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OBJETS TROUVÉS, GLANÉS, SANS VALEUR


Syndicat potentiel

Dans la presse, la part des journaux donnés gratuitement est minime (moins de 1 %), mais la provenance des exemplaires lus ou feuilletés est constituée à 18 % d’exemplaires trouvés dans le cas du Parisien, du Figaro ou de l’Humanité et à 25 % dans le cas de l’Équipe et de France-Soir (Médiaspouvoirs, n° 31-32, 1993).

Tous les biens de consommation génèrent ainsi des appropriations à titre gratuit ou quasi-gratuit, dont le beau film d’Agnès Varda “Glaneurs, glaneuses” indique la richesse et la diversité : stocks de biens périmés dans le cas des biens alimentaires périssables ; fins de série et fins de stock, biens neufs ou usagés, glanés ou trouvés. Au titre du Droit de Glanage, le Code Pénal (article R 26) autorise, entre le lever et le coucher du soleil, le ramassage des fruits et légumes non ramassés dans les champs et les vergers, et des objets laissés dans la rue.

Le Code Civil décrit un certain nombre de biens disponibles à titre gratuit : épaves rejetées par la mer, objets trouvés… À quoi l’on pourrait ajouter les choses insaisissables et incoercibles telles que l’air, l’eau de mer, les pierres des montagnes ou les coquillages sur les plages. Ces biens à “faible transitivité“, incoercibles et insaisissables sont d’ore et déjà en voie de sortir du statut qui leur a été accordé (Res Nullius) pour entrer dans celui de Res Communis et de Patrimoine commun : la Lune et les autres corps célestes, sont ainsi un patrimoine commun de l’humanité, suivant un traité international du 27 janvier 1977, et il en va de même des grands fonds marins suivant l’article 136 du Traité de 1982 sur le droit de la mer.

C’est sans doute par extension de ce statut particulier des Res Nullius que s’est institué la possibilité d’avoir accès à un verre d’eau gratuitement dans n’importe quel bar de France ou d’Italie. Cependant, des cafetiers se sont insurgés contre cette pratique qu’aucune loi ni décret ne rend obligatoire. Et de même, maraîchers et agriculteurs refusent parfois aux glaneurs le droit que le Code Pénal leur accorde, de récolter entre le lever et le coucher du soleil, les fruits et légumes laissés à l’abandon dans les champs.

Mais en deçà du droit, de manière informelle, ou encore, de façon interdite, des quantités de biens sont potentiellement disponibles gratuitement. Le droit interdisant la fouille dans les décharges publiques, sépare dans les déchets, sans le déclarer explicitement, ceux qui sont librement accessibles (légaux) et ceux qui ne le sont pas (illégaux). S’il est possible de glaner les stocks de production agricole laissés à l’abandon, il n’en va pas de même des livres mis au pilon ou des stocks de contrefaçons. On distinguera donc ici une gratuité légale d’une autre, illégale. Les biens illégaux sont destinés en principe à disparaître sans laisser de traces, car ils contreviennent aux règles de marché ou à la convenance de l’État.


Le lien d'origine http://syndicatpotentiel.free.fr/gr4.html