Origine : http://www.cornu.eu.org/news/la-pensee-post-moderne
D’après « Dialogues sur la condition post-moderne
» Jean-François Lyotard avec Vincent Descombes, produit
par Roger Pillaudin - France Culture 18 décembre 1979
* Il y a eu des post-modernes à toute époque même
si c’est généralement après la modernité
* Légitimer par la narration : humanisme émancipateur
français et idéalisme allemand
* La fin des récits et le post-modernisme
* Quelle place pour la philosophie si elle n’est plus là
pour légitimer ?
Il y a eu des post-modernes à toute époque même
si c’est généralement après la modernité
Post moderne consiste à désigner et à repérer
quelque chose qui se passe après la modernité mais
parfois également avant ou pendant (par exemple Diderot avec
le « neveu de Rameau » ou « Jacques le fataliste
» sont a ses yeux post modernes). Les post-modernes sont post-romantiques
mais on pourrait trouver aussi des post modernes chez les grecs)
Légitimer par la narration : humanisme émancipateur
français et idéalisme allemand
Les hommes ont cherché à résoudre le problème
de la légitimation :« qu’est-ce qui permet de
dire qu’une action est juste ou qu’un exposé
est vrai »)
La solution a été trouvée à la fin
du XVIIIème siècle en France et en Allemagne dans
des édifices théoriques ou idéologiques :
* Le récit de l’humanisme émancipateur chez
les français (par exemple Condorcet)
* Le récit de l’idéalisme allemands (par exemple
avec Ficht, Schleiermacher, Hegel).
o L’idéalisme doit donner leur légitimité
à l’étude par l’université des
savoirs positifs.
o Les allemands pensaient que la philosophie était la faculté
qui servait à sauver les autres savoirs de la simple positivité,
c’est à dire de la stupidité.
o C’est dans cette faculté que les autres savoirs venaient
au savoir d’eux même, savoir sur le savoir c’est
à dire la spéculation.
Il n’y a qu’avec Marx que les deux courants sont réunis
mais dans les deux cas la légitimation nécessite un
parcours temporel (le temps est fondamental par exemple dans Hegel).
La légitimation s’est faite donc à travers quelque
chose qui ressemble à un « grand récit ».
Le romantisme est une version possible où ce différé
perpétuel du savoir et de l’expérience est perçu
comme quelque chose de connoté comme une perte (absence de
Dieu par exemple) et donc perçu comme une forme de nostalgie
ou de détresse.
La fin des récits et le post-modernisme
Mais il y a une puissance propre de la narration. Elle ne peut s’interpréter
que dans le rapport entre le narrateur, le narrataire (le personnage
dans une narration à qui on raconte le récit, l'équivalent
du narrateur), et le récit. On a donc bien d’autres
choses que le signifié (Voir aussi le discours chez Lacan)
Pour Jean-François Lyotard : Ces récits ne sont plus
crédibles. L’idée que « L’histoire
du savoir est l’accession de l’esprit à lui même
» a fait faillite avec les deux guerres mondiales et par la
suite, avec la subordination de la science à des fins de
pragmatiques de performance (quelle quantité d’énergie
dépensés par rapport à l’énergie
utile produite). On ne peut plus croire au récit idéaliste
allemand
« Ce qui s’use ce n’est pas tellement le récit
mais la faculté de légitimer qui avait été
assignée à ces récits »
D’un certain point de vue, le post moderne serait la satire,
c’est à dire la saturation de tous les genres.
Quelle place pour la philosophie si elle n’est plus là
pour légitimer ?
Le philosophe a utilisé malgré tout le récit
mais de façon mineure. A partir de la tradition française
et de la tradition post kantienne, le récit n’est plus
là.
« La philosophie est en train d’être totalement
déplacée par cette opération. Elle ne peut
plus apparaître comme l’endroit où l’esprit
vient à lui même dans la connaissance de ses activités
soit pratique soit de savoir. » … comme le lieu de la
légitimation (même si Hegel considère que ce
terme est à mépriser)
« La philosophie en tant que telle ne peut pas continuer,
ou alors on va lui faire jouer un rôle abominable, c’est
à dire le rôle que tel ou tel philosophe allemand pas
plus idiot qu’un autre a essayé de jouer pour donner
au nazisme le fondement qui lui manquait c’est à dire
un fabriquant des mythes ou du fascisme ».
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