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Origine : http://www.psychasoc.com/article.php?ID=259
Les propos de Mr Cottraux me fatiguent... "la psychanalyse
n'est en rien démontrée" "et alors?"
ai-je envie de dire! Tout ce qui n'est pas démontré
ne compterait pas? Et que dire alors de toutes ces théories
pourtant bien démontrées qui se succèdent,
se contredisent, se marchent dessus, y compris concernant des sciences
dites "dures"? Il serait peut-être temps, à
la lumière des travaux d'Edgar Morin par exemple, de réinterroger
à grande échelle le statut de la "preuve scientifique"
et de travailler un peu sur l'épistémologie!
J'ai 43 ans, je suis éducatrice spécialisée
depuis quelques années et je veille à ne pas m'endormir
professionnellement, notamment en fréquentant un peu les
bancs de la fac de psycho (pour l'instant en Licence 3).Je trouve
que la place faite aux TCC dans les enseignements (dans cette fac-là
en tout cas) est scandaleusement disproportionnée. La plupart
des étudiants sont de naïfs "lapins de 6 semaines"
(c'est le cas de certains enseignants également) qui n'ont
encore jamais vu un patient potentiel à moins de dix mètres
et à qui l'on martèle que les TCC "ça
marche" et que la psychanalyse est une farce honteuse. Ces
gens- là sortent de la fac avec un titre ronflant de psychologue
et la tête pleine d'idées toutes faites, mais scientifiquement
prouvées (c'est la formule magique!). Les TTC et
autres recettes simplistes ne traitent pas les gens, elles effacent
ce qui fait tâche, d'où leur succès auprès
du grand public. Les émissions de J.L.Delarue, regorgent
de ces pauvres patients qui viennent raconter que grâce à
leur thérapie, ils ne s'arrachent plus les cheveux... ah,
oui par contre maintenant ils se mordent les mains, mais c'est une
autre histoire, ils sont effectivement guéris du trouble
pour lequel ils ont consulté en premier lieu.
L'an dernier, un enseignant behavioriste a demandé aux étudiants
trois fiches de lecture d'ouvrages sur les théories de Skinner
et consorts. Il en ressort, en gros, que les pratiques comportementalistes,
ça marche tant que rien ne vient l'empêcher et ça,
c'est très, très fort. En fait ces livres ne sont
que de pitoyables tentatives pour discréditer la psychanalyse.
La plupart de ces auteurs n'ont tellement rien à dire qu'ils
passent leur temps et leur énergie à parler de la
psychanalyse, comme ces gens bêtes et méchants qui
ne le savent pas et qui n'ont rien de mieux à faire que de
dire du mal du voisin qu'ils jalousent.
Si "les gens" pouvaient entendre ça, ces attaques
en seraient presque de la publicité gratuite pour la psychanalyse.
Pour ma part, c'est auprès de vrais gens en souffrance que
je travaille, au long cours, et l'approche psychanalytique est sans
conteste celle qui tient réellement compte de la subjectivité
des personnes et de l'intersubjectivité d'une relation éducative.
Je vous remercie pour vos articles, et pour votre attention.
Christelle Sermeus, Educatrice spécialisée en Picardie
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