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COMITE DE RESISTANCE À L’ INJUSTICE
La Bac dans ses oeuvres dans une cité à Nantes


COMITE DE RESISTANCE À L’ INJUSTICE
8, rue Théodore Géricault
Les Dervallières
44100 NANTES

Des contrôles à répétition
Contrôle du véhicule le 6/04/2002 avec Damien et Tony

Re-contrôle le 08/04/2002

Le 9 Avril 2002
Nouveau contrôle le 09/04/2002 : ils font sortir les occupants du véhicule sans ménagement, sans présenter leur carte de Police, sans brassard, véhicule banalisé.
4 jeunes se trouvent dans un véhicule :
Tony 21 ans chauffeur qui fumait un joint. Donovan 15 ans, David 15 ans, et Sébastien 22 ans écoutaient de la musique. Les policiers leur demandent s'ils ont du shit, le conducteur répond que non. Ils ont fouillé les 4 occupants de la voiture, alors ils se sont mis à fouiller le véhicule en le mettant sans dessus - dessous, en arrachant la banquette arrière ; c'est alors que le conducteur s'est énervé. Les policiers lui ont jeté sa casquette par terre. Ne trouvant pas de drogue dans la voiture un des policiers demande à l'autre s'il y en a ; l'autre répond que non alors le premier dit : « Marque qu'il y en a quand même ! »
Il s'en est suivi avec le conducteur des insultes et des coups. 3 policiers ont mis le chauffeur à terre et l'ont menotté ; ils l'ont insulté : « Petit connard tu vas morfler. »
Donovan intervient poliment pour que les policiers laissent son copain tranquille ; le policier se dirige vers lui, l'attrape par la chaîne qu'il porte au cou. Donovan demande poliment de ne pas lui casser sa chaîne, le policier demande pourquoi. Sur ce il la lui arrache et lui écrase sur le visage. Donovan ne dit rien et regarde sa chaîne, la pose sur le capot de la voiture, et voyant le policier se pencher dans le véhicule repousse la porte sur celui-ci.
Le policier en ressort en colère, se laisse attraper par le cou par Donovan et demande à celui-ci de le frapper.
Donovan répond : « Monsieur, je ne veux pas vous frapper » et il lâche le policier. Le policier fait tomber Donovan à terre, il a voulu lui mettre les menottes mais il ne s'est pas laissé faire. Il lui donne alors un coup de matraque sur la tête en lui disant : « petit con tu vas venir ». Donovan saigne de la bouche.
A ce moment arrivent de faire les courses son frère Freddy et sa copine Aurélie. Ce dernier intervient calmement pour demander ce qu'il se passe. Pour toute réponse, on lui dit : « Toi, 3 de tension casse-toi ».
Freddy insiste et demande au policier de laisser son frère qui est mineur. Il reçoit à son tour un coup de matraque sur la tête, ce qui le met hors de lui. Freddy se dirige alors à son coffre de voiture qu'il a du mal à ouvrir, il en sort une batte de Base-ball pour monter que lui aussi à une matraque. Le policier le tient alors en joue avec son Flash Ball et lui dit : « Lâche ça ou je t'allume ! »
Son oncle Claude intervient et lui retire la Batte de Base-ball des mains en lui disant : « Tu ne vois pas qu'il va te tirer dessus ? » Son oncle remet la Batte dans le coffre.
Mr et Mme Belin, les parents de Donovan et Freddy interviennent pour calmer la situation.
Mr Belin leur dit qu'il est agent de sécurité et leur demande de se calmer pour discuter. Pour toute réponse le policier dit: « Ferme ta gueule, je n'ai pas envie de te causer, t'es un mange-merde, dans les citées vous êtes tous des racailles ». Alors j'ai demandé à un agent qui téléphonait de m'aider à calmer la situation ; il a haussé les épaules. A aucun moment les policiers n'étaient en danger. Il n'y a jamais eu sur les lieux une trentaine de personnes, jamais ils ne sont fait caillasser. Nous étions 8 personnes non agressives mais révoltées.
Nous cherchions à protéger nos enfants.
Un policier blond méché ne voulait pas lâcher Donovan et criait « je l'amène avec moi, je le veux ». Sa soeur enceinte, qui était sur les lieux, demanda au policier de lâcher son petit frère qui avait la bouche en sang. Elle lui a répété plusieurs fois ; le policier l'a alors violemment repoussé. Par réflexe et par peur, elle lui a porté un coup de pied au visage, celui-ci lui a rendu un coup de pied dans la cuisse.
La mère de Donovan intervenant pour demander au policier de libérer son fils, le policier l'a violemment repoussé et lui a dit: « Toi, pétasse, ferme ta gueule ! »
Cette maman est gravement malade: elle se remet d'un cancer du poumon.
Freddy a alors réussi à dégagé son petit frère, en le tirant à lui.
Les policiers sont remontés dans leur voiture et ont attendu au bout de la rue environ 2 à 3 minutes. Distance de l'altercation: 50 mètres.
Ils sont partis avec le chauffeur du véhicule (Tony Le Roux). Dans la voiture, les insultes ont continué : « Toi et tes copains de merde, vous allez morfler ».
Au poste de police, tout s'est bien passé, ce n'était pas les mêmes policiers. Sauf qu'ils n'ont pas voulu prendre la plainte du papa et de la maman de Donovan (1 5 ans). Ils nous ont demandé de revenir demain.

MERCREDI 10 AVRIL 2002

Apprenant que Tony, le chauffeur de la voiture interpellé la veille, venait d'être relâché, quelques personnes ont souhaité prendre des nouvelles de ce dernier et connaître de plus amples détails. Il y avait Mr et Mme BELIN.
Mme Samzum, Mme Le Roux, ainsi que quelques jeunes dont Freddy, Kelly et Donovan.
Vers 19 heures, une armée de policier arrive sur le Parking rue Théodore Gericault dont 3 scénics pleins, une vingtaine d'ilotiers, 2 maîtres chiens, plusieurs camions de CRS et 3 voitures de la BAC (dont les 4 policiers identifiés de la veille).
Nous avons été encerclés en un éclair. Les 4 agents de la veille ont commencé à taper sur tout ce qui bougeait.
Mr Belin est intervenu pour dialoguer. Il a dû hausser le ton pour se faire entendre, mais personne ne prêtait attention à son égard.
Les policiers s'en sont pris à Donovan qui était à côté de son père : Ils l'ont jeté à terre et menotté alors qu'il n'opposait aucune résistance. Mr Belin leur demandait de bien vouloir cesser de s’acharner sur son fils. Ils étaient malgré tout très menaçant avec leurs matraques et lui ont dit au papa de Donovan : « Ferme ta gueule, toi, tu dégages ».

JEUDI 11 AVRIL 2002

Monsieur BELIN Dominique et sa femme, ainsi que sa belle-sœur Christiane BELIN (mère de Gary) se rendent à l'hôtel de Police pour porter plainte. Madame BELIN Christiane est entendue soit disant par la police des polices, mais n'ayant pas reçu de récépissé nous ne savons pas si la plainte a été prise en compte.
Pour Monsieur BELIN Dominique on lui ajuste fait faire une main courante. On a refusé de recevoir Madame BELIN Christelle.
Monsieur BELIN Claude, l'oncle de Freddy, est venu témoigner au sujet de la batte de base-ball. Déposition qui correspond mot pour mot à celle de Freddy. Cette déposition n'a pas été prise en compte par le juge car Monsieur BELIN Claude est l'oncle de Freddy. Quatre ou cinq policiers gentils nous ont informés qu'ils ne savaient pas comment démêler cette affaire qui était un chiffon et que chez eux aussi il y avait des véreux.
Ils nous ont dit qu'ils voyaient bien que nos enfants étaient gentils et polis et que ce n'étaient pas des voyous. Par contre, ils nous ont dit de ne pas les laisser traîner avec Tony LE ROUX car c'était un pourri. D'où peuvent-ils tenir ces propos alors que Tony n'a aucun casier judiciaire ?
Monsieur BELIN et sa femme ainsi que leur belle-sœur Christiane étaient assis sur un banc au premier étage. Un policier a demandé à un autre ce que l'on faisait là. L'autre policier a répondu qu'ils venaient témoigner pour l'affaire BELIN. Il a demandé si nous avions été auditionnés, l'autre policier a dit oui alors il a répondu : « Faites-les descendre en bas, ici ce n'est pas un zoo ». Les policiers nous ont remis notre fils Donovan (mineur), sa garde à vue était terminée. Ils ne nous ont ni fait lire ni signer sa déposition. Même chose pour Aurélie JARSALE, 17 ans et Jérôme BELIN, 16 ans : est-ce bien légal ?
Kelly a été relâchée à 17H30 après une garde à vue de 24 heures, cela a été très pénible pour cette jeune femme enceinte en arrivant au poste de police. Le blond méché de la BAC lui a dit : « Descend grosse merde ! ». Elle n'a ni bu ni mangé pendant sa garde à vue ainsi que ses deux frères, c'est inhumain.
Aurélie, la copine de Freddy nous dit que le blond à lunettes baraqué de la BAC lui a dit: « Allez, ramène ton singe !», en parlant de Freddy.

VENDREDI 12 AVRIL 2002

Nouveau contrôle de policiers (une trentaine dont deux maîtres-chiens).
Sont présents à ce moment devant chez eux: Monsieur et Madame BELIN, Madame RABEL et son fils Franc (handicapé), Madame LE ROUX, Kelly BELIN, Donovan BELIN, Aurélie JARSALE, Caroline DINER, Corinne METAYER. Voyant les policiers arriver, Monsieur BELIN leur dit: « Qu'est ce que vous voulez encore ?», un policier répond: «Contrôle d'identité Monsieur ». Madame BELIN leur dit: « Vous nous avez contrôlés hier », le policier répond : « Pas nous ! »
Ils demandent aux gens de se diriger vers le parking de peur de recevoir des objets qui pourraient tomber des fenêtres. Ils nous poussent dans le dos pour nous regrouper au milieu du parking :
« Nous ne sommes pas du bétail ». Ils contrôlent tous les gens présents et les fouillent: est-ce bien légal ? Ils s'en prennent encore à Donovan qu'ils poussent à plusieurs prises, le fouillent et jettent ses affaires au sol pour qu'il s'énerve. Ses parents présents lui disent de ne pas répondre à cette provocation, ce que fait Donovan. A ce moment-là un licier s'en prend au petit Franc RABEL, handicapé. Il le prend par le col de la chemise et demande ses papiers. Le gamin ne comprenant rien se serre le cœur avec les deux mains et met à pleurer. Nous nous sommes tous mis à crier: « Laissez-le, il est handicapé ! » Sa mère intervient, leur dit de laisser son fils, les policiers lui répondent : « Vous n'avez pas à être ici ». La darne répond: « Je voulais rentrer chez moi quand je vous ai vu arriver car avais peur mais un policier m'a dit d'aller au milieu du parking, il faudrait savoir ce que us voulez ».
Sur ce ils ont passé tout le monde au fichier. Ayant des réponses négatives ils sont tous repartis : à quand la prochaine provocation ?
Avant nous avions peur des vrais délinquants, maintenant les adultes comme les enfants ont peur de la police. Si nous étions dangereux, un îlotier ne serait pas revenu seul le lendemain le parking. Aucune vengeance, aucune haine de la part des habitants, ils voudraient juste comprendre.
Un policier a dit à Kelly et Freddy : « Avant vous n'aviez pas de casier judiciaire, maintenant vous en avez un ».
Moi, Monsieur BELIN, je suis maître chien et m'occupe des jeunes du quartier qui sont vraiment faciles. La porte de chez-moi n'a jamais été fermée à clé. Maintenant quand je m'en vais travailler la nuit, ma femme la ferme car elle a peur de la police.
Après cela, ils s'en sont pris à Freddy. 4 d'entre eux l'ont violemment interpellé alors que celui-ci n'opposait aucune résistance. Ils lui mettaient des coups de coude dans les côtes et lui ont dit : « Toi, connard, tu vas morfler ».
De désespoir, Freddy a crié à son père : « ce n'est pas la peine de travailler dans la sécurité et de ne rien pouvoir faire pour nous ». Cri de désespoir d'un fils face à son père impuissant devant tant de violence.
Le policier blond de la veille s'en est pris à Kelly (celui qui, la veille avait reçu un coup de pied par elle).
Il s'est dirigé vers Kelly en disant : « Tu vois ça, tu vas le payer, pétasse » en lui faisant voir sa joue marquée de la veille.
Il l'a attrapée violemment et l'a jetée dans la voiture. Ensuite, il l'a menottée et giflée violemment.
Mme Belin a demandé au policier de se calmer et d'arrêter de frapper sa fille. Il lui a répondu ferme ta gueule, ta fille, t'es pas prête de la revoir ».
Un policier crie à son collègue « Greg, on t'a vengé ». Celui-ci répond « de toute façon, ils vont morfler, car le procureur vient de perdre sa fille ».
Dans la voiture, les insultes ont continué : « ferme ta gueule pétasse », « mange-merde, tu vas accoucher entre 4 murs ».
Sur ce, le policier blond est ressorti du véhicule et s'est dirigé vers un jeune du quartier qui regardait la scène les mains dans les poches. Le policier l'a matraqué au visage sans raison particulière. Aucun autre policier n'est intervenu pour porter secours au jeune blessé.
Un autre jeune témoin de la scène a pris peur et s'est enfui en courant. C'est alors qu'un maître-chien a donné l'ordre à son chien d'attaquer. Le chien était sans muselière.
Le chien attrape la victime par le pantalon et le fait tomber à terre. Le jeune se met aussitôt en boule; c'est alors que plusieurs agents arrivent et lui portent plusieurs coups de pieds dans les côtes. Ils le menottent et l'emmènent au poste.
S'apercevant de leur faute professionnelle sur ce jeune, ils le relâchent dans de drôles de conditions. Ils l'ont relâché à 2 km de chez lui, tout en sachant qu'il était mineur. Ils auraient soit le déposer chez lui, soit appeler ses parents pour qu'ils le récupèrent au poste de police.
Des policiers pourchassent un autre jeune. Ne réussissant pas à le rattraper, le policier blond méché a dit « je le veux ». Un autre policier dit à son collègue « arrête tes conneries, maintenant ça suffit, on remonte ». La police frappait sur tous les jeunes.
Suite à cela, plusieurs certificats médicaux ont été établis.
La police est repartie en disant « maintenant on a ce qu'on veut, on peut se tirer».
En laissant le gamin en sang, sans prévenir les secours, ce sont les habitants qui ont fait le nécessaire. Ce qui ne fut pas simple, les pompiers avaient peur d'intervenir sur le site.
Nous avons insisté en leur précisant que nous n'étions pas des sauvages et que nous avions besoin de leur intervention. Ils nous ont demandé si la police était sur place ; nous leur avons répondu que non.
Les pompiers sont intervenus 20 minutes plus tard.
A l'hôpital, ils se sont simplement contentés de recoudre l'arcade sourcilière de Garry. Ils n'ont pas voulu faire de radio alors qu'il avait le nez cassé.
Ils ont refusé de délivrer un certificat médical sachant qu'il s'agissait d'une histoire avec la police.
La mère de l'enfant a dû faire appel à S.O.S médecins pour la suite des soins. Elle s'est ensuite dirigée à l'Hôtel de Police pour y déposer une plainte. Les policiers ont refusé prétextant que l'enfant pouvait aller à l'école le lendemain.


VOICI LES QUESTIONS QUE NOUS NOUS POSONS

· Pourquoi tous ces contrôles le 6, le 8 et le 9 avril 2002 sur le même chauffeur par les mêmes policiers ?
· Pourquoi la police n'a-t-elle pas présenté de carte ?
· Pourquoi la voiture était-elle banalisée ? Pourquoi n'était-elle pas identifiée "Police" ?
· Pourquoi n'avaient-ils pas de brassards ?
· Ont-ils le droit de fouiller un véhicule et d'arracher les sièges sans autorisation ?
· Pourquoi tous les incidents d'insécurité se rapportent-ils à ce banal contrôle ?
· Pourquoi ce chiffon dans le journal juste avant les élections alors que les gens de la rue Théodore GERICAULT sont des gens tout à fait respectables ?
· Pourquoi s'en prennent-ils à Donovan qui demande poliment de laisser son copain ?
· Pourquoi tant de non-respect envers les adultes présents alors qu'ils cherchaient des explications ?
· Pourquoi se disent-ils en dangers alors qu'ils téléphonaient tranquillement ?
· S'ils étaient vraiment en danger, pourquoi avoir attendu deux à trois minutes au bout de la rue ? (distance à 50 mètres de l'altercation).
· Pourquoi disent-ils que l'on était 30 bêtes furieuses alors que l'on était 8 personnes tentant de s'expliquer ?
· Qu'appelle-t-on un «énorme pétard » dans la police ?
· Madame METAYER à été entendue par la police des polices pour le petit Gary, 13 ans. On ne lui a pas demandé la description de l'agent qui a frappé l'enfant, alors qu'on l'avait fait témoigner pour cela. Pourquoi ?
· Mademoiselle DINER Caroline a témoigné en faveur de Freddy. La police l'a cru mais a essayé de l'embrouiller. Caroline a vu mettre une phrase qu'elle n'avait pas dite, elle l'a aussitôt fait retirer. Ils lui ont dit qu'ils feraient payer Freddy pour une soit disant personne qui avait une matraque télescopique, que vont-ils encore inventer ?
· Pourquoi tant d'histoires pour un banal contrôle ? La BAC n'a-t-elle donc rien d'autre à faire ?
· Aucun de ces jeunes n'est dangereux. Pourquoi la BAC s'acharne-t-elle sur eux et ses habitants d'une rue devenue tranquille en combattant l'insécurité ?
· A plusieurs reprises Freddy a demandé à être confronté avec le policier qui a soit disant reçu un coup de batte de base-ball, pourquoi lui a-t-on refusé ?

Il y aurait beaucoup d'autres questions à se poser.


Lettre envoyée au Maire et Député de Nantes, Président su groupe Parti Socialiste à l’Assemblée Nationale. Elle est restée sans réponse. Lors de la rencontre avec Monsieur Maréchal premier Adjoint Monsieur Belin a été écouté mais on lui a dit qu’il fallait comprendre les policiers, qu’ils étaient stressés avec tout ce qui se passe.
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Nantes, le 15.04.2002.
M. Dominique BELIN
8, rue Théodore Géricault
44100 NANTES
( 02.40.43.71.77.

A l’attention de M. Jean Marc Ayrault

Monsieur;

Je vous conjure de lire attentivement le dossier joint.
Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire.
Dans l’attente d’une réponse, je vous prie d’agréer, Madame / Monsieur
L’expression de mes sentiments distingués.
Dominique BELIN.

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La presse a refusé de publier un droit de réponse suite aux articles qui relataient les faits selon le point de vue de la police.
Dossier envoyé aux élus de la région :
CRI
Comité de résistance à l’injustice
8, rue Théodore Géricault
Les Dervallières
44100 NANTES

Suite à l’interpellation violente de 4 jeunes gens résidants dans une cité de Nantes, je tiens à faire part des quelques réflexions suivantes quant à la façon d’interpréter des faits qui risquent d’induire le chaos pour des habitants révoltés.
Jeudi 11 avril 2002, les médias ont évoqué à travers la presse écrite l’agression dont ont soit disant été victimes 4 agents de la Brigade Anti Criminalité. Ils ont également évoqué l’interpellation de quelques individus dont 3 sont mes enfants !
Des enfants dont le casier judiciaire est vierge.
Des enfants à qui j’ai transmis une éducation saine dans un contexte de vie extrêmement difficile.
Des enfants à qui je fais confiance et pour qui
j'envisage un futur heureux.

Pourquoi un père de famille qui combat l’insécurité et ses 3 enfants non-violents «pètent-ils les plombs» ?
Pourquoi Tony (un jeune garçon «sans histoires») «pète-t-il les plombs» ?
Comment Donovan (un garçon de 15 ans) réussit-il - soit disant - à maîtriser seul un agent de la B.A.C. surentraîné et trié sur le volet ?
Comment ces mêmes agents peuvent-ils dans le même temps échapper - soit disant - à 30 personnes agressives regroupées sur les lieux de l’incident ?


LES FAITS.
Interpellation mardi 09 avril 2002, vers 19h00.
Un des quatre jeunes garçons présents dans le véhicule fume effectivement du cannabis.
La suite relève d’un processus de provocation malheureusement commun et
regrettable au sein «des cités».
Ainsi, je me permets d’affirmer que les agents de la B.A.C. présents ce soir là sont largement responsables de la dégénérescence agressive de l’incident. Je me permets d’affirmer que les agents de la B.A.C. présents ce soir là ont initié le processus de provocation.
Quoiqu’il en soit:
Jamais mon fils Donovan (15 ans) n’a porté de coups à un agent de la B.A.C.
Jamais mon fils Freddy (20 ans) n’a frappé un agent de la B.A.C. avec une batte de base-ball.
Jamais personnes n’a jeté de pierres sur les agents de la B.A.C. à ce moment.
Jamais le nombre de personnes présentes sur le site à ce moment n’a été supérieur à 8.
Jamais la situation n’est devenue réellement confuse.
Par contre:
Des agents de la B.A.C. ont effectivement essuyé des jets de pierres l’après-midi précédant l’interpellation ! Cette histoire n’a strictement rien à voir avec l’incident du soir (individus différents que précisément nous condamnons au sein du quartier) !
Ma fille Kelly (23 ans) a effectivement frappé une fois, à coup de pied, un agent de la B.A.C. Je me permets ici de faire remarquer qu’elle s’est laissée emportée par un instinct de défense maternel et filial; instinct de défense de son petit frère agressé !
Mercredi 10 avril 2002, vers 19h00, une cinquantaine d’agents de police ont investi le quartier pour procéder violemment à trois interpellations !
Ils ont brutalisé des individus (un enfant de 13 ans, un jeune handicapé…) qui n’ont pourtant pas entravé l’action des forces de police !
Je n’ai pas signé la déposition de mon fils âgé de 15 ans !
Je fais ici grâce des insultes que les agents de police ont proférées à l’encontre des habitants du quartier… de leurs injonctions vengeresses.

Les quatre jeunes gens interpellés ont tous évoqué les faits de façon sincère et honnête quand il me semble que la version des mêmes faits dite «de la police» est délibérément tronquée. Un jeune homme de 20 ans «sans histoires», honnête et «travailleur» est actuellement en détention provisoire alors qu’il n’a fait «de mal» à personne. Une jeune fille de 23 ans et un garçon de 15 ans sont placés sous contrôle judiciaire alors qu’ils n’ont pas commis de crime. Je lance ainsi un appel au bon sens collectif et social. La vie dans les «cités» est largement assez pénible pour qu’on n’y ajoute pas le fardeau d’amalgames injustes et destructeurs. J’ose espérer que cet appel sera entendu afin de pouvoir continuer à inculquer les formes élémentaires de respect de l’ordre social à mes enfants. Afin qu’ils puissent continuer à vivre. Afin que la morale dite «citoyenne» que j’ai enseignée reste crédible.

Un père qui n’excuse rien, qui veut savoir et qui veut comprendre,

Dominique BELIN.


Dossier récapitulatif :
CRI
Comité de résistance à l’injustice
8, rue Théodore Géricault
Les Dervallières
44100 NANTES

PERSONNES FRAPPES (ayant un certificat médical)
· Gary BELIN (13 ans) : 30 jours I.T.T. , arcade sourcilière éclatée, nez cassé par un « grand blond méché à lunettes » de la BAC.
· Jérôme BELIN (16 ans) : 3 jours I.T.T. , multiples contusions faites par un maître-chien (qui a lâché son chien sans muselière) ainsi que trois policiers en uniformes dont un de couleur.
· Erwan BERTRET (20 ans) : 8 jours I.T.T. , coup de matraque dans le dos par un agent de la BAC.
· Donovan BELIN (15 ans) : 7 jours I.T.T., multiples contusions sur le corps et le visage faites par un « petit blond méché » de la BAC, qui lui a délibérément cassé sa chaîne qu’il portait autour du cou et écrasé sur le visage par provocation.
· Aurélie JARSALE (17 ans) : 5 jours I.T.T., multiples contusions sur le corps et le visage faites par un « petit brun dégarni au niveau du front » de la BAC.

PERSONNES FRAPPES (n’ayant pas de certificat médical)
· Kelly BELIN (23 ans, enceinte) : violemment giflée par le « petit blond méché » de la BAC.
· Stan (15 ans) : une énorme bosse due à un coup de matraque sur la tête donné par le « grand blond méché à lunettes » de la BAC.
· Bruno TOUJERON : intercepté violemment de son vélo et jeté sous un camion en stationnement (alors qu’il revenait de son travail) par plusieurs agents de la BAC.
· Freddy BELIN (20 ans) : un coup de matraque sur la tête donné par le « petit brun dégarni au niveau du front » de la BAC.
· Tony LEROUX (21 ans) : frappé par le « petit brun dégarni au niveau du front » et le « grand blond méché à lunettes » de la BAC.

PERSONNES BOUSCOULEES VIOLEMMENT
· Franc RABEL (17 ans, handicapé mental faisant parti d’un institut) : très choqué, certificat médical à l’appui.
· Sébastien (19 ans).
· David (15 ans).
· Sabrina SIMOES (18 ans) avec son bébé de 2 mois qu’elle a manqué de faire tomber.
· BELIN Chrystelle (41 ans) qui se remet d’une opération due à un cancer du poumon (est toujours traitée sous morphine) : bousculée violemment par « un petit blond méché » et « un grand brun » de la BAC.
· Steven PIERDON (10 ans) : menacé avec une matraque car il se trouvait sur leur passage.
· Dominique BELIN (46 ans, agent de sécurité) : menacé par une matraque par le « grand brun » parce qu’il tentait de dialoguer.

INSULTES PROVENANT DES AGENTS DE LA BAC
· « p’tit connard, tu vas morfler ! »
· « petit con ! »
· « toi, trois de tension, casses-toi ! »
· « fermes ta gueule ! »
· « mange-merde »
· « racaille »
· « toi pétasse, fermes ta gueule ! »
· « toi et tes copains de merde vous allez morfler ! »
· « fermes ta gueule toi ! dégage ! »
· « connard, tu vas morfler ! »
· « tu vas le payer, pétasse ! »
· Le « petit blond méché » de la BAC à Chrystelle BELIN (la mère de Kelly) : « fermes ta gueule, ta fille t’es pas prête de la revoir, elle va coucher entre quatre murs ! »
· Le « petit blond méché » de la BAC à Kelly : « fermes ta gueule pétasse, tu vas coucher entre quatre murs ! » , « grosse merde ! »
· Au poste de police un agent nous a dit : « ici c’est pas un zoo ! »
· A Aurélie (en parlant de Freddy) : « ramène ton singe ! »

LE 10/04/2002
J’expliquais à un policier de couleur que l’on n'avait rien fait, il ne répondait pas mais souriait.
Je l’ai vu partir en courant et j’ai compris par la suite que c’est Jérôme qu’il poursuivait pour le frapper.

LE 12/04/2002
Au nouveau contrôle il était toujours présent en souriant pour me narguer.

CONCERNANT FREDDY BELIN
Freddy a demandé à plusieurs reprises à être confronté au policier de la BAC qui le tenait en joug avec son Flash ball, lui seul peut l’innocenter : pourquoi lui a-t-on refusé ce droit ? Il faudrait pouvoir faire témoigner ce policier au tribunal.

POINT DE VUE D’UN PERE, AGENT DE SECURITE ( POLICE PRIVÉE)
Ce qui m’a le plus frappé c’est de voir la haine dans les yeux des policiers, ce qui fait très peur car je crois que s’ils en avaient eût le droit, ils nous auraient tués.



Pour terminer signalons que Freddy a fait 15 jours de prison préventive (pour rebellion, injures et coups sur agents des forces de l'ordre), que les plaintes n'ont toujours pas été acceptées par la police, que les journaux refusent toujours de donner le point de vue du Comité. Seule Radio Alternantes (une radio associative locale qui émet sur 98.1) a donné la parole à ce regroupement. La police des polices s'est déplacée suite à la plainte déposée et acceptée suite aux dégats provoqués par le chien policier.


La photo de Garry est assez explicite :



BAC est l'abréviation de Brigade Anti-Criminalité