CONSEILS :
Avant, pendant, après la manif : Reste en groupe, Ne reste
jamais seulE !
N'oublie pas d'avoir toujours sur toi: Carte d'identité
/ Titres de séjour / Carte téléphonique / Papier&Stylo
/ Lunettes (plutôt que verres de contacts) / Tes médicaments
si nécessaire
Laisse à quelqu’un ton nom, prénom et date
de naissance, et crie-le à quelqu’un en cas d'arrestation.
Écris-toi sur le bras le numéro de la Legal Team.
N'emmène pas d'appareil photo/caméra : Des équipes
se chargent déjà de couvrir la manif.
Évite de prendre ton téléphone plein de contacts
et de photos : Merci pour tes camarades !
Tout produits qui modifient le comportement (alcool, drogues…)
et couteaux ou toute arme par «destination» sont des
facteurs aggravants en cas d'arrestation bien sûr.
Emmène un foulard ou de quoi cacher ton visage tout au long
de la manif ou à proximité d'actions particulières
: Ce n'est pas formellement interdit en France.
Apprend à reconnaître les différents types
de flics, en uniforme ou non. Tu peux repérer ceux en civils
souvent groupés en début de manif un peu en retrait.
Les gardes mobiles de la gendarmerie ont le numéro de leur
unité dans le dos, du type 1A, 3B... .
Sache qu'un service spécial de la police (non pas des RG)
a été créé récemment pour infiltrer
les groupes de manière affinitaire.
N'oublie jamais que les flics en civil sont extrêmement nombreux
: Ne parle jamais de tes exploits en pleine rue, et évite
de prononcer des noms.
Ne donne pas d'autocollants ou de tracts de ton orga à n'importe
qui. Les flics n’ont pas le droit de te demander de retirer
un autocollant collé sur toi, idem pour un drapeau ou une
banderole.
En cas de gros mouvement, de répression violente ou autres
: Garde toujours ton sang-froid, prend le temps d'observer la situation,
et réagis vite.
Si la police tente de cibler unE manifestantE, arrêtez-vous
net et formez une chaîne humaine, restez solidaire : Ainsi,
beaucoup de répressions violentes ont pu être évitées,
et des blessés évacués
Protège les blessés, et essaye d'appeler la Medical
Team.
Si tu es arrêtéE : Reste calme et poliE, les flics
accusent très facilement du délit «d’outrage
et rébellion»...
1 LA LEGAL TEAM :
Si tu es arrêtéE, et misE en garde à vue, tu
ne pourras pas contacter la Legal Team, tu devras demander «
l'avocat commis d'office » de la Legal Team. Demande à
l'avocat s'il fait bien parti de la Legal Team : Sinon, dis-lui
que tu veux avoir un avocat de la Legal Team.
Durant ce contre-sommet, la plupart des avocats commis d'office
seront des avocats de la Legal Team, et seront en lien permanent
avec la Legal Team, alors il est très important que :
Si tu es témoin d'une arrestation, transmet au plus vite
à la Legal Team : Nom de la personne/Lieu/Nombre des interpellés/Type
de service de police/nombre des flics. Décris au mieux ce
qu'il s'est passé, n'hésite pas à le mettre
sur papier. Ce témoignage important n’est destiné
qu’à la Légal Team, dans le cas contraire, tu
le gardes soigneusement !
Si tu viens d'être relâchéE, préviens
rapidement la Legal Team et produit un témoignage le plus
précis possible.
LE CONTRÔLE D'IDENTITÉ / FOUILLE DE VÉHICULE
:
Lors du contrôle d'identité, tu as le droit de communiquer
avec les personnes autour de toi et de leur demander de prévenir
et d'être témoin, ou de téléphoner pour
prévenir tes proches «de ton retard».
Une «palpation de sécurité» peut être
pratiquée : C'est une simple recherche externe sur les vêtements
(pas de fouille, ni d'attouchement).
Les flics ont le droit de fouiller un véhicule (autre que
d'habitation). Le véhicule peut être immobilisé
30min.
Le Procès Verbal d’interpellation (PV) : Si tu as
été maltraitéE, fais le figurer sur le PV.
Ne signe que si tu es d’accord avec ce qui est écrit.
Sinon, rajoute ce qui manque et met un trait à la fin s’il
reste du blanc sur la page. Si tu n'es pas d'accord avec ce qui
est écrit : Ne signe pas ! Et dans tous les cas, demande
une copie du PV !
Si les flics ne sont pas «satisfaits» des papiers présentés,
ils peuvent t'emmener pour une «vérification d'identité»
LA VÉRIFICATION D'IDENTITÉ :
Elle ne peut pas durer plus de 4h à partir du début
du contrôle.
Dès le début de la vérification, les flics
doivent te proposer de prévenir la personne de ton choix;
et t'informer de ton droit à faire aviser le Procureur de
la République.
Ne dis rien d'autre que ton identité, tu n'as pas à
répondre à d'autres questions, réponds simplement
« Je n'ai rien à déclarer ».
Procès Verbal : Même conseils que pour le contrôle.
Ajoutes-y toujours toutes violences des flics durant le contrôle/le
transport/le passage au poste.
Si tu donnes une identité inexacte ou si tu refuses de donner
ton identité : Les flics peuvent prendre empreintes et photos.
Si tu refuses, cela peut te coûter 3 mois de prison et 3750€.
Après 4h soit tu es relâchéE, soit tu es misE
en garde à vue.
2 LA GARDE A VUE (GAV) :
Tu es misE en GAV s'il existe “une ou plusieurs raisons plausibles
de soupçonner que tu as commis ou tenté de commettre
une infraction”.
Cela permet de t'interroger, de t'empêcher de communiquer
avec d'autres, d'approfondir les éléments qu'ils possèdent
contre toi.
Durée : À partir du moment de l’interpellation
ou du début du contrôle d'identité, la GAV peut
durer 24 heures renouvelable 24h, elle peut aller ensuite jusqu'à
96h pour «bande organisée» et jusqu'à
144h pour «terrorisme».
Dès le début, tu dois avoir un interprète
si nécessaire, et être informéE de tes droits
: L'infraction reprochée, le droit de prévenir un
membre de ta famille, de contacter un avocat et de voir un médecin.
Demande à prévenir un proche. Seul le procureur peut
le refuser.
Dès la première heure, tu as le droit de voir un
médecin et un avocat, et de les revoir une seconde fois après
la 24ème heure si ta GAV est renouvelée. Il faut le
demander au flic présent.
IMPORTANT : Demande «l'avocat commis d'office» de la
Legal Team.
Après avoir donné ton état civil (nom, prénom,
date et lieu de naissance), tu as le droit de te taire ou de dire
juste «Je n'ai rien à déclarer». Parler,
même peu, est risqué et peut être préjudiciable
pour toi et pour les autres personnes que tu cites.
Nous te conseillons de ne pas répondre avant de voir ton
avocat.
La fouille à corps de la GAV implique une mise à
nue par un agent du même sexe. S'il y a plus d'investigations
corporelles, seul un médecin a le droit de le faire.
Le prélèvement ADN (frottement de l'intérieur
de la joue à l'aide d'un bâtonnet ou en crachant sur
un buvard) : Il ne peut pas être fait sans ton accord. Si
tu es arrêtéE simplement pour « outrage et rébellion
», les flics n'ont pas le droit de prélever ton ADN.
Refuser ce fichage est possible (voire conseillé !) mais
c'est un délit. Les flics peuvent quand même relever
l'ADN sur ce qui est «détaché du corps»
(mégot, cheveux...).Et tu seras quand même poursuivi.
Sache que refuser ce prélèvement est un acte militant
contre le fichage.
Pendant toute la GAV, essaye de garder la tête froide face
aux pressions physiques et psychologiques des flics : Brutalité,
menaces, intimidations, humiliations, copinage, etc.
A LA FIN DE LA GAV :
Si tu es libre : Pour le PV de fin de GAV, mêmes conseils
que pour le contrôle d’identité. Il valide les
conditions de la GAV selon les flics. Il est déconseillé
de le signer en cas de poursuite. Cela peut gêner ton avocat
pour ta défense.
Le procureur décide des suites à donner ou non. S'il
y a des suites, il peut décider soit :
- de poursuivre l'enquête : tu vas être présentéE
au juge d'instruction ;
- de te juger ultérieurement : tu recevras une convocation,
soit remise par un flic à la sortie de la GAV, soit plus
tard chez toi ;
- de te faire passer en comparution immédiate : tu vas être
emmenéE au tribunal.
Tu peux refuser la comparution immédiate : Préparer
sa défense avec son avocat est toujours préférable,
même si tu risques de la prison préventive. Parles-en
avec ton avocat.
Si tu as des faibles revenus, tu bénéficieras d'une
Aide Juridictionnelle totale. 3
POUR LES NON-EUROPÉENS :
Tu peux faire l'objet «d'une mesure de reconduite à
la frontière» et d'une rétention administrative
pendant 48h.
Tu peux faire un recours contre les deux décisions mais
tu restes pendant ce temps en rétention.
Tu as le droit de demander l’assistance d’un médecin,
d’un avocat, d'un interprète et de communiquer avec
ton consulat et avec une personne de ton choix : demande à
cette personne d'appeler la Legal Team, ou appelle-la toi-même.
La rétention administrative peut être prolongée,
par un juge, de 15 jours, renouvelable 1 fois. Tu as le droit de
faire appel contre la décision du juge de prolonger la durée
de rétention.
Demande à rencontrer la personne de permanence de la CIMADE
au plus vite : Cette association pourra t'aider, notamment à
contester la décision de reconduite à la frontière
et la rétention administrative.
Comme en GAV, tu dois être bien traitéE en rétention
: Ne subir aucune violence ni physique, ni morale.
EN CAS DE VIOLENCES POLICIÈRES :
Pense à prendre des photos de tes blessures, etc.
Garde tes habits tâchés de sang si c’est le
cas ;
Avec le médecin : (Si c'est aux urgence, ne dit rien sur
les faits !)
- Fait établir un certificat médical aussi détaillé
que possible,
- Demande toujours une Interruption temporaire de Travail (ITT)
même si tu ne travailles pas !
- Quand tu vois le médecin en GAV, n'hésite pas à
lui demander de faire un certificat précisant, si c'est le
cas, que tu ne présentes aucune blessure, ce qui servira
à prouver que tu as subi éventuellement des violences
policières après, au cours de ta GAV.
Tu peux porter plainte (c'est même conseillé !).
Contacte un groupe anti-répression luttant contre les violences
policières, contre le fichage, etc.
POUR PLUS DE DÉTAILS ET D'INFORMATIONS (SUR TOUS LES POINTS
PRÉCÉDENTS, SUR LES VIOLENCES POLICIÈRES, ETC.),
NOUS TE CONSEILLONS DE CONSULTER LE GUIDE JURIDIQUE DISPONIBLE
SUR LES INFOPOINTS ET SUR LE SITE DES LEGAL TEAM.
legalteam-strasbourg (at) effraie.org
Charte de la Legal Team Strasbourg mise en place lors du contre-sommet
de l'OTAN à Strasbourg en avril 2009
La Legal Team Strasbourg est mise en place à l'occasion
du contre-sommet de l'OTAN en avril 2009 à Strasbourg, et
est définie ainsi :
1 : La Legal Team Strasbourg ne se substitue pas à la justice,
et a pour objectif de faciliter une aide juridique à touTEs
les participant-e-s au contre-sommet face à la police et
à la justice des États.
2 : La Legal Team Strasbourg regroupe des militantes et militants
partageant les convictions liées à son objectif. Dans
ce sens, elle regroupe notamment des personnes de la coordination
anti-OTAN, du collectif anti-OTAN, d'autres structures ou d'aucune.
Elle est indépendante et n'est affiliée à aucune
organisation, à aucun parti ou aucune structure politique.
3 : La Legal Team Strasbourg ne se substituera pas aux collectifs
de soutien, de solidarité ou d'anti-répression qui
se mettront en place avant, pendant et après le contre-sommet.
4 : La Legal Team Strasbourg coopère et coordonne ses actions
avec la structure analogue sur le territoire allemand : La Legal
Team Freiburg.
5 : La Legal Team Strasbourg sera en lien et travaillera avec la
coordination d'avocat-e-s qui aura pour objectif de défendre
l'ensemble des personnes interpellées à l’occasion
du contre-sommet, dans les conditions définies à l'article
1 ci-dessus.
6 : La Legal Team Strasbourg gère un infopoint de conseil
juridique et une équipe de rue. Dans ce cadre, elle organisera
une plateforme téléphonique dans un endroit non public
avec un numéro de téléphone et une adresse
mail accessibles à toutes et à tous. L'information
sera donnée aux participant-e-s du contre sommet à
travers la plateforme téléphonique et l'infopoint.
Un maximum de langues y sera parlé afin de pouvoir s'adresser
à touTEs les interlocuteurs et interlocutrices.
7 : La Legal Team Strasbourg fournira régulièrement
les chiffres des arrestations connues, des inculpations ou des incarcérations.
Si nécessaire, elle publiera des communiqués rectificatifs
aux communiqués officiels. Elle se réserve la possibilité
de produire ses propres statistiques.
8 : La Legal Team Strasbourg sera en lien avec tous les acteurs-trices
du contre-sommet.
9 : La Legal Team Strasbourg ne fournira aucun nom sans que cette
personne n'en ait notifié le souhait à son avocat.
Elle pourra donner, avec l'accord des personnes concernées,
des informations à des collectifs de soutien ou d'anti-répression.
10 : La Legal Team Strasbourg ne peut revêtir qu'une forme
logistique et technique. Elle ne s'exprimera pas dans le débat
politique. De ce fait, les individus composant la Legal Team Strasbourg,
ne devront pas s'exprimer politiquement en tant que membre de la
Legal Team ou en son nom.
11 : La Legal Team Strasbourg n'établira aucune stratégie
de défense, il appartiendra donc aux individus, aux avocats
et aux collectifs anti-répression de la définir.
12 : La Legal Team Strasbourg commencera à fonctionner le
20 mars, afin de pallier à toutes les arrestations préventives,
et s'autodissoudra le 12 avril pour laisser pleinement place aux
collectifs de solidarité et à l'expression politique
que la répression méritera d'avoir. Toutes les informations
publiques seront alors à disposition des collectifs anti-répression.
La Legal Team s'engage à ne conserver aucune donnée
à caractère privé ou qui concerneraient des
procédures en cours d'instruction.
www.dissent.fr
www.otan2009.org
http://www.dissent.fr/node/169
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