Subject : Classes sociales et lesbiennes : Maddy
Date: 23 Août 2004
Je suis une lesbienne Noire qui travaille comme cantinière
dans une administration. En cette époque de chômage
et de restructuration sauvage du capitalisme qui nous sont imposés
par la société hétéro et les richards,
celà peut sembler aussi comme un privilège mais c'est
crevant quand même.
Effectivement, j'en ai connu pire, question racisme et aussi chômage.
La seule chose que j'espère, comme la plupart des lesbiennes
lorsqu'on décroche enfin un boulot, c'est que ça dure
en attendant de trouver mieux ...
Donc, prenons la balle, ou plutôt mon charriot au bon (Isabel,
souligne mon humour car les femmes, mes collègues prétendent
que cet humour nous sauve mais il faudrait quelles prennent conscience
de ce que c'est de jouer à l'hétéro et de faire
des mômes p. ex. aujourd'hui).
Disons que tous les jours je me rends compte de l'importance de
mon lesbianisme pour combattre les oppressions que je vis.
Et même si je suis obligée d'EXECUTER ces tâches
domestiques rémunérées (comment ?) il y a des
trucs qu'ilsont intérête à ne pas me demander
ni à m'importuner comme je vois faire avec d'autres collègues.
Ca barde tousles jours - celà dépend aussi beaucoup
des "chefs" car la hiérarchie est souvent à
nos guêtres. Ainsi, tu parviens à t'imposer et à
te faire respecter. Mais remarque que les mecs pédés
c'est pareil - j'en sais quelque chose et tout celà est loin
de s'arranger dans la société actuelle où les
gens deviennent de plus en plus réacs (lesbiennes résistons
!).
En ce qui concernent les classes sociales, je n'aime pas du tout
rappeler mon passé parce qu'il a suffi de le vivre, oui,
...et même de l'encaisser. Mais oui, tu continues à
tremballer toutes ces injustices au cours de ta vie et ce n'est
pas toujours le bonheur dans les relations là où tu
espères que ça ne rentrera pas en ligne de compte.
Par rapport au milieu lesbien en général, il y a
encore beaucoup à faire dans ce dmaine mais je crois que
c'est en train de changer petit à petit. (Hochements de têtes.
Par contre en boîte, tu entends parfois beaucoup trop de réfleexions
soit par rapport aux habits ou à un "manque d'éducation",
des filles qui se tiennent n'importe comment sans dignité
quoi ... et tu vois qu'on remet ce fait dans le prétexte
de la classe. Or, je trouve que ça n'a rien à voir.
(Assentiments). C'est comme vous disiez, plutôt manque de
conscience politique de notre lesbianisme.
Pour terminer en beauté (rires de goudous ...) j'ajouterais
que chaque fois que je peux, je m'informe, je participe à
des discusions que ce soit ici ou quandje suis en France, à
des préparations d'actions. C'est important que vous exitiez
et de continuer notre lutte.
J'aime beaucoup la poésie qe vous avez exprimée dan
le petit papier de bienvenue : "soyez des nôtres en étant
vous-même" parce que ça correspond bien à
ce que j'attends d'une communauté lesbienne et en plus, je
crois que c'est tout un programme politique qui devrait passer un
peu par là.
Maddy in "Les Lesbianaires" Centre de Documentation et
de Recherches sur le Lesbianisme Radical n°33, octobre 1993
[revue de Bruxelles dont mon pemier n° est le 6 de novembre
1982 et mon dernier le 39 de juillet 1996 j'vous en donne l'adresse
de l'époque ! :
Isabel Dargent, bp2024, 1OOO Bruxelles, Belgique
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