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Une psychanalyse n’est pas un acte médical
Prévalence de la parole.

Origine : http://www.effet-freudien.com/effetfreudien/psychanalystes/augustina/acte_medical.htm

Une psychanalyse n’est pas une psychothérapie. N’est pas un acte médical. Il n’est pas question de soin, de guérison, encore moins d’aide. C’est une initiation d’inspiration philosophique semblable au Zen. Une manière différente d’aborder la réalité et ses problèmes, où il s’agit pour un sujet singulier, de dénouer par la parole ce qui s’est noué par des mots. Ainsi vous trouvez dans le jargon des psychanalystes les mots identifications par exemple, de répétition du schéma familial, d’inhibition, d’angoisse… Ces symptômes, comme on les appelle, ne sont pas à ranger du côté du médical, du corps ou de l’esprit. Ces mots-maux ne sont que des mots qu’il s’agit d’entendre et de faire entendre à celui qui souffre. Sigmund Freud, Jacques Lacan et d’autres ont très bien mis en valeur la place du signifiant dans une « cure ». Toute la théorie de Lacan est basée sur le signifiant : Identification de signifiants etc…

Certains nomment cette pratique « thérapie » parce qu’ils ont pu constater au bout du compte que libérer ces mots libère aussi des maux du corps ou de l’esprit.

Le psychanalyste ne conseille pas, ne prescrit pas de médicaments, d’arrêt de maladie, ne fournit pas de feuille d’ordonnance, ne juge pas. Il reste bienveillant à l’écoute de celui qui parle de sa souffrance. Mais il s’agit d’écouter quoi au juste ? Des mots ou des maux qui se déplacent, se transforment… Et cette écoute bienveillante a des effets thérapeutiques non négligeables. Sa matière donc ses moyens ne sont que des mots. En quoi ce serait un acte médical.

Sigmund Freud, le premier, fondateur de la psychanalyse, lui-même médecin-neurologue, renonça purement et simplement à la médecine[1] pour ouvrir un champ spécifique qui deviendra la psychanalyse. A l’opposé de la psychiatrie classique, elle laisse parler le sujet de sa souffrance. Freud ainsi trouve l’objet de son investigation, de sa recherche, de sa trouvaille : l’inconscient en tant qu’organe de la parole.

Jacques Lacan (1901-1981), psychiatre, renonça à la psychiatrie pour se consacrer entièrement à l’analyse et à la continuité de l’œuvre de son fondateur. Ainsi, il a consolidé l’assise scientifique et éthique[2] de cette pratique, en la spécifiant en tant que discours à part entière et dont la formule inaugurale pourrait être : « L’inconscient est structuré comme un langage… »

Ce discours s’est tellement imposé par sa robustesse que des psychiatres, des psychologues, mais aussi des philosophes et d’autres les ont rejoints dans cette démarche.

On ne peut que constater que cette découverte est largement reconnue et diffusée bien au-delà des disciplines habituellement occupées aux soins psychiques. Quant à ses applications, justes ou erronées, elles sont largement sorties du cadre de la psychanalyse, ne serait ce que du fait des échanges universitaires. Ses théories ont souvent été couplées avec d’autres modèles, ceux comportementaux par exemple, sans que les psychanalystes ne cherchent un moyen d’en contrôler les méthodes de diffusion ou les résultats. C’est le cas de nombreuses psychothérapies d’inspiration psychanalytiques,

Ce qui n’empêche pas d’observer et de critiquer les implications des interprétations qui sont faites de la théorie.

D’autres pratiquent des « thérapies » dites analytiques sans avoir le même objet d’investigation : déterminisme darwinien/cerveau-machine contre inconscient-sujet. Ils n’utilisent pas les mêmes moyens : médicaments/modèles comportementaux contre parole.

Et très souvent ne passent pas par un travail analytique personnel.