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- 2005

« Recherche-action »
Quid ?

Compil réalisée à partir d’une recherche sur Internet en 2002 ou 2003 ou 2004
Parfois les références de l'origine sont notées d'autres fois non et maintenant je ne retrouve plus l'origine de ces fragments.
Tel quels ils peuvent encore figurés dans notre boite à outils.

La notion de « Recherche-action » :

Méthode de recherche sociale qui met l’accent non seulement sur une meilleure compréhension du problème, mais essaie aussi de contribuer à la résolution du problème social étudié. La recherche est un moyen d’action.

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Les étapes principales de la démarche de Recherche-action:

- L'identification du problème de recherche et la définition de la question de recherche.
- Les techniques de recherche et la conception des instruments de collecte des données.
- L'élaboration et la présentation des projets individuels de recherche.

Deuxième étape: Phase de Recherche sur le terrain:
Sur le lieu de travail du participant, durant l'étude, le participant est supervise par l'équipe d'encadrement.

Troisième étape: Atelier de restitution:
Elle consiste par exemple en un forum de restitution durant lequel les résultats de chaque étude de recherche-action sont soumis à l'appréciation du public.

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Un processus de Recherche - Action - Formation :

- Recherche, parce que rien ne devra être coule dans le béton, l'esprit scientifique étant par définition celui de la remise en cause.

- Action, parce que la recherche se fera sur un chantier ou la vérification est possible

- Formation, parce que l'analyse de l'expérience permet de tirer des leçons à partir on apprend et on change réellement ce qu'il faut changer.
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La recherche action est une forme de recherche qui poursuit conjointement deux objectifs: production de connaissances et changement de la réalité par l'action. Voir Versement, M.R. (1990) Recherche-action de type stratégique et science(s) de l'éducation, Harmattan & Contradictions, Paris & Bruxelles.

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La nature cyclique de la recherche-action (Dick, 2000; Dick, 2002) et qui en fait une méthodologie adéquate pour étudier un domaine qui change rapidement, c'est à dire un domaine en devenir.

la recherche-action peut être définie comme recherche et action (Dick, 1998; Gill et Johnson, 1991; Gumesson, 1991). Recherche dans le but d'acquérir des connaissances sur le domaine étudié, action dans le but mettre en oeuvre une transformation (par exemple, mettre en oeuvre des projets qui améliorent l'efficacité et l'efficience de l'apprentissage). Au lieu de formuler des hypothèses à tester nous avons ici des résultats à atteindre.
Pour ce faire il est nécessaire d'accumuler et de créer des connaissances dans le domaine d'action étudié : quelle est la valeur--ajoutée du e--learning selon les apprenants, comment perçoivent--ils des cours conçus selon notre cadre pédagogique, etc.
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Type "recherche-action".

Elle procède par approches globales et transversales dans tous les champs

Cette démarche globale doit obligatoirement intégrer les dimensions sociales et politiques liées aux préoccupations des décideurs et aux évolutions de la société

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la dynamique qu'elle met en oeuvre en termes de réflexions, de recherches et d'actions ne peut être circonscrite en une seule phase; elle requiert également comme dans les processus de recherche-action, la mise en place d'un acteur collectif.

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Une démarche de recherche-action commune, participative

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des démarches de recherche-action avec les différents acteurs pour une élaboration collective de réponses adaptées

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De l'intérieur même des courants de recherche qui ont en commun de faire de la recherche “avec” plutôt que “sur” les enseignants, et qui reconnaissent leur “compétence d'acteur en contexte”, il faut rappeler que la recherche collaborative s'inscrit dans un ensemble de pratiques de recherche à caractère participatif pour les enseignants et qui donnent lieu à différentes appellations: recherche-action, recherche collaborative, recherche-action collaborative, recherche participative, recherche en partenariat, etc. Les frontières entre ces diverses identités de pratiques de recherche (et entre les différentes pratiques à l'intérieur d'une même identité), on le devine, ne sont pas étanches et n'ont sans doute pas à l'être. Elles représentent, d'une certaine façon, les accents particuliers de ceux qui parlent un même langage, soit celui de ceux qui voient la participation des enseignants à la recherche comme une contribution essentielle au développement des connaissances liées à la pratique et, bien sûr, au développement de la pratique elle--même. Cela n'invalide pas pour autant la pertinence, pour chacune de ces pratiques de recherche dites à caractère participatif, de clarifier son modèle, pour ainsi pouvoir dégager la rigueur de la démarche spécifique sous--jacente au modèle et ouvrir le chemin à ceux qui voudront l'emprunter. C'est un peu l'esprit qui habite notre équipe et l'entreprise qui fut la nôtre d'initier ce projet de clarification de notre modèle de collaboration de recherche. Ce même esprit préside aussi à l'existence d'un groupe élargi de réflexion, qui compte une quinzaine de chercheurs et d'étudiants chercheurs de diverses universités et qui, depuis déjà deux ans, partagent leurs pratiques de recherche à caractère participatif, au CIRADE.

Pour la chercheuse, l'approche de recherche-action, dans l'esprit de collaboration de recherche, prend son envol dans les années quarante et cinquante. À son avis, le terme renvoie à une pratique de recherche qui se veut en contexte réel, en réaction à une recherche universitaire dite de “laboratoire”, qui ne tient pas compte de la réalité complexe des situations de pratique. L'intention manifeste est aussi de faire des enseignants des chercheurs qui vont pouvoir produire des connaissances mieux ajustées aux besoins de la pratique. Critiquée à l'époque pour son éloignement de la méthode scientifique traditionnelle, précise la chercheuse, et considérée de ce point de vue comme manquant de rigueur méthodologique, l'approche de recherche-action perdra un peu de son élan vers la fin des années cinquante.

Une deuxième conception concerne le “praticien réflexif” et la démarche d'analyse de la pratique par laquelle un enseignant peut être conduit à recadrer ou à élargir son savoir d'action (Schön, 1983, 1987). Une troisième conception émerge du courant de la recherche-action que Richardson associe à une démarche systématique par laquelle un groupe d'enseignants d'un milieu donné cherche à comprendre et à améliorer leur pratique à travers l'identification et l'analyse d'un problème qu'ils partagent et qu'ils vont tenter de résoudre (Elliott, 1976, 1990).

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Principe de la recherche-action

La recherche orientée pour l’action dans la coopération pour le développement cherche `provoquer des changements sociaux. Elle appréhende les structures existantes à la base, soutient les activités autonomes d’initiatives locales et encourage la formation de groupements.

Dans le travail continuel d’une nation elle encourage les efforts de la population à exposer leurs problèmes, à développer des alternatives et á prendre des décisions de façon autonome. Elle fait de l’évaluation en commun des résultats pour tous les intéressés, la condition pour d’autres mesures d’encouragement. Dans ce sens la recherche-action est fondamentalement participative.

Avec la suppression de la division du travail de “Recherche”, la recherche-action évite l’erreur fréquente des méthodes traditionnelles de recherche et de planification qui considèrent les “concernés” comme “réservoir d’information” passifs et incapables d’analyser leur propre situation et de trouver des solutions à leur problèmes.

La fixation en commun de l’objectif visé, de l’approche méthodologique et des mesures à long terme par tous les intéressés ainsi que la réalisation d’actions exemplaires déjà au cours de la phase de planification servent à l’essai d’une coopération future. La responsabilité et la prise de décision qui, dans les structures traditionnelles de projet sont l’apanage de tierces personnes, bailleurs de fonds, experts et institution publiques, reviennent ici aux bénéficiaires de mesures d’encouragement.

L’appui fourni par l’extérieur se limite au conseil et à l’accompagnement quand les artisans développent des activités autonomes et à un soutien quand ils s’efforcent de s’auto--organiser. Il mobilise l’initiative à la base pour se rendre finalement superflu.

Pour la procédure concrète de planification participative sur le terrain cela signifie :

Renonciation à un programme fixe de prime abord non révisable, l’ébauche totale des mesures d’encouragement doit d’abord se constituer à partir de discussion en commun des interlocutions ;

des structures d’encouragement doivent être développés, en permettant une communication constante entre les intéressés ;

La séparation en interpellateur doit être évitée, des rencontres structurées franches doivent permettrent une situation de dialogues ;

L’appui des propositions et des actions des artisans devrait favoriser la disponibilité à une collaboration des deux parties et rendre utile la formulation d’un programme à long terme.

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La recherche-action

La recherche-action comme méthode d’intervention

En sciences sociales, notamment en sociologie, la recherche-action renvoie à une démarche méthodologique particulière qui soulève des interrogations de fond internes à ces disciplines, concernant le positionnement du chercheur à l’égard de son objet d’études (les relations sociales) et de son terrain d’investigation, la possibilité pour les sciences sociales de participer consciemment à un processus de changement social sans abdiquer leur scientificité et leur objectivité, et enfin la possibilité pour des acteurs sociaux de participer à l’élaboration d’une théorie de leurs pratiques.

Il est difficile et délicat d’intervenir dans un tissu aussi complexe que celui des situations de fragilité économique, sociale, culturelle et médicale.

Il est également difficile de consigner et de généraliser les modes d’intervention développés sur le terrain.

La recherche-action répond à ce double souci.

Une première caractéristique de la recherche-action est d’être élaborée en étroite relation avec les bénéficiaires qui deviennent partenaires.

La recherche-action n’a pas de public cible, la recherche-action a des partenaires de réflexion, d’action, de transformation, de découverte, de dépassement... Les impliquer de près est une condition à la fois scientifique et éthique lorsqu’il s’agit de travailler à ce qu’un certain nombre d’enfants et de familles vivent mieux.

La recherche-action produit des notions de type théoriques et généralisables.

Le projet d’action est doublé d’un souci de recherche. Par cette dialectique constante entre l’action de terrain et la recherche, l’analyse porte en même temps sur le problème et ses causes, sur le processus généré par l’intervention et sur les effets induits. L’interaction réciproque entre chercheurs et milieu permet au dispositif d’appréhender les phénomènes de manière systémique et de mieux les comprendre.

La recherche-action a encore comme caractéristique de vouloir tenir compte du plus grand nombre possible de paramètres de situations.

Dans un comportement d’enfant par exemple, cela implique de tenir compte de ce qui est à la fois médical, psychologique, des comportements de la mère... Le défi de la recherche-action est d’assumer cette pluridimensionnalité.

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La Recherche Action Participative (RAP) est un outil extraordinaire pour le groupe qui arrive à l'utiliser correctement, accompagné par un animateur qui a appris à "disparaître", à "mourir" pour laisser une totale liberté d'initiative aux enfants ou aux jeunes en situation difficile. L'animateur devient un réel facilitateur.

Dans l'intitulé de la RAP, il y a trois mots :

- Recherche : Cela veut dire que le groupe va assurer une collecte de données, une identification de ses problèmes, une identification de la cause d'un de ses problèmes, ainsi que son analyse.

- Action : le groupe va assurer la formulation et la mise en oeuvre d'une action qui va lui permettre d'agir sur l'une ou l'autre cause avec des moyens humains, matériels ou financiers.

B: cette approche est intégralement appliquée par le groupe lui--même. L'animateur est simplement un facilitateur qui accompagne le groupe en lui transmettant les outils de la recherche et de l'action.

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Même si les méthodes de la recherche-action furent, à l’origine, appliquées par les scientifiques et étaient essentiellement sensées se mettre au service de la science (ce qui a, dès lors, conféré une dimension sociale à cette dernière), il n’en reste pas moins que la situation de la recherche a présenté dès le début des similitudes frappantes avec celle à laquelle le coopérant / l’expert en développement se trouve confronté au quotidien. Dans les deux cas, une personne appartenant à une autre couche sociale, et souvent même à une culture différente, se trouve placée face à un groupe, avec lequel elle veut ou doit coopérer afin d’amener ses membres à prendre conscience de certains états de faits et à modifier leur comportement. Aussi, qu’y a--t--il de plus naturel que de vouloir comparer l’approche méthodologique adoptée par les uns et les autres et d’en tirer les enseignements qui s’imposent ?

La recherche-action, qui met entre les mains de professionnels du développement des méthodes participatives, axées sur les processus de planification, de mise en œuvre et d’évaluation des mesures d’appui, est intéressante pour la coopération au développement. En effet, les méthodes de la recherche-action facilitent l’identification et l’analyse des problèmes par les personnes et groupes concernés, qu’elles soutiennent dans la recherche de solutions et dans la planification de mesures appropriées, et qu’elles encouragent finalement à agir de manière autonome conformément aux plans établis par leurs soins.

Lien entre théorie et pratique

En supprimant la division du travail entre “ ceux qui cherchent et ceux qui sont l’objet de cette recherche ”, la recherche-action évite l’erreur fréquemment commise dans les méthodes de planification et de recherche traditionnelles, qui consiste à considérer les “ personnes et groupes concernés ” comme des “ réservoirs d’informations ” passifs, incapables d’analyser leur propre situation et de trouver des solutions à leurs problèmes.

Cette mise en commun des efforts dans le processus de recherche a pour effet d’amorcer une prise de conscience se soldant des deux côtés par des conséquences concrètes. Le consultant, tenant compte des intérêts divergents en présence, tire les conséquences qui s’imposent quant à la formalisation, au traitement et à la présentation des informations obtenues ainsi qu’en ce qui concerne la poursuite du processus d’expérienciation engagé. Les bénéficiaires en revanche modifient leurs comportements et mettent en œuvre des actions dont ils espèrent retirer des bénéfices. Ainsi, les deux parties prenantes tirent normalement avantage de la recherche-action. Grâce à l’encadrement d’un facilitateur externe, une prise de conscience s’opère au sein du groupe des bénéficiaires, amenant ces derniers à revoir et modifier leurs comportements ; le consultant, quant à lui, a accès à des informations qu’il ne pourrait pas obtenir d’autre manière.

S’agissant de la démarche concrète de planification participative sur le terrain, cela signifie :
Renoncer à un programme défini ex ante et non révisable ; la conception globale des mesures d’appui doit émerger de la discussion générale associant toute les parties prenantes ;
Mettre en place des mécanismes favorisant une communication permanente entre toutes les parties prenantes ;
Éviter l’opposition entre ‘interviewers’ et ‘interviewés’ ; mener des entretiens non structurés susceptibles d’engendrer une situation de dialogue ;
Appuyer des propositions et actions d’artisans en vue de vérifier si la volonté de coopération des deux parties se concrétise dans la pratique, et formuler un programme de promotion à long terme.

Recherche-action et conseil en organisation

Le développement organisationnel (DE), qui a été mis au point dans les pays industrialisés et occidentaux par des sociologues spécialisés en organisation, a été affiné par la suite par ses utilisateurs et est proposé par des conseillers spécialisés, est de toute évidence apparenté à la recherche-action. Le développement organisationnel s’efforce de résoudre les problèmes identifiés au niveau de la structure et du fonctionnement des organisations en motivant les personnes qui y vivent ou y travaillent et en les aidant à formuler elles--mêmes des propositions de solution, ou tout au moins à trouver des solutions appropriées en commun avec des spécialistes.

Cette stratégie part du principe selon lequel les personnes vivant et travaillant au sein d’une organisation sont mieux placées que quiconque pour connaître les structures formelles, et avant tout informelles, de fonctionnement et de communication d’une organisation, et qu’elles sont donc à même de trouver des solutions mieux appropriées et plus réalistes que les autres. Cette hypothèse est corroborée, en outre, par le fait que ce cercle de personnes devrait être intéressé par les réformes, et plus particulièrement par celles qui représentent effectivement une amélioration par rapport au statut quo qui existait auparavant car ce sont ces personnes, en effet, qui subissent le contrecoup des échecs.

Les analogies avec la recherche-action sont frappantes et montrent que les méthodes utilisées par cette dernière ne sont pas seulement applicables au micro--niveau, c’est--à--dire aux individus (par exemple paysans, artisans, femmes, citadins, habitants de quartiers) et à leurs groupements, chez qui elles doivent susciter une prise de conscience ainsi qu’un désir d’émancipation et de réduction de la pauvreté, mais aussi aux individus et groupes relativement aisés aux micro--, meso- et macro--niveau

Atouts et problèmes de la recherche-action

Atouts
Les méthodes de la recherche-action se prêtent tout particulièrement à amorcer des processus de développement et à les entretenir, ce qui s’explique par les raisons suivantes :
Les bénéficiaires prennent conscience de leur propre situation et comprennent les raisons y ayant contribué.
Les bénéficiaires apprennent à connaître des techniques de résolution des problèmes qu’ils peuvent également appliquer à d’autres domaines de vie et d’activité.
Ce ne sont pas des experts externes mais les bénéficiaires des mesures eux--mêmes qui tirent les leçons de leurs expériences et de leurs erreurs ; puisque ce sont eux qui souffrent des conséquences de leurs erreurs, ils se sentent davantage responsables de leurs actes.
En règle générale, les bénéficiaires commencent par aborder un problème qui les oppresse et, en tentant de le résoudre, se voient confrontés à un grand nombre d’autres problèmes, dont la maîtrise exige le recours à des stratégies dans différents secteurs : une telle démarche favorise le développement organique d’une approche “ intégrée ”.
Les bénéficiaires tiennent compte quasi automatiquement de l’environnement socioculturel et de la constellation des rapports de force politiques dont ils sont eux--mêmes issus : des solutions durables sont ainsi trouvées sans que le personnel de projet externe soit d’abord tenu de comprendre lui--même parfaitement les facteurs socioculturels en jeu.
Étant donné que les solutions recherchées profitent généralement à un groupe ou à une catégorie socioprofessionnelle et non pas seulement à des individus isolés, les mesures de la recherche-action ont généralement un impact de large portée et sont d’un bon rapport coût/bénéfice.
La définition des objectifs, de la démarche méthodologique et des actions de même que la réalisation des activités par les bénéficiaires et le projet dans les phases d’orientation (ouvertes) servent à tester la coopération et sont ainsi importantes pour décider de la configuration à donner à la “ phase de mise en œuvre ”.
Contrairement aux méthodes de planification traditionnelles dans lesquelles les groupes cibles sont, dans le meilleur des cas, associés au projet au travers de représentants plus ou moins légitimés et dans lesquelles ces derniers doivent se soumettre à une structure imposée de l’extérieur (situation de séminaire, directives programmatiques, discussion dominée par des “ experts ” et conduite dans une langue étrangère), les méthodes de planification participatives présentent l’avantage de maintenir les bénéficiaires (en tant que groupe) dans leur contexte de vie et de production habituel. Ils peuvent ainsi définir eux--mêmes leurs intentions et formuler leurs propositions dans le cadre d’une discussion s’étalant dans le temps. Le fait que la discussion soit menée dans leur contexte de vie et dans leur langue habituelle renforce la position des groupes vis--à--vis des experts ainsi que des représentants d’institutions publiques qui, soit inconsciemment soit intentionnellement mais à couvert, défendent toujours leurs intérêts quand ils appliquent leur propre logique.

Problèmes
Des expériences de projet acquises ces dernières années montrent que les bénéficiaires ne sont pas toujours prêts à accepter d’emblée les conditions liées aux mesures d’appui à l’autopromotion (contribution et participation propres des bénéficiaires, d’une part, et caractère temporaire des mesures d’aide, d’autre part), en particulier quand ils se trouvent confrontés au soutien externe d’un projet et qu’ils ont déjà adopté une “ mentalité d’assistés ” dans le cadre de projets précédents.

Par conséquent, il convient lors d’actions de formation et de facilitation de faire en sorte que les succès à court terme remportés dans le cadre des activités de projet ne soient pas surestimés et que chaque mesure individuelle soit considérée à la lumière de son impact sur le renforcement de la capacité d’autopromotion des bénéficiaires. Des mesures de promotion peuvent être réalisées à la satisfaction des bénéficiaires sans pour autant s’inscrire dans une optique de durabilité et contribuer à accroître leur autonomie. De telles mesures peuvent favoriser l’instauration d’une mentalité d’assistés (par exemple, crédits octroyés de façon répétée à un même groupe sans qu’une capitalisation s’effectue dans le même temps sur une période déterminée) ; ces aspects devraient être davantage pris en considération par le personnel du projet. Dans une stratégie de promotion axée sur la recherche-action, les critères et conditions de l’appui fourni doivent, pour cette raison précisément, être élaborés par le projet et être clairement démontrés aux bénéficiaires.

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Démarche scientifique: assurer la cohérence et la rigueur à travers les questions de recherche ou la problématique, l'analyse de la situation, la définition du problème, l'analyse critique des sources et l'identification du cadre de référence ou du cadre théorique, la formulation des hypothèses ou des objectifs de recherche.
Choix d'une approche d'un modèle: caractéristiques importantes des méthodes quantitatives, qualitatives et des modèles de recherche-action.
Devis, traitement et analyse: concepts fondamentaux (hypothèse--objectif, contrôle(s), variables, plans, échantillonnage en recherche qualitative et en recherche quantitative, instrumentation).
Analyse de contenu.
Principe de tests d'hypothèse (approches classique et non paramétrique), interprétation des techniques statistiques les plus courantes.
Outils informatiques pour le traitement des données.
Présentation et discussion des résultats.
Problème d'ordre épistémologique et d'ordre éthique.

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Pratiques quotidiennes dans l’équipe
=>
Mise en mots de la pratique (praxis)
=>
Elucidation, théorisation de la pratique = praxéologie

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Définition Recherche action

Le nom même de la recherche action est porteur de la définition. Il s’agit, dans un même temps, dans un même mouvement, d’agir sur une réalité sociale et de procéder à une théorisation à partir de cet agir.

On a une nuance subtile entre la praxéologie et la recherche action :

* Le terme même de la première dit “ logos sur la pratique ” donc une séquence dans laquelle il y a la pratique d’abord et sa théorisation ensuite.

* La forme de la seconde suggère plus une simultanéité : le chercheur--acteur va lancer une nouvelle dynamique qui sera à la fois recherche et action.

Exemple : cette différence s’observe dans deux temps de la “ vie ” d’un chercheur qui passe par la voie d’un diplôme tel que le Diplôme de Hautes Etudes de Pratique Sociale. C’est une voie dans laquelle le niveau de la Maîtrise est obtenu par une praxéologie d’une pratique professionnelle ou bénévole. L’étudiant ne suit pas la voie “ habituelle ” DEUG, Licence, Maîtrise mais cherche dans les différentes sciences des grilles de lecture susceptibles d’élucidation des enjeux et de la pertinence de l’action dans une pratique. C’est donc une phase praxéologique.

Cet étudiant qui a acquis une certaine maîtrise de la démarche de recherche peut alors, tout en restant professionnel, s’engager dans un mastaire (DESS, DEA etc.). S’il y a champ commun entre sa pratique professionnelle et les axes de recherche et grilles de lecture du laboratoire, il peut mettre en place une recherche action. Dans cette situation, il y a un aller retour constant entre pratique et théorie.

Il nous reste l’item 4, la multiréférentialité, qui sera évoquée en P.1.4..

Pour en comprendre l’intérêt, repensons à l’histoire proposée en liminaire, imaginons nos 7 “ docteurs ” sociologue, anthropologue, psycho--sociologue, psychologue, ethnologue, psychanalyste et linguiste autour d’une table en train de deviser sur le thème : “ L’équipe virtuelle : acteurs, documents et logiciels. Objectifs et moyens d’un projet de maîtrise lexicale au service des acteurs du groupe virtuel”

Il est indubitable qu’il en sortira quelque chose. Mais au bout de combien de temps ?

L’observation, dans des réunions pluridisciplinaires, même avec facilitateur, est qu’il y est très difficile d’“ avancer ” car chacun :

* est dans son ensemble conceptuel,

* doit fournir un effort très grand pour entrer dans celui de l’autre,

* se pose la question : “ Par quel bout prendre l’objet ? ”

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VASQUEZ, KATIA
VAILLIES, SOPHIE

La recherche-action : modèle de l’objectivité qualitative dans l'étude des faits humains.

La plupart des sciences humaines et sociales intègrent sans problème, la nécessité d’une distance, voire même d’une distanciation (car il s’agit bien d’une posture que l’on adopte sciemment) entre celui qui cherche : “ le sujet pensant ” et son objet d’étude. Qu’il s’agisse d’étudier un concept, un acteur, un groupe ou d’autres choses encore ne change rien. Cette prise de distance est, pour ce type de chercheur, la garantie de l’objectivité de sa recherche. Et que l’on se place au plan de la recherche fondamentale ou au plan de ses applications, le principe ne varie pas : pour être objectif, il faut rester distant de ce que l’on observe ou que l’on applique. Ce qui implique naturellement un mode relationnel et d’échange totalement asymétrique entre le chercheur et l’objet. Or, l’approche qualitative des faits humains vient mettre l’accent, tout d’abord sur la difficulté de tenir cette première attitude, alors que la relation se fonde sur la communication interpersonnelle, avec ce que cela suppose de singulier, d’irréductible à un modèle, d’unique. En outre, l’approche qualitative affirme que la richesse et la valeur d’une recherche, qu’elle soit fondamentale ou appliquée, réside non pas dans la distanciation mais bien plutôt dans le consentement mutuel obtenu par l’instauration d’une relation symétrique et paritaire qui, seule, rend possible la co--construction (la seule qui nous soit accessible) de l’objet social. En termes méthodologiques, nous développerons cette démonstration en nous appuyant sur la recherche-action qui nous paraît constituer le cas le plus complet et le plus signifiant pour prouver que le consentement est le principal vecteur de scientificité en la recherche qualitative.

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Avec le souci du détail de la recherche-action, à cultiver une valeur parfois oubliée de la recherche : la créativité.

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La recherche action

La recherche-action est une méthode qui permet, à partir d'un recueil de données localisées collectées au plus près des acteurs, de monter des actions, de mobiliser les potentiels existants et de redynamiser l'action sociale. Cette démarche permet de produire des informations qualitatives et/ou quantitatives - un diagnostic - de manière à répondre aux enjeux et dynamiques de la vie locale, alors même que les données existantes sont déficientes. Elle permet de faire une meilleure appréciation des problèmes et, simultanément, de trouver des réponses plus rapides en sensibilisant les acteurs locaux à des modalités de travail innovantes. Autour d'un projet défini avec le demandeur (collectivité, association, équipe de quartier), il s'agit de mettre en place des processus d'analyse partagés, associant la démarche scientifique à l'expérience et les savoirs des acteurs de terrain (une structure, un quartier, une ville...).

Les références méthodologiques utilisées sont de type sociologique, anthropologique ou ethnographique, et peuvent être complétées par d'autres approches (épidémiologie, statistiques…), des méthodes de type action communautaire, ou encore des méthodes connues sous l'appellation de Rapid Assessment and Response (RAR) prévues pour le recueil et la production à court terme d'indicateurs prenant en compte des facteurs qualitatifs et subjectifs.

Des groupes de travail réunissant les différents partenaires (professionnels du social et de la santé, associations, habitants, etc.) sont constitués. Ils permettent de confronter les données préalablement recueillies aux expériences personnelles des acteurs, puis de localiser des points sensibles, des carences, des défaillances dans le domaine de l'action sanitaire et sociale. De cette surface d'échanges et de réflexion peuvent émerger des propositions, des réponses et enfin des projets. La médiation de l'intervenant permet de créer un espace de parole et de développer une mobilisation autour de thèmes tranversaux à ceux qui organisent les compétences d'action habituelles. Les acteurs partenaires sont totalement partie prenante de la recherche-action. Ce type de démarches conduites souvent à mettre en "réseaux" des personnes sensibilisées, préparées à poursuivre réflexion et action. La concertation de participants du secteur public ou privé, d'institutions territoriales ou de citoyens est une source d'émulation où chacun peut participer à la définition d'objectifs collectifs. Il s'agit toujours de déboucher sur des propositions utiles, c'est à dire appropriables par les acteurs à l'origine de la demande (préconisations, scénarii, stratégies, recommandations, définition de cadres de référence), sans pour autant " coller " aux attentes de départ.

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LA RECHERCHE-ACTION PARTICIPATIVE (RAP)

La méthode de Recherche-action participative (RAP) qui a retenu notre intérêt voire même notre préférence (mais tout dépend de la situation concrète) est relativement nouvelle. Elle rejette le monopole universitaire sur la production du savoir. Elle fait également appel au savoir "à la base, de la base, pour la base". Elle s'insurge aussi contre la notion newtonienne et positiviste--instrumentaliste du savoir distancié (le sujet face à l'objet de son savoir, voir point 2.2.1). Il a déjà été fait allusion au point 1.2 ci--dessus à la RAP.

Lier recherche, participation et action

La méthode RAP implique que l'on accepte que chacun sait ce qui se passe autour de soi et que cette connaissance--là constitue une force de changement. Le respect de cette réalité est le fondement de cette nouvelle façon de concevoir la production du savoir. Elle lie, comme il a été maintes fois souligné ici, la recherche et l'intervention sociale.

Historique de la RAP

La recherche est intrinsèquement humaine. Dès les âges les plus reculés, l'homme "cherche", par exemple, sa nourriture et un endroit propice où enterrer ses morts. L'homme a toujours disposé d'un corpus de savoir lui permettant de s'adapter à son environnement. La création d'universités et de laboratoires est récente. Elle mena à la science formelle et experte avec ses acquis incontestables. Mais cette science formelle a tendance à s'opposer à la science informelle et populaire.

La division entre experts et population que l'on constate aujourd'hui dans l'intervention sociale au Sud comme au Nord trouve son origine dans cette conception formelle et souvent arrogante du savoir dominant, celui de "l'expert".

Cardijn--Moreno--Lewin--Freire

La réaction contre la monopolisation du savoir a commencé en Occident dès la fin du 19ème siècle, notamment avec Joseph Cardijn, fondateur à Bruxelles de la J.O.C. et initiateur de la méthode "Voir, juger, agir". Par ce slogan, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne revendiquait, sous l'impulsion de l'abbé Cardijn, sa capacité de réfléchir et de fonder son action sur cette réflexion.

Moreno, le père du psycho--drame ou socio--drame avait dès 1913 inventé la notion de "Aktionsforschung" (recherche-action) en travaillant comme médecin dans le milieu des prostituées à Vienne (Autriche).

Celui qui est considéré comme le père de la recherche-action est Kurt Lewin, lequel avait initié avec des jeunes une méthode "qui commence là où le client se trouve". Il invita des jeunes à analyser leur propre situation. Il voulait éviter la coupure entre la production du savoir et les "objets" de ce savoir. Il voulut au contraire intégrer les gens en tant qu'acteurs dans la réflexion qui finirait par les affecter. La spirale recherche-action--recherche-action a pour but fondamental la démocratisation.

L'idéologie du développement communautaire se marie avec la notion de diagnostic/prise de conscience. Paulo Freire, nous l'avons déjà noté (Annexe VI), développa ensuite sa méthode de conscientisation : donner du pouvoir aux acteurs parce qu'ils sont compétents.

Fin des années '60, se développa une rébellion contre le savoir universitaire, notamment par la recherche appelée en Allemagne "Aktivierende Befragung" (enquête mobilisatrice). Il s'agissait, par exemple, d'aller de porte à porte dans les quartiers pour entamer une conversation dont le but était d'inviter à la réflexion. Ainsi, tel agent dit "il paraît que le club de jeunes du quartier cause des problèmes car il y a eu vandalisme. Qu'en pensez--vous ?". La synthèse des conversations ayant été faite, celle--ci est restituée aux gens du quartier, par pâté de maison. Cette enquête débouche sur une action en commun.

Orlando Fals--Borda--Anisur Rahman--Budd Hall

La critique la plus tranchée est intervenue dans les années '70 et vient des universitaires engagés du Sud s'insurgeant contre l'aspect élitiste, importé, ethnocentrique du savoir occidental. D'autres épistémologies furent proposées, notamment par Orlando Fals--Borda (Colombien), Mohammed Anisur Rahman (Bangladeshi) et Budd Hall (Canadien travaillant en Tanzanie). (Se référer à Fals--Borda et Rahman Action and knowledge. Breaking the monopoly with P.A.R., Apex Press, N.Y. 1991). C'est Budd Hall qui lanca le vocable Participatory Action--Research (P.A.R.) ou RAP : "recherche-action--participative" au cours de son travail visant à associer les villageois ujamaa de Tanzanie à sa recherche-action.

La mise en pratique de la R.A.P.

En anglais, on appelle cette méthode Participatory Action Research (PAR). Rajesh Tandon (Indien) et Vio Grossi (Chilien) en sont des protagonistes importants. On parle aussi d'"action anthropology", de "dialogical research" ou de "participatory rural appraisal" (Robert Chambers et Parmesh Shah). Certains parlent même de "guerilla research" !

En français, Emmanuel Ndione (Sénégalais) et son équipe de Enda Graf se distinguent par la profondeur et la précision de leurs écrits en la matière, lesquels sont bien sûr inspirés de leur pratique. Voir à ce sujet de Ndione "La recherche-action--formation, un miroir du savoir paysan" dans Cultures et Développement - Quid Pro Quo no. 8/9, p. 10 et du même auteur "Dynamique urbaine d'une société en grappe. Un cas : Dakar", Enda, Dakar. Voir également du même auteur : "Les projets comme méthode de recherche", Cultures et Développement - Quid Pro Quo no. 12, p. 6 et "La recherche-action", idem, p. 10.

En français on parle encore de "recherche-action",
"d'enquête conscientisante" (Michel Seguier),
"d'intervention sociologique" (Alain Touraine)
ou "d'intervention institutionnelle" (La Passade & Rémy).

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Lapassade

Les typologies de l'observation participante avec ses divers degrés d'implication sont traversées par une question permanente et qui n'a pas reçu encore, à ce jour, de réponse pleinement satisfaisante: comment concilier la nécessité méthodologique de l'implication dans la vie d'un groupe ou d'une institution avec le recul nécessaire, au métier de sociologue? Comment éviter de devenir soi--même un "indigène" (going native)?

Cette question, naturellement, cesse de se poser dans le cas de la participation "complète" par "conversion", qui suppose l'immersion totale par laquelle on devient membre à part entière. Mais, mis à part ce cas limite, la question reste posée, et elle a sa place dans tous les manuels d'ethnographie.

La nécessité de conserver une certaine distance --d'ailleurs inévitable--, y est constamment invoquée, peut être pour donner des gages de sérieux méthodologique. Il ne faut pas oublier à ce propos que les tenants de la tradition ethnographique ont dû faire face aux critiques des autres sociologues, qui se présentaient comme les seuls chercheurs aptes à donner des gages crédibles de rigueur scientifique. Placés sur la défensive, les ethnographes ont dû se placer sur le même terrain de la scientificité et riposter dans les mêmes termes. En 1958 Howard Becker parlait de "vérification des hypothèses" selon le modèle central de la sociologie positiviste. C'est seulement en 1967 que Glaser et Strauss ont fondé l'autonomie d'une démarche ethnographique qui produit ses hypothèses chemin faisant. (Glaser et Strauss 1967)

L'opposition et la tension entre "participation" et "distanciation", trouve une autre source dans la tradition ethnographique de Chicago.

Au début de ce siècle, nombreux étaient les étudiants en sociologie de cette université qui étaient aussi des travailleurs sociaux ou qui se préparaient à le devenir. Ils devaient, tout comme les enseignants chercheurs qui préparent à l'Université un doctorat sur leur pratique institutionnelle, effectuer un passage de la participation totale aux situations qu'ils vivaient, notamment avec des jeunes marginaux--, ils devaient passer à l' "observation". Leur pratique passée ou en cours devenait un objet de recherche. Les jeunes marginaux dont ils s'occupaient n'étaient plus seulement objet d'intervention sociale. En accédant au rôle, nouveau pour eux, de chercheurs, ils devaient conquérir une "distanciation" à partir d'une position initiale, et non professionnelle, de "participation" complète, d'immersion dans leur "terrain" qui avait été d'abord "territoire" d'intervention : la rue. Le débat théorique sur "participation et

distanciation" serait ainsi la transposition académique d'une problématique de recherche de recherche-action (de recherche à partir d'une action sociale).

V. Observation participante et recherche action.
Dans l'ouvrage intitulé Fieldwork, Bufor Junker (1960) écrit :

"le fieldwork, tel qu'il .est pratiqué occasionnellement ou de manière routinière dans l'éducation, dans le travail social et en d'autres entreprises concernant les relations humaines est caractérisé par le fait qu'il est concerné par la contribution à la connaissance" (c'est à dire par la recherche fondamentale visant à produire un pur savoir), sa visée directe étant au contraire de "changer les gens, ou les situations, ou les deux".

Un peu plus loin (page 2) Junker ajoute ceci :

"Dans cet ouvrage on va s'occuper seulement de fieldwork dans son rapport avec la science sociale, --c'est à dire avec la tâche consistant à observer, enregistrer et rapporter le comportement des gens dans la situation contemporaine sans l'intention de les changer ou de changer les situations dans lesquelles ils se trouvent...Le fieldwork ainsi défini est concerné entièrement par l'avancement de la connaissance dans les sciences sociales".

Junker, on le voit, sépare rigoureusement l'ethnographie et la recherche action. On trouve une position opposée dans un ouvrage plus récent, consacré aux méthodes de la recherche qualitative (Deslauriers 1987), ouvrage dans lequel l'un des auteurs, André Fortin, affirme que "depuis les années soixante" on parle désormais de l'observation participante dans un contexte de recherche action, de sociologie engagée ou de travail social.

Plus loin, le même auteur souligne "la différence entre l'observation participante traditionnelle" (celle de Junker?) dans laquelle la diffusion des résultats de la recherche "est uniquement savante" et la recherche action, où, grâce à une diffusion plus populaire, en particulier dans le milieu concerné, on espère avoir une influence sur le cours des choses". En d'autres termes, la démarche de l'observation participante a pour finalité principale la constitution d'une connaissance à visée interactionniste: cette connaissance est retournée en feed back aux membres d'un groupe social; elle devient outil de changement.

Il est intéressant de relever enfin le voisinage de l'observation participante et de la recherche action dans l'ouvrage que W. F. Whyte a publié au soir d'une longue carrière sous le titre: Learning from the field (Whyte 1985). Le chapître dix de cet ouvrage est consacré à la description de trois "types de recherche action appliquée" classés par ordre d'implication croissante du chercheur. La description se fonde sur des situations de recherche action dont l'auteur a été, souvent, l'animateur principal (il reprend à ce propos la notion française de "l'animation sociale"). < On lit dans ce même ouvrage, que Whyte participa aux sessions d'été du NTL de Bethel, dans le Maine, organisées par les disciples de Kurt Lewin à partir de 1947 sur la base des célèbres T. Groups (on évitera ici la confusion entre White, assistant de Lewin, et W. F. Whyte). Or ces sessions et ces T. Groups ont constitué le haut lieu de la recherche action selon l'orientation fondée par Kurt Lewin à peu près dans le temps où W. F. Whyte menait son enquête par observation participante, chez les jeunes du quartier italien de Boston.

Au cours d'une longue carrière, qui s'est étendue sur un demi--siècle, Whyte a probablement consacré plus de temps à la recherche action avec observation participante qu'à l'observation participante comprise en un sens plus traditionnel, c'est à dire par l'immersion dans le milieu telle qu'il l'a pratiquée au début de sa carrière, (entre 1936 et 1940, parmi les jeunes du "coin de la rue". Mais comme son nom est resté attaché surtout à la publication de son grand livre des débuts, Street Corner Society, on oublie l'autre aspect de sa carrière. Mais s'agit--il d'un aspect vraiment différent? Ce n'est pas si sûr: dans le livre de 1985, Whyte rappelle qu'il est allé enquêter dans le quartier pauvre italien de Boston parce qu 'il était réformiste. Il voulait changer la société - comme d'ailleurs tous les pionniers de l'ethnographie sociologique dans les débuts de l'Ecole de Chicago.

Ce rapport entre l'ethnographie participante et la recherche-action constitue un problème peu étudié. Il n'est pas abordé, en général, dans les manuels de sociologie qualitative. C 'est pourtant un des problèmes fondamentaux du fieldwork aujourd'hui.

http://www.ai.univ--paris8.fr/corpus/lapassade/ethngr1.htm#2

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Projet de recherche effectué en lien avec un organisme communautaire. La démarche du groupe devrait favoriser la découverte des liens entre un problème, une politique, un programme et une pratique et fournir les éléments de méthode nécessaires pour contribuer au développement d'un projet collectif. Ce cours prend la forme de séminaires de recherche-action composés de petits groupes (12 étudiants ou étudiantes) animés par un professeur ou une professeure et engagés dans la conception et la réalisation d'un projet articulé autour d'une problématique.

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Les groupes dits de "recherche-action" peuvent se caractériser par quatre missions fondamentales :

* élaborer et expérimenter des méthodes innovantes en matière d'enseignement des mathématiques ;
* contribuer à la formation continuée des membres du groupe ;
* élaborer des propositions de formation autour des thématiques travaillées ;
* produire des documents pouvant constituer un apport pour l'enseignant, tant quant à son rapport à la discipline qu'il enseigne, que sur le terrain de sa pratique pédagogique.

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Ainsi, quatre grandes catégories de projet d'intervention peuvent être identifiés selon les objectifs poursuivis:

1. recherche--intervention: résoudre des problèmes d'intervention
2. recherche--développement: développer des outils d'intervention
3. recherche-action: mettre en place des changements ou des innovations
4. analyse--réflexive: perfectionner des habiletés professionnelles

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La recherche-action

D’après la monographie de Robert Mayer et Francine Ouellet :

Méthodologie de recherche pour les intervenants sociaux; Montréal, Gaëtan Morin éditeur, 537 pages; chapitre 2 “La recherche-action”, pages 101 à
153.

Le processus

1. Il s’agit d’une démarche de longue durée et non pas d’une intervention ponctuelle;
2. Elle est entreprise en collaboration avec des groupes réels, insérés dans un contexte, et non pas avec des groupes composés d’individus socialement isolés;
3. La finalité, les objectifs et les orientations de la recherche sont discutés et négociés par les participants;
4. La définition de la problématique et des objectifs de recherche n’est pas faite d’après des théories ou des hypothèses préalables (même si l’intervention est fondée sur la base d’un cadre théorique) qu’il s’agit de confirmer ou d’infirmer, mais dépend des nécessités d’une situation et d’une pratique sociale concrètes;
5. Les données recueillies au cours du travail n’ont pas de valeur ni de signification en soi; elles sont intéressantes seulement en tant qu’éléments d’un processus de changement social et, en ce sens, l’objet de la recherche-action est une situation sociale considérée dans un ensemble;
6. Le chercheur abandonne (provisoirement du moins) le rôle d’observateur extérieur qu’il s’attribue habituellement — donc l’attitude de distance sociale et physique qui le sépare des personnes constituant son objet de recherche — au profit d’une attitude participante, allant de l’observation empathique à l’interaction directe en vue d’une coopération réelle, et instaurant une relation de sujet à sujet entre lui et les autres partenaires (ce qui n’exclut pas la distance critique!).

La méthode

1. Il s’agit d’une démarche collective intégrant à la fois une stratégie de recherche et une stratégie d’action;
2. Elle est réalisée par une équipe multidisciplinaire au sein de laquelle les chercheurs et les acteurs sont engagés dans une relation non plus de sujet--objet de recherche mais de collaboration et de concertation;
3. Elle est centrée sur une situation concrète qui fait problème, insérée dans des rapports sociaux réels et liée à une action de changement social;
4. Elle vise à produire une meilleure connaissance des conditions et des résultats de l’action expérimentée pour en dégager des acquis susceptibles d’être généralisés;
5. Elle exige l’engagement intellectuel et affectif de chaque participant, une ouverture à la critique et à la remise en question, et la capacité de chacun de faire évoluer ses conceptions, sa pratique et ses rapports interpersonnels en fonction du développement de la recherche-action.

Les étapes

1. la phase préparatoire et l’établissement des rapports entre les participants;
2. l’énoncé d’un problème de recherche;
3. la planification d’un projet;
4. la réalisation du projet et la collecte des données;
5. la présentation et l’analyse des résultats;
6. la rédaction d’un rapport de recherche et sa diffusion;
7. l’évaluation et le retour à l’action.

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Reseau

Pour qu'un réseau fonctionne :

- intégrer la notion de qualité pour reconnaître ses missions, ses limites.
- garantir la prise de conscience par les partenaires de l'organisation du réseau et leur participation au fonctionnement.
- éliminer les problèmes de concurrence en les transformant en partenariat potentiel par la connaissance et la reconnaissance de l'autre.

Les outils du réseau, c'est :

- savoir sur quoi on envisage de travailler et comment ?
- être capable de mettre à plat les besoins et l'existant en terme de réponse dans un secteur donné (proximité géographique ou technique).

Le réseau fonctionne à travers une animation qui pourrait :

- faire vivre un centre ressource
- échanger des savoir-faire
- faire des formations communes interdisciplinaires
- proposer des évaluations diagnostic
- proposer de la recherche action dans le domaine de travail qui nous intéresse.

Et enfin pour que les réseaux ne soient pas que des vœux pieux, il faut que les institutions et leurs administrations donnent l'exemple en élaborant des textes en commun et en signant des conventions locales qui permettront aux acteurs sociaux d'intégrer ces nouvelles formes de pratiques professionnelles. Enfin et surtout, l'intéressé doit être acteur dans le projet qui s'éla--bore autour de lui et pour lui.

http://perso.wanadoo.fr/ance.org/hireseau.html

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Recherche-action :

Démarche de recherche qui s’est développée sur la base d’une contestation des formes " traditionnelles " de recherche, d’une critique de l’utilisation des sciences sociales comme instruments de domination, d’une volonté d’intégrer les résultats de la recherche dans l’action sociale.

La recherche-action se propose d’établir un nouveau rapport entre théorie et pratique (ne pas confondre avec la recherche appliquée). La recherche-action renvoie à un processus de connaissance orienté vers l’émancipation des chercheurs et des sujets (sont désignés par sujets les personnes ou groupes sur lesquels porte la recherche).

Elle implique que soit défini un but commun aux chercheurs et aux sujets. A ce propos, Kurt Lewin (Psychologie dynamique. Les relations humaines, 1931), le promoteur de la recherche-action, disait : " Le chercheur et les sujets de la recherche cheminent ensemble vers la connaissance ". Ainsi doit être abolie la relation sujet/objet entre les chercheurs et ceux qu’on appelle traditionnellement les objets de la recherche.

Une certaine empathie critique doit remplacer une méfiance généralisée, une compréhension dynamique et autonome doit réunir tous les partenaires. La recherche-action permet de limiter l’asymétrie entre les chercheurs et les sujets de la recherche ; elle peut même garantir aux sujets de la recherche un véritable contrôle de la problématisation, du processus de recherche et de la gestion des résultats.

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Compil réalisée à partir d’une recherche Internet