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Semer la convivialité là où on est en réfléchissant à notre place sur la planète

« Lorsque le dernier arbre sera mort
Lorsque le dernier fruit sera radioactif
Lorsque la dernière rivière sera polluée
Lorsque le dernier épi de blé sortira d'un laboratoire
Alors peut-être réalisera-t-on que l'argent ne se mange pas. 7

-- Sagesse indienne

Le 27 novembre nous étions une dizaine à nous mobiliser dans le 1er arrondissement à l'occasion de la « Journée sans achat » proposée par la revue Casseurs de pub. Il y a un an jour pour jour certain-e-s d'entre nous avaient bien rigolé (d'un rire qui avait fait des petits) en faisant une grand messe de la consommation (spectacle de rue) dans la rue St-Ferréol, là où la grand messe consumériste dure toute l'année, mais sans ironie elle.

Aux allées Gambetta on pouvait donc voir un stand couvert de victuailles (pizzas, brioches, pain, saumon fumé, pâtisseries, une grosse salade de fruits), de vêtements, de journaux (de vieux numéros de la revue Silence).
Il y avait aussi des exemplaires de Casseurs de pub à consulter. Le tout gratuit évidemment. Cela pour fêter la « Journée sans achat. » Pour faire réfléchir à notre rapport toxicomaniaque à la consommation et aux règles du jeu qu'il implique (destruction de la nature, exploitation des peuples du sud pour nous assurer notre niveau de confort, réduction de notre existence à la fonction de consommateur/consommatrice, vision religieuse de la science et du progrès technique).

Cette journée est aussi un prétexte : prétexte à la rencontre avec ces gens qu'on ne fait que croiser tous les jours et que le salariat, les murs dressés entre nos quotidiens et toutes ces peurs qu'on nous injecte dans les yeux et dans les mains nous empêchent de connaître, prétexte au partage, prétexte à manger un morceau ensemble. Pas de grands discours sur la Révolution : des échanges, des coeurs humides, des sourires, une guitare et un jumbee qui crépitent en bruit de fond. Une scène et des visages trempés dans l'encrier de la vie, la simple magie du moment présent.

Manouchka* et Jeannette ont récolté les invendus à la boulangerie et au marché, Manouchka a fait la salade de fruits, elle et Micha ont fait le fond de leurs placards à vêtements, Jeannette a fait les photocopies. Avec Lucie et Josianne elles ont installé le matériel dans la rue. Raymond et Gwendoline les ont rejoint avec nos petites soeurs, Marie-Rose et Marie-Jeanne. Puis moi, Hector l'éclopé.

Les gens qui se pressent pour rentrer du boulot. Certain-e-s s'arrêtent, nous interrogent, mangent une part de pizza, le temps d'une discussions sur des choses et d'autres, des petits gars qui rentrent de l'école viennent prendre un goûter, les clodos du coin se jettent sur les vêtements, un père de famille prend un bout de brioche pour ses enfants, un couple sourit, repart et nous ramène des vêtements à donner, une dame pressée nous félicite et s'éloigne en souriant.

Une expérience positive pour nous. Après ça il faut avouer qu'on a envie de remettre ça et d'aller plus loin. Semer de la convivialité autour de nous, c'est grisant, mais dans une ville et une vie qui nous écrasent il y a un sacré boulot... quotidien ! « Si tout ce qu'on a construit hier est détruit aujourd'hui, demain il s'en trouvera parmi nous pour le refaire, et peut-être en mieux. » (Mako Rigwan, trad. du breton, XIVe siècle)Un pied de nez au bitume et aux marchands de peurs et d'esclavages.

Pour préparer la « Semaine sans télé » du mois d'avril il y a des idées qui traînent. Il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser... Moi je ne suis que le simple narrateur d'une journée qui aurait été oubliée sans cela.
Hector, dit « jambe de bois »
Pour tout contact : labandealucienne@no-log.org

(*) Evidemment les noms des protagonistes ont été modifiés pour leur éviter une inutile célébrité.


Source : A-Infos

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## Mis en ligne le 15 Février 2005