Origine :
http://www.ism-france.org/archives/article.php?id=211&fil=%25&lesujet=%25&
lauteur=%25&lelieu=%25&debut=2003&fin=2003&debutMois=04&finMois=04&leMois=Avril
http://www.aloufok.net/spip.php?article47
Le problème palestinien est né dans l’impossibilité
de concilier deux promesses : celle faite aux Arabes pour se soulever
contre l’Empire Ottoman, allié de l’Allemagne,
et celle faite aux sionistes, par la déclaration Balfour
du 2 novembre 1917 en faveur de l’instauration d’un
« foyer national juif » en Palestine.
I. Ils sont devenus des réfugiés.
• 1 - Du statut d’habitant de la Palestine
à celui de réfugié.
Le problème palestinien est né dans l’impossibilité
de concilier deux promesses : celle faite aux Arabes pour se soulever
contre l’Empire Ottoman, allié de l’Allemagne,
et celle faite aux sionistes, par la déclaration Balfour
du 2 novembre 1917 en faveur de l’instauration d’un
« foyer national juif » en Palestine.
A la veille de la création de l’Etat d’Israël
on comptait une population en Palestine d’environ 1 400 000
habitants, la population juive représentant le tiers de la
population totale et ne possédant que 6 à 7% des terres.
L’idée du transfert de population fit son apparition
dès 1937, par la commission Peel, envoyée sur le terrain
afin de déterminer les possibilités de trouver une
solution notamment aux actes de terrorismes émanant de la
population juive avec l’aide des milices juives (Haganah,
Stern et L’Irgoun) et à la grande révolte palestinienne
déclenchée dès 1936, en opposition à
l’application de la déclaration Balfour sur sa terre.
Dans son rapport, la Commission Peel recommande dans un premier
temps la partition de la Palestine en deux parties : Jérusalem,
Bethléem et Nazareth constitueraient une enclave mandataire,
les plaines côtières et la Galilée pour les
juifs, le reste étant attribué aux arabes de Palestine.
Accompagnant ce premier plan de partage, Peel préconise
le transfert de 225 000 arabes vivant dans la partie attribuée
aux juifs vers la partie attribuée aux arabes, et inversement
le transfert de quelques 1250 juifs vers la partie allouée
aux juifs.
• 2. Les conditions d’exécution de l’expulsion
C’est ce que Benny Morris appellera l’opportunité
qui sera ensuite saisie dans différentes phases pour accomplir
le transfert de la population palestinienne et donc la transformation
d’une grande majorité de la population palestinienne
d’habitants en réfugiés. En effet, les juifs,
et notamment Ben Gourion, qui est à l’époque
le président de l’Agence Juive, et bien que n’ayant
pas programmé au départ ce transfert, va rebondir
et jusqu’à l’adoption du plan de partage le 29
novembre 1947 par les Nations Unies, établira des «
Lignes d’actions » dans ce sens : « L’Etat
Juif discutera avec ses voisins des Etats arabes la question du
transfert volontaire des fermiers arabes, des ouvriers et des fellahs
de l’Etat juif vers les Etats voisins.» .
En fait la politique générale de l’Agence Juive
est d’agir sur le plan international pour obtenir le plus
de soutien à la création de l’Etat juif tout
en multipliant les faits accomplis en Palestine par la création
de nouvelles implantations et l’intensification de l’immigration
clandestine
Dès le lendemain du vote du plan de partage de 1947, la
spirale de la violence prendra le pas et les combats se propageront
entre juifs et arabes en Palestine. Pendant ce temps, les troupes
britanniques en place, se préparent à quitter le territoire
de manière progressive. L’escalade de la violence va
donner la chance aux juifs, qui craignent un renversement du rapport
de forces, de passer à l’étape suivante à
savoir le début des expulsions.
Celles-ci débuteront dès les mois de février
et de mars 1948. Ainsi on retrouve dès le mois de décembre
1947 un appel dans ce sens fait par Yohanan Retner et Fritz Eisenstadt,
deux figures de la Haganah, qui le 19 décembre appellent
à « une défense agressive » voulant dire
: « pour chaque attaque arabe nous devons être prêts
à répondre de manière décisive, par
la destruction des lieux ou par l’expulsion des habitants
et en prenant leur place. »
Dès février 1948, la Haganah met en place des plans
de destructions organisés, selon d’ailleurs un schéma
établi dans le plan Dalet, qui prévoit l’encerclement,
la destruction et enfin l’occupation des villages arabes.
La ville de Césarée sera la première dont l’attaque
sera ainsi planifiée et organisée, par la Haganah.
La deuxième manière de procéder par les juifs,
fut celle des massacres dont le plus connu demeure celui de Deir
Yassin, « où l’on massacra toute la population
d’un village qui non seulement n’avait pas pris l’initiative
du combat, mais dont la chute n’était d’aucun
apport stratégique ou tactique militaires au sens strict
».
En fait, les juifs médiatiseront ces attaques, puisque selon
les analyses faites par les nouveaux historiens israéliens
sur les archives de l’époque, les expulsions de certaines
régions vont augmenter la terreur chez les Palestiniens,
dont certains fuiront avant d’être victimes à
leur tour de cette violence et de ces expulsions.
L’annonce de la création de l’Etat d’Israël
par Ben Gourion le 14 mai 1948 et l’arrivée le lendemain
des armées arabes pour défendre la Palestine, achèvera
cette première expulsion massive. La guerre qui durera jusqu’à
la signature des accords d’Armistice entre Israël et
les Etats arabes, en juin 1949, se soldera par un dépeuplement
de plus de 800 000 habitants de Palestine, dont « plus de
la moitié furent expulsés durant le mandat britannique
».
C’est ainsi que les habitants de Palestine devinrent pour
la majorité des réfugiés avant de le redevenir
au lendemain de la guerre de 1967.
• 3. La troisième phase décisive :
la guerre de 1967.
A l’issue de la guerre de 1948, terminée comme nous
l’avons vu par la signature des accords d’Armistice,
Israël « a repoussé ses frontières bien
au-delà de ce que prévoyait le plan de partage »
.
En augmentant le nombre d’immigrants juifs dans le territoire
israélien, les gouvernements israéliens ont été
rapidement confrontés à deux problèmes essentiels
: une pénurie de logements, et un besoin d’eau. Ces
deux données sont présentes
dans les archives israéliennes depuis déjà
les années 1930.
La question de l’eau est déjà considérée
par les sionistes comme un enjeu majeur en 1919, soit deux ans après
la déclaration Balfour.
Les années cinquante verront des offensives militaires régulières
sur la question de l’eau, Israël attaque régulièrement
les pays arabes voisins dans leurs travaux de barrages et autres
projets, notamment des projets liés au plan Johnson de 1955.
Mais Israël se refuse à les appliquer car elle souhaite
un contrôle de l’eau presque exclusif.
C’est dans ce contexte qu’éclatera la guerre
de 1967 qui permettra à Israël d’occuper la Cisjordanie,
la bande de Gaza, le Sinaï en Egypte, le Golan en Syrie. Ces
étapes permettront à Israël ainsi de contrôler
les ressources en eau ; elle mettra en place une colonisation de
ces territoires afin d’y établir une politique de faits
accomplis, et de Cisjordanie 300 000 palestiniens se retrouvent
sur les routes de l’exil.
II. L’Organisation des Nations Unies face aux réfugiés.
1. Des solutions dans l’urgence.
Les Nations Unies doivent gérer l’urgence de l’arrivée
massive de réfugiés dans les territoires arabes voisins
d’Israël. Avant la création de l’Etat d’Israël,
ses personnes sont considérées comme déplacées,
par les évènements. Mais au lendemain de la proclamation
de l’Etat d’Israël, la notion de déplacement
fait place à celle de réfugiés.
En réalité ce qui va en faire des réfugiés,
c‘est la décision de la Haganah notamment, au lendemain
des attaques d’avril et mai 1948 d’empêcher ses
personnes déplacées de revenir dans leur foyer.
On peut dire que c’est aussi à partir de cette époque
qu’une réelle politique d’expulsion, et de non-retour
est mise en place par la Haganah, sans directives claires mais avec
un mot d’ordre général et une liberté
d’actions pour les différentes unités en fonction
de la situation qui se présentait à eux .
Les Nations Unies sont donc engagées dans le remplacement
des anglais sur le terrain. Le médiateur des Nations Unies,
le Comte Bernadotte arrive à Jérusalem pour la première
fois en juin 1948 . C’est dans ce contexte qu’il écrit
un télégramme à son retour à Genève,
au siège des Nations Unies à New York :
" En qualité de médiateur pour Palestine, je
suis convaincu que nos efforts de médiation ne pourront être
poursuivis avec succès que si une solution peut être
trouvée aux aspects les plus urgents du problème que
pèse la grande calamité humaine affectant 330 000
réfugiés arabes dénués de tout, provenant
régions occupées par les juifs et 7000 réfugiés
juifs. La situation de ces réfugiés est désespérée.
Trente pour cent sont des enfants de moins de 5 ans entièrement
de nourriture, sauf quelques faibles pprovisionnements farine."
Etant donné l’étendu et l’importance
des échanges commerciaux habituels de la France et de l’Afrique
du Nord avec les pays du Moyen Orient y compris la Palestine, le
Gouvernement français serait-il disposé pour contribuer
à remédier à cette catastrophe soudaine, comparable
à tremblement de terre ou raz de marée, à me
donner en les dirigeant sur Beyrouth ou Aqaba 30 tonnes d’huile
d’olive ou d’huile de sésame et 150 tonnes de
fruits séchés, y compris des figues et des dattes
dont 10% immédiatement prélevés sur stocks
en cours de transport par mer ou se trouvant dans les ports les
plus proches et le solde soit 90% dans les trois mois au plus tard.
J’adresse demande au fonds international secours enfance
en vue obtenir approvisionnements supplémentaires nécessaires
aux bébés et enfants, femmes enceintes et allaitantes.
L’essentiel est d’aller vite car ces malheureux sont
décimés par maladies épidémiques, hiver
approche et beaucoup périront.
Vous serais profondément reconnaissant vouloir faire publier
présent appel dans vos journaux et me télégraphier
votre décision Rhodes dans un délai 10 jours ».
La veille de son assassinat, le Comte Bernadotte écrit un
rapport dans lequel il suggère notamment que la question
des réfugiés soit gérée par une commission
des Nations Unies et que soit créée une commission
pour concilier les Arabes et les juifs.
2. La naissance de la Commission de Conciliation pour la
Palestine (CCP).
C’est dans ce contexte, et suite aux recommandations du Comte
Bernadotte, que l’Assemblée Générale
des Nations Unies vote le 11 décembre 1948 la résolution
194 (III).
A cette commission, trois membres siègent ; la France, la
Turquie et les Etats-Unis, avec la présence des britanniques
en tant que puissance mandataire.
Sa première mission est de « négocier un règlement
des litiges entre Israël et les Etats arabes de l’Arabie
Saoudite, de l’Egypte, de l’Irak, du Liban, du Royaume
Hachémite de Jordanie, de la Syrie et du Yémen. »
Cette mission se soldera par un échec, les Etats arabes
demandant la réintégration des réfugiés
en Palestine, conformément à la résolution,
et Israël refusant toute discussion à ce sujet en dehors
d’un règlement global avec les Etats arabes.
Cette mission sera donc abandonnée en 1952 au profit de
deux autres champs d’intervention de la CCP, établis
par le paragraphe 11 de la dite résolution : « Décide
qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui
le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt
possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités
doivent être payées à titre de compensation
pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans
leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque,
en vertu des principes du droit international ou en équité,
cette perte ou ce dommage doit être réparé par
les gouvernements ou autorités responsables ; » .
La première mission dont la CCP sera en charge, en vertu
de cette résolution sera notamment le déblocage des
avoirs bancaires appartenant aux réfugiés palestiniens,
bloqués dans des banques en Israël, essentiellement
les banques Barclays (D.C.&O) et la Banque Ottomane.
Cette mission amènera une première coopération
de travail entre Israël et les pays arabes où se trouvaient
les réfugiés par le biais de la CCP. Elle aura aussi
un rôle important dans la coordination de la CCP avec l’UNRWA,
dont nous verrons la création dans le prochain paragraphe.
Cette opération, débutée en 1951 s’étalera
sur une dizaine d’année avec un succès mitigé.
Ensuite, parmi les dossiers importants du ressort de la Commission,
et outre l’aspect politique primordial, « la Commission
sera chargée de réunir les informations sur les biens
meubles et immeubles des réfugiés palestiniens »
.
Ce travail servira de base fondamentale pour les années
à venir, y compris les années post-Oslo, puisque les
données recueillies par la CCP et donc avalisées par
les Nations Unies serviront de base de travail pour la question
de la compensation due par Israël aux réfugiés
palestiniens, sur le modèle évoqué dès
1951, notamment par la France, de la compensation obtenue par Israël
de l’Allemagne, à la suite de la deuxième guerre
mondiale.
Même si la CCP semble ne plus avoir de rôle aujourd’hui,
la base de son action a été transmise aux groupes
de travail après 1993 dans le cadre négociations qui
ont suivi la signature des accords d’Oslo signés en
1993.
3. L’UNRWA : l’Office de Secours et de travaux
des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans
le Proche-Orient. (United Nations Relief and Works Agency).
« L’aggravation de la situation des réfugiés,
qui constitue un obstacle à la paix en Palestine, a incité
l’A.G. des Nations Unies, en novembre 1948, à faire
appel aux nations du monde entier pour leur demander de fournir
des fonds en vue de nourrir, d’habiller et d’abriter
les réfugiés. » Trente-trois pays fourniront
une aide financière, dont la France, et l’organisation
des Nations Unies créera pour gérer cet argent un
organisme, l’UNRPR (Secours des NU aux réfugiés
de la Palestine).
Cet organisme également créé à la suite
du vote de la résolution 194 (III), le 11 décembre
1948 n’aura qu’une existence éphémère.
Face à la persistance du problème des réfugiés,
une mission économique d’étude pour le Proche-Orient
sera mandatée en 1949 par la CCP afin « d’examiner
la situation économique dans le Proche-Orient et de recommander
des mesures propres à remédier aux effets des troubles
résultant des récentes hostilités » .
Toute la logique de cette mission est de montrer que la question
des réfugiés est avant tout une question économique,
et qu’il faut impérativement occuper les réfugiés
en leur permettant de travailler, ce qui aura aussi comme effet
non négligeable de permettre aux Etats donateurs de ne plus
avoir à financer la survie de ces réfugiés
dans les différents pays arabes où ils se trouvent.
C’est ainsi que naît l’idée de créer
l’Office de Secours et de travaux des Nations Unies pour les
réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient par la
résolution 302 (IV) adoptée à l’Assemblée
Générale des Nations Unies le 8 décembre 1949.
Il s’agit de maintenir une protection des réfugiés
par le biais de services sociaux, d’aide sanitaire et de services
scolaires dans la Bande de Gaza, en Jordanie, en Syrie et au Liban
.
La définition qui sert de base à la reconnaissance
du statut de réfugié par l’UNRWA est celle-ci
: « toute personne qui a eu sa résidence normale en
Palestine au moins pendant deux ans avant le conflit de 1948 et
qui, en raison de ce conflit, a perdu à la fois son foyer
et ses moyens d’existence et a trouvé refuge en 1948
dans l’un des pays où l’UNRWA assure des secours
»
Parallèlement à cette aide un programme est mis en
place pour chacun des pays en vue de développer des projets
locaux qui permettraient aux réfugiés de devenir la
main-d’œuvre de ces projets.
Bien évidemment les réfugiés rejetteront dans
un premier temps ces projets car ils craignaient que cela ne veuille
dire leur installation définitive dans les pays d’accueil
et donc la fin de leurs revendications conformément à
la résolution 194 (III). Au début prévu pour
ne durer que peu de temps, l’UNRWA est toujours présente
sur place et ses structures demeurent vitales pour des générations
de Palestiniens. A ce jour 3,8 millions de Palestiniens sont enregistrés
auprès de l’Office.
A cette augmentation du nombre de bénéficiaires,
l’UNRWA a du faire face à ses obligations avec un budget
en constante régression notamment depuis les années
soixante-dix.
III. La situation dans le temps.
1. La persistance du statut de réfugiés.
Comme nous l’avons vu, cette situation au départ prévue
pour n’être que temporaire, va perdurer jusqu'à
ce jour. La guerre de 1967 amènera un supplément de
300 000 réfugiés et surtout une situation qui va s’ancrer
dans la durée avec l’expansion territoriale israélienne
sur la Cisjordanie, Gaza, mais aussi par la suite le sud-Liban et
le Golan en Syrie.
Les camps de réfugiés, montés dans la hâte
de la catastrophe, ou la Nakba en arabe, faits de tentes en tissus,
seront petit à petit remplacées par des maisons en
tôles puis des maisons en dur, créant de véritables
structures de villages au sein de chaque camps.
En fait avec un statut juridique à part, et une situation
humaine également différente des pays d’accueil,
les camps de réfugiés seront la base de développement
de la résistance palestinienne. Ils seront le lieu de transmission
de la mémoire et des traditions, certains camps ayant permis
à des villages de se retrouver.
Cette identité traditionnelle va petit à petit se
doubler d’un réel développement politique notamment
dans les années soixante « pour inclure une dimension
nationale dont l’OLP s’est faite le diffuseur et le
représentant officiel » .
Au début, cette émancipation politique des camps
s’est faite avec l’aval des pays d’accueil, mais
avec le temps les Palestiniens le paieront cher puisque, au sein
de pays dont les méthodes locales étaient souvent
très anti-démocratiques, et où le ressentiment
des réfugiés était très fort face à
ce qu’ils considéraient comme de la lâcheté
de la part des Etat arabes, les autorités locales vont à
plusieurs reprises mater la résistance dans le sang.
Ce sera le cas en septembre 1970 en Jordanie, avec Septembre Noir,
lorsque le Roi se déchaînera sur la résistance
palestinienne et où ses derniers finiront par demander à
nouveau l’exil au Liban, et où ils obtiendront un accord
de principe pour mener la résistance à partir du territoire
libanais.
Mais cela sera de courte durée, le déséquilibre
démographique, confessionnel et économique amenant
à la guerre civile libanaise de 1975, et où la présence
des palestiniens à eu des conséquences évidentes.
En janvier et en août 1976 les milices chrétiennes
du Liban attaquent et détruisent le Camp de Tell al Zaatar.
En juin 1982 l’armée israélienne envahit le
Liban et monte jusqu’à Beyrouth où en septembre
elle permet les massacres de Sabra et Chatila.
En avril 1996, l’armée israélienne pilonne
le Camp de Cana et fait plus de 100 morts.
Ces exemples montrent que la résistance palestinienne a du
se faire une place au milieu des attaques des pays ou de groupes
dans leurs pays d’accueil, et des attaques de l’armée
israélienne qui n’a eu de cesse d’essayer d’éradiquer
toute forme de résistance, tout en n’appliquant aucune
des résolutions de l’ONU.
2. La dynamique des accords d’Oslo et ses conséquences
pour les réfugiés.
La signature en septembre 1993 de la Déclaration de principe,
ou accords d’Oslo va modifier le paysage pour différentes
raisons. Tout d’abord, depuis la conférence de Madrid
en octobre 1991, les Etats-Unis ont supplanté les Nations
Unies dans leur rôle.
Les accords d’Oslo ont été en quelque sorte
une réinterprétation des résolutions des Nations
Unies notamment la résolution votée au Conseil de
Sécurité n*242 le 22 novembre 1967, qui impose le
retrait des territoires occupés par Israël, mais aussi
la résolution 194 (III) du 11 décembre 1948 quant
au droit au retour des réfugiés et aux compensations
dues en cas de non-retour.
Yasser Arafat, alors président de l’OLP, et porte-parole
des Palestiniens aux différentes négociations, pensait
en réalité qu’il signait une étape dans
la mise en œuvre de ces deux résolutions fondamentales
pour les Palestiniens.
L’échec de l’application des accords d’Oslo
a démontré que pour les Israéliens comme pour
les Américains il s’agissait d’un accord final
dont quelques contours seraient renégociés lors des
rencontres entre les négociateurs.
De la même manière que dans les années 1950,
les Anglais, et les Américains firent le maximum pour faire
comprendre aux palestiniens qu’il n’y aurait jamais
de retour aux frontières légales en vertu de la résolution
181 (II) des NU sur le plan de partage, les américains essayent
de faire accepter aux Palestiniens, 50 ans plus tard qu’il
n’est plus question de revenir aux frontières de 1967,
largement incorporées dans les frontières de l’Etat
hébreu par la présence massive des colonies depuis
1967.
3. La création du Groupe de travail sur les réfugiés.
La suite des accords d’Oslo fut la création de différents
groupes de travail chargés de préciser les contours
des accords et de régler les questions de fonds.
En ce qui concerne les réfugiés, un Groupe de Travail
sur les réfugiés fut créé « comme
une contrepartie accordée aux Palestiniens pour leur participation
au processus de paix élargi et pour leur consentement à
se plier à plusieurs conditions » .
Le Canada a été choisi comme « parrain »
de ce groupe de travail, car accepté de tous comme un terrain
neutre. Mais en fait, la sensibilité des sujets abordés
vont amener la Syrie et le Liban à boycotter les travaux,
car notamment Israël refusait de négocier avec les réfugiés
qui n’étaient pas issus de la Cisjordanie ou de la
bande de Gaza.
Mais suite à la signature des accords d’Oslo les réunions
se poursuivront par thèmes jusqu’à l’établissement
des Accords de Taba en juillet 2001, avec tout le chapitre sur les
réfugiés. Mais si les négociateurs étaient
d’accord sur ces principes, le gouvernement israélien
de Sharon refusera de les entériner.
Depuis la deuxième Intifada débutée en 2000,
conséquence d’une dégradation dramatique de
la situation non seulement pour les réfugiés des camps
mais aussi pour les résidents des villes et villages palestiniens
encerclés par les militaires israéliens, la situation
est devenue plus que dramatique, la politique actuelle du gouvernement
israélien mettant à jour sa véritable volonté
de ne pas faire la paix dans le cadre international des résolutions
des Nations Unies.
IV. Les documents de voyages des réfugiés
A la suite de l’expulsion de Palestine en 1948, les Palestiniens
ont perdu leur nationalité palestinienne. Du jour au lendemain
cette nationalité a disparu.
Suite à la création de L’UNRWA en 1949, les
réfugiés palestiniens ont été enregistrés
et ce registre a été mis à jour régulièrement
jusqu’à ce jour. Au départ il permettait d’obtenir
des rations alimentaires, et de permettre à la Commission
de Conciliation pour la Palestine de recouper les inventaires dont
elle s’occupait pour retrouver les propriétaires des
biens meubles et immeubles restés en Israël, et permettre
d’avoir des fichiers à jour pour le droit au retour
ou la compensation le moment venu.
En fait, cet enregistrement est essentiel puisqu’il permet
de garder une référence du nombre d’une grande
partie des Palestiniens, cette partie étant estimée
à 3,8 millions à ce jour.
En Israël :
Dans le territoire israélien les habitants se sont vus,
à partir du 14 mai 1948 conféré la nationalité
israélienne, y compris pour les quelques palestiniens restés
sur place. Cette nationalité sera et ce jusqu’à
ce jour, une nationalité de deuxième zone, puisqu’elle
ne confère pas les mêmes droits qu’aux juifs,
mais elle permet tout de même une représentation politique
au sein de la Knesset, et au niveau municipal.
Lors de la signature des accords d’Oslo, Y. Rabin avait promis
qu’un travail dans le sens d’une meilleure égalité
serait accompli au sein de la société israélienne.
Depuis la deuxième Intifada c’est tout le contraire
qui s’est produit.
En Jordanie :
En plus du statut de réfugié et de l’inscription
à L’UNRWA, la Jordanie a conféré le statut
de résident et de citoyen jordanien à tous les ressortissants
palestiniens vivant sur son territoire mais aussi à une partie
de ceux qui vivaient en Cisjordanie. Ceux qui résident en
Jordanie ont tous les droits des jordaniens, avec un passeport,
mais demeurent inscrits pour beaucoup à
l’UNRWA, en cas de mise en place du système de droit
au retour ou à la compensation.
Ceux qui résident en Cisjordanie ne bénéficient
en fait que d’un titre de voyage, leur séjour en Jordanie
étant conditionné par les décisions gouvernementales
jordaniennes.
En Syrie :
La Syrie octroie des droits assez semblables à ceux des
nationaux, mais les Palestiniens n’ont pas de passeport, mais
un laisser-passer qui donne des difficultés pour l’obtention
des visas.
Au Liban :
Les Palestiniens au Liban sont dans les conditions les plus difficiles
puisqu’ils ne disposent pas du droit au travail, ni de passeport,
et leur laisser-passer est difficilement renouvelé par les
autorités libanaises. Ils se trouvent donc très tributaires
de l’aide de l’UNRWA, et leurs conditions de vie sont
extrêmement difficiles.
Depuis la guerre du Liban en 1975 leurs conditions de séjour
n’ont cessé de se dégrader.
En Egypte :
Ils y disposent d’un laisser-passer, mais toute sortie de
l’Egypte ne leur garantie pas qu’ils pourront y retourner.
Les habitants de la Bande de Gaza ont, jusqu’aux accords d’Oslo
bénéficier de ce laisser-passer. Mais là aussi
leurs droits, pour ceux résidents en Egypte sont très
limités.
Il y a d’ailleurs peu de Palestiniens en Egypte par rapport
aux autres pays.
En Cisjordanie :
Une partie a un passeport jordanien, bien que vivant en Cisjordanie.
D’autres un laisser-passer israélien avec la mention
de nationalité : indéterminée. Aussi sujet
à un renouvellement difficile.
Certains ont obtenu un passeport israélien mais renouvelable
aussi dans les mêmes conditions.
Depuis les accords d’Oslo les sujets résidents dans
les zones A délimitées par les dits accords ont obtenu
un passeport palestinien.
Bande de Gaza :
La majorité a obtenu un passeport palestinien mais certains
possèdent encore des laisser-passer égyptien, l’autorité
palestinienne n’ayant pas encore eu le temps d’accomplir
les transferts administratifs.
Dans le reste du monde :
Comme vous le voyez, une des recherches active des Palestiniens
fut celle d’un passeport permettant d’une part de pouvoir
voyager, mais aussi de de pouvoir aller visiter leurs familles en
Palestine et en Israël, puisque jusqu’aux accords d’Oslo
en 1993, un passeport arabe ne pouvait permettre l’entrée
dans ces territoires.
Donc une partie des Palestiniens à bénéficier
par différents moyens de passeports étrangers, véritables
carte de liberté (par des années de résidence,
des mariages etc.).
CONCLUSION
Considérés comme un problème économique
dès le début, la suite des évènements
va montrer que la clé du problème des réfugiés
réside bien dans une solution politique, conforme aux résolutions
internationales des Nations Unies.
Tant que ces données ne seront pas appliquées par
Israël, tout arrangement économique sera voué
à l’échec. La résistance des camps de
réfugiés, devenu programme politique puis Etat palestinien
en exil, continuera de s’exercer en vertu du droit à
l’autodétermination et du droit de chaque peuple à
disposer d’une terre.
C’est en substance la demande des Palestiniens aujourd’hui
: l’application notamment des résolutions 194 (III)
et 242 de 1967.
En réalité les accords d’Oslo ont montré
le décalage énorme entre ce que les Palestiniens pensaient
obtenir par phases vers l’application des résolutions
;
pour les Israéliens il s’agit de ne donner que le minimum,
et donc d’écarter les Nations Unies tout en ne concédant
que le strict nécessaire pour calmer la résistance
palestinienne, notamment celle incarnée par l’Intifada
et qui fut un désastre économique pour l’Etat
d’Israël.
Mais, la situation catastrophique qui prévaut à l’heure
actuelle démontre bien que la seule solution réside
dans les résolutions des Nations Unies pour que les réfugiés
puissent voir leur avenir dans un Etat aux frontières reconnues
et munis d’un passeport qui mentionne qu’ils sont des
citoyens à part entière de Palestine.
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