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Date : 17 Avril 2004
Objet : Ni patrie ni frontières n° 8-9
Comment renforcer la solidarité avec la Palestine
en gagnant la sympathie des Juifs ?
O Havruta O Mituta Donne-moi l¹amitié ou donne-moi
la mort (Talmud Taanit, 23a)
Par Guy Izhak Austrian et Ella Goldman
(Même si je suis en désaccord avec ce texte sur certains
points, l¹essentiel est ailleurs. Les auteurs essaient, dans
leurs suggestions, de tenir compte de la mentalité et de
la sensibilité de leurs interlocuteurs, d¹avancer des
arguments, de proposer des attitudes pédagogiques, etc.,
démarche suffisamment rare dans la « gauche radicale
» antisioniste pour qu¹on la fasse connaître, surtout
sur une question qui provoque autant de polémiques acerbes,
calomniatrices ou destructives. Ce texte est extrait du N° 8-9
de Ni patrie ni frontières "Anarchistes et marxistes
face à la question juive et au sionisme" dont le sommaire
et une partie des textes se trouvent déjà sur le site
partagé mondialisme.org Y.C.)
De nombreux Juifs américains haïssent ce que l¹armée
et le gouvernement israéliens sont en train de faire, ils
soutiennent les droits des Palestiniens, ils veulent parler haut
et fort et agir. Ils ont hâte de se battre pour une cause
qu¹ils sentent très proche de leur judéité,
mais, au lieu d¹agir, ils éprouvent un certain malaise
en observant à distance le mouvement de solidarité
avec la Palestine. Certains y ont adhéré puis en sont
partis, comme cette Israélo-Américaine qui démissionna
d¹un comité rassemblant plusieurs médias alternatifs
après qu¹un militant, de retour de Palestine, l¹eut
regardée bien en face et lui eut lancé : « Je
ne veux pas t¹offenser mais les Israéliens sont vraiment
le peuple le plus répugnant que j¹aie jamais vu »
sans que les autres membres du collectif présents à
cette réunion fassent le moindre commentaire.
Nous sommes deux militants juifs, israélo-américains.
Nous militons à New York dans une organisation qui s¹appelle
JATO (Jews Against the Occupation, Les Juifs contre l¹occupation)
mais nous ne prétendons pas parler pas en son nom dans cet
article. JATO soutient le droit des Palestiniens à l¹autodétermination
ainsi que le droit au retour des réfugiés palestiniens
et veut que cesse l¹aide américaine à Israël.
Nous militons pour la Palestine parce que nous sommes scandalisés
et atterrés par les crimes contre l¹humanité
commis en notre nom.
Nous avons décidé d¹écrire cet article
parce que le mouvement de solidarité avec la Palestine en
Europe et aux États-Unis nous semble souvent maladroit par
rapport aux Juifs. Nos adversaires politiques utilisent toute attitude
insensible vis-à-vis des Juifs pour discréditer notre
mouvement et justifier la répression contre les Palestiniens.
Cependant notre mouvement a une chance historique, s¹il élabore
une vision progressiste, favorable à la libération
des Juifs, d¹accroître considérablement son influence
et ses effectifs, de réfuter ses critiques et d¹aider
à mettre un terme à la guerre contre les Palestiniens.
Il est indispensable d¹établir un lien entre la libération
des Juifs et celle des Palestiniens, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d¹abord, parce que l¹oppression antijuive ne nuit
pas seulement aux Juifs. À travers l¹histoire, de manière
régulière et prévisible, les préjugés
antisémites ont toujours été utilisés
pour briser la résistance des peuples à l¹oppression.
Durant les époques de stabilité relative, les élites
dirigeantes achètent le soutien de quelques Juifs en leur
offrant des privilèges matériels et des positions
publiques au pouvoir limité. La plupart des Juifs ne possèdent
ni richesses ni pouvoir politique, mais il suffit qu¹un petit
nombre d¹entre eux apparaissent comme la face visible d¹un
système oppressif, pour répandre l¹idée
fausse que les Juifs ne sont pas des êtres opprimés.
Certains militants d¹extrême gauche, qui pensent que
l¹oppression est uniquement un problème économique,
partagent cette illusion et n¹incluent pas les Juifs dans leurs
perspectives progressistes. Pendant ce temps, les élites
nourrissent subtilement des stéréotypes et des mythes
selon lesquels les Juifs contrôleraient le gouvernement, seraient
avides d¹argent et de pouvoir, etc. Lorsque le système
est menacé par une crise interne ou par la résistance
populaire, les préjugés antisémites font dévier
la colère et la violence des exploités loin des racines
du problème et les dirigent vers un groupe de boucs émissaires
: les Juifs. Chaque fois que nous réussissons à survivre
à une nouvelle explosion de persécutions, nous les
Juifs sommes tentés de coopérer à notre propre
oppression en acceptant une fois de plus les quelques privilèges
temporaires que peut nous rapporter une alliance illusoire avec
la classe dirigeante. Et en agissant ainsi nous nous isolons des
autres peuples opprimés.
Un locataire, par exemple, peut en venir à haïr son
propriétaire juif plutôt que de s¹attaquer aux
lois de la ville et de l¹État concernant le logement,
et plus généralement au système de la propriété
privée. Un exemple récent de cette dynamique nous
a été fourni lors de la Conférence mondiale
contre le racisme à Durban en 2001. Les États-Unis
ne voulaient pas y participer parce que tout leur système
économique est fondé sur le racisme et l¹impérialisme
que cette conférence entendait critiquer. Mais les représentants
nord-américains ont déclaré qu¹ils n¹assisteraient
pas à la conférence parce qu¹elle critiquerait
Israël. Cette manipulation a provoqué des manifestations
de haine antijuive à Durban, manifestations que les médias
ont à leur tour utilisées pour discréditer
cette conférence très importante, ce qui a nui à
la cause palestinienne et à la résistance contre l¹impérialisme
occidental.
La guerre contre les Palestiniens fonctionne suivant le même
schéma, à une échelle internationale, encore
plus extrême. Les puissances impérialistes ont aidé
financièrement un peuple traumatisé par l¹Holocauste
à coloniser le Moyen-Orient. Les Juifs israéliens
ont bénéficié de certains avantages matériels
et ont éprouvé un sentiment trompeur de sécurité
alors que ce sont surtout les intérêts des sociétés
américaines spécialisées dans le pétrole
et les ventes d¹armes qui sont en jeu. Israël n¹est
qu¹un petit pion de l¹impérialisme américain
à l¹échelle mondiale et l¹ « aide
» américaine à Israël ne représente
qu¹une petite part des dépenses militaires américaines.
Pendant ce temps, on accuse surtout Israël de manipuler les
idées antisémites traditionnelles. Les racistes propagent
le mythe que les Juifs contrôleraient le budget et l¹État
américains, ce qui détournerait des ressources importantes
au lieu de satisfaire les besoins de la population américaine.
Le gouvernement et les grands médias américains propagent
le racisme contre les Arabes et contre les autres peuples de couleur,
tout en exprimant une bruyante sollicitude vis-à-vis du sort
d¹Israël et en dénonçant les préjugés
antisémites. Ce déséquilibre nous rend, nous
les Juifs, extrêmement visibles et provoque la colère
d¹autres groupes opprimés, ce qui isole notre oppression
de la leur.
En l¹absence d¹une voix forte, progressiste et constante,
qui proteste contre leur oppression, de nombreux Juifs commettent
l¹erreur de lutter pour leur libération sans chercher
à avoir des alliés et sans se préoccuper d¹autres
oppressions. D¹un autre côté, les Juifs qui militent
dans des mouvements progressistes sont souvent sommés de
s¹assimiler, de « ne pas prendre trop de place »,
lorsque d¹autres luttes semblent beaucoup plus urgentes. En
réalité, les mouvements sociaux ont assez de place
pour lutter ensemble contre toutes les oppressions. Nous, les Juifs,
nous avons besoin d¹alliés progressistes qui luttent
avec nous, pour notre libération. Et lorsque nous luttons
en solidarité avec d¹autres groupes, nous avons besoin
que nos alliés nous encouragent à être fier
de nos identités juives.
Treize conseils aux non-Juifs
1. L¹antisémitisme est présent partout. Inutile
de prétendre que le mouvement de solidarité avec la
Palestine en est exempt. L¹antisémitisme avançant
souvent masqué, rejeter ce type d¹accusations ne fait
que les renforcer. Il est plus efficace d¹écouter patiemment
ces critiques, de les analyser, même si elles viennent de
la droite. Un Juif ne se sentira jamais rassuré si vous contentez
de lui affirmer : « Je ne suis pas antisémite. »
Dites plutôt : « Je sais que l¹antisémitisme
existe et je veux le combattre.
» 2. Lorsque quelqu¹un commence à tenir des propos
antisémites, coupez-lui la parole immédiatement. Lorsque
des non-Juifs s¹opposent à des attaques contre des Juifs,
comme par exemple une svastika sur un panneau dans une manif, ce
type de geste se grave dans notre tête et promeut la confiance
et la solidarité entre Juifs et non-Juifs.
3. Lorsque des Juifs essaient d¹exprimer comment ils vivent
l¹antisémitisme et l¹oppression sous des formes
qui paraissent plutôt invisibles aux non-Juifs, ne réagissez
de façon pontifiante. Ne nous expliquez pas que le concept
d¹antisémitisme évacue le racisme contre les
Arabes, ne nous infligez pas un grand discours sur la façon
dont le thème de l¹Holocauste est manipulé politiquement
et ne nous rappelez pas à chaque fois que nous n¹avons
pas été et ne sommes pas les seules victimes de la
guerre et de l¹oppression. Écoutez-nous lorsque nous
parlons de notre souffrance, sachez apprécier notre confiance.
Choisissez le bon moment et les termes appropriés pour exprimer
vos opinions sur les thèmes évoqués ci-dessus.
4. Soyons clairs, le conflit Israël/Palestine concerne et ne
concerne pas l¹Holocauste. Ceux qui prétendent que l¹Holocauste
n¹a rien à voir avec la Palestine sont souvent ceux
qui ensuite inscrivent des svastikas sur des pancartes anti-Sharon.
Personne n¹a vraiment dépassé ce traumatisme,
et c¹est pourquoi nous avons tous du mal à comprendre
le présent sans être envahis par le passé. Nous,
les Juifs, ne vous disons pas : « N¹en parlez pas »
mais plutôt : « Ne considérez pas l¹Holocauste
comme un problème d¹intérêt purement théorique
ou analytique. Et n¹insinuez pas que, depuis le temps, nous
aurions dû avoir dépassé ce traumatisme. »
5. Ne traitez pas les Juifs qui soutiennent le mouvement de libération
des Palestiniens comme de « bons Juifs ». Cette attitude
paternaliste implique que la culture juive serait globalement réactionnaire
et donne l¹impression que nous serions en train de trahir notre
peuple. Comme toutes les cultures, les cultures juives sont fascinantes
et complexes, et ne sont pas épargnées par toutes
sortes d¹idées irrationnelles qui découlent de
l¹oppression. Le mouvement de solidarité avec la Palestine
ne pourrait que se développer davantage s¹il montrait
du respect et de l¹attention pour les cultures juives. Les
Juifs ne sont pas automatiquement réactionnaires lorsqu¹ils
cherchent à trouver un sens à leurs langues, leurs
coutumes, leurs littératures, à l¹étoile
de David ou à d¹autres symboles. De plus, le fait d¹être
athée ou de critiquer la religion ne doit pas mener à
mépriser le judaïsme ; notre judéité est
justement l¹un des facteurs qui pousse nombre d¹entre
nous à combattre pour la justice.
6. En tant que militants pour la Palestine, nous critiquons souvent
la façon dont l¹État d¹Israël a utilisé
la judéité pour justifier son existence légale.
Mais c¹est une erreur de critiquer cette politique en niant
l¹existence d¹une identité juive. Certes les identités
juives combinent différentes cultures, ethnies, langues et
traditions religieuses, mais toutes ces identités sont légitimement
juives. Nous, les Juifs, nous avons le droit de sentir que nous
constituons un peuple et nous avons besoin d¹entendre nos alliés
nous dire qu¹ils souhaitent que la judéité puisse
s¹épanouir dans des sociétés multiculturelles,
démocratiques et justes.
7. N¹oubliez pas que la plupart des Juifs qui s¹opposent
à l¹occupation israélienne sont des sionistes,
c¹est-à-dire qu¹ils croient qu¹un État-nation
juif est essentiel à la sécurité et à
la survie des Juifs. Vous pouvez être en désaccord
avec eux (comme nous le sommes), mais votre critique du sionisme
sera bien plus efficace si vous montrez que vous comprenez pourquoi
le sionisme a un tel impact émotionnel pour les Juifs.
Par exemple, l¹expression « sionisme = racisme »
nous semble juste à nous militants pour la Palestine. Mais
cette formule simple implique que le seul motif des Juifs venus
habiter en Israël/Palestine aurait été d¹opprimer
les Palestiniens, alors qu¹en fait il s¹agissait pour
eux d¹une question de survie. Les survivants de l¹Holocauste,
ceux qui attendaient dans les camps de personnes déplacées
en 1945, ne connaissaient pas les lettres et les journaux personnels
des dirigeants sionistes, documents dans lesquels ils décrivaient
leurs intentions colonialistes en termes franchement racistes.
Lorsque nous critiquons le sionisme, nous devrions toujours offrir
une vision alternative et radicale de la libération juive,
dans laquelle les Juifs pourront vivre en paix, être traités
comme des citoyens normaux, dans tous les pays du monde.
8. Il est peut-être utile de rappeler que le mot « Israël
» n¹a pas été inventé par Theodor
Herzl à la fin du XIXe siècle. Israël, qui signifie
en hébreu « la lutte avec Dieu », est un mot
qu¹utilisent les Juifs pour se décrire eux-mêmes
depuis trois mille ans. Si nous critiquons les États-nations
et luttons pour mettre fin à l¹occupation, nous devons
comprendre que des mots comme « anti-Israël » ou
des autocollants « apartheid IS-REAL » (jeu de mots
en anglais sur « l¹apartheid est réel/ l¹apartheid
en Israël », NdT) sonnent comme une attaque personnelle
pour de nombreux Juifs. De plus, bien avant l¹apparition du
sionisme, le concept de la « terre d¹Israël »
a été un élément constant de notre conscience
à travers l¹histoire. Une approche réaliste de
l¹avenir de la Palestine doit tenir compte de la permanence
de cet élément dans le rapport des Juifs à
la terre d¹Israël, même si ce rapport ne peut être
exclusif.
9. Nous devons reconnaître que la gauche radicale israélienne
est un élément essentiel de notre mouvement, la soutenir
et lui demander son avis. Mépriser les Israéliens
ne conduit qu¹à l¹antisémitisme et à
des positions politiques néfastes.
10. Recueillez des informations sur la libération des Juifs
auprès de Juifs qui comprennent bien cette question. Un Juif
qui affirme que la libération des Juifs ne le concerne pas
ne devrait pas être invité dans le cadre d¹une
discussion sur Israël/Palestine pour servir de faire-valoir
aux partisans de la Palestine. Entraidez-vous mutuellement pour
acquérir des connaissances afin de devenir des alliés
dans le combat pour la libération des Juifs.
Organisez des discussions, des groupes de travail, des événements
culturels et écrivez des articles comme celui-ci. Ne laissez
pas les Juifs se transformer en spécialistes de ces questions.
11. Essayez de vous souvenir de tout ce que vous avez entendu dire
sur les Juifs. Analysez toutes les idées et les sentiments
décrivant de façon négative les attitudes des
Juifs vis-à-vis des non-Juifs. Faites-nous part de vos réflexions
pour que nous y réfléchissions ensemble, pas pour
vous défouler.
12. Chacun intériorise l¹oppression dont il est victime
: tout peuple opprimé en arrive à croire en des mensonges
sur sa propre histoire ; il reproduit même souvent des stéréotypes
négatifs et les renforce. Posez des questions aux Juifs qui
expriment leur colère ou leur mépris vis-à-vis
d¹autres Juifs. Encouragez-nous à être fiers d¹être
Juifs et de notre culture. Et si vous avez envie de faire l¹éloge
des qualités physiques ou morales des Juifs, surtout ne vous
gênez pas. Vous n¹en ferez jamais trop.
13. Rappelez-vous que les Juifs peuvent entendre toutes vos critiques
à propos d¹Israël s¹ils sont persuadés
que vous vous intéressez à eux et à leur sécurité.
Il ne suffit pas de veiller à ne pas dire n¹importe
quoi.
Essayez de faire sentir à vos interlocuteurs que vous vous
battez aussi pour la libération des Juifs.
Et deux conseils aux Juifs
1. Souvenez-vous que la libération des Juifs fait partie
des objectifs des mouvements progressistes. Vous tenir à
l¹écart ne fera que ralentir toutes les autres luttes
de libération. Alors sortez de votre anonymat et de votre
silence ! Et rappelez-vous que chacun a sa manière de vivre
sa judéité au grand jour. Rien n¹est «
trop juif » ou « pas assez juif ». Sachez que
vous êtes tous de bons Juifs.
2. Ne tombez pas dans le piège de l¹isolement. Ne limitez
pas vos discussions sur la libération des Juifs aux seuls
Juifs. Cherchez des alliés. Partez toujours de l¹hypothèse
que nos camarades non juifs veulent acquérir des connaissances
utiles pour agir dans la bonne direction et de façon efficace.
Et liez toujours votre combat pour la libération des Juifs
à celui de la libération des Palestiniens et à
la lutte pour mettre un terme à toutes les oppressions.
Chaque fois que nous exprimons notre intérêt pour les
communautés juives, nous militons contre notre oppression.
Le combat pour la libération des Juifs transformera et fera
avancer le mouvement pour la libération des Palestiniens,
d¹une façon incommensurable et que nous avons aujourd¹hui
du mal à imaginer.
Guy Izhak Austrian et Ella Goldman
Lectures conseillées :
* Michael Lerner, The Socialism of Fools: Anti-Semitism on the Left
(Le socialisme des imbéciles : l¹antisémitisme
dans la gauche)
* Elly Bulkin, Minnie Bruce Pratt, and Barbara Smith, Yours in Struggle:
Three Feminist Perspectives on Anti-Semitism and Racism (Trois analyses
féministes de l¹antisémitisme et du racisme)
Merci à Sara Marcus pour son aide, et merci à tous
ceux qui nous ont encouragé, fourni des informations et apporté
des critiques pour rédiger cet article.
Tous les textes sont également sur le site : http://www.mondialisme.org/rubrique.php3?id_rubrique=1
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