sociétés. Pour traiter de l’exclusion,
ils mobilisent un ensemble de dimensions économique, politique,
institutionnelle,juridique, professionnelle… Cet ouvrage déconstruit
les idées, les habitudes et les pensées sur l’exclusion
et montre que l’exclusion ne concerne pas seulement les exclus.
La nécessité d’interroger la catégorie
d’exclusion, d’identifier les théories, les politiques,
et le réel qu’elle est censée expliquer. De
quoi parle t-on quand on parle d’exclusion ?
- Pour Michel Autès la notion de déliaison accentue
la dimension symbolique de l’exclusion. Il situe les enjeux
de l’exclusion par rapport à l’insertion, au
territoire et à la sécurité en terme de politique
publiques et de défi pour l’avenir des sociétés
à projet démocratique. Il évoque trois approches
pour définir l’exclusion :
Celle de Serge Paugam qui parle de disqualification. Il fait une
approche en terme de classification qui s’organise autour
de la question de l’intégration et du type de rapports
que la société organise avec ses marges. Il s’interroge
du point de vue des institutions. Chez lui c’est une statègie
de labellisation, de catégorisation des individus.
Celle de V. De Gaulejac et I. Taboada Léonetti se basent
sur le concept de désinsertion. C’est l’idée
qu’il y a eu l’exclusion, l’insertion et enfin
la désinsertion. Les analyses portent sur les destins individuels.
Et celle de Robert Castel qui aborde la notion de désaffiliation.
Il fait une étude historique du salariat et de sa construction.
Pour lui le salariat c’est un tout : c’est le contrat
de travail et le droit du travail, c’est le salaire et la
protection sociale. Ici on a le point de vue du politique et de
l’Etat. Il met en exergue les étapes d’un processus
historique et du traitement de la question sociale par l’Etat.
Ces trois approches n’utilisent pas le terme exclusion mais
préfère créer de nouveaux termes leurs semblant
plus adaptés. Les auteurs reconnaissant dans leur approche
qu’on a affaire à la déliaison, à la
désintégration des personnes. L’idée
est que quelque chose se défait donc il faut soit reconstruire,
soit construire autre chose. Ils sont également d’accord
sur le fait que l’exclusion est un processus qui comprend
plusieurs phases l’entrée, l’installation et
celle de l’errance, du « hors social ».
- Robert Castel préfère donc la notion de désaffiliation.
Il considère l’exclusion comme un processus.
- Monique Sassier s’attache à comprendre les situations
et intervient sur les causes de l’exclusion.
- Richard Roche, lui, interroge l’insertion en temps que
réponse à l’exclusion, et questionne l’insertion
en tant que représentation.
- Quant à Saül Karsz, il analyse l’exclusion
en tant que catégorie construite qui comporte une vision
du monde et de la société. Par là l’exclusion
interroge l’organisation et le fonctionnement de nos sociétés.
2.3 Concepts
2.3.1 L’exclusion
L’exclusion est un terme contemporain qui est apparu dans
les années 80. L’entrée en France des 30 glorieuses,
crée une accélération des mutations socio-économiques
(l’industrialisation, l’exode rural, la concentration
urbaine, la croissance démographique). Entraînant une
pénurie de logement qui engendre déjà une situation
de grande pauvreté. C’est alors qu’émerge
la notion d’exclusion.
Le phénomène de grande pauvreté apparaît
après les années 80. La montée du chômage
en est à l’origine mais également l’augmentation
du travail précaire.
Face à cela il fut impératif de redéfinir
les mécanismes de la solidarité publique et de recréer
une solidarité entre les individus .Cela explique l’adhésion
massive de l’opinion publique en 88 au mécanisme du
RMI destiné à assurer un filet de protection auprès
des plus démunis.
La loi du 29 juillet 1998 définit l’exclusion comme
l’incapacité à accéder aux droits sociaux
fondamentaux. Au regard de la loi, les personnes exclus sont les
personnes n’ayant pas accès au soin , les personnes
en emploi précaire, ayant peu de revenu, étant surendetté
et ayant pas accès à la citoyenneté.
Sur le plan international, pour l’ONU la notion d’exclusion
est récente et encore très peu utilisé. En
effet cette notion renvoie principalement à la situation
de population situées dans les pays économiquement
développé ou ces population même les plus pauvre
conserve un niveau de vie plus élevé que la plupart
des habitants des pays en voie de développement.
Dans les dictionnaires de sociologie l’exclusion se définit
comme un ensemble de mécanisme de rupture. Les trajectoires
doivent donc être appréhendé dans un cadre multi
critères par le cumul des handicaps. Ces handicaps peuvent
être très diversifiés (économique, familiaux,
physique…..)
L’exclusion du point de vue des sociologues :
- Un problème de cohésion sociale :
Pour les sociologues, l’exclusion est le produit ou le résultat
d’un défaut de cohésion sociale globale.
Durkheim [21], distingue 2 principes formant le ciment social :
« la solidarité mécanique » et «
la solidarité organique ». Il a développé
en particuliers cette analyse qui consiste à reconnaître
ces 2 modèles successifs dans la forme de lien social.
« La solidarité mécanique » est une forme
de lien social qui caractérise les sociétés
traditionnelles ou les individus sont unis dans une « forme
communautaire ». La cohésion sociale atteint selon
lui dans ces sociétés leur paroxysme.
« La solidarité organique » concerne plutôt
les sociétés à organisation complexe .dans
ces sociétés la division du travail est très
poussée, l’interdépendance des individus y est
par conséquent très forte. Ainsi la solidarité
ne repose pas sur la transmission intergénérationnelle
mais sur un contrat social. Cette organisation est le reflet de
l’organisation moderne du travail. La société
contraint de plus en plus à l’individualisme.
Robert CASTEL [22], comme nous l’avons vu parle de désaffiliation,
pour lui c'est la perte du lien social par le travail qui est à
l’origine de l’exclusion .Ainsi la montée du
chômage de même que la disqualification et le travail
précaire sont des mécanismes d’exclusion sociale
des individus. La société crée ces exclusions.
C’est le principe même de sa construction.
- L’exclusion comme mécanisme individuel :
L’exclusion a pour préalable la différence.
Elle peut-être de toute matières : maladie, toxicomanie,
handicap….. Mais cette différence ne crée l’exclusion
que lorsqu’elle devient inconciliable avec l’intégration
à la société.
Comme nous l’avons vu précédemment dans le
résumé pour , V De Gaulejac et Taboada Léonetti,
l’exclusion résulte d’une absence de communication
entre un groupe de personne et la société. Leur exclusion
dévoile leurs difficultés à négocier
une appartenance.
L’exclusion sociale d’un individu, bien qu’étant
spécifique et propre à son histoire peut être
compris par un mécanisme de désocialisation (voir
le processus de désinsertion en quatre phases).
Ils considèrent que la désinsertion est individuelle
.C’est la capacité de l’individu à s’adapter
et à s’intégrer qui est mis en cause. Il s’agit
là de se rendre compte de la résistance de l’individu
à résister au « choc » (voir les trois
types de réaction qui différencie le comportement
des individus face au processus d’exclusion)
De ce fait l’exclusion d’un individu bien qu’étant
propre à son histoire, un trait en commun semble toutefois
apparaître : c’est la pluralités des ruptures
qui mènent l’individu à ne plus avoir de lien
social. Comment aider l’individu à retrouver une place
au sein de la société ? L’insertion est-elle
la réponse à l’exclusion ?
2.3.2 L’insertion
D’après le dictionnaire critique d’action sociale
[23], le mot insertion vient du latin in sere c'est-à-dire
« introduire dans, entrelacer ».
Le terme d’insertion est apparue à la fin des années
50 dans le champ social notamment dans certains ouvrages concernant
les jeunes au sens d’adaptation à…. On le retrouve
tout au long des années 70 dans le champ du travail social.
La notion d’insertion est d’emblé lié
à des problèmes sociaux en rapport avec la crise économique
de cette période.
En 1988 la loi sur le R.M.I. [24] donnera un nouveau souffle à
la notion d’insertion, son article premier stipule : «
l’insertion sociale et professionnelle des personnes en difficultés
constitue une priorité nationale ». Ainsi, le RMI,
notamment par le contrat et le projet d’insertion qui sont
les idées les plus nouvelles, est devenu incitatif pour l’insertion
et depuis, la notion d’insertion fait figure de référent
fédérateur.
L’insertion désigne à la fois un but et un
moyen. C’est le résultat des mécanismes d’intégration,
tels la socialisation, par lequel chaque individu assimile les éléments
lui permettant d’occuper une place dans un système.
D’autre part, l’insertion désigne les interventions
menées au moyen de dispositifs publiques auprès de
population dont la situation d’exclusion est révélatrice
de défaillances des mécanismes d’intégration.
Mais l’insertion a aussi une portée sociétale
pour se réaliser, dans la mesure où une insertion
passe nécessairement par l’aménagement de conditions
propres à assurer un accueil des personnes en marges.
On différencie l’insertion professionnelle et l’insertion
sociale. L’insertion professionnelle est la remise en contact
avec le milieu du travail ou la réadaptation au marché
du travail. L’insertion sociale est une notion transversale
qui désigne la finalité ultime d’une démarche
(emploi, soins, logement, culture, éducation,…). Il
s’agit d’un ensemble d’actions d’accompagnement
personnalisées recherchant un effet global d’intervention
croisée. L’insertion sociale et professionnelle constitue
aujourd’hui un objectif politique majeur sans pour autant
que l’on dispose d’une définition précise
de la notion d’insertion. En réalité il existe
des définitions multiples et incertaines.
Devenu l’un des objectifs prioritaires dans les textes législatifs
ou réglementaires des politiques publiques à destination
des personnes en difficulté, jeunes ou adultes, le terme
d’insertion est maintenant couramment utilisé. Pour
autant, sa généralisation ne s’accompagne pas
d’une définition de son contenu, ni de manière
générale, ni dans le cadre de chacune des politiques
mises en œuvre. En réalité, plusieurs approches
possibles coexistent, qui ont toutes pour caractéristique
de privilégier des préoccupations opérationnelles
aux dépens d’un approfondissement de la notion en tant
que telle. Il n’est pas possible de dégager des frontières
nettes permettant l’établissement d’un corpus
cohérent. On peut ainsi observer différentes approches
:
L’insertion comme parcours
Dans cette approche l’insertion est décrite comme
un parcours. Cette trajectoire serait influencée par les
origines culturelles de l’intéressé, l’environnement
familial, le réseau relationnel, le contexte économique.
Le trajet est souvent semé d’embûches, d’obstacles
qui peuvent nécessiter des retours en arrière, l’emprunt
de voies de traverse susceptibles de retarder ou d’affermir
une démarche.
L’insertion comme dispositif
On analyse l’insertion à travers un ensemble d’institutions
et de dispositifs par lesquels passent les personnes dans le déroulement
de leur trajectoire. Il s’agit de porter un regard sur la
manière dont la société, et plus particulièrement
les pouvoirs publics, tente de répondre à la demande
d’insertion qu’elle soit explicite ou implicite. Le
concept d’insertion tend alors à s’identifier
avec les institutions qui visent précisément à
produire de l’insertion.
L’insertion comme écosystème
L’espace, l’environnement constitue un cadre avec lequel
la personne doit apprendre à composer. Elle peut évoluer
dans un environnement, sinon hostile, du moins peu en adéquation
avec ses besoins de qualités de vie. L’environnement
est une donnée, la constitution de repères est un
préalable à l’insertion dans les aires de vie.
L’insertion comme un domaine de compétences
L’analyse privilégie résolument un aspect de
la « normalité », celui de l’acquisition
d’un emploi. Les niveaux de formation atteints représentent
des chances d’aboutir à une insertion professionnelles.
On ne mesure pas que les niveaux de formation, il faut prendre en
compte les savoirs faire acquis par l’expérience personnelle.
On peut donc parler des compétences sociales. Selon si les
compétences sociales sont présentes, elles peuvent
être de nature à expliquer la réussite ou l’échec
des processus d’insertion.
Au delà des incertitudes théoriques, quelques points
de repères émergent des quatre définitions
de l’insertion.
L’insertion repose sur des actions menées sur plusieurs
champs d’intervention qui concernent : La personnalité
de l’individu, sa socialisation, l’accès à
l’emploi, aux services et aux prestations sociales
L’insertion se traduit par un parcours plus ou moins facile
selon l’environnement. Les mécanismes qui président
à l’insertion sont complexes. Ils concernent l’histoire
singulière de chacun, l’environnement social et culturel,
les données institutionnelles et économiques.
3 Commentaires et débats
3.1 Regard critique sur l’ouvrage
L’exclusion est à la fois l’expression qui caractérise
les personnes en situation de rupture, en marge de la société
comme par exemple un sans domicile fixe, elle englobe également
les personnes qui sont en situation de précarité parce
qu’ils sont au chômage. Elle caractérise aussi
dans son ensemble, le phénomène de société
dû aux mutations socio-économique du pays. C’est
donc un terme complexe qui représente plusieurs réalités
à différent niveau. Les auteurs ont voulu au travers
de ce livre retranscrire des interrogations afin de mieux appréhender
ce phénomène. Ce livre traite purement de théories
diverses et variés qui vont parfois à l’encontre
des unes et des autres. Pour cette raison qu’ils préfèrent
employer d’autres termes pour qualifier l’exclusion
comme disqualification, désaffiliation, désinsertion…plus
précis. Cette théorisation permet de mieux comprendre
les enjeux de l’exclusion ainsi que son fonctionnement, mais
elle doit être relié à la réalité
de terrain pour avoir un regard global.
Selon Robert Castel « on ne naît pas exclu, on le devient
». Cette théorie suppose qu’il y a un processus
qui se met en place. Les différents auteurs parlent d’étapes,
de phases que traverse l’individu et qui le conduise à
se trouver en situation d’exclusion. N’existe-t-il pas
de prédétermination ? Un enfant qui naît d’une
famille en situation précaire ou d’exclusion a-t-il
toutes ses chances de s’insérer dans la société
? Ou bien existe-t-il un déterminisme ?
3.2 Lien avec ma pratique professionnelle
En tant que future professionnelle du travail social, je considère
l’exclusion comme un phénomène incontournable
du métier. Dans ma pratique professionnelle, je vais être
amené à rencontrer fréquemment des personnes
en situation d’exclusion qu’elle soit professionnelle
ou sociale (logement, santé…). Cet ouvrage m’a
permis d’approfondir ce thème et surtout de le problématiser,
cet apport théorique est complémentaire de la pratique
et va m’aider notamment dans mon stage de troisième
année dans un centre d’hébergement et de réinsertion
sociale.
Mais catégoriser l’exclusion suppose qu’il y
ait des « in » et des « out ». Des inclus
qui sont dans la société et des exclus qui eux n’en
font pas tout à fait partie car ils ne répondent pas
à certaines normes. Là se situe la question quelles
sont ces normes ? Qui peut définir ces normes ? Est-ce les
politiques ? Les travailleurs sociaux ? La personne elle-même
peut avoir ces propres normes et ne pas se sentir exclu de la société
?..... Existe t-il tout simplement des normes pour définir
qui est exclu de qui ne l’est pas ?
La norme n’est-elle pas définie comme étant
des critères, des principes auquel se réfère
tout jugement de valeur, moral, ou esthétique ?
Le propre du travailleur social doit être l’objectivité
alors doit-on catégoriser l’exclusion et parler de
normes.
En tant que travailleurs social s’intéresser aux personnes
en difficulté sociale et/ou professionnelle demande que l’on
se penche avant tout sur leur histoire et leurs difficultés
afin de les accompagner dans leur retour à l’autonomie.
En ce sens avoir une approche individuelle globale. L’écoute
de ces personnes, leurs attentes doit faire parti de notre priorité
en tant que travailleurs sociaux. Accompagner efficacement la personne
dans ses démarches d’insertion ou de réinsertion
nécessite un travail en étroit partenariat avec des
associations, des établissements, des entreprises…
Notes
[1] Page 2 et 3
[2] In Paugam S., La disqualification sociale. Essai sur la nouvelle
pauvreté, Paris, PUF, 1991et La société française
et ses pauvres, Paris, PUF, 1993
[3]De Gaulejac V., Taboada Leonetti I., La lutte des places, Paris
, Desclée de Brouwer, 1994
[4] Page 13, 14
[5] Page 18
[6] Page 19 et20
[7] Page 45
[8] Page 64
[9] Page 66
[10] Page 67
[11] Page 71
[12] Page 75
[13] Page 76
[14] Page 89
[15] Page 99
[16] Page 107
[17] Page 109
[18] Page 121
[19] Page 132
[20] Page 136
[21] Durkheim E., De la division du travail sociale, PUF, 1984.
[22] Castel R., Les métamorphoses de la question sociale.
Une chronique du salariat, Fayard, Paris, 1995.
[23]J. Y. Barreyere, B. Bouquet, A. Chantreau, P. Lamus, «
Dictionnaire critique d’action sociale », ed : Bayard,
collection travail social, 2004
[24] Revenu Minimum d’Insertion
http://les-etudiantes-ass-imf-montfavet.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=895245&coms=89524
|