Origine :
http : //www.pointscommuns.com/www.greenpeace.orgfrance-commentaire-lecture-58092.html
"" Parce que la foi et la puissance s'excluent mutuellement,il
n'est pas une seule religion,un seul système politique qui,construit
à l'origine sur la foi rationnelle,ne se corrompe et ne perde
finalement la force qu'il détenait,lorsqu'il se fie à
la puissance ou s'allie avec elle.
La foi exige courage, la capacité de prendre des risques,
tout en se tenant prêt à accepter souffrances et désillusions.
Qui prône la sécurité comme condition première
de la vie ne peut avoir la foi ; qui s'isole dans un système
de défense, ondé sur la distance et la possession,
se constitue lui même prisonnier. Pour aimer, comme pour se
laisser aimer, il faut avoir le courage de juger certaines valeurs
comme étant d'importance ultime - et alors, de faire le saut
et de tout miser sur elles.
Ce courage est très différent de celui dont Mussolini
parlait avec vantardise quand il agitait le slogan : " vivre
dangereusement". Son courage apparaît empreint de nihilisme
et procède d'une attitude destructrice envers la vie : on
consent à exposer sa vie gratuitement parce qu'on est incapable
de l'aimer. Le courage du désespoir s'oppose au courage de
l'amour, comme la foi dans la puissance s'oppose à la foi
dans la vie.
(...)Pour que l'homme soit en mesure d'aimer, il faut qu'il réintègre
la place suprême qui lui revient. Plutôt que de servir
la machine, il doit être servi par elle. Il doit être
habilité à partager l'expérience, à
partager le travail, plutôt que, dans le meilleur des cas,à
partager les profits. La société doit être organisée
de telle façon que la nature sociale, la nature aimante de
l'homme, ne soit pas disjointe de son existence sociale, mais ne
fasse qu'un avec elle."
Origine http
: //site.voila.fr/foilogic/Fromm.html
p11 : “L'amour n'est pas un sentiment à la portée
de n'importe qui :
il dépend de notre degré de maturité. (...)”
p16 : “Les gens pensent qu'il est simple d'aimer, mais qu'il
est difficile de découvrir le bon objet à aimer ou
qui les aimera.”
p17 : “Toute notre culture se fonde sur un appétit
d'achat, sur l'idée d'un échange mutuellement profitable.
(...) «Attrayant» signifie d'habitude un joli paquet
de qualités qui jouissent de popularité et sont recherchées
sur le marché de la personnalité. (...)
Ainsi deux personnes tombent-elles amoureuses lorsqu'elles ont
le sentiment d'avoir découvert le meilleur objet disponible
sur le marché, compte tenu des limitations de leur propre
valeur d'échange.”
p18 : “Dans une culture où prévaut l'orientation
commerciale et dans laquelle le succès matériel constitue
la valeur éminente, il n'y a guère de quoi s'étonner
que les relations amoureuses suivent le même modèle
d'échange que celui qui gouverne le marché des affaires
et du travail. (...)”
p 18 : “Si deux personnes qui sont étrangères,
comme nous le sommes tous, laissent soudainement s'abattre le mur
qui les séparait, et se sentent proches, se sentent une,
ce moment d'unicité est une des expériences les plus
vivifiantes et les plus émouvantes de la vie.
Il est d'autant plus merveilleux et miraculeux pour les personnes
qui ont vécu séparées, isolées, sans
amour.
Ce miracle de soudaine intimité est souvent facilité
s'il s'associe à, ou est suscité par l'attraction
et la consommation sexuelle.
Cependant, de par sa nature même, ce type d’amour n'est
pas durable.
Les deux personnes s'accoutument l'une à l'autre, leur intimité
perd de plus en plus son caractère miraculeux, jusqu'à
ce que leur antagonisme, leurs déceptions, leur ennui mutuel,
tuent ce qui a pu subsister de l'émoi initial.
Mais voila, au début elles ne se doutent de rien : elles
prennent en effet l'intensité de l'engouement, cet état
d'être «fou» l'un de l'autre, pour une preuve
de l'intensité de leur amour, alors que cela ne fait que
révéler le degré de leur solitude antérieure.”
“Il n'y a guère d'activité, d'entreprise, dans
laquelle on s'engage avec des espoirs et attentes aussi démesurés,
et qui pourtant échoue aussi régulièrement
que l'amour.”
p 19 : “(...) il semble qu'il n'y ait qu'une seule façon
efficace de surmonter l'échec de l'amour - c'est d'examiner
les raisons de cet échec et d'étudier la signification
de l'amour.”
p 20 : “(...) le succès, le prestige, l'argent, le
pouvoir - nous consacrons la presque totalité de notre énergie
à apprendre comment atteindre ces objectifs,
et nous n'en réservons quasi pas à apprendre l'art
d'aimer.”
p 24 : “L'homme est doué de raison ; il est vie consciente
d'elle-même ; il a conscience de lui-même, de son semblable,
de son passé, et des possibilités de son avenir.
Cette conscience de lui-même comme entité séparée,
la conscience de la brièveté de sa propre vie, du
fait qu'il a été engendré sans sa volonté
et qu'il meurt contre sa volonté, qu'il mourra avant ceux
qu'il aime ou eux avant lui, la conscience de sa solitude et de
sa séparation, de son impuissance devant les forces de la
nature et de la société, tout ceci fait de son existence
séparée, désunie, une prison insupportable.”
p 23 : “L'homme ne peut avancer qu'en développant
sa raison, en trouvant une harmonie nouvelle (...)”
p 25 : “Le besoin le plus profond de l'homme est de surmonter
sa séparation, de fuir la prison de sa solitude. (...)”
p 29 : (...) l'union au groupe constitue la façon prévalente
de surmonter la séparation. (...)
Si je ressemble à quiconque, si je n'ai ni sentiments, ni
pensées qui m'en distinguent, si je me conforme aux coutumes,
usages vestimentaires et idées, au pattern du groupe, je
suis sauvé ; sauvé de l'expérience effrayante
de la solitude.”
p 105 : “Une foule grandissante de gens perdent leur autonomie
et tombent sous la dépendance de ceux qui dirigent les grands
empires économiques.
De la concentration des capitaux résulte un autre trait
saillant du capitalisme moderne : la forme particulière que
revêt l'organisation du travail.
Dans les entreprises fortement centralisées, la division
absolue du travail a pour effet d'anéantir l'individualité
du travailleur, d'en faire le rouage d'une machine.
Le capitalisme moderne a besoin d'hommes qui coopèrent uniment
et en grand nombre, qui veulent consommer toujours davantage, et
dont les goûts sont standardisés, facilement modelables
et prévisibles.
D'hommes qui, tout en ayant le sentiment de rester libres et autonomes,
de n'être soumis à aucune autorité, règle
ou contrainte intérieure, acceptent cependant d'être
commandés, d'exécuter ce que l'on attend d'eux, de
s'insérer sans frictions dans la machine sociale.
D'hommes que l'on peut diriger sans violence, conduire sans chefs,
mouvoir sans but, sinon celui de tenir sa place, d'être en
mouvement, de fonctionner, de continuer d'avancer.”
p 151 : “Tant les penseurs radicaux que l'individu moyen
sont des automates sans amour.”
p 30 : “La plupart des gens ne sont même pas conscients
de leur besoin de conformisme.
Ils vivent avec l'illusion qu'ils suivent leurs propres idées
et penchants, qu'ils sont individualistes, que les opinions auxquelles
ils sont arrivés représentent l'aboutissement de leur
propre réflexion - et que, si leurs idées rejoignent
celles de la majorité, c'est en quelque sorte une coïncidence.
Le consensus de tous sert de preuve à la justesse de «leurs»
idées. (...) Le slogan publicitaire « c'est différent
» révèle ce besoin pathétique de différence,
alors qu'en réalité c'est à peine s'il en subsiste
quelqu'une. (...)”
p 25 : “L'homme, - de tout âge et de toute culture
- se trouve confronté à la solution d'un seul et même
problème : comment surmonter la séparation, comment
accomplir l'union, comment transcender sa propre vie individuelle
et trouver l'unicité?”
p 35 : “Ce qui importe, c'est que nous sachions de quelle
sorte d'union nous nous entretenons lorsque nous parlons de l'amour.”
p 39 : “(...) l'amour est une action, la pratique d'un pouvoir
humain qui ne peut s'exercer que dans la liberté et jamais
sous l'effet d'une contrainte.”
p 121 : “(...) Une autre forme d'amour névrotique
se caractérise par le recours à des mécanismes
projectifs dans le but d'éviter ses propres problèmes,
toute l'attention se concentrant sur les imperfections et les faiblesses
de la personne «aimée».”
p 39 : “L'amour est une activité, non un affect passif
; il est un «prendre part à», et non un «se
laisser prendre». (...) l'amour consiste essentiellement à
donner, non à recevoir. (...) Le malentendu le plus courant
est de croire que donner, c'est abandonner quelque chose, se priver
de, renoncer. (...)
Les gens à orientation non-productive ressentent le don comme
un appauvrissement.”
p 40 : “Certains, il est vrai, érigent le don en vertu,
mais en le concevant comme un sacrifice. (...)
Pour un caractère productif, le don revêt une signification
entièrement différente. (...)
Donner est source de plus de joie que recevoir, non parce qu'il
s'agit d'une privation, mais parce que dans le don s'exprime ma
vitalité.”
p 41 : “Que donne un être à un autre?
Il donne de lui-même, de ce qu'il a de plus précieux,
il donne de sa vie.
(...) il donne de ce qui est vivant en lui ; il donne de sa joie,
de son intérêt, de sa compréhension, de son
savoir, de son humeur, de sa tristesse - bref, de tout ce qui exprime
et manifeste ce qui vit en lui.
En donnant ainsi de sa vie, il enrichit l'autre, il en rehausse
le sens de la vitalité en même temps qu'il rehausse
le sien propre.
Il ne donne pas dans l'intention de recevoir, car le don constitue
comme tel une joie exquise.”
p 141 : “La pratique de l'art d'aimer exige la pratique de
la foi. La foi exige du courage, la capacité de prendre des
risques, tout en se tenant prêt à accepter souffrances
et désillusions.”
p 152 : “Dans le système actuel, ceux qui sont capables
d'amour sont forcément des exceptions.”
p 153 : (Dans nos sociétés actuelles) “Toutes
les activités sont subordonnées à des objectifs
économiques, les moyens sont devenus des fins ; (...) Pour
que l'homme soit en mesure d'aimer, il faut qu'il réintègre
la place suprême qui lui revient. (...)
Non, parler de l'amour, ce n'est pas «prêcher»,
car c'est parler d'un besoin ultime et réél en chaque
être humain. (...)
La foi dans la possibilité de l'amour (...) est une foi
rationnelle qui se fonde sur l'intuition de la véritable
nature de l'homme.”
(THE ART OF LOVING, Erich FROMM).
CORRESPONDANCE SUR INTERNET
QUESTION : Que faut-il penser du taux de croissance?
REPONSE : La société de consommation voudrait faire
croire aux gens qu'il faut consommer, c’est à dire
détruire et accroître ce processus pour être
plus heureux en le répétant à l'infini comme
si (étymol) cette addition de destructions consuméristes
permettait de l'être davantage.
Il en résulte la généralisation d'un mythe
au sujet du «tau de croissance» dont on présume
qu'il n'est rien d'autre que la représentation d'activités
bénéfiques pour tout le pays, parce qu'on lui suppose
des retombées fructueuses pour tous. Qu'en est-il en réalité?
Quand les industriels augmentent leurs prix de vente, et quand
les commerçants en font autant, cela augmente le PIB («valeur
ajoutée»), tandis que cela diminue le contenu des porte-monnaies
des consommateurs. C'est cela la croissance dont on nous rebat les
oreilles : c'est le profit des financiers.
Quand les entreprises licencient des ouvriers («restructuration»),
cela augmente leurs bénéfices (moins de frais, plus
de valeur ajoutée c’est à dire de PIB) donc
cela gonfle le tau de croissance.
Conclusion : Cet indice n'est pas un gage de créations d'emplois.
En revanche, l'augmentation du tau de croissance est généralement
le signe d'arnaques financières qui se multiplient et qui
démoralisent la population. C'est un état d'esprit
qui entraîne le gaspillage des ressources de la planète
tout en conduisant à polluer toujours davantage (voir plus
loin) dans un monde souvent violent et cruel, où les gens
endettés et frustrés sont de plus en plus nombreux
à se suicider.
Une croissance grandissante ne garantit donc pas le bonheur. Dans
l'état actuel des choses, cela amplifie plutôt les
injustices et cela accentue l'effet de serre dans un contexte de
surproduction que les soldes périodiques viennent confirmer
plusieurs fois par an. («Travaillez plus...»)
Le bonheur dépend surtout de l'harmonie sentimentale, donc
de la cohérence. Cependant certaines compagnies détruisent
d'immenses forêts à des fins spéculatives, ce
qui diminue la quantité d'oxygène et augmente celle
du CO2. Même constat quand on délocalise, et chaque
fois que le trafic routier augmente, ou qu'on gaspille de l'énergie
pour attirer les clients, par exemple avec des canons à neige
- jusque dans les pays chauds comme à Dubaï! - ou en
chauffant les télésièges des skieurs : («Travaillez
plus, consommez plus, détruisez plus...») on en arrive
à détruire la planète pour se réchauffer
le derrière... ou attirer des clients c’est à
dire pour se procurer de l'argent qui permettra de consommer encore,
consumer, saccager !
En définitive, le souci du taux de croissance illustre la
confusion entre l'être et l'avoir.
Faire ce constat (dans le détachement) permet de plaider
en faveur des valeurs spirituelles, dans l'humilité et la
simplicité, car notre principe existentiel s'avère
évident :
on observe dans l'univers de nombreux signes du souffle de cohérence
qui nous anime et sans lequel il n'y aurait pas de raison pour que
les particules, les atomes, et les molécules s'assemblent
pour créer la vie et cette matière pensante que nous
sommes, capable d'améliorer son sort.
Les indices concordants et les expériences reproductibles
en confirment l'existence :
cette influence dynamique et cohérente nous a gratifiés
d'une vie sensée (car transcendante).
On appelle Dieu la Cause essentielle de ce processus créatif
(universel et cohérent) qui caractérise notre existence
depuis son origine, et qui interpelle les gens de bonne foi.
Quand on aime la vie, on aime son essence et sa source, on en respecte
le sens, conforme au bien.
Il convient d'être conscient de notre essence en vue d'accéder
lucidement à l'authenticité.
Les croyants authentiques respectent la nature, ils refusent le
luxe et la sophistication.
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