Origine : http://www.lentreprise.com/dossier/488.html
Ce texte vient du monde de l'entreprise. Il s'agit pour les cadres
de pouvoir gérer "les cas difficiles", y compris
certains patrons. Il n'est pas du tout question de remettre en cause
cette hiérarchie. L'emploi des euphémismes cache donc
l'oppression et l'exploitation.
Ceci dit, nous sommes tous et toutes confronté/es à
des difficultés relationnelles. On peut considérer que,
d'une certaine façon, ces conseils peuvent être parfois
utiles pour détendre l'atmosphère. Ceci n'évitera
pas les confrontations sur le plan humain et politique.
[Note du gestionnaire du site]
Gérer les emmerdeurs
Etienne Gless et Sebastien Pierrot - Dossier du 05/05/2004
Ils sont insupportables mais il faut les supporter. Comme collègues,
collaborateurs, clients, voire comme boss
Ces calamités ambulantes empoisonnent la vie quotidienne
de l'entreprise. Certains sont « bien gentils », d'autres
malintentionnés.
Casse-pieds, anxieux, boulets, paranos, colériques, bavards,
divas, narcissiques, obsessionnels ou autres individus problématiques
ont en commun une énorme difficulté à s'adapter
au milieu du travail et aux contraintes de la vie en collectivité.
Ils génèrent par leur comportement une baisse de la
performance et des résultats. « Quand un psychopathe
sévit dans une organisation, le management peut consacrer
un temps fou à gérer le quotidien », dit Madeleine
Karli. Médecin-conseil, elle a vu passer en vingt-cinq ans
de carrière quantité d'individus toxiques pour leur
entourage, et encore plus de victimes de ces individus. «
Quand des personnalités problématiques sévissent,
on ne gère que le présent et on passe sa vie à
arbitrer les conflits ou à gérer les problèmes
personnels ou relationnels. Finies les bonnes idées, la créativité
! Les gens se désinvestissent et ne font plus que le minimum...
» Le climat de travail devient lourd, l'ambiance se dégrade
et la productivité baisse. La spirale infernale est enclenchée.
Encadrer un employé problématique
par Etienne Gless et Sebastien Pierrot
mis en ligne le 05/05/2004
n° 222 mai 2004
Les casse-pieds sont partout. Même vos subordonnés
vous collent des bâtons dans les roues. Qu'ils visent votre
place, vous dérangent sans cesse ou démoralisent les
troupes, pas question de faire l'autruche. Soyez ferme et réagissez
!
1. S'IL EST DU GENRE DÉPRESSIF ET DÉPRIMANT
« Toujours malade et geignard, le dépressif n'a pas
son pareil pour pourrir l'ambiance du bureau », remarque Claire
Lapeyssonnie, cofondatrice du cabinet de coaching Ingeniors (à
Lyon). Victime de tout et de tous, il est incapable de la moindre
pensée positive.
- Décodage : « Il faut absolument comprendre pourquoi
il est si mal dans son job ou lui conseiller de se faire soigner
à l'extérieur si la pathologie est avérée
», poursuit Claire Lapeyssonnie. L'entreprise n'a pas pour
mission de soigner ni de s'immiscer dans les difficultés
personnelles des salariés.
- Mode d'emploi
Optez pour une approche directe du problème : « Etre
franc avec un dépressif ou lui demander des améliorations
peut le conduire à entrevoir lui-même des pistes pour
modifier son comportement. » En outre, un supplément
de motivation n'est jamais superflu.
2. SI SES DENTS RAYENT LE PARQUET
« La vie de bureau vire parfois à la guerre. »
En disant cela, Christine Marsan, coach, pense entre autres à
l'une de ses clientes. Enarque et directrice dans l'administration,
celle-ci se retrouve un jour aux prises avec un sous-chef également
énarque, misogyne et sournois, qui était placé
sous sa responsabilité mais lorgnait sa place. « Sans
arrêt, il lançait des piques, remettait en question
ce que sa supérieure disait et la dénigrait auprès
de ses collègues. J'ai suggéré à ma
cliente de ne surtout pas tenter de l'affronter en public. L'ambitieux
n'attendait que cela, ayant depuis longtemps préparé
ses arguments pour la ridiculiser. »
- Décodage : « Le cas des collaborateurs en compétition
avec leur supérieur est très répandu, assure
Christine Marsan. Plus on monte dans la hiérarchie et plus
c'est flagrant. » Brillants et ambitieux, ces rivaux sont
d'autant plus dangereux qu'ils agissent en douce.
- Mode d'emploi
Pour empêcher l'ennemi de prendre trop d'influence sur le
groupe, il faut connaître et compter ses alliés. Et
chercher à l'isoler en lui proposant par exemple des projets
sur lesquels il planchera seul.
3. S'IL EST DU GENRE DÉPENDANT ET ENVAHISSANT
Une tête apparaît dans l'encadrement de la porte :
« Avez-vous deux minutes à m'accorder ? » Et
hop, votre collaborateur s'incruste à nouveau dans votre
bureau. Etant doté de moins de deux grammes d'autonomie,
il est incapable d'indépendance. Et sollicite votre avis
en toute occasion et sous les prétextes les plus futiles.
Il vous raconte ses états d'âme, détaille ses
petits problèmes quotidiens et teste vos réactions
face à ses moindres petits projets. « Et vous, qu'est-ce
que vous en pensez ? » est son refrain quotidien. Il vous
prend vraiment pour son père. Ou sa mère.
- Décodage : cet indécis de type immature éprouve
les plus grandes difficultés à assumer des décisions.
Soit parce qu'il n'est pas sûr de lui, se sent infériorisé
et doute de ses compétences, soit parce qu'il a peur de déplaire,
soit par facilité, parce qu'on l'a infantilisé et
que cela lui convient. Bref, il pose plus de questions qu'il n'apporte
de réponses. Un boulet, qui consomme le temps et use la bienveillance
de son entourage.
- Mode d'emploi
Surtout, ne rentrez pas dans le jeu, mais restez ferme et protégez-vous.
Placez toujours la conversation sur le terrain professionnel en
renvoyant la personne à ses responsabilités. «
Je fais preuve d'une certaine distance à l'égard de
ce genre de personnes, pour que leur stress et leur anxiété
ne me retombent pas dessus », raconte Patrice Stern, psychologue
et PDG d'ICS InterConsultants. Et puis, après tout, vous
n'êtes pas obligé de laisser la porte de votre bureau
toujours ouverte.
L'AVIS DU COACH
Former, remotiver ou licencier
Quand un collaborateur pose des problèmes dans une organisation,
le dysfonctionnement peut, selon Jean-Louis Rapini, relever de trois
causes. « Soit il s'agit d'un problème de compétence
et une formation arrangera tout ; soit c'est une question d'aptitude,
de personnalité, et il faut se séparer de la personne
invivable parce qu'on ne pourra pas la faire évoluer ; soit
c'est la motivation du collaborateur qui s'est éteinte et
il faut se demander pourquoi. En général, une personne
devient aigrie quand elle n'est pas reconnue et valorisée
dans l'entreprise. »
Jean-Louis Rapini est directeur de Guichet fermé, troupe
de théâtre d'entreprise.
Supporter un collègue impossible
par Etienne Gless et Sebastien Pierrot
mis en ligne le 05/05/2004
n° 222 mai 2004
La cohabitation avec un collègue anxieux, parano, langue
de vipère ou hystérique, ça use ! Comme on
ne peut pas faire changer quelqu'un, il faut se résigner
à quelques mesures d'hygiène mentale : ne jamais entrer
dans le jeu d'un enquiquineur, mais s'en protéger.
1. SI C'EST UN BOULET
Vous avez l'impression de devoir le porter sur votre dos. Il ne
peut rien faire sans vous, il voit tout en noir... Quand le stressé
dit : « Je vais y arriver », ou l'anxieux : «
J'ai peur de ne pas y arriver », le leitmotiv du déprimé
chronique est : « Je n'y arriverai pas ! »
- Décodage : la personne déprimée est souvent
très dépendante. Elle ressent un perpétuel
besoin d'être encouragée, soutenue. Prend peu de décisions,
suit le mouvement, est dans la soumission tout le temps. Prête
pour toutes les corvées par peur d'être rejetée.
Une critique ponctuelle suffit à la déstabiliser pour
la semaine. Elle supporte très mal une rupture ou une prise
de distance. Elle dit toujours oui, jamais non. Toujours d'accord,
elle déteste la critique, ça la déstabilise.
- Mode d'emploi
- Ne l'affolez pas : on ne peut pas tout partager avec elle. Ne
lui distillez pas les mauvaises nouvelles qui ne la concernent pas
directement, elle pourrait s'en inquiéter.
- Vous n'avez pas à porter le poids de ses problèmes
personnels : faites preuve de compréhension sans écouter
en permanence ses lamentations.
- Evitez de vous laisser contaminer. Le déprimé entraîne
l'autre dans son pessimisme. Combattez sa mélancolie en lui
montrant que tout n'est pas si noir.
- A la limite, incitez-la à consulter.
2. SI C'EST UN DÉNIGREUR
« Nous travaillions dans le même bureau, où
nous étions tous les deux dessinateurs. Il me critiquait
en public, me faisait passer pour un glandeur et me cassait constamment
auprès de la hiérarchie. J'ai préféré
partir », raconte Gérard, ingénieur en génie
civil dans un bureau d'études, qui effectue actuellement
son préavis.
- Décodage : ce type de personnalité est perpétuellement
en compétition et ne voit dans chaque collègue qu'un
concurrent, un rival à éliminer. Il multiplie peaux
de banane, chausse-trapes et bien sûr vous « casse »
auprès de la hiérarchie. Il répand des médisances
sur votre compte. C'est un malfaisant. Une espèce nuisible.
Un collègue foncièrement toxique.
- Mode d'emploi
- Avant tout, protégez-vous de cette personne.
- Dressez un catalogue objectif des faits prouvant qu'il se comporte
mal à votre encontre.
- Appelez-en à un tiers : votre supérieur si celui-ci
est un bon manager. Alertez les représentants du personnel,
sollicitez la direction des ressources humaines...
- Ayez une franche explication avec lui sur l'objet de son éventuel
ressentiment à votre égard : les raisons d'une haine
recuite tiennent parfois à des incidents infimes vieux de
plusieurs années. Un bon lavage de linge est parfois salutaire.
3. SI C'EST UN HYSTÉRIQUE
Vendeur au rayon DVD des Galeries Lafayette, « Jean-Michel
est gentil mais soûlant », comme disent ses collègues
et amis qui craquent. Jean-Michel monopolise la parole (et l'attention).
Paradoxalement, son comportement finit par l'isoler.
- Décodage : « L'hystérique dramatise les événements,
éprouve des émotions très fortes, très
changeantes », décortique Caroline Duret, psychiatre
et consultante au cabinet Stimulus. Capable d'emballement, il (ou
elle) oscille toujours entre l'idéalisation et la déception.
- Mode d'emploi
- Ne vous moquez pas de lui.
- Méfiez-vous de ses tentatives de séduction. Ne
vous laissez pas attendrir. Il recherche l'attention, il fonctionne
toujours sur ce mode.
- Valorisez chaque comportement « normal ». Complimentez-le
(« J'ai apprécié que tu sois concis, efficace
»). Donnez-lui de l'affection, offrez-lui de l'attention,
à condition qu'il le mérite, chaque fois qu'il a fourni
un effort, s'il essaie de se corriger, de « suivre sa pente
naturelle en la remontant », selon la belle définition
de Cocteau.
L'AVIS DU COACH
« Avec un "alien", il faut se comporter comme un
dompteur avec des fauves ! »
« Si mon collègue m'enquiquine, il me faut tout d'abord
le comprendre. Il faut ensuite négocier. Mais, dans certains
cas, aucune négociation n'est possible. On a affaire à
ce que j'appelle un "alien", incompréhensible,
ou bien à une personne perverse. Il faut alors déterminer
des règles rigides, à la façon d'un dompteur
avec des fauves ! »
Gérard Apfeldorfer, psychiatre et psychothérapeute,
auteur de Les Relations durables, amicales, amoureuses et professionnelles
(éd. Odile Jacob).
Manager un boss insupportable
par Etienne Gless et Sebastien Pierrot
mis en ligne le 05/05/2004
n° 222 mai 2004
« Non seulement je travaille avec un paranoïaque, mais,
en plus, c'est mon boss. » Quand le lien hiérarchique
vient compliquer la situation, il faut savoir raison garder. Car
on peut manager son boss.
1. SI C'EST UN AUTORITAIRE
« Je ne comprends pas... » Paul a été
recruté par son patron pour lui succéder et, pourtant,
il voit ses propositions systématiquement repoussées.
Il a tout essayé : hausser le ton, plaider qu'il doit lui
succéder, lui demander s'il n'a plus confiance en lui...
Mais le chef ne peut pas s'empêcher de se sentir poussé
vers la sortie par ce « jeune aux dents longues ».
- Décodage : « En fait, par son attitude revendicative,
le jeune cadre va dans le sens des perceptions du chef »,
décrit Olivier Millet, fondateur du cabinet Interaction et
Changement, spécialiste de la résolution des conflits.
Coaché par lui, Paul a adopté la stratégie
inverse : demander aide et conseil au chef ! L'autre s'est vite
senti à nouveau respecté et surtout débordé.
Au point de demander au jeune cadre de prendre plus d'initiatives
et d'assumer ses responsabilités !
- Mode d'emploi
Avec un patron autoritaire, « soyez très, très,
très diplomate ! Ne lui dites jamais non, même si son
idée est objectivement mauvaise », préconise
Nathalie Esnault, psychosociologue consultante à la Cegos.
Dites-lui oui dans un premier temps mais prenez le temps de la réflexion.
Vous en profiterez pour tout écrire : avantages, inconvénients,
bilan chiffré de son projet, risques de sa décision
afin de le confronter à la réalité. Puis revenez
le voir et présentez un bilan coûts/avantages en glissant
que, naturellement, la décision lui appartient. En principe,
il appréciera que vous lui ayez évité de commettre
une erreur... Laissez-lui toujours le dernier mot.
2. SI C'EST UN NARCISSIQUE
Arrogant, limite condescendant, Jean-Claude a une haute opinion
de lui-même. Une personnalité ultranarcissique comme
on en rencontre fréquemment tout en haut des organigrammes.
- Décodage : « Ambitieux sur le plan professionnel,
le narcissique tuerait père et mère pour y arriver
», relève Caroline Duret (Stimulus). Soucieux de son
apparence, il a l'impression de toujours mériter plus qu'il
n'a. Il attend des égards et des privilèges dans sa
relation aux autres. Il manipule autrui pour atteindre ses buts,
mais n'attendez pas de renvoi d'ascenseur de sa part. Il est peu
sensible à la souffrance des autres tant il se sent supérieur
à eux.
- Mode d'emploi
- Attention à ne pas lui accorder un privilège si
vous savez que vous ne pourrez pas le renouveler.
- Attention à ne pas vous poser en rival. La personnalité
narcissique est ambitieuse, donc envieuse.
- Respectez scrupuleusement les usages et les formes.
- Quand il (ou elle) est sincère, montrez que vous appréciez.
- N'attendez aucune gratitude ou réciprocité.
3. SI C'EST UN PARANO
« Qu'est-ce que vous tramez dès que j'ai le dos tourné
? » Telle est la rengaine du boss de Sébastien. Pour
ne pas perdre son pouvoir, il ne compte pas ses heures de travail.
Si on lui propose quelque chose, il flaire un piège.
- Décodage : rigide et méfiant, le parano est tout
le temps sur ses gardes. Suspicieux, il a un oeil sur tout et sur
tous. Il doute de la loyauté des autres. Très préoccupé
par ses droits, il supporte mal les critiques, qu'il interprète
souvent comme une mise en cause personnelle. Le paranoïaque
est et se montre souvent froid et rationnel. Peu ouvert aux arguments
des autres, il manifeste peu, voire pas d'émotions positives.
- Mode d'emploi
- Dites-lui clairement ce que vous faites, pourquoi et comment.
Plus il dispose d'informations claires et précises, moins
cela donnera prise à interprétation.
- Respectez les formes. Il se froisse facilement. Soyez très
poli.
- Maintenez un contact régulier, même informel. Afin
qu'il n'interprète pas comme une prise de distance l'absence
d'informations.
- Ne faites pas d'humour à ses dépens, ne vous attaquez
pas à l'image qu'il a de lui.
- Eclaircissez rapidement les éventuels malentendus qui
pourraient donner lieu dans son esprit malade à interprétations
délirantes.
L'AVIS DU COACH
« Le problème avec un patron parano, c'est qu'il peut
se venger »
« En tant que boss, le paranoïaque est difficile à
gérer. Il ne faut jamais trahir les engagements pris envers
lui : il le vivrait comme un affront personnel. D'ailleurs, il faut
éviter de personnaliser les relations et toujours se référer
aux règles. Surtout, ne pas médire de lui, il l'apprendrait
et vous le ferait chèrement payer. »
Caroline Duret, psychiatre et consultante du cabinet de conseil
en gestion du stress Stimulus.
Satisfaire un client difficile
par Etienne Gless et Sebastien Pierrot
mis en ligne le 05/05/2004
n° 222 ami 2004
Dans la catégorie « emmerdeurs », les clients
ont un statut à part : ils savent qu'on a besoin d'eux et
ils en jouent. Guide de survie et mode d'emploi à travers
trois situations types.
1. SI C'EST UN QUÉMANDEUR
Certains clients insatiables ont la fâcheuse habitude de
tout discuter. Prix, service après-vente, extension de la
garantie, conditions de reprise, ils en veulent toujours plus. Sinon,
ils ont la désagréable impression de ne pas réaliser
une bonne affaire ou, pis, de se faire arnaquer. « Ce type
de consommateur négocie même pour des jeux vidéo
d'occasion à 8 euros pièce ! » raconte ainsi
Roger Beille, propriétaire du magasin Cash Express de Perpignan.
- Décodage :
la tactique du quémandeur est toujours la même, prétendre
qu'il « n'a que 7 euros en poche », pour emporter la
décision du vendeur et... l'objet convoité. Une ruse
dont personne n'est dupe, mais quel vendeur en effet se battrait
pour 1 euro ? « Moi, reprend Roger Beille. Il m'est même
arrivé de prêter 1 euro de ma poche au client pour
ne pas faire valser mes étiquettes. »
- Mode d'emploi
Restez ferme face au quémandeur invétéré.
« Accorder une remise revient à reconnaître que
le prix fixé au départ n'était pas le bon,
reprend Roger Beille. Ça ne fait pas très sérieux.
Où se situe alors la vraie valeur de l'article ? »
Paradoxalement, la remise peut, au final, avoir un effet boomerang.
Une attitude ferme, voire inflexible, rassurera les clients. C'est
le meilleur moyen de leur faire comprendre, justement, qu'il n'y
a aucune entourloupe.
2. SI C'EST UN AGRESSIF
Il crie, tempête, menace, hurle, demande à parler
à la direction ? N'entrez pas dans son jeu en vous mettant
en colère ! C'est au contraire le moment de prendre du recul
et de garder votre calme pour désamorcer le conflit.
- Décodage :
première question à vous poser : n'êtes-vous
pas pour quelque chose dans ce débordement de colère
? « Certains vendeurs peuvent déclencher de l'agressivité
lorsqu'ils se livrent à un forcing effréné
pour conclure une vente », explique Zahir Yanat, expert en
ressources humaines et professeur à Bordeaux. Autre possibilité
: vous êtes face à quelqu'un qui ne sait ou ne peut
s'exprimer que par l'agressivité. A vous d'aller au-delà
et de comprendre ses besoins derrière cette agressivité.
Enfin - cas le plus courant -, le mécontentement de votre
client est légitime. Suivez alors les bonnes recettes pratiquées
par la SNCF ou les compagnies aériennes.
- Mode d'emploi
Votre client est légitimement insatisfait ? D'abord, écoutez-le.
« Commencez toujours par donner raison à votre interlocuteur
pour faire retomber la tension », conseille Zahir Yanat. «
Les gens peuvent comprendre une situation dégradée
si l'on reste présent et qu'on les informe », confirme
Joël Tallec, responsable de la sûreté à
la direction des trains de la SNCF. En cas de retard, les contrôleurs
ont pour consigne d'occuper le terrain. « S'ils se montrent
suffisamment concernés par l'émotion des usagers,
ils finissent par gagner leur sympathie alors qu'ils apparaissaient
au départ comme responsables des problèmes. »
Comment vous prendre ? En évitant les termes techniques,
le jargon, les sigles ou les abréviations qui déshumanisent
la relation. Autrement dit, en parlant concret, naturel et vrai.
3. SI C'EST UN INHIBÉ
Votre client entre dans la catégorie de ceux qui restent
muets ? Attention ! Ce ne sont pas les plus inoffensifs. A la SNCF,
on a appris à s'en méfier. « Nous avons connu
des cas de violence où rien dans le comportement du voyageur
ne laissait présager l'agression », signale Joël
Tallec, responsable de la sûreté.
- Décodage : « Une commerciale un peu exubérante
n'arrive pas à comprendre pourquoi un de ses prospects reste
fermé comme une huître, raconte une formatrice de la
Cegos. En fait, il ne supporte pas la proximité. Le simple
fait que la vendeuse conserve ses distances va suffire pour qu'il
se montre plus loquace. »
- Mode d'emploi
Lorsqu'un client ne pipe mot, le vendeur doit se montrer patient.
Il peut se lancer dans une longue démonstration pour le dérider
et susciter sa curiosité. Il peut aussi se demander ce qui,
dans son attitude, a pu provoquer une telle réaction.
LA SÉMANTIQUE COMMERCIALE SELON AIR FRANCE ET LA
SNCF
Expressions proscrites :
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Expressions conseillées :
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- Problème
- Votre sac est trop lourd
- Dresser une contravention
- Je ne suis pas au courant
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- Souci
- Vous avez dépassé le poids autorisé
- Régulariser une situation
- Je vais me renseigner pour vous
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