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Origine : http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=2588
Il était une fois un vieux pays républicain, qui
s’était donné un roi. Lequel, comme la grenouille
de la fable, voulait ressembler à un boeuf de belle taille.
Le bon La Fontaine, qui connaissait bien les hommes, ne manquait
pas de plaisanter en évoquant cette grenouille qui désirait
s’enfler : “Tout petit prince a des ambassadeurs
Tout marquis veut avoir des pages...”
Après avoir fait illusion durant neuf mois, le temps d’une
grossesse douloureuse, que reste-t-il du lointain successeur du
prince Louis-Napoléon Bonaparte ?
Sa police !
Si le corps électoral commence à regretter son élan
sarkosyste du mois de mai 2007, l’élu campe sur ses
positions, expliquant qu’il a été porté
à la magistrature suprême pour nous mettre en condition.
Comptant sur des forces de l’ordre à sa dévotion
pour nous faire marcher droit, et subir sans broncher sa volonté
de nous renvoyer au XIX ème siècle.
S’appuyant sur ses 150 000 policiers et ses 100 000 gendarmes
Sarkozy 1er a le pouvoir de faire peur, s’il ne peut nous
convaincre. Il a le pouvoir d’envoyer les CRS et les gendarmes
mobiles contre toute manifestation qui pourrait lui déplaire.
Il n’hésite jamais à faire détruire par
ses gendarmes les pauvres campements de ceux que l’on décrit
comme “gens du voyage”. Par l’entremise de son
ministre de l’Identité nationale, il lui est possible
de multiplier les expulsions de familles sans papiers, et les policiers
de la PAF excellent dans cette tâche.
Plus généralement, cette police a pour fonction de
faire peur, et ceux qui nous gouvernent savent bien que les hommes
sont faibles
. Ceux qui nous méprisent, à force de vouloir nous
dominer, connaissent le pouvoir de la crainte -la trouille de la
police a toujours été le moteur de bien des capitulations.
Celui qui a la frousse ne pense plus qu’à se protéger.
Il est même possible que les plus faibles se laissent aller
à montrer du doigt ceux des congénères qui
n’acceptent pas de baisser la tête. La France a déjà
connu de telles situations, en des temps qui ne sont pas tellement
lointains, mais il y a toujours eu des citoyens résolus se
refusant à accepter cette société policière
qui nous est de nouveau promise aujourd’hui.
Soyons en persuadés. Il n’y a pas de police républicaine
au vrai sens du terme, mais il y a toujours eu des citoyens cohérents,
bien décidés à ne pas laisser les képis
décider de leur avenir...
Maurice Rajsfus
- Récompense
Deux commissaires de police de Seine-Saint-Denis ont perçu
des primes de service dépassant les 20 000 euros, en 2007.
Leurs bons résultats auraient été ainsi récompensés.
Cette distribution des prix n’a pas fait spécialement
plaisir aux syndicats de policiers dont les mandants ne reçoivent,
parfois, que quelques deniers, en reconnaissance de leur triste
besogne. (D’après 20 Minutes, 18 février 2008)
- La haine de la police
Dans la nuit du 16 au 17 février, le futur commissariat
du 3ème arrondissement de Lyon a été l’objet
d’un incendie : quatre portes ayant été fracturées
et quatre foyers allumés à l’intérieur.
Ce bâtiment aurait dû être livré dans les
premiers jours d’avril aux cent policiers qui devaient s’y
installer. (Source, Métro, 18 février 2008)
- Besoin d’argent
Une policière du 5ème arrondissement de Paris a été
mise en examen, le 15 février, et placée sous contrôle
judiciaire, pour escroquerie. Elle est soupçonnée
d’avoir détourné, pendant plusieurs mois, des
numéros de cartes bancaires de personnes gardées à
vue dans son commissariat. Cette excellente gardienne de l’ordre
public avait de gros besoins d’argent pour payer ses consultations
de voyance sur internet. Les sommes détournées s’élèveraient
à 30 000 euros. (Source, 20 Minutes, 18 février 2008)
- Sémantique
L’opération conduite à Villiers-le-Bel, à
l’aube du 18 février, a permis de constater, une fois
de plus, que la plupart des reportages et commentaires sur cette
massive descente de police n’ont fait que reprendre le contenu
des communiqués émanant de sources policières.
Un indice, parmi d’autres : il n’est pas question de
jeunes arrêtés ou interpellés mais bien plutôt,
selon le jargon policier, “d’individus”. Dommage.
Nos journalistes ont sans doute oublié cette règle
de base : toute personne interpellée, ou même mise
en examen, est présumée innocente ! Dès lors,
qualifier ”d’individus” des personnes présumées
innocentes revient, en utilisant le vocabulaire des forces de l’ordre,
à désigner comme coupables ceux qui sont victimes
de la vindicte policière. L’Observatoire des libertés
publiques
- Légitime défense
Le 18 février, à Itteville (91), un “forcené”,
suivi depuis de nombreuses années pour des problèmes
psychiatriques, qui venait de frapper sa mère, et la blesser,
est abattu par un gendarme qui avait d’abord tenté
de le maîtriser à l’aide d’un taser. Faute
d’y être parvenu, le pandore, s’estimant en légitime
défense, face à un homme qui brandissait un couteau,
a tiré sur lui à plusieurs reprises avec son arme
de service. Dès le 19 février, le procureur de la
République de l’Essonne annonçait que le flingueur
était en situation de légitime défense. (Source,
20 Minutes, 19 et 20 février 2008)
Retours sur Villiers-le-Bel
Un garçon de la “barre” de la cité des
Cerisaies, arrêté à l’aube du 18 février,
puis relâché, faute de preuves, après trente
huit heures de garde-à-vue, raconte : “Tout le monde
dormait, à la maison. Il n’y a pas eu de coups de sonnette.
Ils ont directement attaqué la porte à coups de bélier
!” Et puis : “Une fois la porte enfoncée, c’était
l’anarchie dans notre appartement. Ils étaient une
quinzaine de policiers. Ils ont criés : tous couchés”.
Ensuite ? ”Ils m’ont menotté, mais ils ont aussi
menotté mon petit frère et mon père, âgé
de soixante ans.” (Source, Libération, 22 février
2008)
Pour parfaire leur descente, les policiers ont procédé
à l’arrestation du frère de l’une des
victimes de “l’accident” du 25 novembre 2007.
La famille du garçon a fait état d’une bousculade
causée par une trentaine de policiers qui auraient été
présent dans l’appartement. Selon la procureure de
Pontoise : “ça ne s’est pas bien passé,
le père s’est opposé, les femmes sont devenues
hystériques, une machette a été levée
sur un policier.” (Source, Le Monde, 20 février 2008)
- Toujours Villiers-le-Bel
Trois mois après “l’accident” mortel qui
a vu la mort de deux adolescents, à Villiers-le-Bel, l’enquête
patine toujours. Les parties civiles n’ont toujours pas été
entendues par le juge d’instruction. L’équipage
policier était-il en simple patrouille ou en intervention,
et à quelle allure circulait leur véhicule ? Comme
le font remarquer les avocats des familles, qui se sont portées
parties civiles, il y avait deux véhicules de policiers sur
le terrain : “L’un et l’autre ont répondu
à une réquisition du commissariat, ça devient
ipso facto une opération de police Judiciaire”, assurent-ils.
Ce qui contredit la version de la simple patrouille et de l’accident
fortuit. (Source, Le Monde, 20 février 2008)
- Code de la route
Le 22 février, dans le 17ème arrondissement de Paris,
la voiture conduite par une femme enceinte était heurtée
par un véhicule de police. Explication, le fourgon de police
était parti pour une intervention urgente, et faisait usage
de son gyrophare, comme de sa sirène, lors de la collision.
En clair, sûrs de leur bon droit, les policiers n’avaient
pas respecté le Code de la route... (D’après
Métro, 25 février 20ûS)
- Taser en rétention
Dans la nuit du 11 au 12 février, les “retenus”
du centre de rétention administrative de Vincennes ont subi
des violences de la part de leurs gardiens policiers. (Se reporter
à Que fait la police,numéro 18, mars 2008). De nouvelles
précisions sur les brutalités commises sur des hommes
dont le seul crime est d’être sans papiers, viennent
d’être révélées par la Ligue des
droits de l’homme.
Durant cette nuit, les policiers ont fait usage de leur taser, parfois
à bout portant !
Trois hommes auraient subi ces tirs, et l’un d’eux,
blessé dans le dos et à la face a dû être
hospitalisé durant deux jours. Selon l’IGS, qui enquête,
il n’y aurait eu qu’un seul tir... (Source, Libération,
25 février 2008)
- Alertez les bébés !
Le 12 février, à Paris, trois policiers sont venus
interpeller un garçon âgé de neuf ans, dans
l’enceinte même d’une école. Ce type de
descente de police, inédit, est intervenu à la suite
de la plainte d’une maman dont le fils avait été
frappé par le suspect. Le 22 février, un député
PS a annoncé qu’il allait saisir la Commission de déontologie
de la sécurité.
Question : quel article du Code de procédure pénale
permet de conduire au commissariat un gamin de neuf ans, et de le
placer en garde-à-vue ?
(D’après Le Monde, 26 février 2008)
- Lyon : les policiers auraient-ils menti ?
Le 12 février 2007, quatre adolescents de la banlieue lyonnaise
font une virée dans une voiture volée. Manque de chance,
le groupe est pris en chasse par un véhicule de police banalisé
de la BAC. Contrairement à leurs premières affirmations,
les policiers ne se tiennent pas à distance de sécurité
mais collent, presque roues dans roues à la voiture où
les jeunes se sont embarqués.
Des caméras de surveillance permettront de le vérifier.
D’après les images enregistrées, une autre voiture
de police, également banalisée, participe à
la poursuite. Ce qui devait arriver ne manque pas de se produire
: dans un virage à angle droit, la voiture des ados dérape
et fonce sur un mur. Il y aura deux morts et une jeune fille dans
le coma.
Un an plus tard, il apparaît que les policiers ont extorqué
un témoignage de complaisance au seul rescapé de l’accident,
lui faisant affirmer que lui et ses amis avaient bu et fumé
du cannabis. Manque de chance, il apparaît que ces jeunes
avaient un taux d’alcoolémie quasi-nul, et qu’il
n’y avait pas de traces de cannabis dans les analyses. Par
ailleurs, alors que la plainte déposée par les parents
des victimes n’a connu un début d’instruction
que six mois après l’accident, semble-t-il provoqué,
une procédure avait été rapidement ouverte
pour vol de voiture, recel et mise en danger de la vie d’autrui.
Quant aux avocats des familles endeuillées, ils attendent
toujours l’expertise des images enregistrées pour connaître
le nombre des voitures engagées dans la course poursuite
mortelle et leur vitesse. (Source, Libération, 26 février
2008)
- Encore Vincennes !
Suite aux incidents survenus dans la nuit du l1 au 12 février,
la préfecture de police avait ouvert les portes du centre
de rétention de Vincennes aux journalistes du Monde. Il s’agissait
évidemment d’une opération de communication
permettant de faire croire que ce lieu de non-droit était
digne du standing d’un hôtel 3 étoiles. Les “retenus”
qui ont pu s’exprimer n’ont fait que redire ce que l’on
sait déjà de leur triste condition de détention,
alors que leur seul crime est d’être démunis
du précieux permis de séjour. Tous rappellent “le
manque de la moindre des choses, la nourriture, les chambres sans
chauffage, pas d’eau chaude, l’hygiène, les provocations
des forces de l’ordre et, chose la plus importante, la privation
de liberté.” Tout aussi grave, les “retenus”
sont privés de stylos à bille, ce qui équivaut
à une quasi-interdiction d’écrire à leurs
proches. “On est comme en prison”, dit un Béninois,
en France depuis cinq ans, auquel un Congolais répond en
écho : “on se sent moins que rien...” Dans un
tel climat,les tentatives de suicides se multiplient : une dizaine
en une semaine, en janvier 2008. Ce à quoi le commandant
de police qui dirige les deux centres de rétention de Vincennes
répond benoîtement : “Je ne nie pas qu’il
y ait des problèmes...” (Source, Le Monde, 27 février
2008)
- Devoir de mémoire
Le 11 février, à Tours, une jeune femme congolaise,
en situation irrégulière, est interpellée en
compagnie de son fils, âgé de quinze mois. La mère
et le bambin passeront deux semaines au centre de rétention
de Rennes où ils ont été conduits, car il s’est
trouvé des policiers sans mémoire pour exécuter
cette mission. Le 28 février, la maman refuse de quitter
sa cellule. Il s’agit d’un délit d’entrave,
qui va la conduire, avec son fils, en garde à vue, puis devant
le tribunal correctionnel. Ce même jour, la jeune femme sera
pourtant libérée provisoire, avant la prochaine audience,
fixée au 17 avril 2008. « Situation problématique
», dit-on à la préfecture, où l’on
a peut-être appris que le petit garçon a perdu deux
kilos durant sa détention. Une certitude : la mère
et l’enfant ont peu de chance de rester en France. (Source,
Métro, 29 février 2008)
- Comptine
Décidément, nos correspondants sont incorrigibles.
L’un d’eux nous a fait parvenir cette gentille adaptation
d’une comptine du Limousin :
« Un deux trois
Gros bouts de bois
Quatre cinq six
Trop de police
Sept huit neuf
Où sont les bœufs ?
Dix onze douze
Dans la bouse ! »
- La mort au volant
Encore un contrôle routier mortel ! Dans la nuit du 29 février
au 1er mars, dans une grande artère de Colmar, un véhicule,
avec quatre jeunes à bord, est pris en chasse par des policiers
de la BAC. La course-poursuite, conduite à vive allure, s’engage.
Comme trop souvent, le conducteur, affolé, perd le contrôle
de sa voiture, grille plusieurs feux rouges, dérape, et percute
deux autres voitures. Comme d’habitude, la police n’est
pas coupable, et nul gardien de l’ordre public ne se soucie
qu’un simple délit de fuite ne mérite pas la
peine de mort, abolie depuis 1981. Il n’en reste pas moins
que deux garçons de moins de vingt ans ont laissé
leur vie dans cette corrida ! (D’après France Inter,
1er mars 2008)
- La haine
Les constantes interventions policières dans les cités
« sensibles » de la banlieue parisienne ne peuvent que
provoquer la haine et le ressentiment de jeunes vivant dans des
quartiers ghettoïsés. Le 2 mars, dans l’après-midi,
quatre policiers ont été blessés dans le quartier
de la Grande Borne, à Grigny 91), lors d’un affrontement
avec une trentaine de jeunes. Les autorités policières
évoquent un guet-apens, ce qui reste encore à prouver.
Toujours est-il que trois des policiers ont été atteints
au visage et aux jambes par des projectiles divers. Le quatrième
recevra une volée de plombs et devra être hospitalisé.
(D’après 20 Minutes, 3 mars 2008)
- Air-France : CRS à bord
Le 12 février, 400 policiers se lancent à l’assaut
d’un foyer de travailleurs immigrés, dans le 13ème
arrondissement de Paris. (Se reporter à Que fait la police
? numéro 18, mars 2009) Prétexte invoqué :
l’insalubrité des lieux nécessitant l’évacuation
des résidents. En fait, de nombreux sans papiers, qui logent
ici, sont interpellés et immédiatement placés
en centres de rétention. Objectif : l’expulsion rapide
de certains d’entre eux. Le 27 février, deux sans papiers
Maliens, arrêtés le 12 février, étaient
placés sur un vol Air-France Paris-Casablanca, mais des passagers
allaient empêcher momentanément ce mauvais coup.
Avant même l’embarquement, dès le contrôle
des passeports par les policiers, il était remis aux passagers
un papier leur intimant de ne pas se montrer solidaires des expulsés
présents à bord de l’appareil. Avec menaces
précises à la clé. C’est à dire
une peine de cinq ans de prison et une amende de 18.000 euros. Sans
doute pour délit de solidarité. Il était également
précisé, sur ce tract peu ordinaire, que l’outrage
envers les policiers et la rébellion, pouvaient également
être retenus comme délits graves contre les passagers
peu enclins à accepter cette atteinte aux droits de l’homme.
Sans oublier la « destruction » ou la « dégradation
» possibles d’un bien appartenant à autrui. Ce
qui est susceptible d’entraîner une peine de deux ans
de prison et une amende 30.000 euros.
Document signé par le directeur de la police de l’air
et des frontières (PAF) de Roissy.
Des passagers témoignent que, lors de leur entrée
dans l’avion, par l’avant, ils avaient entendu des cris,
à l’arrière. Certains passagers protestent,
mais sur un ton correct et calme. Le décollage est alors
retardé. Au bout d’une demi-heure, une équipe
de CRS pénètre dans l’appareil et, selon une
passagère, ils sont dix-sept, avec le bouclier et l’armement
habituel. Pour ne pas s’être déplacés
pour rien, les CRS commencent à arrêter quelques passagers,
de façon musclée, et menacent d’arrestation
ceux qui tenteraient de les filmer avec leur téléphone
portable. Les passagers sont choqués et certains font des
malaises. Dès lors, le commandant de bord fait évacuer
l’avion. Un peu plus tard, l’avion devait décoller,
sans les policiers, ni les deux Maliens, tandis que quatre passagers
avaient été arrêtés. A suivre. (Source,
Libération, 3 mars 2008)
- Raciste en uniforme
Le 4 mars, la cour d’appel de Versailles condamnait un policier
à deux ans de prison avec sursis et interdiction professionnelle
définitive. Ce brave défenseur de l’ordre public
s’était laissé aller à des violences,
accompagnées d’insultes racistes envers un journaliste
camerounais, lors d’un contrôle d’identité,
en juillet 2006. Déjà condamné, ce policier
se sentait injustement mis en cause, ce qui l’avait conduit
à faire appel d’un premier jugement. (D’après
Métro, 5 mars 2008)
- Légitime défense
Le 5 mars, à Demangelle (Haute-Saône), un gendarme
voulait procéder à l’interpellation d’un
Turc, à son domicile. Menacé d’une arme de poing
et se sentant en légitime défense, le gendarme dégainait
aussitôt, blessant gravement cet homme, aussitôt transporté
en hélicoptère à l’hôpital de Dijon
- son pronostic vital serait engagé de source médicale.
Question : a-t-on jamais appris aux gendarmes, comme aux policiers,
à tirer dans les jambes et non à la tête ou
au thorax ? (D’après Métro, 6 mars 2008)
- Sécurité, quand tu nous tiens...
Les officines sécuritaires n’étant pas suffisamment
nombreuses, un nouvel établissement public est sur les rails.
Sans doute pour rassurer les bons citoyens du pays profond, toujours
en quête d’un tuteur en uniforme. Il s’agit du
futur Conseil national de sécurité intérieure
et de défense, organisme souhaité par Nicolas Sarkozy.
Rien là que de très naturel nous fait-on savoir. Comme
les choses ne sont jamais tout à fait innocentes, particulièrement
en matière de sécurité, il apparaît que
cette nouvelle structure (dépendant directement de l’Elysée
et de Matignon) serait relayée par un Conseil supérieur
de la Formation et de la Recherche stratégique.
Il serait possible d’en rester là, mais l’on
apprend que l’actuel Observatoire de la délinquance,
présidé par l’incontournable Alain Bauer, quitterait
la tutelle du ministère de l’Intérieur pour
intégrer ce nouveau pôle et, de même, l’Institut
national des hautes études de la sécurité.
L’ensemble devenant un « Centre intellectuel et névralgique
de la pensée stratégique de sécurité
», mis en place aux fins de décèlement précoce
des « menaces les plus diverses. »
A cette fin, Alain Bauer, qui fut l’initiateur des contrats
locaux de sécurité, a remis un rapport au Président
de la République. Il y est envisagé d’ouvrir
grand les portes au secteur privé pour assurer « la
sécurité globale. »
- Danger de dérives les plus diverses ?
Evidemment.
C’est ainsi que l’un des membres de la commission préparatoire
au projet, par ailleurs directeur de recherche au CNRS, prévient
: « Une telle approche n’est pas nécessairement
neutre idéologiquement. Elle peut être révélatrice
d’une pensée catastrophiste, voire apocalyptique, qui
consiste à dramatiser l’insécurité...Pour
en arriver à militariser l’ensemble des questions de
sécurité ! »
Il fallait que cela fut dit par un spécialiste. (D’après
Le Monde, 7 mars 2008)
- Le Taser dans tous ses états.
Selon la direction générale de la gendarmerie, le
Taser a été utilisé « sans incidents
», à 105 reprises, en 2006 et 155 fois en 2007. D’après
cette même source, l’utilisation du Taser permettrait
de réduire de 15% l’usage des armes à feu.
Le Taser équipe actuellement 2626 gendarmes et 1100 policiers.
Selon un rapport d’Amnesty International, 220 personnes seraient
mortes aux USA après avoir été touchées
par un tir de Taser. Cette affirmation vaut à l’organisation
humanitaire d’être poursuivie en justice par Taser-France.
Innovation. La société Taser-France a effectué,
le 27 février, une démonstration de vol d’un
drone, équipé pour surveiller les quartiers «
sensibles ». Cet appareil automatisé étant équipé,
non seulement d’une caméra, mais également d’u
pistolet Taser.
Interrogé sur l’utilisation de cette arme, dite non-létale
le secrétaire général du syndicat de policiers
SGP-FO s’est contenté ;de répondre sobrement
: « De récentes interventions ont démontré
que le Taser n’était pas efficace à 100%. Le
premier risque est lié à ça...Je n’ai
aucun élément sur des utilisations excessives ou dangereuses
pour des suspects. » (Source, Métro, 11 mars 2008)
- Tout en muscles
Deux policiers de la BAC, en poste à Deauville, ont été
placés en garde à vue, le 9 mars, à Rouen.
Ces deux défenseurs de l’ordre public ont été
arrêtés suite à un dépôt de plainte
consécutif à une interpellation mouvementée
- et sans doute des plus brutales. (Source, Métro, 11 mars
2008)
- Performance
Suite à la descente de 400 policiers dans un foyer de travailleurs
immigrés, dans le 13ème arrondissement de Paris, le
12 février, il est de plus en plus évident qu’un
détournement de procédure devait permettre l’arrestation
et l’expulsion de plusieurs sans papiers. Après cette
opération, l’inquiétude règne. Ainsi,
la présidente du Collectif pour l’avenir des foyers
affirme que la préfecture de police de Paris et les RG mènent
depuis plusieurs mois une série d’enquêtes sur
la sécurité des bâtiments hébergeant
des travailleurs immigrés. Les policiers viennent fréquemment
dans ces foyers, et tentent de se faire ouvrir les portes, mais
ces visites n’ont pas pour finalité de s’assurer
de la sécurité des lieux, mais bien plus de préparer
de futures arrestations d’étrangers en situation irrégulière,
affirment les militants associatifs. (Source, Libération,
12 mars 2008)
- Encore le Taser
Le 11 mars, la société française qui importe
le pistolet à impulsion électrique a été
déboutée de son action contre Amnesty International,
accusé d’avoir « porté atteinte à
sa réputation. » (Source, Libération, 12 mars
2008)
- Commissaire aux comptes...
Ce n’est pas une première. Il est déjà
arrivé qu’un policier de haut rang soit pris la main
dans le pot de confiture. Cette fois, il s’agit d’un
commissaire de police parisien, placé en garde à vue
le 13 mars. Ce chef de la brigade des fraudes à la préfecture
de police de Paris avait utilisé le fichier STIC (Système
de traitement des infractions constatées) pour des motifs
n’ayant rien à voir avec les nécessités
du service. Accusé de corruption, l’honnête commissaire
aurait vendu des informations confidentielles, mais on ne sait pas
encore à quel prix. (Source, France 2, 14 mars 2008)
- Saut de l’ange !
Décidément, il n’est pas rare que l’on
tombe par la fenêtre dans un commissariat de police. C’est
ce qui est arrivé à Lille, le 13 mars. Un jeune homme
de vingt ans, accusé de viol, s’est précipité
du deuxième étage, après son interrogatoire,
alors qu’il s’apprêtait à signer le procès-verbal
d’audition. Il est grièvement blessé. Précision
: l’homme venait d’être libéré d
ses menottes et aurait profité d’une ouverture de 30
centimètres pour sauter dans le vide. (Source, Libération,
14 mars 2008)
- Commissaire aux comptes... (complément d’enquête)
Le 14 mars, le chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement
à la préfecture de police de Paris était déféré
devant un juge d’instruction. Motif ? « Violation du
secret professionnel » ainsi que « corruption active
et passive d’une personne dépositaire de l’autorité
publique. »
En fait, ce haut cadre de la police parisienne est poursuivi pour
n’avoir pas hésité à « toucher
». D’abord placé en garde à vue, en compagnie
de sa fille et de deux complices, ce commissaire était laissé
en liberté, sous contrôle judiciaire, contre l’avis
du parquet. Il s’avère que, lors des interrogatoires
conduits par les enquêteurs de l’IGS, ce « grand
flic » a reconnu une bonne partie des faits qui lui sont reprochés,
admettant avoir monnayé des informations confidentielles.
De janvier 2006 à juin 2007, ce policier, sans doute estimé
de ses chefs, a perçu plus de 20.000 euros, versés
directement sur son compte bancaire.
On apprend également que pour faciliter ses transactions,
ce commissaire intègre aurait utilisé le fichier STIC
(Système de traitement des infractions constatées)
de la police.
Pas contente, la ministre de l’Intérieur devait annoncer,
dans un communiqué, dès le 14 mars que, « devant
la gravité de la faute » et des « agissements
condamnables » révélés, elle sera «
toujours intransigeante avec les manquements au devoir, à
l’honneur et à la déontologie. » Pour
la police judiciaire, cette affaire est « douloureuse »,
et il est question de « faire le ménage » dans
l’institution policière. Sans être particulièrement
outrancier, il est possible de dire qu’il y a du boulot...
(D’après Le Monde, 17 mars 2008)
-Dans la bonne direction
A peine élu à Colombes (92), le nouveau maire socialiste
a annoncé, le 17 mars, que l’une de ses premières
mesures consisterait à désarmer la police municipale.
Exemple à suivre. (Source, 20 Minutes, 18 mars 2008)
Source : « QUE FAIT LA POLICE ? - Bulletin d’information
anti-autoritaire - Nouvelle série - numéro 18 - Mars
2008
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