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Extraits du livre L'ART D'AIMER (1956) d'Erich FROMM

Origine : http : //www.pointscommuns.com/www.greenpeace.orgfrance-commentaire-lecture-58092.html


"" Parce que la foi et la puissance s'excluent mutuellement,il n'est pas une seule religion,un seul système politique qui,construit à l'origine sur la foi rationnelle,ne se corrompe et ne perde finalement la force qu'il détenait,lorsqu'il se fie à la puissance ou s'allie avec elle.

La foi exige courage, la capacité de prendre des risques, tout en se tenant prêt à accepter souffrances et désillusions. Qui prône la sécurité comme condition première de la vie ne peut avoir la foi ; qui s'isole dans un système de défense, ondé sur la distance et la possession, se constitue lui même prisonnier. Pour aimer, comme pour se laisser aimer, il faut avoir le courage de juger certaines valeurs comme étant d'importance ultime - et alors, de faire le saut et de tout miser sur elles.

Ce courage est très différent de celui dont Mussolini parlait avec vantardise quand il agitait le slogan : " vivre dangereusement". Son courage apparaît empreint de nihilisme et procède d'une attitude destructrice envers la vie : on consent à exposer sa vie gratuitement parce qu'on est incapable de l'aimer. Le courage du désespoir s'oppose au courage de l'amour, comme la foi dans la puissance s'oppose à la foi dans la vie.

(...)Pour que l'homme soit en mesure d'aimer, il faut qu'il réintègre la place suprême qui lui revient. Plutôt que de servir la machine, il doit être servi par elle. Il doit être habilité à partager l'expérience, à partager le travail, plutôt que, dans le meilleur des cas,à partager les profits. La société doit être organisée de telle façon que la nature sociale, la nature aimante de l'homme, ne soit pas disjointe de son existence sociale, mais ne fasse qu'un avec elle."


Origine http : //site.voila.fr/foilogic/Fromm.html


p11 : “L'amour n'est pas un sentiment à la portée de n'importe qui :
il dépend de notre degré de maturité. (...)”

p16 : “Les gens pensent qu'il est simple d'aimer, mais qu'il est difficile de découvrir le bon objet à aimer ou qui les aimera.”

p17 : “Toute notre culture se fonde sur un appétit d'achat, sur l'idée d'un échange mutuellement profitable. (...) «Attrayant» signifie d'habitude un joli paquet de qualités qui jouissent de popularité et sont recherchées sur le marché de la personnalité. (...)

Ainsi deux personnes tombent-elles amoureuses lorsqu'elles ont le sentiment d'avoir découvert le meilleur objet disponible sur le marché, compte tenu des limitations de leur propre valeur d'échange.”

p18 : “Dans une culture où prévaut l'orientation commerciale et dans laquelle le succès matériel constitue la valeur éminente, il n'y a guère de quoi s'étonner que les relations amoureuses suivent le même modèle d'échange que celui qui gouverne le marché des affaires et du travail. (...)”

p 18 : “Si deux personnes qui sont étrangères, comme nous le sommes tous, laissent soudainement s'abattre le mur qui les séparait, et se sentent proches, se sentent une, ce moment d'unicité est une des expériences les plus vivifiantes et les plus émouvantes de la vie.

Il est d'autant plus merveilleux et miraculeux pour les personnes qui ont vécu séparées, isolées, sans amour.

Ce miracle de soudaine intimité est souvent facilité s'il s'associe à, ou est suscité par l'attraction et la consommation sexuelle.

Cependant, de par sa nature même, ce type d’amour n'est pas durable.
Les deux personnes s'accoutument l'une à l'autre, leur intimité perd de plus en plus son caractère miraculeux, jusqu'à ce que leur antagonisme, leurs déceptions, leur ennui mutuel, tuent ce qui a pu subsister de l'émoi initial.

Mais voila, au début elles ne se doutent de rien : elles prennent en effet l'intensité de l'engouement, cet état d'être «fou» l'un de l'autre, pour une preuve de l'intensité de leur amour, alors que cela ne fait que révéler le degré de leur solitude antérieure.”

“Il n'y a guère d'activité, d'entreprise, dans laquelle on s'engage avec des espoirs et attentes aussi démesurés, et qui pourtant échoue aussi régulièrement que l'amour.”

p 19 : “(...) il semble qu'il n'y ait qu'une seule façon efficace de surmonter l'échec de l'amour - c'est d'examiner les raisons de cet échec et d'étudier la signification de l'amour.”

p 20 : “(...) le succès, le prestige, l'argent, le pouvoir - nous consacrons la presque totalité de notre énergie à apprendre comment atteindre ces objectifs,
et nous n'en réservons quasi pas à apprendre l'art d'aimer.”

p 24 : “L'homme est doué de raison ; il est vie consciente d'elle-même ; il a conscience de lui-même, de son semblable, de son passé, et des possibilités de son avenir.

Cette conscience de lui-même comme entité séparée, la conscience de la brièveté de sa propre vie, du fait qu'il a été engendré sans sa volonté et qu'il meurt contre sa volonté, qu'il mourra avant ceux qu'il aime ou eux avant lui, la conscience de sa solitude et de sa séparation, de son impuissance devant les forces de la nature et de la société, tout ceci fait de son existence séparée, désunie, une prison insupportable.”

p 23 : “L'homme ne peut avancer qu'en développant sa raison, en trouvant une harmonie nouvelle (...)”

p 25 : “Le besoin le plus profond de l'homme est de surmonter sa séparation, de fuir la prison de sa solitude. (...)”

p 29 : (...) l'union au groupe constitue la façon prévalente de surmonter la séparation. (...)

Si je ressemble à quiconque, si je n'ai ni sentiments, ni pensées qui m'en distinguent, si je me conforme aux coutumes, usages vestimentaires et idées, au pattern du groupe, je suis sauvé ; sauvé de l'expérience effrayante de la solitude.”

p 105 : “Une foule grandissante de gens perdent leur autonomie et tombent sous la dépendance de ceux qui dirigent les grands empires économiques.

De la concentration des capitaux résulte un autre trait saillant du capitalisme moderne : la forme particulière que revêt l'organisation du travail.
Dans les entreprises fortement centralisées, la division absolue du travail a pour effet d'anéantir l'individualité du travailleur, d'en faire le rouage d'une machine.

Le capitalisme moderne a besoin d'hommes qui coopèrent uniment et en grand nombre, qui veulent consommer toujours davantage, et dont les goûts sont standardisés, facilement modelables et prévisibles.

D'hommes qui, tout en ayant le sentiment de rester libres et autonomes, de n'être soumis à aucune autorité, règle ou contrainte intérieure, acceptent cependant d'être commandés, d'exécuter ce que l'on attend d'eux, de s'insérer sans frictions dans la machine sociale.
D'hommes que l'on peut diriger sans violence, conduire sans chefs, mouvoir sans but, sinon celui de tenir sa place, d'être en mouvement, de fonctionner, de continuer d'avancer.”

p 151 : “Tant les penseurs radicaux que l'individu moyen sont des automates sans amour.”

p 30 : “La plupart des gens ne sont même pas conscients de leur besoin de conformisme.
Ils vivent avec l'illusion qu'ils suivent leurs propres idées et penchants, qu'ils sont individualistes, que les opinions auxquelles ils sont arrivés représentent l'aboutissement de leur propre réflexion - et que, si leurs idées rejoignent celles de la majorité, c'est en quelque sorte une coïncidence.

Le consensus de tous sert de preuve à la justesse de «leurs» idées. (...) Le slogan publicitaire « c'est différent » révèle ce besoin pathétique de différence, alors qu'en réalité c'est à peine s'il en subsiste quelqu'une. (...)”

p 25 : “L'homme, - de tout âge et de toute culture - se trouve confronté à la solution d'un seul et même problème : comment surmonter la séparation, comment accomplir l'union, comment transcender sa propre vie individuelle et trouver l'unicité?”

p 35 : “Ce qui importe, c'est que nous sachions de quelle sorte d'union nous nous entretenons lorsque nous parlons de l'amour.”

p 39 : “(...) l'amour est une action, la pratique d'un pouvoir humain qui ne peut s'exercer que dans la liberté et jamais sous l'effet d'une contrainte.”

p 121 : “(...) Une autre forme d'amour névrotique se caractérise par le recours à des mécanismes projectifs dans le but d'éviter ses propres problèmes, toute l'attention se concentrant sur les imperfections et les faiblesses de la personne «aimée».”

p 39 : “L'amour est une activité, non un affect passif ; il est un «prendre part à», et non un «se laisser prendre». (...) l'amour consiste essentiellement à donner, non à recevoir. (...) Le malentendu le plus courant est de croire que donner, c'est abandonner quelque chose, se priver de, renoncer. (...)
Les gens à orientation non-productive ressentent le don comme un appauvrissement.”

p 40 : “Certains, il est vrai, érigent le don en vertu, mais en le concevant comme un sacrifice. (...)
Pour un caractère productif, le don revêt une signification entièrement différente. (...)
Donner est source de plus de joie que recevoir, non parce qu'il s'agit d'une privation, mais parce que dans le don s'exprime ma vitalité.”

p 41 : “Que donne un être à un autre?
Il donne de lui-même, de ce qu'il a de plus précieux, il donne de sa vie.
(...) il donne de ce qui est vivant en lui ; il donne de sa joie, de son intérêt, de sa compréhension, de son savoir, de son humeur, de sa tristesse - bref, de tout ce qui exprime et manifeste ce qui vit en lui.
En donnant ainsi de sa vie, il enrichit l'autre, il en rehausse le sens de la vitalité en même temps qu'il rehausse le sien propre.
Il ne donne pas dans l'intention de recevoir, car le don constitue comme tel une joie exquise.”

p 141 : “La pratique de l'art d'aimer exige la pratique de la foi. La foi exige du courage, la capacité de prendre des risques, tout en se tenant prêt à accepter souffrances et désillusions.”

p 152 : “Dans le système actuel, ceux qui sont capables d'amour sont forcément des exceptions.”

p 153 : (Dans nos sociétés actuelles) “Toutes les activités sont subordonnées à des objectifs économiques, les moyens sont devenus des fins ; (...) Pour que l'homme soit en mesure d'aimer, il faut qu'il réintègre la place suprême qui lui revient. (...)
Non, parler de l'amour, ce n'est pas «prêcher», car c'est parler d'un besoin ultime et réél en chaque être humain. (...)

La foi dans la possibilité de l'amour (...) est une foi rationnelle qui se fonde sur l'intuition de la véritable nature de l'homme.”

(THE ART OF LOVING, Erich FROMM).


CORRESPONDANCE SUR INTERNET

QUESTION : Que faut-il penser du taux de croissance?

REPONSE : La société de consommation voudrait faire croire aux gens qu'il faut consommer, c’est à dire détruire et accroître ce processus pour être plus heureux en le répétant à l'infini comme si (étymol) cette addition de destructions consuméristes permettait de l'être davantage.

Il en résulte la généralisation d'un mythe au sujet du «tau de croissance» dont on présume qu'il n'est rien d'autre que la représentation d'activités bénéfiques pour tout le pays, parce qu'on lui suppose des retombées fructueuses pour tous. Qu'en est-il en réalité?

Quand les industriels augmentent leurs prix de vente, et quand les commerçants en font autant, cela augmente le PIB («valeur ajoutée»), tandis que cela diminue le contenu des porte-monnaies des consommateurs. C'est cela la croissance dont on nous rebat les oreilles : c'est le profit des financiers.

Quand les entreprises licencient des ouvriers («restructuration»), cela augmente leurs bénéfices (moins de frais, plus de valeur ajoutée c’est à dire de PIB) donc cela gonfle le tau de croissance.
Conclusion : Cet indice n'est pas un gage de créations d'emplois.

En revanche, l'augmentation du tau de croissance est généralement le signe d'arnaques financières qui se multiplient et qui démoralisent la population. C'est un état d'esprit qui entraîne le gaspillage des ressources de la planète tout en conduisant à polluer toujours davantage (voir plus loin) dans un monde souvent violent et cruel, où les gens endettés et frustrés sont de plus en plus nombreux à se suicider.

Une croissance grandissante ne garantit donc pas le bonheur. Dans l'état actuel des choses, cela amplifie plutôt les injustices et cela accentue l'effet de serre dans un contexte de surproduction que les soldes périodiques viennent confirmer plusieurs fois par an. («Travaillez plus...»)

Le bonheur dépend surtout de l'harmonie sentimentale, donc de la cohérence. Cependant certaines compagnies détruisent d'immenses forêts à des fins spéculatives, ce qui diminue la quantité d'oxygène et augmente celle du CO2. Même constat quand on délocalise, et chaque fois que le trafic routier augmente, ou qu'on gaspille de l'énergie pour attirer les clients, par exemple avec des canons à neige - jusque dans les pays chauds comme à Dubaï! - ou en chauffant les télésièges des skieurs : («Travaillez plus, consommez plus, détruisez plus...») on en arrive à détruire la planète pour se réchauffer le derrière... ou attirer des clients c’est à dire pour se procurer de l'argent qui permettra de consommer encore, consumer, saccager !

En définitive, le souci du taux de croissance illustre la confusion entre l'être et l'avoir.

Faire ce constat (dans le détachement) permet de plaider en faveur des valeurs spirituelles, dans l'humilité et la simplicité, car notre principe existentiel s'avère évident :

on observe dans l'univers de nombreux signes du souffle de cohérence qui nous anime et sans lequel il n'y aurait pas de raison pour que les particules, les atomes, et les molécules s'assemblent pour créer la vie et cette matière pensante que nous sommes, capable d'améliorer son sort.

Les indices concordants et les expériences reproductibles en confirment l'existence :
cette influence dynamique et cohérente nous a gratifiés d'une vie sensée (car transcendante).

On appelle Dieu la Cause essentielle de ce processus créatif (universel et cohérent) qui caractérise notre existence depuis son origine, et qui interpelle les gens de bonne foi.

Quand on aime la vie, on aime son essence et sa source, on en respecte le sens, conforme au bien.
Il convient d'être conscient de notre essence en vue d'accéder lucidement à l'authenticité.

Les croyants authentiques respectent la nature, ils refusent le luxe et la sophistication.