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«Kyôki to shakai» («La folie et la société» ; trad R. Nakamura), Misuzu, décembre 1970, pp. 16-22. (Conférence donnée le 29 septembre 1970 à l'Institut franco-japonais de Kyoto.)
Dits Ecrits Tome II
Texte n° 83
Dans l'étude des systèmes de pensée en Occident, la démarche traditionnelle a consisté jusqu'ici à ne prêter attention qu'à des phénomènes positifs. Or, ces dernières années, en ethnologie, Lévi-Strauss a exploré une méthode qui permet de mettre au jour la structure négative dans toute société ou toute culture. Par exemple, il a démontré que, si l'inceste est interdit au sein d'une culture, cela ne relève pas de l'affirmation d'un certain type de valeurs. C'est qu'il y a là, pour ainsi dire, un échiquier de cases grises ou bleu clair, à peine perceptibles, qui définissent la modalité d'une culture : c'est la trame de ces cases que j'ai voulu appliquer à l'étude de l'histoire des systèmes de pensée. Pour moi, il s'agissait donc non pas de savoir ce qui est affirmé et valorisé dans une société ou dans un système de pensée, mais d'étudier ce qui est rejeté et exclu. Je me suis contenté d'utiliser une méthode de travail qui était déjà reconnue en ethnologie.
La folie a été, de tout temps, exclue. Or, durant ces cinquante dernières années, dans ce qu'on appelle les pays avancés, les ethnologues et les psychiatres comparatistes ont tenté, en premier lieu, de déterminer si la folie qu'on rencontrait dans leur pays, à savoir les troubles mentaux comme la névrose obsessionnelle, la paranoïa, la schizophrénie, existaient aussi dans les sociétés dites «primitives». Ils ont cherché à savoir, en second lieu, si ces sociétés primitives n'accordaient pas aux fous un statut différent de celui qu'on constatait dans leur pays. Alors que, dans leur société, les fous étaient exclus, les sociétés primitives ne leur reconnaissaient-elles pas une valeur positive ? Par exemple, les chamans en Sibérie ou en Amérique de Nord ne sont-ils pas des malades mentaux ? En troisième lieu, ils se sont demandé si certaines sociétés n'étaient pas malades elles-mêmes. Par exemple, Ruth Benedict a conclu que toute la tribu des Indiens Kwakiutl présentait un caractère paranoïaque.
Aujourd'hui je voudrais vous parler en suivant une démarche inverse par rapport à celle de ces chercheurs. Je voudrais premièrement examiner quel était le statut du fou dans les sociétés primitives, deuxièmement vérifier ce qu'il en est dans nos sociétés industrielles, troisièmement réfléchir sur la cause de la mutation qui s'est opérée au XIXe siècle, et enfin, à titre de conclusion, démontrer que la position dans laquelle se trouve le fou n'a pas fondamentalement changé dans la société moderne industrielle.
En gros, les domaines des activités humaines peuvent être divisés en ces quatre catégories :
- travail, ou production économique ;
- sexualité, famille, c'est-à-dire reproduction de la société ;
- langage, parole ;
- activités ludiques, comme jeux et fêtes.
Or, dans toutes les sociétés, il y a des personnes qui ont des comportements différents des autres, échappant aux règles communément définies dans ces quatre domaines, bref, ce qu'on appelle les individus marginaux. Dans la population ordinaire déjà, le rapport au travail varie selon le sexe et l'âge. Dans beaucoup de sociétés, les dirigeants politiques et les ecclésiastiques, s'il leur arrive de contrôler le travail des autres ou de servir d'intermédiaire avec la force surnaturelle, ne travaillent pas directement eux-mêmes et ne sont pas concernés par le circuit de la production.
Il y a aussi des personnes qui échappent au deuxième circuit de reproduction sociale. Les célibataires constituent un exemple et on en voit beaucoup, en particulier, chez les religieux. Par ailleurs, chez les Indiens d'Amérique du Nord, on sait qu'il existe des homosexuels et des travestis : il faut dire qu'ils occupent une position marginale dans la reproduction sociale.
En troisième lieu, dans le discours aussi, il y a des personnes qui échappent à la norme. Les paroles qu'elles emploient ont des sens différents. Dans le cas d'un prophète, des paroles qui recèlent un sens symbolique pourraient un jour révéler leur vérité cachée. Les mots qu'utilisent les poètes sont d'ordre esthétique et échappent également à la norme.
En quatrième lieu, dans toutes les sociétés, il y a des personnes exclues des jeux et des fêtes. Tantôt elles le sont parce qu'on les considère comme dangereuses, tantôt elles sont elles-mêmes l'objet d'une fête. Comme le bouc émissaire chez les Hébreux : il arrive que quelqu'un soit sacrifié en assumant le crime des autres ; pendant que la cérémonie de son exclusion a lieu, le peuple organise une fête.
Dans tous ces cas, ceux qui sont exclus diffèrent d'un domaine à l'autre, mais il arrive que la même personne soit exclue dans tous les domaines : c'est le fou. Dans toutes les sociétés ou presque, le fou est exclu en toute chose et, suivant les cas, il se voit accorder un statut religieux, magique, ludique ou pathologique.
Par exemple, dans une tribu primitive d'Australie, le fou est considéré comme un être redoutable pour la société, doté d'une force surnaturelle. D'autre part, certains fous deviennent des victimes de la société. En tout cas, ce sont des gens qui ont des comportements différents des autres, dans le travail, dans la famille, dans le discours et dans les jeux.
Ce que je voudrais maintenant évoquer est le fait que, de la même manière dans nos sociétés industrielles modernes, les fous sont exclus de la société ordinaire par un système d'exclusion isomorphe et se voient assigner un caractère marginal.
Premièrement, en ce qui concerne le travail, même de nos jours, le premier critère pour déterminer la folie chez un individu consiste à montrer que c'est un homme inapte au travail. Freud a dit avec justesse que le fou (il parlait principalement des névrosés) était une personne qui ne pouvait ni travailler ni aimer. Je reviendrai sur le verbe «aimer», mais, dans cette idée de Freud, il y a une profonde vérité historique. En Europe, au Moyen Âge, l'existence des fous était admise. Parfois, ils s'excitaient, devenaient instables ou se montraient paresseux, mais il leur était permis d'errer çà et là. Or, à partir du XVIIe siècle environ, la société industrielle s'est constituée et l'existence de telles personnes n'est plus tolérée. En réponse aux exigences de la société industrielle, on a créé presque simultanément en France et en Angleterre de grands établissements pour les interner. Ce n'était pas uniquement des fous qu'on y mettait, mais c'étaient aussi des chômeurs, des infirmes, des vieillards, tout ceux qui ne pouvaient pas travailler.
Selon le point de vue traditionnel des historiens, c'est à la fin du XVIIIe siècle, c'est-à-dire en 1793 en France, que Pinel a délivré les fous de leurs chaînes et c'est à peu près au même moment en Angleterre que Tuke, un quaker, a créé un hôpital psychiatrique. On considère que les fous étaient traités jusqu'alors de criminels et que Pinel et Tuke les ont qualifiés pour la première fois de malades. Mais je suis obligé de dire que ce point de vue est erroné. Premièrement il n'est pas vrai qu'avant la Révolution les fous aient été considérés comme des criminels. Deuxièmement, c'est un préjugé que de penser que les fous ont été libérés de leur statut antérieur.
Cette seconde idée constitue probablement un plus grand préjugé que la première, En général, tant dans la société primitive que dans la société moderne, tant au Moyen Âge qu'au XXe siècle, ce qu'on pourrait appeler un statut universel est accordé aux fous. La seule différence est que, du XVIIe siècle au XIXe siècle, le droit d'exiger l'internement d'un fou appartenait à la famille. C'était d'abord la famille qui excluait les fous. Or, à partir du XIXe siècle, cette prérogative familiale s'est perdue progressivement et a été concédée aux médecins. Pour faire interner un fou, on a exigé un certificat médical et, une fois interné, le fou s'est vu privé de toute responsabilité et de tout droit en tant que membre de la famille, il perdait même la citoyenneté, il était frappé d'interdiction. On pourrait dire que le droit l'a emporté sur la médecine pour doter les fous d'un statut marginal.
Deuxièmement, en ce qui concerne la sexualité et le système familial, il y a un fait à remarquer. Lorsqu'on consulte des documents européens jusqu'au début du XIXe siècle, les pratiques sexuelles comme la masturbation, l'homosexualité, la nymphomanie ne sont pas du tout traitées comme relevant de la psychiatrie. C'est à partir du début du XIXe siècle que ces anomalies sexuelles ont été identifiées à la folie et considérées comme des troubles manifestés par un être incapable de s'adapter à la famille bourgeoise européenne. À partir du moment où Beyle à décrit la paralysie progressive et démontré qu'elle était due à la syphilis, l'idée que la principale cause de la folie résidait en l'anomalie sexuelle s'est affermie. Lorsque Freud a considéré le trouble de la libido comme une cause ou une expression de la folie, cela a exercé le même type d'influence.
Troisièmement, le statut du fou par rapport au langage était curieux en Europe. D'un côté, la parole des fous était rejetée comme étant sans valeur et, de l'autre, elle n'était jamais complètement annihilée. On lui prêtait toujours une attention particulière.
Pour prendre un exemple, en premier lieu, du Moyen Âge à la fin de la Renaissance, dans la petite société des aristocrates, existaient des bouffons. On peut dire que le bouffon était, en quelque sorte, l'institutionnalisation de la parole de la folie. Sans rapport avec la morale et la politique, et, de plus, sous le couvert de l'irresponsabilité, il racontait sous forme symbolique la vérité que les hommes ordinaires ne pouvaient pas énoncer.
Pour prendre un second exemple, jusqu'au XIX siècle, la littérature était fortement institutionnalisée pour pouvoir étayer la morale de la société ou pour divertir les gens. Or, de nos jours, la parole de la littérature s'est totalement affranchie de tout cela et elle est devenue totalement anarchique. C'est-à-dire qu'il y a une curieuse affinité entre littérature et folie. Le langage littéraire n'est pas contraint aux règles du langage quotidien. Par exemple, il n'est pas soumis à la sévère règle de dire constamment la vérité, pas plus que celui qui raconte n'est assujetti à l'obligation de rester toujours sincère dans ce qu'il pense et ressent. Bref, à la différence de ceux de la politique ou des sciences, les mots de littérature occupent une position marginale par rapport au langage quotidien.
En ce qui concerne la littérature européenne, c'est au cours de ces trois périodes que le langage littéraire s'est fait particulièrement marginal.
1) Au XVIe siècle, il est alors devenu encore plus marginal qu'au Moyen Âge : les épopées et les romans chevaleresques étaient destructifs et contestataires par rapport à la société. C'est le cas de l'Éloge de la folie d'Érasme, de l'oeuvre du Tasse ou du théâtre élisabéthain. En France, il y a même une littérature de la folie qui est apparue. Le duc de Bouillon a même fait imprimer à ses frais le texte d'un fou, et les Français se plaisaient à le lire.
2) La deuxième époque va de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle. En tant que littérature de fous, on vit paraître les poésies de Hölderlin et de Blake, ainsi que l'oeuvre de Raymond Roussel. Ce dernier est entré dans un hôpital psychiatrique pour névrose obsessionnelle afin de recevoir les soins de l'éminent psychiatre Pierre Janet, mais il s'est finalement suicidé. Or qu'un auteur contemporain comme Robbe-Grillet ait eu Roussel comme point de départ, on le voit au simple fait qu'il lui dédie son premier livre *. Pour sa part, Antonin Artaud était schizophrène : c'est lui qui, après l'affaiblissement du surréalisme, a créé une percée dans le monde poétique en ouvrant de nouvelles perspectives. Par ailleurs, il suffirait de penser à Nietzsche et à Baudelaire pour affirmer qu'il faut imiter la folie ou devenir effectivement fou afin d'établir de nouveaux champs en littérature.
3) De nos jours, les gens font de plus en plus attention au rapport entre littérature et folie. En fin de compte, la folie et la littérature sont marginales par rapport au langage quotidien et elles cherchent le secret de la production littéraire générale dans un modèle qui est la folie,
* Robbe-Grillet (A.), Un régicide, Paris, Éd. de Minuit, 1949.
En dernier lieu, réfléchissons à la situation où se trouve le fou par rapport aux jeux dans une société industrielle. Dans le théâtre traditionnel européen -je suppose que c'est la même chose au Japon -, le fou a assumé un rôle central, du Moyen Âge au XVIIIe siècle. Le fou faisait rire les spectateurs. Car il voyait ce que les autres acteurs ne voyaient pas et révélait le dénouement de la trame avant eux. C'est-à-dire que c'est un être qui révèle la vérité avec brio. Le Roi Lear de Shakespeare est un bon exemple. Le roi Lear est une victime de son propre fantasme, mais en même temps c'est quelqu'un qui raconte la vérité. En d'autres termes, le fou dans le théâtre, c'est un personnage qui exprime avec son corps la vérité dont les autres acteurs et les spectateurs ne sont pas conscients, personnage à travers lequel la vérité apparaît.
Par ailleurs, au Moyen Âge, il y avait beaucoup de fêtes, mais, parmi elles, il y en avait une seule qui n'était pas religieuse. C'est ce qu'on appelle la fête de la Folie. Dans cette fête, les rôles sociaux et traditionnels étaient entièrement renversés : un pauvre jouait le rôle d'un riche, le faible celui d'un puissant. Les sexes étaient intervertis, les interdits sexuels annihilés. Le petit peuple avait, à l'occasion de cette fête, le droit de dire ce qu'il voulait à l'évêque ou au maire. En général, c'étaient des insultes... Bref, dans cette fête, toutes les institutions sociales, linguistiques, familiales étaient renversées et remises en question. Dans l'église, un profane célébrait la messe ; après quoi il amenait un âne dont le braiement était perçu comme une dérision des litanies de messe. En fin de compte, il s'agissait d'une contre-fête par rapport au dimanche, à Noël ou à Pâques, qui échappait au circuit habituel des fêtes ordinaires.
De nos jours, le sens politico-religieux des fêtes est perdu ; à la place, on a recours à l'alcool ou à la drogue comme à une méthode de contestation face à l'ordre social et on crée par là, en quelque sorte, une folie artificielle. C'est au fond une imitation de la folie et on peut considérer cela comme une tentative d'embraser la société en créant le même état que la folie.
Je ne suis absolument pas structuraliste. Le structuralisme n'est qu'une modalité d'analyse. Par exemple, comment les conditions dans lesquelles le fou se trouve ont-elles changé du Moyen Âge à nos jours ? Quelles étaient les conditions nécessaires à ce changement ? Je ne fais que recourir à la méthode structuraliste pour analyser tout cela,
Au Moyen Âge et à la Renaissance, il était permis aux fous d'exister au sein de la société. Ce qu'on appelle l'idiot du village ne se mariait pas, ne participait pas aux jeux, il était nourri et soutenu par les autres. Il errait de ville en ville, parfois il entrait dans l'armée, il se faisait marchand ambulant, mais, lorsqu'il devenait trop excité et dangereux, les autres construisaient une petite maison à l'extérieur de la ville où ils l'enfermaient provisoirement. La société arabe est toujours tolérante à l'égard des fous. Au XVIIe siècle, la société européenne est devenue intolérante à l'égard des fous. La cause en est, comme je l'ai dit, que la société industrielle commençait à se former. J'ai également raconté comment, dès avant 1650 jusqu'à 1750, dans des villes comme Hambourg, Lyon, Paris, des établissements de grande dimension ont été créés pour interner non seulement les fous, mais les vieillards, les malades, les chômeurs, les oisifs, les prostituées, tous ceux qui se trouvaient en dehors de l'ordre social. La société industrielle capitaliste ne pouvait tolérer l'existence de groupes de vagabonds. Sur un demi-million d'habitants que comptait la population parisienne, six mille ont été internés. Dans ces établissements, il n'y avait aucune intention thérapeutique, tous étaient assujettis aux travaux forcés. En 1665, la police a été réorganisée à Paris : c'est là qu'un échiquier de cases pour la formation sociale se constituait ; la police surveillait constamment les vagabonds internés,
L'ironie est que, dans les hôpitaux psychiatriques modernes, des traitements par le travail se pratiquent fréquemment. La logique qui sous-tend cette pratique est évidente. Si l'inaptitude au travail est le premier critère de la folie, il suffit qu'on apprenne à travailler dans l'hôpital pour guérir de la folie.
Or pourquoi la situation des fous a-t-elle changé de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle ? On dit que Pinel a délivré les fous en 1793, mais ceux qu'il a libérés n'étaient que des infirmes, des vieillards, des oisifs, des prostituées ; il a laissé les fous dans les établissements, Si cela s'est produit à cette époque, c'est qu'à partir du début du XIXe siècle la vitesse du développement industriel s'est accélérée, et que, en tant que premier principe du capitalisme, les hordes de chômeurs prolétaires étaient considérées comme une armée de réserve de la force du travail. Pour cette raison, ceux qui ne travaillaient pas, tout en étant capables de travailler, ont été sortis des établissements. Mais, là aussi, un second processus de sélection s'est opéré : non pas ceux qui ne voulaient pas travailler, mais ceux qui n'avaient pas la faculté de travailler, à savoir les fous, ont été laissés dans les établissements et on les a considérés comme des patients dont les troubles avaient des causes caractérielles ou psychologiques.
Ainsi, ce qui était jusqu'alors un établissement d'internement est devenu un hôpital psychiatrique, un organisme de traitement. Il s'est ensuivi une mise en place d'hôpitaux : 1) afin d'interner ceux qui n'avaient pas la faculté de travailler pour des raisons physiques ; 2) afin d'interner ceux qui ne pouvaient pas travailler pour des raisons non corporelles. Dès lors, les troubles mentaux étaient devenus l'objet de la médecine et une catégorie sociale appelée psychiatre était née.
Je ne cherche pas à nier la psychiatrie, mais cette médicalisation du fou s'est produite bien tard historiquement, et il ne me semble pas que ce résultat ait exercé une influence profonde sur le statut du fou. De plus, si cette médicalisation s'est produite, c'est, comme je l'ai dit tout à l'heure, pour des raisons essentiellement économiques et sociales : c'est ainsi que le fou a été identifié au malade mental et qu'une entité appelée maladie mentale a été découverte et développée. Les hôpitaux psychiatriques ont été créés comme quelque chose de symétrique par rapport aux hôpitaux pour les maladies physiques. On pourrait dire que le fou est un avatar de nos sociétés capitalistes, et il me semble que, au fond, le statut du fou ne varie nullement entre les sociétés primitives et les sociétés avancées. Cela ne fait que démontrer le primitivisme de nos sociétés.
En fin de compte, je voulais aujourd'hui montrer le caractère traumatisant que possèdent encore nos sociétés. Si de nos jours quelque chose a revalorisé un tant soit peu le statut du fou, ce serait l'apparition de la psychanalyse et des psychotropes. Mais cette percée n'a fait que commencer. Notre société exclut toujours les fous. Quant à savoir si c'est le cas seulement dans les sociétés capitalistes et ce qu'il en est dans les sociétés socialistes, ma connaissance sociologique n'est pas suffisante pour porter un jugement.
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