"Nouveau millénaire, Défis libertaires"
Licence
"GNU / FDL"
attribution
pas de modification
pas d'usage commercial
Copyleft 2001 /2014

Moteur de recherche
interne avec Google
Un édito d'un petit journal d'une association à Tours
JC

La victoire du non et son ampleur montrent que la majorité des gens font le lien entre leurs conditions de vie et la politique néolibérale mise en oeuvre par les différents partis gouvernementaux et la construction européenne. Ce référendum montre un clivage de classe au sein de la société, entre ceux ayant intérêt à ce que le capitalisme continue son évolution ultra-libérale et la majorité qui n'en peut plus de la précarité, du chômage, du renforcement de l'exploitation de la force de travail, de la misère, de la destruction des services publiques... Si on le compare avec le scrutin du 21/04/02 (Le Pen présent au deuxième tour), on peut émettre l'hypothèse, par exemple dans la Région Nord/Pas de Calais, que les voix ayant manqué à Jospin se retrouvent globalement dans le non ce 29 mai.

L'ensemble des élites (politiques, médiatiques et financières) traverse une crise de représentativité d'une très grande ampleur. Chirac vient de nous en donner la confirmation. Les nominations de Villepin et de Sarkosy au gouvernement montrent qu'il n'a pas l'intention de changer de politique et qu'il prépare l'outil répressif en cas de mouvements sociaux. Le sécuritaire et la xénophobie seront les deux piliers de l'hôte de Matignon.Personne ne croit plus au discours présidentiel sur la lutte contre le chômage, voire sur la fracture sociale. Depuis près de 30 ans, on ne cesse de nous seriner que le chômage est un drame national. En fait de drame, les gouvernements de droite et de gôche ont dérèglementé l'exploitation de la force du travail au profit des capitalistes : baisses des charges, subventions des embauches, réductions des allocations chômage, allégement du code du travail pour faciliter les licenciements, flexibilité, annualisation du temps de travail, recul de l'âge de la retraite... Depuis 30 ans nos conditions de vie et de travail n'ont cessé de se dégrader !

Depuis 30 ans, les flux migratoires seraient à l'origine des remises en cause des acquis sociaux ! C'est bien le MEDEF et les lobbies de Bruxelles et des USA qui imposent leurs diktats aux ténors politiques sensés nous gouverner !

Fondamentalement n'assistons nous pas à l'émergence d'une crise aussi profonde que celle qu'a connu l'Occident au XVII et XVIII^éme siècles ? La bourgeoisie peut-elle encore faire partager son modèle social à l'ensemble de la population ? En cas de crise majeure, ne fera-t-elle pas appel à des forces politiques réactionnaires, en désespoir de cause, afin de maintenir
son ordre social ?

Pour l'heure, il importe de poser la question de l'alternative au capitalisme, de la rupture avec celui-ci.

Il nous faut reprendre les débats de fond, comme celui sur le chômage :

pense-t-on qu'on puisse répondre à ce problème par la création d'emplois ?

Autrement dit, est-il réaliste qu'à brève échéance (2 ou 3 ans) il y ait 400 000 ou 500 000 chômeurs, comme dans les années 60, le reste de la population active ayant des emplois garantissant un avenir social, c'est-à-dire en allant à l'encontre du modèle anglo saxon (le chômage aux USA et en GB, si l'on regarde les chiffres officiels, recule mais la pauvreté augmente en raison de la précarité)?

De même, voulons nous vivre dans une Europe forteresse, ou bien espérons nous un monde ouvert et solidaire, remettant en cause les rapports Nord/Sud/Est ? Pouvons nous continuer à accepter que les richesses soient accaparées par aussi peu de gens ? Ne faut-il pas redéfinir un nouveau partage de celles-ci fondé sur l'égalité et la solidarité ?

Le productivisme nous mène droit dans le mur : destruction de la planète et misère sociale. La décroissance est une piste de recherche d'alternatives tant au niveau de la redéfinition de la place de l'économie dans la société, que dans l'imagination nécessaire à penser de nouveaux rapports sociaux, mettant au centre la politique, au sens étymologique. Une des questions fondamentales porte sur les formes d'organisation sociale :

Comment s'organiser socialement pour les personnes composant une société connaissent et maîtrisent leurs conditions d'existence ?

Comment ces mêmes personnes déterminent les raisons de vivre ensemble et non plus que ce soient des élites le faisant pour leurs propres intérêts ?

Juin 2005 JC