Origine :http://infokiosques.net/spip.php?article=253
LA MICROPUCE IMPLANTABLE À L’ÊTRE HUMAIN
(...)
1ÈRE PARTIE : APERÇU GÉNÉRAL
Technique et fonctionnement
La micropuce sous-cutanée, de la taille d’un grain
de riz, ou moins grande encore, est un outil pourvu d’une
application de la technologie électronique d’identification
par ondes radio.
La puce s’implante sous anesthésie locale au moyen
d’une seringue hypodermique, soit entre la peau et le muscle
triceps dans le haut du bras, soit sous la peau du revers de la
main. De la grosse aiguille biseautée se libère un
petit cylindre de verre ultra résistant contenant la micropuce.
En sortant de la seringue, le cylindre se couvre d’une substance
biocollante qui, à la fois l’isole du corps et le fait
adhérer au tissu local.
La micropuce sous-cutanée appliquée aux animaux n’est
que légèrement différente, voire identique,
à celle implantable à l’homme. On l’implante
dans les animaux domestiques, le bétail, les oiseaux migrateurs
et autres animaux, dans les zoos et en liberté dans la nature.
Cette puce est également désignée par le terme
“ transpondeur ” et il arrive que ce vocable soit utilisé
pour parler de la micropuce appliquée à l’homme.
La micropuce sous-cutanée contient un code numérique
accessible par fréquence radio et devient ainsi un support
d’identification infalsifiable. Lorsqu’une personne
passe près d’un lecteur (scanner), la puce passive
est activée et émet son numéro d’identification
de 3 fois 6, soit 18 chiffres, ou 16 selon le cas. Cette information
est alors utilisée en fonction de la programmation informatique,
de la nature de la base de données à laquelle le lecteur
est connecté.
La micropuce dite passive convertit le signal radio entrant venant
du lecteur en énergie pour produire son signal en retour.
La micropuce active est en plus capable d’émettre
son signal par elle-même, sans être sollicitée
pour le faire. Elle comporte un élément de production
énergétique électrothermique ou électromécanique
provoquée respectivement par des modifications de température
ou le mouvement musculaire.
Un des objectifs de cette technologie est de présenter un
système global d’identification pouvant rendre cartes
d’identité, de crédit, parmi bien d’autres
documents et supports, obsolètes.
La micropuce utilise donc cette technique invisible de la radio-identification,
souvent désignée par son signe anglais “ Rfid
” pour “ Radio Frequency Identification ”. Cette
même technologie est utilisée pour les étiquettes
électroniques dites “ intelligentes ” dont on
prévoit un emploi de plus en plus généralisé
pour les produits que nous consommons. Il conviendra d’y revenir
par la suite, car ces étiquettes, aussi couramment appelées
par leur vocable anglais “ smart tags ”, risquent bientôt,
tout comme la micropuce sous-cutanée, de contribuer à
un environnement hostile à la liberté de l’homme.
Fabricants, produits et applications
La micropuce passive
L’entreprise américaine “ VeriChip Corporation
”, filiale à 100 % de la société “
Applied Digital Solutions, Incorporation ” (Nasdaq : ADSX
de Palm Beach, Floride), apparaît comme un protagoniste sur
le marché des micropuces sous-cutanées. Le deuxième
élément du nom de son produit “ Verichip ”
est modulé en fonction de l’emploi de la micropuce.
Ainsi, “ VeriPay ” est-elle la puce “ VeriChip
” utilisée pour identifier son client et débiter
son compte, “ VeriKid ” vise la surveillance d’enfants,
“ VeriMed ” est cette même puce implantée
à des fins de surveillance et de production d’information
médicales. Sans doute peut-on s’attendre au lancement
sur le marché mondial d’autres “ Veri Xyz ”
visant l’utilisation de la “ VeriChip ” en d’autres
domaines.
La “ VeriChip ” fonctionne sur le même principe
que celui des micropuces sous-cutanées décrit ci-dessus.
Le système comprend donc ces deux éléments
de base : la puce et le lecteur (scanner). Le lecteur émet
un champ magnétique de basse fréquence au moyen de
son antenne. Lorsque le transpondeur (la puce) se trouve ou arrive
à proximité du scanner (environ 1 mètre), il
est activé et communique son numéro d’identification
qui est unique, infalsifiable, et ne peut être modifié
ou supprimé.
La puce équivaut à un document d’identité.
On pourrait ne plus avoir besoin de clés, de cartes d’accès,
d’horloges pointeuses, de mots de passe, de codes PIN, de
signatures, de passeports, ni de contrôleurs.
Le lecteur pourra être couplé à n’importe
quel appareil électronique et le numéro d’identification
suffira à déclencher l’ouverture d’une
porte, la mise en marche d’une machine, le contrôle
d’un titre de transport virtuel, la mise à jour d’un
registre d’entrée ou de présence, l’activation
d’un distributeur de billets, etc.
Si le nombre d’identification transmis par le lecteur correspond
à un numéro d’une banque de données,
la personne pucée pourra entrer dans un local ou une zone
sous contrôle de sécurité ; munis de lecteurs,
ils s’ouvriront au passage d’une personne implantée.
Un implant pourrait donc aussi servir d’élément
d’un système de localisation de personnes. Il suffirait
pour cela d’équiper les bâtiments et lieux publics
de lecteurs dans les portes, couloirs, ascenseurs, escaliers. On
pourra ainsi suivre en temps réel les personnes pucées
et garder en mémoire leurs itinéraires minutés.
Un programme “ VeriKid ” peut couvrir des mesures de
contrôle et de sécurité dans les écoles.
Il peut être complété par un système
impliquant toute une communauté et disposant de lecteurs
installés aux entrées et sorties de supermarchés,
gares de transport public, aéroports, bureaux de police et
d’autres endroits.
Dans le cadre d’un programme “ VeriMed ” déjà
opérationnel aux États-unis, des lecteurs dans des
services d’urgence d’hôpitaux (et ultérieurement
chez des médecins) sont connectés à Internet.
Par cette voie, la banque de données peut être consultée
qui accueille les dossiers médicaux de tous les porteurs
de l’implant. En un rien de temps, les médecins peuvent
voir s’afficher sur écran tous les antécédents
médicaux, allergies, maladies chroniques. Bientôt on
pourra ajouter à la “ VeriMed ” des biocapteurs
qui transmettront en continu la température du corps, la
tension artérielle, le taux d’oxygène et de
glucose dans le sang.
Un médecin, siégeant au conseil d’administration
d’un grand hôpital, se déclara persuadé
du succès du système, parce que les services d’urgence
pourront travailler plus vite, donc économiser de l’argent,
et que l’argument financier est déterminant.
“ Applied Digital Solutions ” a signé des accords
pour la commercialisation de ses puces en Europe, en Russie, en
nombre de pays d’Amérique centrale et du Sud, et d’Asie.
Elle estime que le potentiel du marché mondial des puces
dépasse la barre des 100 milliards de dollars. Un autre fabricant
de micropuces sous-cutanées, pour les êtres humains
comme pour les animaux, est la société britannique
“ Trovan Ltd ”, qui dispose d’un réseau
mondial de distributeurs :
http://www.trovan.com/products100ih.htm
et
http://www.trovan.com/contacts.htm
Leurs transpondeurs offrent des possibilités d’utilisation
sans doute identiques à celles de la “ VeriChip ”.
Leurs produits sont déjà utilisés par quelque
80 agences gouvernementales dans une vingtaine de pays et dans 300
zoos.
La puce commercialisée en Malaisie est produite
par une société du nom de “ Fec Incorporation
”.
Bien que les transpondeurs présentés ci-dessus ne
soient chargés que du seul numéro d’identification,
ils se prêtent déjà à une gamme d’applications
infinie. Toutefois, on peut s’attendre à ce que les
fabricants de puces lancent dans un avenir assez proche une gamme
de produits plus sophistiqués sur le marché. En particulier,
des puces pourront être dotées d’une capacité
de mémoire suffisante pour contenir un fichier, de sorte
qu’un recours du lecteur à une base de données
ne soit plus requis.
La micropuce active de la compagnie “ Applied Digital Solutions
” a présenté le prototype de la micropuce sous-cutanée
active “ Digital Angel ” pouvant être implantée
chez l’animal comme chez l’être humain. La mise
au point fonctionnelle de la puce et de ses systèmes associés
est prévue pour la fin de l’année 2005.
La “ Digital Angel ” est une puce miniaturisée
qui n’a plus que la taille d’un quart de grain de riz
; sa longueur est d’environ 3 millimètres. Implantée
dans le corps humain, le mouvement des muscles engendre l’énergie
électromagnétique voulue pour assurer le fonctionnement
de son récepteur émetteur pouvant constamment recevoir
et envoyer des données et instructions. En contact avec le
système GPS (Global Positioning Satellite), la puce, et donc
la personne pucée, pourra immédiatement et continuellement
être localisée.
Cette puce peut également être cachée dans
des effets personnels, des objets d’art de valeur, des ordinateurs
portables, des téléphones cellulaires. Elle peut être
activée par l’utilisateur ou par une quelconque station
d’observation et de repérage à distance. Elle
peut aussi servir en tant que “ moniteur médical ”
en surveillant certaines fonctions biologiques telles le rythme
cardiaque, par exemple, et elle pourra envoyer un message de détresse
à une station de surveillance lorsqu’une situation
d’urgence se développe.
Pareille puce présente un modèle d’identification
et de localisation infaillible des individus, dans le domaine du
réseau Internet et dans les transactions électroniques
financières. Elle pourra assurer la recherche et le sauvetage
de personnes, enfants inclus, qu’ils soient perdus ou pris
en otage. Elle pourra prendre en charge la surveillance et le pistage
de militaires, de diplomates, de biens de valeur. Le président
de “ Applied Digital Solutions, Inc. ” voit même
poindre à l’horizon l’application technologique
de la loi ( !).
Quelques cas concrets.
Marchés.
“ Solusat Medica ”, une division de la société
mexicaine “ Solusat ”, distributeur exclusif de “
VeriChip ” pour le pays, est une base de données médicales
à laquelle on a accès par Internet. Les hôpitaux,
services d’urgence et bureaux de police associés au
système ont accès à ces informations, tandis
que les personnes implantées peuvent consulter la base et
mettre leurs données à jour par Internet ou en appelant
le service clientèle. Afin d’assurer le caractère
confidentiel ( !) des informations, les entités associées
et les clients reçoivent un nom d’utilisateur et un
mot de passe. En quatre mois, plus de 500 Mexicains se sont fait
implanter et les services d’urgence des hôpitaux de
la Croix-Rouge de la ville de Mexico et de Guadalajara sont désormais
équipés de lecteurs “ VeriChip ”.
En Australie, le personnel de toutes les banques est implanté
d’office, et les militaires australiens et néo-zélandais
sont pucés.
En Europe, le Ministère italien de la Santé a marqué
son accord pour un essai de six mois d’utilisation de la puce
“ VeriMed ” dans les hôpitaux. L’étude
clinique est conçue pour observer la fonction technologique
de “ VeriMed ” pendant les soins fournis à des
patients dont les conditions médicales empêchent de
donner une information d’importance vitale au personnel médical.
L’essai a commencé à l’hôpital “
Institute Nazionale Lozzaro Spallanzani ” à Rome.
Le gouvernement italien se prépare également
à l’implantation de la puce chez ses employés.
En Suisse et en Russie, la “ VeriChip ” a commencé
à être vendue pour des applications d’identification
et de sécurité. Au printemps 2004, le “ Baja
Beach Club ”, un night-club très branché de
Barcelone a lancé l’emploi de la puce “ VeriPay
”. Le propriétaire de ce club privé souhaitait
disposer d’un procédé inédit pour identifier
ses membres VIP.
“ En fait, ” dit-il, “ presque tout le monde
a des perforations, des tatouages ou du silicone. Mes clients disposent
de la sorte d’un portefeuille électronique pour payer
leurs consommations. Ils apprécient le fait de ne pas devoir
porter des cartes d’identité et de crédit sur
eux, lesquelles ne pourront plus être perdues ou volées.
(On se demande toutefois quels problèmes pourraient surgir
lors d’un contrôle de police sur le chemin de retour
du Club ou en cas de crevaison d’un pneu si le service de
secours ne dispose pas de lecteur “ VeriChip ” !).
Le lancement de l’utilisation de la “ VeriPay ”
au “ Baja Beach Club ” de Barcelone avait été
bien couvert par les médias. Le patron du club et quelques
participants du programme télévisé espagnol
“ Big Brother ” s’étaient également
fait implanter à cette occasion. Ainsi pourrait-on avoir
lancé une mode de l’implantation pouvant inciter des
adolescents à s’y conformer.
On s’attend à ce que les “ Baja Beach ”
clubs de Rotterdam et de Cologne adoptent le système “
VeriPay ” avant la fin 2004. La puce sous-cutanée devient
un gadget à la mode !
Aux États-unis, “ Applied Digital Solutions ”
démarche intensivement diverses agences fédérales
pour vendre ses puces, notamment le FBI (Federal Bureau of Investigation),
la CIA (Central Intelligence Agency), le Pentagone (Ministère
de la Défense), le Département d’Etat (Ministère
des Affaires étrangères) et l’administration
pénitentiaire. Des fonctionnaires du service d’immigration
envisagent de rendre l’implant obligatoire pour les ressortissants
des pays dits de “ l’axe du mal ”.
L’armée américaine, qui étudie différents
systèmes d’identification électronique de ses
militaires, pourrait bien devenir son plus gros client. L’ensemble
des entités gouvernementales américaines fournit plus
de la moitié du chiffre d’affaires de la société.
Argumentation pour et contre
Le passage en revue ci-dessus des produits et de leurs marchés
s’est inévitablement accompagné de l’argumentaire
commercial où les mots-clés sont : identification,
sécurité, localisation. Ces termes se laissent ici
toutefois tout aussi bien traduire par contrôles de tout ordre,
repérer et traquer, incursions dans la vie privée,
privations de libertés, de même que chiffre d’affaires,
arguments financiers ; mais manquent dans cette liste : communications
humaines naturelles, en particulier entre personnel soignant et
patients, et, de manière générale, bien-être.
Le caractère même de l’implantation déplace
en fait toute évaluation de son usage immédiatement
et inévitablement au niveau de l’éthique qui
devrait dominer toute l’argumentation. Ne lit-on pas en termes
de pur cynisme ce commentaire d’un fabricant de transpondeurs
lorsqu’il “ relève ” que la micropuce sous-cutanée
équivaut à un document d’identité, toujours
disponible, ne pouvant être oublié, perdu, volé,
falsifié, prêté, ni échangé ?
Il en est bien sûr ainsi puisque, par l’implantation
même, homme et puce deviennent identiques, unité. (...)
Par ailleurs, ces systèmes à puces ne sont pas nécessairement
aussi sûrs que le vantent leurs fabricants, comme l’illustre,
par exemple, ce cas vécu d’une Mexicaine, enlevée
et détenue pendant plus d’un mois par des gangsters
et relâchée contre rançon. Elle n’avait
pas d’implant mais eut tout le mal du monde pour en convaincre
ses ravisseurs qui croyaient que la puce active à GPS était
déjà disponible. A supposer que la dame fut implantée,
les gangsters n’auraient pas hésité à
enlever la puce, et, se demande-t-on, d’après quel
procédé clinique ?
La marginalisation de ceux refusant l’implant se pointe aussitôt
à l’horizon, comme le démontrent ces propos
du directeur d’une société spécialisée
dans l’installation de systèmes de sécurité
: “ Un client vient de construire une villa de 7 500 m2 où
viendront travailler une centaine d’employés. En l’occurrence,
on peut concevoir un système d’accès basé
sur la puce. Selon sa fonction, chaque employé pourrait ouvrir
certaines portes, mais pas d’autres. Quelques-uns ne seront
sans doute pas d’accord pour se faire implanter, mais si c’est
une condition d’embauche, la plupart s’y résigneront.
” Adieu liberté, bonjour marginalisation !
2ÈME PARTIE : TECHNOLOGIE ÉVALUATION.
Le contexte technologique. Les Rfids
Afin de bien appréhender tous les aspects de la micropuce
sous-cutanée, il convient aussi de la situer dans son contexte
marqué par l’emploi de plus en plus généralisé
de la technologie invisible de la radio identification (Rfid : Radio
Frequency Identification).
Nous avons été amenés à nous habituer
aux code barres, à faire usage de clés électroniques,
pour la voiture notamment, à utiliser des micropuces pour
des applications si diverses qu’on ne leur prête plus
d’attention, tellement qu’elles sont devenues banales.
Rappelons néanmoins qu’on retrouve les puces également
dans des machines à calculer, les ordinateurs, des appareils
ménagers, les téléphones cellulaires (portables),
et en nombre d’autres outils au fonctionnement de plus en
plus automatisé. Et l’on retrouve encore les puces
sur nos cartes de banque, de crédit, de sécurité
sociale, et bientôt on risque de les voir apparaître
sur nos cartes d’identité et passeports.
Une application de la technologie Rfid qui échauffe les
esprits ces temps-ci est celle des étiquettes dites “
intelligentes ”, encore connues sous des vocables synonymes
tels que “ smart tags ”, “ radio tags ”,
“ transpondeurs ”, qui pourraient bien un jour équiper
la totalité des produits que nous consommons. Elles sont
généralement passives, à ce jour, ne disposant
pas d’énergie propre. Se trouvant dans le flux magnétique
d’un lecteur (scanner), elles émettent, selon des fréquences
radio bien définies, une simple suite (alpha) numérique
fixe qui sert d’identification à l’objet étiqueté.
Ces étiquettes passives présentent un fonctionnement
proche de celui des code barres. L’industrie est globalement
en train de migrer vers les tags Rfid.
Aux États-unis, les supermarchés Wal-Mart ont quasiment
sommé leurs 100 principaux fournisseurs d’être
compatibles Rfid à partir du 1er janvier 2005. Toutes leurs
palettes et tous leurs cartons devront être pourvus d’étiquettes
intelligentes. Le Ministère de la Défense américaine
exige de l’ensemble de ses fournisseurs qu’ils apposent
des étiquettes Rfid sur tous les produits livrés dès
janvier 2005.
Ces deux “ ultimatums ” ne représentent qu’une
petite partie de l’iceberg Rfid dont on découvre au
fil des semaines la partie immergée.
En Chine, un dispositif de suivi des transports de marchandises
par train a été déployé. Prés
de 17 000 locomotives sont équipées de tags Rfid actifs
et 500 000 wagons de tags passifs.
On comprend l’engouement du monde industriel et commercial
pour ces étiquettes dites intelligentes, car elles promettent
de réaliser une gestion optimale et automatisable des stocks.
Et on comprend tout autant l’enthousiasme des producteurs
de ces tags dont le marché est évalué à
trois milliards de dollars pour la seule année 2007. Mais
pour les associations de défense du consommateur, il pourrait
surtout s’agir de l’outil de surveillance ultime du
consommateur ou, pire encore, d’un système orwellien
de traçage des biens et des personnes fonctionnant à
notre insu.
Côté industriel, on insiste sur le fait que la technologie
en soi ne crée pas de nouveaux risques quant au respect de
la vie privée et que les arguments des opposants aux Rfid
se basent sur des scénarii de fiction. Les défenseurs
des libertés individuelles ont toutefois montré du
doigt quelques applications controversées.
Le cas des titres de transport “ Navigo ” en cours
d’utilisation généralisée dans le métro
parisien résume à lui seul tout l’intérêt
comme tout le danger potentiel de la technologie. L’usager
n’a pas le sentiment d’utiliser le dernier cri de la
technologie sans fil et ignore peut-être le terme même
de Rfid. Il se contente d’utilise une carte fonctionnelle
et pratique qu’il n’est même pas nécessaire
de sortir de sa poche pour voir s’ouvrir les portillons. Pour
l’exploitant du métro, le dispositif est un outil de
gestion fournissant des statistiques sur les heures d’affluence
dans les différentes gares notamment. Il n’en demeure
pas moins que le système peut être utilisé pour
surveiller en permanence les déplacements individuels de
chaque usager, ce qui n’a pas échappé à
la Commission Nationale (française) Informatique et Libertés.
(CNIL).
Quant aux produits de consommation et de biens commercialisés,
si dans l’état actuel des choses la puce n’émet
pas d’informations relatives à une personne, on peut
néanmoins imaginer que le croisement, au sein de banques
de données, d’identifiants de produits et de données
personnelles, pourrait servir de base à un puissant dispositif
de recoupement. Si les technologies de radio identification peuvent
être utiles pour des finalités légitimes bien
définies, le maillage dense de milliers d’objets qui
entourent une personne pourra néanmoins bien être analysé,
observe ladite Commission, et ce de manière permanente. En
effet, le potentiel de rayonnement d’un Rfid n’est pas
limité dans le temps, puisque aucune batterie n’est
nécessaire. Les Rfids permettent donc de profiler les individus.
Du fait de la dissémination massive des marquages Rfid -
bientôt on en produira par dizaines de milliards par an !
- du fait de la nature individuelle des identifiants de chaque objet
marqué, de leur caractère invisible et des risques
de profilage des individus, la CNIL considère que les Rfids
sont des identifiants au sens de la loi. (Le texte sur les Rfids
est dans une large mesure basé sur un texte signé
Cyril Fiévet de la “ Fondation Internet nouvelle génération
” (FING) et sur une note de la CNIL).
Histoire de la micropuce sous-cutanée
L’histoire de la micropuce implantée nous éclaire
sur certains de ses aspects techniques et sur des réactions
réciproques entre fabricants et société quant
à sa nature. Vers la fin des années 1960 on chercha
à réussir un pontage spinal afin de soigner une dame
dont la colonne vertébrale était endommagée.
Il fallait, entre autres, trouver une solution pour relier les nerfs
moteurs. Ce projet aboutit à la création d’une
micropuce qui se rechargeait de façon autonome grâce
aux changements de température du corps, lui donnant ainsi
une durée de vie pratiquement illimitée. Pour ce faire,
elle était pourvue d’un circuit de rechargement thermoélectrique
et d’une pile au lithium. Il fut toutefois signalé
que, si la puce venait à se briser dans le corps, cela provoquerait
une plaie grave, douloureuse et remplie de pus. On découvrit
aussi que les deux endroits du corps humain où la température
change le plus rapidement, favorisant le chargement de la pile,
sont le front, juste en dessous de la naissance des cheveux, et
le revers de la main.
La puce, résultat de recherches coûteuses, devait
rapporter de l’argent. On signala aux responsables du projet
qu’ils devaient trouer de nouvelles applications.
En 1997, un brevet fut accordé à un “ système
d’observation, de repérage et de recouvrement personnel
” consistant en un récepteur émetteur microscopique
pouvant être implanté chez les êtres humains.
En 1999, “ Applied Digital Solutions, Inc. ” acquiert
les droits attachés à ce brevet et baptise le système
“ Digital Angel ”. En présentant cette puce,
le patron de la compagnie déclare qu’elle sera notre
protecteur et que nous serons une sorte d’hybride entre nos
propres âmes et une intelligence électronique (...).
Ce patron fut toutefois trop optimiste. La puce implantée
sous la peau se heurta à une vive critique de la part de
différents groupes chrétiens et d’associations
de défense des droits du citoyen. Les groupes chrétiens
se référaient en particulier, du fait des 3 x 6 chiffres
composant le numéro d’identification de l’implant,
à l’Apocalypse de Saint Jean, aux passages 13 :4-5,
14 :9-12, 16 :2, 17, 18, et 20 :4 où il est notamment question
de la Bête qui oblige “ tous les hommes, gens du peuple
et grands personnages, riches ou pauvres, hommes libres et esclaves,
à se faire marquer d’un signe sur la main droite ou
sur le front. Et personne ne pouvait acheter ou vendre sans porter
ce signe : soit le nom de la Bête, soit le nombre correspondant
à son nom. C’est ici qu’il faut de la sagesse
: que celui qui a de l’intelligence déchiffre le nombre
de la Bête : car c’est un chiffre humain : c’est
666. ” Ce passage a par le passé été
interprété de diverses manières, mais jamais
un ensemble d’éléments avait paru si bien s’accorder
avec lui. Quoi qu’il en soit, les critiques des différents
groupes firent que “ Applied Digital Solutions ” se
vit obligée de déposer son projet dans un tiroir,
et la société prétendit ne jamais avoir envisagé
sérieusement de diffuser le produit. La puce fut toutefois
utilisée de façon atténuée, à
savoir sous forme de bracelet ou de chaîne au pied, pour des
enfants fugueurs, des prisonniers en liberté surveillée
et des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer.
Puis la tragédie des attentats du 11 septembre 2001 contre
les “ Twin Towers ” de New York et le Pentagone à
Washington changea les attitudes et finit par rendre la société
très réceptive aux mesures de sécurité.
On ne manqua pas, chez “ Applied Digital Solutions ”,
d’entrevoir les nouvelles opportunités d’utilisation
de la micropuce sous-cutanée. La puce “ VeriChip ”
vit bientôt le jour, cette fois cependant avec 16 chiffres
pour les codes d’identification, au lieu des 3 x 6, par égard
aux sensibilités des groupes chrétiens, suppose-t-on.
Toutefois, “ FN Manufacturing ” (Herstal, près
de Liège) en Caroline du Sud, étudie un système
à puce consistant à utiliser la “ VeriChip ”
pour déverrouiller les gâchettes des armes à
feu “ intelligentes ” (“ smart guns ”).
L’utilisateur de l’arme serait implanté au revers
de la main et le scanner incorporé à l’arme
ne réagira en faveur du déverrouillage que sur la
reconnaissance du numéro d’identification unique.
Évolution de l’environnement sécuritaire
Tout particulièrement à la suite des attentats de
2001 aux États-unis, des dispositions légales et des
mesures sécuritaires se sont profilé tant en Europe
qu’en Amérique ainsi qu’ailleurs, au point qu’il
y a lieu de craindre, sinon de constater, des atteintes aux Droits
de l’homme, à la vie privée, à la liberté.
Et la technologie est déjà disponible permettant aux
autorités de plus en plus avides de contrôles de faire
appliquer les mesures prises avec la plus grande sévérité.
Les fabricants disposent de l’équipement requis pour
l’exécution de ces contrôles et se sont constitué
des réseaux de distributeurs afin de pouvoir saisir les marchés
qui s’offrent sur tous les continents.
Aux États-unis, un ensemble de dispositions légales
connu sous le nom de “ Patriot Act ” permet au gouvernement
de suspendre des libertés garanties par la Constitution.
En France, la loi Perben s’est révélée,
au niveau du concept et des risques, comme une jumelle du Patriot
Act. Le Canada est en passe de suivre la même ornière.
La Belgique dispose de sa loi du 19 décembre 2003. D’autres
pays prennent des dispositions légales similaires. Toutes
ont en commun d’être des lois d’exception permanentes
constituant le terreau idéal pour des technologies telles
que la carte d’identité à puce, la biométrie,
la micropuce sous-cutanée.
En Grande-Bretagne, au passage de la douane, les animaux domestiques
doivent avoir été implantés. En France, l’obligation
d’implanter des puces aux animaux de ferme est en cours. Il
y a des projets de loi devant le Congrès américain
impliquant la permission d’injecter la micropuce aux enfants
dès leur naissance à des fins d’identification.
Un autre projet prévoit l’implantation obligatoire
des SDFs (sans domicile fixe) dans cinq Etats, dont New York et
la Californie. Au Mexique, le ministre de la Justice s’est
fait implanter, il fut suivi de 160 employés.
Il ne faut pas être paranoïaque pour imaginer la possibilité
de l’installation de systèmes de contrôle et
d’influence du style de “ Big Brother ” (‘1984’
de George Orwell). Les pouvoirs dans notre monde n’ont pas
arrêté de se centraliser et certaines orientations
d’action de responsables d’organisations importantes
font tout naturellement surgir des questions inquiétantes
sur leurs réelles intentions. Lors des recherches ayant conduit
à la production de la micropuce sous-cutanée, des
essais furent entrepris pour vérifier la possibilité
de modifier le comportement humain à l’aide de la micropuce.
On observa que celle-ci pouvait transmettre un signal stimulant
certaines parties du cerveau. Ainsi pouvait-on, par exemple, moduler
le taux d’adrénaline dans le sang, ce qui rendra une
personne plus ou moins anxieuse, agressive, etc. L’énergie
qui actionne un neurotransmetteur est transmise par des fréquences
radio. Par stimulation de structures cérébrales spécifiques,
des réactions émotionnelles et mentales peuvent être
provoquées, maintenues, modifiées, inhibées,
chez les animaux comme chez les hommes. L’utilisation de puces
sous-cutanées actives connectées au système
GPS ouvrirait des possibilités de contrôle effrayantes,
relevant encore dans l’esprit de la grande majorité
des gens, de façon bien compréhensible, du domaine
de la science-fiction, mais techniquement déjà réalisables.
Une puce existe aujourd’hui qui fusionne l’homme et
la machine. (Il s’agit de l’implant “ Cyborg 2.0
” ; “ Cyborg ” de “ cyb ”, abréviation
de “ cybernétique ”, du verbe grec “ kubernaô
”, gouverner, diriger, et “ org ”, abréviation
pour “ organisme ”). Elle est capable d’interférer
avec la substance bioélectrique qui est envoyée du
muscle au cerveau et inversement à travers les nerfs, ce
qui la rend capable d’influencer tout le système nerveux.
Cette puce peut transmettre l’information de notre influx
nerveux à un ordinateur et, d’autre pat, par la commande
d’un ordinateur, injecter un signal qui est reçu par
notre système nerveux.
Une puce à implantation cérébrale, la “
Stimoceiver ” du professeur José Delgado, a un potentiel
encore bien plus important. Comme chaque facette de l’esprit,
depuis les images mentales en passant par le sens moral, les souvenirs
communs, jusqu’aux actions de génie, a pu être
associée à une parcelle des liaisons neuronales fondamentales,
on imagine d’emblée le pouvoir de manipulation que
cela représente.
angelfire et delagado
Ce qu’il convient de bien réaliser, c’est que
la micropuce sous-cutanée présente un interface par
lequel une personne implantée s’expose à d’éventuelles
manipulations qui lui seraient inconnues. Les techniques requises
à cet effet existent déjà et l’imagination
pour s’en servir aussi delagado.
Progressivement, on s’habitue à un commerce social
de plus en plus automatisé et déshumanisé.
En Italie, il y a dès à présent des écoles
où les écoliers présentent un code-barres de
leur journal de classe à l’entrée. Leur arrivée
est ainsi enregistrée dans un système de contrôle
des présences. Au Japon, des élèves ont commencé
à porter des tags métalliques également utilisés
pour les chiens. Les supermarchés tentent d’habituer
leurs clients à des caisses sans personnel. Encore au Japon,
le fabricant de sacs Kyowa Corporation de Tokyo a commencé
à fabriquer des cartables pourvus d’une puce active.
En utilisant un système de sécurité actionné
par la firme Secom Company, les parents pourront dépister
leurs enfants sur un site web qui emploie les ondes de satellites
et de GSM (téléphones portables) pour indiquer exactement
où se trouve le cartable. Le fabricant espère vendre
quelque 10 000 cartables dans les six premiers mois.
Les promoteurs de la micropuce sous-cutanée, fabricants
comme diverses instances publiques et privées, ne manquent
pas d’encourager l’implantation. On la présente
comme un époustouflant prodige technologique, comme un progrès
qu’on ne saurait même pas arrêter. Et la puce
nous mènera à l’éradication du terrorisme
et des assassinats lâches et ignobles. Elle permettra de dégager
les prisons, de lutter contre le blanchiment d’argent, on
pourra rapidement retrouver l’enfant perdu, où qu’il
puisse se trouver, on finira par voyager sans papiers ni monnaie,
sujets aux pertes ou aux vols. La sécurité règnera
dans les gares, aéroports et autres lieux publics, dans les
écoles, les usines et les bureaux, chez soi. Les détracteurs
de la puce dramatisent et fantasment devant le progrès ;
n’est-ce pas dans la nature humaine d’être angoissé
devant les innovations et les changements ? On reliera les “
bienfaits ” de la micropuce à des événements
très graves qui ne se reproduiront plus grâce à
la puce. Et puis, la puce, c’est “ cool ” quoi
!
Les promoteurs de la puce ne mentionnent toutefois pas quels effets
peuvent avoir les ondes engendrées sur l’organisme
et le comportement. Quant à leur préoccupation pour
le respect de la vie privée, le commentaire d’un responsable
de l’un des fabricants est aussi franc que significatif :
“ Les bénéfices à en (de la puce) attendre
sont plus importants que les inquiétudes concernant la vie
privée. ” (...) De quel progrès est-il donc
question ici ?
Qu’on ne se fasse surtout pas d’illusions. Aucun régime,
quel qu’il soit, ne peut créer un monde sans risques.
Seule une société totalitaire réclamerait la
sûreté absolue comme idéal, parce qu’elle
exigerait le contrôle total de ses citoyens.
CONCLUSION
A titre de conclusion, les propos d’un philosophe nous paraissent
bien évoquer l’environnement dans lequel il y a lieu
de situer le spectre de la micropuce implantable, tandis que la
parabole d’un écrivain relève la nécessité
de l’urgente prise de conscience de l’évolution
des choses.
“ Les journaux ne laissent aucun doute : qui voudra désormais
se rendre aux États-unis avec un visa sera fiché et
devra laisser ses empreintes digitales en entrant dans le pays.
Personnellement, je n’ai aucune intention de me soumettre
à de telles procédures, et c’est pourquoi j’ai
annulé sans attendre le cours que je devais donner en mars
à l’université de New York.
“ Je voudrais expliquer ici la raison de ce refus, c’est-à-dire
pourquoi, malgré la sympathie qui me lie depuis de nombreuses
années à mes collègues américains ainsi
qu’à leurs étudiants, je considère que
cette décision est à la fois nécessaire et
sans appel et combien je tiendrais à ce qu’elle soit
partagée par d’autres intellectuels et d’autres
enseignants européens.
“ Il ne s’agit pas seulement d’une réaction
épidermique face à une procédure qui a été
longtemps imposée à des criminels et à des
accusés politiques. S’il ne s’agissait que de
cela, nous pourrions bien sûr accepter moralement de partager,
par solidarité, les conditions humiliantes auxquelles sont
soumis aujourd’hui tant d’êtres humains. L’essentiel
n’est pas là. Le problème excède les
limites de la sensibilité personnelle et concerne tout simplement
le statut juridico-politique (il serait peut-être plus simple
de dire bio- politique) des citoyens dans les États prétendus
démocratiques où nous vivons.
“ On essaie, depuis quelques années, de nous convaincre
d’accepter, comme dimensions humaines et normales de notre
existence, des pratiques de contrôle qui avaient toujours
été considérées comme exceptionnelles
et proprement inhumaines. Nul n’ignore ainsi que le contrôle
exercé par l’État sur les individus à
travers l’usage des dispositifs électroniques, comme
les cartes de crédit ou les téléphones portables,
a atteint des limites naguère insoupçonnables.
“ On ne saurait pourtant dépasser certains seuils
dans le contrôle et dans la manipulation des corps sans pénétrer
dans une nouvelle ère biopolitique, sans franchir un pas
de plus dans ce que Michel Foucault appelait une animalisation progressive
de l’homme mise en œuvre à travers les techniques
les plus sophistiquées. Le fichage électronique des
empreintes digitales et de la rétine, le tatouage sous-cutané
ainsi que d’autres pratiques du même genre sont des
éléments qui contribuent à définir ce
seuil. Les raisons de sécurité qui sont invoquées
pour les justifier ne doivent pas nous impressionner : elles ne
font rien à l’affaire. “ L’histoire nous
apprend combien les pratiques qui ont d’abord été
réservées aux étrangers se trouvent ensuite
appliquées à l’ensemble des citoyens.
“ Ce qui est en jeu ici n’es rien moins que la nouvelle
relation biopolitique normale entre les citoyens et l’État.
Cette relation n’a plus rien à voir avec la participation
libre et active de la sphère publique, mais concerne l’inscription
et le fichage de l’élément le plus privé
et le plus incommunicable de la subjectivité : je veux parler
de la vie biologique des corps. Aux dispositifs médiatiques
qui contrôlent et manipulent la parole publique correspondent
donc les dispositifs technologiques qui inscrivent et identifient
la vie nue : entre ces deux extrêmes d’une parole sans
corps et d’un corps sans parole, l’espace de ce que
nous appelions autrefois la politique est toujours plus réduit
et plus exigu.
“ Ainsi, en appliquant au citoyen, ou plutôt à
l’être humain comme tel, les techniques et les dispositifs
qu’ils avaient inventés pour les classes dangereuses,
les États, qui devraient constituer le lieu même de
la vie politique, ont fait de lui le suspect par excellence, au
point que c’est l’humanité elle-même qui
est devenue la classe dangereuse. “ Il y a quelques années,
j’avais écrit que le paradigme politique de l’Occident
n’était plus la cité, mais le camp de concentration,
et que nous étions passés d’Athènes à
Auschwitz. Il s’agissait évidemment d’une thèse
philosophique, et non pas d’un récit historique, car
on ne saurait confondre des phénomènes qu’il
convient au contraire de distinguer. Je voudrais suggérer
que le tatouage était sans doute apparu à Auschwitz
comme la manière la plus normale et la plus économique
de régler l’inscription et l’enregistrement des
déportés dans les camps de concentration.
Le tatouage biopolitique que nous imposent maintenant les États-unis
pour pénétrer sur leur territoire pourrait bien être
le signe avant-coureur de ce que l’on demanderait plus tard
d’accepter comme l’inscription normale de l’identité
du bon citoyen dans les mécanismes et les engrenages de l’État.
C’est pourquoi il faut s’y opposer. ”
Giorgio Agamben
Clôturons ce document avec une parabole légèrement
paraphrasée et abrégée de l’écrivain
et philosophe Olivier Clerc qui nous avertit du risque que peut
entraîner l’accoutumance au confort, à savoir
une faculté affaiblie de discerner les menaces planant sur
nos libertés et notre libre arbitre :
“ Un jour une grenouille finit par se retrouver dans une
grande marmite remplie d’eau commençant à chauffer.
Bientôt l’eau est tiède et la grenouille prend
plaisir à ce bain. Puis l’eau atteint une température
que n’apprécie plus tellement la grenouille qui, tout
en ressentant une certaine fatigue, ne s’affole pas pour autant.
La température continuant à monter, la grenouille
constate le désagrément que lui procure la situation
mais, affaiblie, elle la supporte sans réagir. Finalement,
la grenouille cuit et meurt sans avoir entrepris la moindre tentative
de s’extraire d’une situation peu enviable.
“ Si la même grenouille avait plongé dans l’eau
à une température de 50 degrés, elle aurait
immédiatement donné le coup de patte adéquat
qui l’aurait aussitôt éjectée de la marmite.
“ Un changement progressif, lent, risque d’échapper
à la conscience et de ne susciter aucune rébellion,
aucune opposition, aucune révolte. ”
La micropuce sous-cutanée implantable à l’homme
s’infiltre de façon plutôt insidieuse dans les
systèmes électroniques d’identification, d’information,
de contrôle de surveillance, tout particulièrement
dans le secteur médical où un réseau de distribution
de puces très dense a été établi. La
micropuce ne devrait pourtant jamais être implantée
à quelque être vivant que ce soit, et sous aucun prétexte.
Automne 2004
J.A.M.E.H. (Jamais Avec la Manipulation Électronique de
L’humain / France)
C.R.A.P. (Collectif de Résistance A la Puce / Belgique)
JAMEH et CRAP
P.S. Allez jeter un coup d’oeil au parler franc des industriels
de la puce en france en telechargeant le libre bleu de Gixel.
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