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Date: 14 Octobre 2003
Objet: [infozone_l] Sloggi ou la fête du slip sexiste
Bonjour,
Samedi 10 octobre 2003, plusieurs personnes, à l'appel du Collectif
Contre le Publisexisme, ont diffusé le tract (ci-dessous) devant
des grands magasins du centre de Paris, pour dénoncer le sexisme
des dernières publicités Sloggi.
Ni à prendre, ni à vendre, les femmes ne sont pas des
objets.
Collectif Contre le Publisexisme
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Sloggi ou la fête du slip sexiste
Les pubs Sloggi sont sexistes. Mais pourquoi ? Quoi de plus normal,
pourrait- on dire, que de montrer des seins et des fesses dans une publicité
pour des sous-vêtements ? Pourtant, tout n’est pas si simple.
La publicité est encore plus pernicieuse quand elle prétend
parler de ce qu’elle montre. Non seulement les images montrées
sont celles de mannequins sélectionnés, mais qui plus
est, ce ne sont même pas des images réelles, car elles
sont retravaillées numériquement pour allonger des jambes,
mincir une taille de guêpe, arrondir une poitrine, lisser un grain
de peau… Bref, ces images sont des images de d’archétypes
que tout le monde intègre comme étant « la »
norme de beauté. Si la beauté a toujours été
culturelle (un corps replet était signe d’érotisme
pour les femmes au XIXe siècle, le teint pâle faisait partie
du style des courtisan-es deux siècles plus tôt…),
ce n’est qu’aujourd’hui que la norme a atteint un
tel point : celui de la dictature. Grâce à la publicité,
non seulement la norme devient unique et universelle (le play-boy bronzé
et musclé étant le pendant de la pin-up à la silhouette
élancée), mais cette norme n’est même pas
réelle. Nul ne peut posséder un corps comme celui représenté
dans les publicités, pour la simple et bonne raison que les images
sont travaillées pour devenir plus représentatives de
la « beauté » que les personnes réelles. L’existence
de normes de beauté est déjà suffisamment aliénante,
mais lorsqu’il n’existe plus qu’une seule norme, et
qu’elle est totalement irréelle, on est en droit de se
demander si le syndicat des psys n’a pas passé un contrat
avec les publicitaires pour l’ouverture de ce juteux marché
de la frustration et du mal-être.
S’il est clair qu’il existe une aliénation dans le
fait de devoir se conformer à une norme de beauté préétablie
pour chacun des deux sexes (étymologiquement, l’aliénation
n’est rien d’autre que le fait d’être «
dépossédé » de soi-même), ces normes
ne sont équivalentes ni dans leur représentation ni dans
leur implication. Ainsi, une publicité pour un parfum montrait
une femme mannequin dont la tête repose sur l’épaule
protectrice d’un homme (top model, lui aussi). Si les deux images
des corps sont bien sûr archétypales des normes de beauté,
la femme se retrouve en position dépendante, dominée.
Pour les hommes, il s’agit toujours de se conformer à un
modèle viril, solide, actif, d’être sujets de leurs
actes… Et pour les femmes, d’être belles, de rester
objets de désirs, d’être passives (comme dans l’une
des pubs Sloggi où les femmes s’enroulent autour de poteaux
brillants).
Enfin, s’il faut discerner un dernier type de sexisme, il s’agit
de celui, nettement plus pernicieux, qu’est l’antiféminisme.
Une publicité pour soutiens-gorge scandait : « Boléro
soutient les femmes dans leur lutte… contre les courants d’air
! ». Imagine-t-on une publicité qui tourne en dérision
l’antiracisme ?! Kookaï (tout comme Sloggi avec ses boxeuses)
a aussi investi ce thème, en exacerbant la peur antiféministe
classique de la géante qui domine les minuscules hommes : ici,
l’imaginaire le plus sexiste (« les femmes ne veulent pas
l’égalité, elles veulent dominer à leur tour
») côtoie le politiquement correct (« pour une fois,
les femmes ne sont pas montrées comme dominées »).
Le constat est clair : la publicité véhicule des valeurs
patriarcales, des normes sexistes. Cependant, si la publicité
n’avait pas plus d’impact qu’un slogan écrit
sur une cuvette de chiottes, rien de bien grave n’en découlerait.
Ce n’est malheureusement pas le cas… Car une personne vivant
en Occident reçoit chaque jour plus de 2500 messages publicitaires.
Ni à prendre, ni à vendre, les femmes ne sont pas des
objets !
Collectif Contre le Publisexisme
145, rue Amelot, 75011 Paris
06.68.44.01.50
contrelepublisexisme@samizdat.net
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pouvez le faire savoir à Triumph (Sloggi est une marque de Triumph)
Par mail : info@triumph-international.com
en précisant qu'il s'agit de la gamme Sloggi
Par courrier : Sloggi / Triumph International 69 bd Europe 67210 OBERNAI
Par téléphone : 03 88 95 10 00 ou télécopie
: 03 88 95 53 70
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