Jo Non merci !
Origine : http://ecolesdifferentes.free.fr/JONONMERCI.htm
Ce "non", c'est un "non" aux jeux olympiques
tel qu'ils nous sont proposés, certainement pas un non au
sport. Le sport c'est la santé, l'équilibre, l'entraide,
la fraternité.
À l'inverse les JO poussent à l'extrême la
compétition; il faut gagner par n'importe quel moyen; le
dopage pour les sportifs, le matraquage pour les sponsors, la corruption
par les états candidats des membres du CIO...
Ce "non" est un "non" citoyen, un "non"
de referundum, un "non" démocratique.
Des jeux oui, mais pas ceux-là !
NON AUX JEUX OLYMFRIC NI ICI NI AILLEURS !
http://ecolesdifferentes.free.fr/JOantipub.htm
Quelle grande cause mérite le soutien apparent de toute
la classe politique ?
Qui mérite drapeaux, autocollants, pin's, mais aussi l'illumination
de ces symboles de démocratie que sont l'Hôtel de Ville
et l'Assemblée nationale ?
Qui mérite un affichage omniprésent, des galas, des
émissions de télé et des comités de
soutien ? Ce n'est ni la lutte contre le réchauffement climatique,
ni celle contre le sida, ni l'annulation de la dette du tiers-monde.
Non, il s'agit de cette grande foire du sport-spectacle : les Jeux
olympiques. Il est devenu impossible de se déplacer dans
la capitale sans voir un des logos "Paris JO 2012". On
les retrouve partout : dans le métro, les journaux, à
la télévision. L'overdose est proche. Est-il encore
possible d'affirmer une opinion différente face à
ce consensus forcé, ce rouleau compresseur de la candidature
qui n'a jamais fait l'objet d'un vrai débat politique et
public, pourtant nécessaire ?
Il ne faut pas confondre le sport-spectacle et le sport tout court,
la pratique sportive. Les JO n'ont rien à voir avec le sport,
mais tout avec la compétition. Il y a bien longtemps que
l'important n'est plus de participer, mais de gagner.
Et comme il faut gagner à tout prix, le dopage est partout.
Pendant que les athlètes des pays pauvres se font prendre
la main dans le pot de confiture, ceux des pays riches échappent
aux contrôles. De même, le nationalisme exacerbé
aux Jeux est totalement contradictoire avec notre volonté
de dépassement des frontières dans un cadre européen,
puis mondial.
L'organisation des JO pose un problème démocratique
: le pouvoir immense du CIO favorise la corruption. Récemment
encore, un membre de cet auguste organisme s'est fait prendre la
main dans le sac par un journaliste de la BBC.
Il est vrai que les Jeux sont d'abord une affaire de gros sous,
une très grosse industrie qui brasse des milliards, nécessite
des investissements lourds. 24 millions d'euros seront dépensés
pour le seul dossier de candidature de Paris. Sans compter la garantie
financière de la Ville et de la région : plus de 2
milliards d'euros, soit 1 000 euros par Francilien !
Les investissements sont à la charge de la Ville, de l'Etat
ou de la région, mais les bénéfices démentiels
générés par les droits TV ne vont jamais aux
collectivités. Ainsi les villes organisatrices peuvent se
retrouver lourdement endettées, voire ruinées, pour
un profit maximum du CIO et des multinationales sponsors.
L'organisation des grands événements sportifs suit
d'ailleurs un modèle économique ultralibéral
: les investissements sont pris en charge par la collectivité,
et les bénéfices privatisés, souvent dans la
plus grande opacité.
Ces vingt dernières années, la place des multinationales
sponsors est devenue envahissante. Ces sponsors, d'ailleurs imposés,
sont très loin du commerce équitable et des valeurs
sportives : malbouffe, vêtements fabriqués dans des
pays aux salaires minables... Il suffit de lire la liste des premiers
parrains de la candidature de Paris : un marchand d'armes, un exploitant
de centrales nucléaires, un distributeur d'eau au passé
sulfureux... Que des bienfaiteurs de l'humanité !
Certains brandissent l'argument de la création d'emplois.
Mais les emplois qu'on nous fait miroiter concerneront surtout l'industrie
du sport et du tourisme, et seront pour la plupart précaires
ou délocalisés. Nous préférerions qu'ils
soient créés pour satisfaire les besoins de la population,
dans le domaine de la petite enfance, de l'aide aux personnes âgées,
de l'environnement. Mais il est vrai que ces secteurs génèrent
peu de profits publicitaires.
Le choix même de Paris est problématique. A l'heure
de la décentralisation, Paris a-t-elle besoin de touristes
en plus ? Ville la plus visitée au monde, son prestige international
n'est pas à construire. A-t-elle besoin d'équipements
de grande envergure supplémentaires ? Nous tombons encore
dans le centralisme. Soutenir la candidature d'une autre ville française
aurait eu, à la limite, plus de sens.
Socialement et écologiquement, il serait plus responsable
d'utiliser les droits TV et l'argent des sponsors pour organiser
des JO dans une métropole d'Afrique ou d'Asie dépourvue
d'infrastructures sportives.
Surtout, l'organisation des Jeux ne doit pas remplacer une politique
municipale. Nous craignons que Paris n'axe l'essentiel de sa politique
municipale autour de l'organisation des JO, or il y a bien d'autres
priorités : lutter contre les inégalités sociales,
faire reculer la pollution ou résorber l'habitat insalubre...
Pour Paris, ce sera un vélodrome et quelques stades en plus.
Un bétonnage de la zone des Batignolles pour créer
le village olympique. Certes, nous aurons la prolongation du tramway
autour de Paris et une extension des espaces verts, mais il est
triste de penser qu'il faudrait attendre des années supplémentaires
pour faire aboutir ces projets si nous n'avons pas "les
Jeux".
Les légitimes ambitions de changer Paris ne devraient pas
être conditionnées par une décision que prendra
le Comité international olympique l'été prochain.
Charlotte Nenner et Sylvain Garel sont conseillers (Verts) de Paris.
Bernard Maris est économiste et écrivain.
Quelques anti contre "l'unanimisme ambiant"
Sylvain Garrel a édité des autocollants sur lesquels
il a tamponné un grand "Non aux JO", en lettres
majuscules vertes, au-dessus du très officiel logo "Paris
2012" et du slogan "L'amour des Jeux", apposés
par la Mairie de Paris jusque sur les cartes de voux de ses élus.
Valérie a ajouté un "N" de part et d'autre
des cinq anneaux olympiques pour former un "NON !" qu'elle
propose aux internautes d'imprimer à partir de son site pour
aller les coller dans le métro. Michel Caillat a créé
une "Lettre anti-olympique" qu'il diffuse via la Toile.
Le premier est conseiller de Paris et président du groupe
Verts du 18e arrondissement, la seconde est "une Parisienne
de 32 ans" qui "travaille dans une grande entreprise",
le troisième est un sociologue orléanais qui anime
le Mouvement critique du sport. Leurs initiatives sont isolées,
mais elles tranchent avec l'unanimisme ambiant autour de la candidature
de Paris.
"UN "NON" CITOYEN"
"C'est un "non" de référendum, un
"non" citoyen pour dire qu'on ne fait pas partie de cette
majorité de Parisiens favorables à la candidature
de Paris", clame Valérie. "On ne nous a pas consultés,
il n'y a pas de débat !", se plaint la jeune femme,
qui précise n'appartenir à aucune structure militante.
"Le matraquage olympique, le discours de "toute la France
assemblée derrière les Jeux" n'est pas digne
d'un pays démocratique, estime M. Caillat dans la lettre
mensuelle qu'il a lancée en février. Il est temps
de faire exploser le consensus."
S'il ne mènera pas "campagne contre les Jeux"
parce qu'il a d'"autres combats prioritaires à mener",
M. Garel est l'un des rares élus parisiens à s'être
abstenu lors du vote sur le financement de la candidature de Paris
: "Il y a une contradiction de base entre les fondements de
l'écologie politique - être économes, aller
moins loin, moins vite, dépenser moins d'énergie -
et ce que sont les JO, dont la devise est plus vite, plus loin,
plus fort." Et de poursuivre : "Nous estimons que Paris
n'est pas, en Ile-de-France, la ville la moins dotée en équipements,
que l'Ile-de-France n'est pas la région la moins dotée
de France, que la France n'est pas le pays le moins doté
d'Europe et que l'Europe n'est pas le continent le moins doté
en infrastructures sportives ou de transports... Si le CIO disait
: "On va prendre l'argent des droits télé pour
organiser les JO dans une ville du tiers-monde et on va permettre
de construire des stades, des routes à Dakar ou à
Bénarès", là, ça aurait de la gueule
!"
"Nous ne sommes pas contre le sport, précise Valérie.
Nous sommes contre les Jeux tels qu'ils nous sont présentés
: matraquage publicitaire, compétition à tout crin
et marchandisation à outrance." "Non à l'organisation
des Jeux de 2012 à Paris et oui à un débat
ouvert et argumenté sur l'olympisme, son histoire et ses
prétendues valeurs", propose M. Caillat comme cri de
ralliement.
Stéphane Mandard
|