"Nouveau millénaire, Défis libertaires"
Licence
"GNU / FDL"
attribution
pas de modification
pas d'usage commercial
Copyleft 2001 /2014

Moteur de recherche
interne avec Google
“ Quand le travail fait mal ”, l’évolution de la souffrance au travail
Donatien étudiant Université 18-04-2007

Introduction

Avant d’être une activité libératrice, le travail apparaît originellement tel une contrainte. Condamnation divine pour avoir tenté de goûter au fruit de la connaissance, il est présenté dans les écrits bibliques comme quelque chose de pénible. L’étymologie de ce terme, d’origine latine, renvoie à un instrument de torture : le Tripalium. Le mot évolua ensuite pour être associé au tourment et à la souffrance qu’endure la femme qui enfante.

Le mot travail semble donc souvent être rattaché à la souffrance, mais dans la société occidentale actuelle où l’on prône de plus en plus la recherche du “ bien-être ” et où l’organisation du travail a considérablement changé, peut-on encore souffrir au travail ? Quelle évolution connaît cette pénibilité depuis les années soixante-dix ? Comment est perçu aujourd’hui le travail ?

Il semble que les qualificatifs qui lui sont associés depuis trente-cinq ans ont considérablement évolué mais gardent encore une dimension de souffrance. Cette dernière est un phénomène qui existe depuis toujours et qui n’est pas près de disparaître dans la mesure où la souffrance apparaît sous des formes différentes, en fonction notamment de l’évolution des conditions de travail et des modes d’organisation.

Dans la pensée populaire, le travail a souvent été synonyme de souffrance physique alors que la dimension psychologique semble n’être apparue que récemment (I). Néanmoins, cette évolution n’est pas normative : le passage à de nouveaux modes d’organisation du travail depuis les années 70 n’a pas conduit à une diminution significative de la souffrance physique, ni à une hausse de la dimension psychologique (II).

Une évolution historique de la souffrance au travail en lien avec l’évolution des conditions de travail et des modes d’organisation du travail

Jusqu’aux années 60-70 : l’OST symbole de la souffrance physique

Aliénation et domination au travail

Jusqu’aux années 1970, avec le développement de la production industrielle, le modèle d’organisation du travail qui domine tous les autres est le modèle Taylorien d’Organisation Scientifique du Travail (OST). Ce modèle repose sur les principes de la spécialisation, la parcellisation, l’individualisation, le chronométrage des tâches et la séparation entre les tâches d’exécution et de conception. Cette forme d’organisation, basée sur la décomposition de tâches simples et répétitives, a introduit le travail posté exercé sous le contrôle d’une hiérarchie puissante et organisée. L’ouvrier n’est pas là pour penser. Il est le simple rouage d’une machine, un exécutant devant répondre à une incessante accélération des rythmes de production. Ainsi de nombreuses maladies physiques et accidents du travail sont dus à l’organisation scientifique du travail (posture, rythme, répétition des tâches, augmentation de la productivité dans un minimum de temps…). Face à la monotonie du travail, les salariés sont rapidement démotivés, ce qui se traduit par l'accroissement des assoupissements, de la fatigue, de l'absentéisme et une augmentation de la fréquence des accidents du travail.

Les pathologies physiques

Plus largement, les formes d’organisation du travail industriel ont de fortes répercutions physiques sur les ouvriers travaillant dans des conditions néfastes pour la santé. Douleurs musculaires, “ usure ” prématurée, altération des capacités fonctionnelles…

De ce point de vue les enquêtes réalisées sur les salariés par la médecine du travail 1 sont des outils précieux d’identification des principaux risques. Les facteurs “ traditionnels ” de pénibilité, que l’on peut classer en trois catégories, sont les suivants :
les efforts physiques : port de charges lourdes, postures pénibles, déplacements importants…
l’exposition à un environnement que l’on pourrait qualifier d’agressif : chaleur, bruit…
les contraintes de rythmes de travail : travail en 3x8, travail à la chaîne…

De manière générale, l’identification de ces pénibilités constitue une tâche relativement aisée. Le travail nocturne ainsi que les efforts physiques liés au port de charges lourdes, aux travaux dans des postures atypiques (accroupi, bras en l’air ou constamment en extension), ou réalisés en portant des combinaisons de protection ont des conséquences mesurables ou évaluables sur le fonctionnement de l’organisme. La fréquence cardiaque croît avec certaines tâches, des douleurs musculaires peuvent apparaître, la difficulté d’endormissement peut augmenter et la qualité du sommeil s’altérer.

L’évaluation de certains facteurs de pénibilité peut donc être réalisée et donner lieu à la construction d’indicateurs utilisables pour décrire et comparer des situations de travail.

Cependant la pénibilité du travail peut se manifester après un temps d’exposition plus ou moins long. C’est le cas des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) provoqués par certaines formes d’organisation du travail. La pénibilité du travail peut aussi se manifester de façon plus diffuse et aboutir à des altérations de la santé d’une autre nature. Il en est ainsi des tensions, pour ne pas dire du “ stress ”, créées par une accélération du rythme de travail. Le travail en urgence, la nécessité de faire plus vite, l’incertitude quant aux objectifs à atteindre, la solitude dans l’action sont des caractéristiques du travail qui s’imposent de plus en plus aux salariés.

Enfin, les enquêtes sur les conditions de travail font apparaître que pour un nombre important de salariés, notamment pour les ouvriers, les facteurs de pénibilité se cumulent et se combinent.

Depuis les années 60-70 : le post taylorisme symbole de la souffrance psychologique

Un développement de la flexibilité : autonomie et responsabilisation

A la fin des années 60, est apparu le post-taylorisme, c’est à dire une organisation du travail visant à pallier les dysfonctionnements liés au taylorisme. L’objectif est d’introduire la reconnaissance du facteur humain dans l’organisation en donnant aux salariés plus d’autonomie, de polyvalence et de responsabilité. Néanmoins cette organisation post-taylorienne, censée améliorer les conditions de travail, a également conduit à des effets pervers. En effet, l’augmentation des responsabilités et de l’autonomie, valorisant la polyvalence et la flexibilité, conduit à un accroissement du stress et des pathologies qui lui sont rattachées : eczéma, migraine, problèmes intestinaux…

Aujourd’hui, la flexibilité de l’emploi marque fortement le monde du travail. L'entreprise exige de ses salariés une polyvalence de compétences, lui permettant de redéployer son personnel là où est le besoin et une flexibilisation du temps de travail en fonction de l'intensité de l'activité de l'entreprise. Des pathologies de la peur sont apparues, de la perte de confiance en soi au dégoût pour le travail, plaçant les individus dans l’incapacité d’aller travailler.

Avec des formes d’organisations flexibles, adaptables aux besoins du marché, les techniques de management évoluent. La flexibilisation est à deux niveaux : flexibilité de l’emploi même et flexibilité par rapport à l’environnement qui est de plus en plus instable. Ce phénomène induit une pression supplémentaire sur le salarié et entraine de ce fait l’apparition, voire la montée des souffrances psychologiques liées au travail.

On observe également le développement d’un management par les objectifs basé selon Serge Volkoff 2 sur la maxime "Citius, altius, fortius" 3, la devise du travailleur moderne. Cet auteur a analysé les questions relevant des conditions de travail et de santé dans l’activité professionnelle. Le management par objectifs ajoute une pression supplémentaire : l’individu ne travaille pas en respectant une cadence ou des horaires, mais doit réaliser une performance dont le niveau exigé est de plus en plus élevé. Nicole Aubert et Vincent De Gaulejac 4 ont montré que dans les années 80, la “recherche de l’excellence ” constituait un mode de management conduisant à des relations fusionnelles entre l’entreprise et ses salariés entraînant leur épuisement.

Ces études témoignent de pathologies nouvelles qui touchent de nos jours beaucoup de salariés, quelle que soit leur position dans la hiérarchie. Si le travail était auparavant source d'une violence physique, il semble de plus en plus être associé aujourd’hui à une violence mentale, qui conduit à une dégradation de la santé au travail.

Le phénomène de tertiarisation des emplois depuis les 70’

Le phénomène de tertiarisation, augmentation de la part du secteur des services dans le total des activités de production, a été très net depuis les années 70’. En effet, suite à une certaine saturation de la demande en biens industriels (automobile, biens électroménagers..) qui sont devenus des marchés de renouvellement, la demande s'est davantage portée sur les services. Cette évolution a provoqué de nombreux changements dans le rapport des salariés à leur travail, en termes de temps, de compétences ou de responsabilité. Face au client, un investissement et un savoir-faire technique mais aussi relationnel sont demandés. Pour répondre à cette demande, le travail s’intensifie et les horaires se flexibilisent. De nouvelles formes de pénibilité se développent : stress, harcèlement et sentiment d’isolement.

Vers de nouvelles formes de souffrance psychologique au travail ?

Beaucoup de causes de souffrances au travail existent depuis longtemps, mais c’est seulement depuis peu que les médias et les auteurs s’y intéressent sérieusement, créant une sorte d’inflation du phénomène de souffrance psychologique au travail. En effet, le domaine du psychologique a été longtemps considéré comme une sorte de boîte noire inétudiée et méconnue. La souffrance psychique est alors source de refoulement et de honte.

Plusieurs exemples peuvent être cités :

Le harcèlement moral : Selon HIRIGOYEN 5, il s’agit d’une “ conduite abusive (geste, parole, comportement, attitude...) qui porte atteinte, par sa systématisation, à la dignité ou à l’intégrité psychique ou physique d’une personne, mettant en péril l’emploi de celle-ci ou dégradant le climat de travail. ” L’acte doit avoir lieu de façon répétée mais peut ne pas être intentionnel. Pour la victime, cela peut conduire tout d’abord à du stress, puis à moyen et long termes déclencher des troubles psychosomatiques, voire des dépressions pouvant aller jusqu'au suicide.

Le stress : 27 % des salariés européens déclarent rencontrer des problèmes de stress chronique au travail. Il s’agit “ d’un état de déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. Le stress affecte le bien-être, la santé et la performance ” 6. Il peut entraîner de nombreuses pathologies.

Le burn out : cet état se déclare lorsque le travail n’apporte plus à l’individu la récompense qu’il en attend. La vitalité des personnes, qui essayaient de tendre vers leur idéal, se transforme en lassitude, en ennui puis colère et désespoir. Le salarié est alors victime d’épuisement qui peut se transformer en dépression.

Grâce à l’identification de l’évolution des diverses configurations d’organisation du travail et des formes de souffrances qu’elles peuvent engendrer, nous avons pu mettre en évidence un glissement faisant évoluer les maux d’une souffrance physique et mesurable à une souffrance mentale et indirecte. Cependant un approfondissement de cette thématique nous amène à relativiser ce glissement et à noter que cette évolution n’est pas normative.

Une évolution non normative des formes de souffrance au travail

Comme nous l’avons vu précédemment, les organisations du travail ont varié au cours du temps. Aussi, nous sommes passés d’une prédominance du Taylorisme au développement d’une flexibilité au travail et de l’informatisation. Cependant, il ne faut pas voir ici une évolution linéaire. En effet, la souffrance psychologique n’est pas un phénomène nouveau. Elle existait déjà dans les années 70. Néanmoins, on assiste aujourd’hui à une inflation du stress, et ce principalement car les médias s’intéressent de plus en plus aux troubles psychologiques qui apparaissent au travail. De plus, du fait de la permanence du travail taylorisé, la souffrance physique au travail persiste.

Une souffrance psychologique déjà existante durant l’OST et qui perdure

Comme nous avons pu le voir précédemment, les modes de travail issus du taylorisme et du fordisme prédominent durant la période des trente glorieuses. Par la mise en place d’une “ organisation scientifique du travail ”, le Taylorisme a réussi à déposséder les ouvriers de leur savoir-faire au profit de l’employeur. Ces ouvriers sont alors réduits au rang d’exécutants.

Si l’on ne peut nier les apports économiques de cette forme d’organisation, il n’est pas non plus difficile d’admettre que cette efficacité a un prix. En effet, le travail est parcellisé. Chaque ouvrier n’intervient qu’à un moment précis de la constitution d’un produit sans avoir l’impression de créer. Il n’est qu’un maillon interchangeable de la chaîne de production. Le travail est ainsi dépourvu de son sens. Cette idée est fortement développée dans des ouvrages tels que “ Le travail en miette ” de G. Friedmann (1964), “ Travail et usure mentale ” de C. Dejours (2000) ou encore au travers de la critique de Chaplin dans “ Les temps modernes ”. On peut y observer une limitation drastique de l’autonomie des travailleurs mettant en péril l’équilibre de l’organisme des ouvriers en leur imposant des gestes décomposés et répétitifs, mais aussi leur équilibre psychologique face à la monotonie des postures et du travail en lui même. Le rythme imposé dans la réalisation de la tâche ne permet aucune “ évasion mentale ”, ainsi C. Dejours caractérise la souffrance par :

“ Une image d’indignité issue d’un contact forcé avec une tâche désinvestie mais aussi d’un sentiment d’inutilité et de déqualification. Ainsi, la tâche n’aurait plus de signification humaine.”

Dans ces conditions, soit les individus tentent de faire appel à des “ réponses défensives ”, soit ils sombrent dans la dépression. Le plus souvent, la réaction correspond à adopter une identité de retrait telle qu’elle est décrite par Renault Sainsaulieu dans “L'identité au travail, Les effets culturels de l'organisation ” (1977). Ainsi, l’ouvrier ne s’investit plus affectivement dans son travail qui n’a plus qu’une valeur utilitaire. D’autres formes de stratégies défensives visant à redonner du sens au travail se mettent en place. Le salarié va, par exemple, tenter de reconquérir une part d’autonomie et enrichir son travail en ajustant des réglages de machines ou en s’adonnant à des activités annexes. Cela peut se traduire par un investissement psychologique important, mais pas forcément porteur de sens, et donc générer un stress supplémentaire.

Ainsi, Dejours souligne le fait que :

“ L’auteur du système a ignoré des désordres liés à l’appareil mental dans son organisation scientifique du travail ”.

Pourquoi cet oubli ? Il est vrai que durant ces années, tout ce qui touche au psychisme est ignoré et la dépression n’est pas encore un sujet d’analyse. L’analyse de la souffrance psychique est considérée comme relevant de la subjectivité.

Ainsi, le taylorisme plus souvent mis en avant pour ses contraintes physiques n’est pas exempt de conséquences psychologiques néfastes, alors considérées comme des boites noires. Nous pouvons d’ailleurs nous demander si cette forme d’organisation du travail a bien changé depuis Taylor. En effet, si elle s’est modifiée du fait de l’évolution de la demande, de la naissance de nouveaux métiers et de la mondialisation, n’est-elle pas encore en certains points présente ?

Une souffrance physique qui subsiste aujourd’hui : La permanence d’un travail taylorisé

Selon Serge Volkov, la pénibilité et les difficultés ressenties par les salariés en raison de l’intensification du travail persistent du fait des rythmes intenses, des délais serrés et de la durée du travail qui, chez la majorité des personnes, excède largement les 35 h.

Parallèlement à la flexibilité, les organisations du travail néo-tayloriennes se développent de plus en plus et ne sont que de simples aménagements du modèle taylorien. On y retrouve alors les principes de rythmes soutenus, de répétition de tâches…

Il est courant de trouver dans la littérature des exemples de néo-taylorisme :

Le cas des centres d’appel (O. Cousin) : Ces services de gestion de la clientèle à distance se sont développés dans une optique d’optimisation des relations avec les clients. Pour ce faire, les processus ont été standardisés, l’autonomie a été réduite… En effet, le travail de l’agent est scripté, les procédures doivent être suivies à la lettre dans un temps imparti signalisé par des signaux lumineux. Le management y est très normatif et soumis à de nombreux critères de rentabilité et de productivité. Ainsi, les conditions de travail y sont éprouvantes (contrôle, pression du client, volume sonore et signaux visuels importants…) et peuvent mener à des déficiences visuelles, des troubles auditifs, des maladies de la peau du fait de la nervosité, de la fatigue….

Le cas des caissières de la grande distribution (P. Alonzo) : Les caissières doivent traiter le maximum de clients à l'heure tout en se soumettant à des contrôle croissant de leur travail. Elles doivent par ailleurs appliquer les politiques de ce que l’on nomme le SBAM (Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci) : être aimable et au service des clients.

Le cas des étudiants travaillant dans les fast food (V. Pinto, D. Carton et G. Burnod) : Dans ces “ restaurants ” les signaux des machines en cuisine fonctionnent comme des incitations à accélérer le rythme de travail et permet d’accentuer le contrôle du travail exercé par les pairs et la hiérarchie.

Parallèlement, être face à un client est une contrainte en soi : les caissiers éprouvent ainsi de manière très forte cette contrainte qui se traduit par des altercations fréquentes avec les clients, des remarques désobligeantes, notamment sur la rapidité du service fourni.

Au travers des trois cas que nous venons d’exposer, nous avons pu mettre en avant une sorte de seconde vie du Taylorisme. Gollac et Volkof parlent de la cumulation de contraintes industrielles (normes de production, cadence, déplacement du produit) et de contraintes marchandes (dépendance immédiate à la demande des clients). Ce cumul traduit un niveau élevé d’intensité. Il est typique des nouvelles organisations. Dans les années 1980, les deux contraintes s’excluaient l’une l’autre alors que depuis les années 1990, près des deux tiers des salariés soumis à une contrainte industrielle sont aussi soumis à une contrainte marchande.

Conclusion

Bien que le discours actuel semble indiquer une diminution conséquente de la souffrance physique et une hausse de la dimension psychologie, nous avons tenté de montrer ici que ce constat est à nuancer.

Il apparaît en effet que, malgré le passage d’une économie basée essentiellement sur l’industrie où régnait le taylorisme à une société de services très informatisée avec une organisation du travail accordant de plus en plus de responsabilité aux salariés, le taylorisme et les maux qui lui sont associés perdurent. Néanmoins, si la souffrance au travail existe encore, elle a considérablement évolué depuis les années soixante-dix.

Quant à l’aspect psychologique de cette souffrance, même s’il semble s’être développé, il existait déjà auparavant. De plus, il ne faut pas perdre de vue que ce sentiment est largement amplifié par l’importante communication des médias sur ce sujet.

Aussi, il semble que nous ne souffrions pas davantage au travail, mais différemment par rapport à il y a trente-cinq ans. Même si les conditions de travail semblent s’être améliorées, les pénibilités perdurent et de nouvelles pathologies se sont développées ou accentuées.

Enfin, les pathologies contractées au travail se poursuivent après l’âge de la retraite et se déclarent même des années après que l’on ait arrêté de travailler, comme le montrent notamment les dernières études sur les risques dus à l’amiante. Le passage à la retraite ne semble donc pas permettre l’immunité contre les maladies professionnelles, et donc contre la souffrance au travail.

Bibliographie

Ouvrages

C. DEJOURS, Travail : usure mentale. De la psychopathologie à la psychodynamique du travail, Bayard, Paris, 2000

C. DEJOURS, Souffrance en France, La banalisation de l’injustice sociale, Éditions du Seuil, Paris, 1998

G. PHILONENKO et V. GUIENNE, Au carrefour de l'exploitation , Desclée de Brouwer, 1997

M. GOLLAC, S. VOLKOFF, Les conditions de travail, Éditions La Découverte, Collection Repères, Paris, 2000

M.F. HIRIGOYEN, Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien, Syros, Paris, 1998

M.F. HIRIGOYEN, Malaise dans le travail, harcèlement moral, démêler le vrai du faux , Syros, Paris, 2001

L. THERY, Le travail intenable. Résister collectivement à l’intensification du travail , Editions La Découverte, 2006

N. AUBERT ; V. de GAULEJAC, S. VINDRAS, Le coût de l’excellence, Seuil, 1991

R. SAINSAULIEU, L'identité au travail, Les effets culturels de l'organisation , Presses de la FNSP, Paris, 1977

G. FRIEDMANN, Le travail en miette, réédition Gallimard, Collection “ Idées ”, 1964

Articles, rapports et enquêtes

M. CEZARD, S. HAMON-CHOLET, Travail et charges mentales, DARES, Premières synthèses 99.07, n°27.1, 1999

Enquête sur les conditions de travail, DARES, 2006-2007, Premières synthèses n°01.2, janvier 2007, disponible sur www.travail.gouv.fr

T. COUTROT, L. WOLFF, L’impact des conditions de travail sur la santé : une expérience méthologique, Documents d’études de la Dares, 2005-097

Quand le travail fait mal, Alternatives Economiques, N°255, Févirer 2007

P. ALONZO, Les rapports au travail et à l’emploi des caissières de la grande distribution. Des petites stratégies pour une grande vertu, Travail et Emploi n°76, p : 37 à 51

Elyne BRESSOL, Organisation du travail et nouveaux risques pour la santé du salarié, Avis et Rapport du Conseil Economique et Social, 2004

Philippe DAVEZIES, Souffrance au travail : risque organisationnel, Les Actes, février 2004

Sites internet

Pourquoi tant de souffrance au travail :

http://www.comprendre-agir.org/images/fichier-dyn/doc/pourquoi_tant_souffrance_au_travail_bressol_cgt.pdf

L'intensification :

http://www.crest.fr/seminaires/recherche/20042005%5Cgollac.doc

http://damiencartron.free.fr/textes/CEE4pges58.pdf

Le stress :

http://www.npdc.aract.fr/aract/download/pleinierestress071103.pdf

La santé au travail :

http://www.scienceshumaines.com/sante-au-travail--une-degradation-manifeste_fr_15245.html

http://perso.orange.fr/christian.crouzet/smpmp/html-SMT/souffrance_travail.html

http://1libertaire.free.fr/Dejours01.html

http://1libertaire.free.fr/Dejours04.html

http://www.cee-recherche.fr/fr/rapports/conditions_travail_sante.pdf

L’ANACT : site de l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail

www.anct.fr

Source cinématographique

Charles CHAPLIN, Les Temps modernes, film américain, 1936

Sophie BRUNEAU et Marc-Antoine ROUDIL, Ils ne mourraient pas tous…mais tous étaient frappés , film Français, 2005

http://www.enmarche.be/Social/souffrances_travail.htm

Notes

1 Enquête réalisée par la DARES

2 Directeur du CREAPT (Centre de recherches et d’études sur l’âge et les populations au travail)

3 "Plus vite, plus haut, plus fort",

4 “ Le coût de l’excellence ”, Aubert et Gaulejac

5 Psychiatre et psychanalyste

6 Agence européenne pour la Sécurité et la Santé au travail