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Entre autonomie et dépendance dans les relations affectives
Tentative d’une lecture psycho-politique et anti-sexiste


Flagrant délit n° 10 (1999)

Entre autonomie et dépendance dans les relations affectives
Tentative d’une lecture psycho-politique et anti-sexiste
1. Etre un homme ça veut dire quoi ou d’où vient le modèle normatif de la masculinité ?
2. Le rôle de la famille
3. Les limites d’une approche purement psychologique de la question
4. Psycho-thérapie: instrument de libération ou de dépolitisation?
5. Au-delà du psychologique, la domination masculine...
6. La sortie, c’est par où ?
7. Conclusion

Ce numéro de Flagrant délit sur les rapports entre femmes et hommes m’a posé certains problèmes, un certain mâle-aise pourrais-je dire. Il est en effet plus aisé de parler de la fin du travail et du mouvement ouvrier que d’un sujet qui nous touche, et qui me touche, au plus profond. On se révèle beaucoup plus en parlant de ce genre de sujet que sur n’importe quel autre, et pas forcément sous son jour le plus flatteur. J’ai donc passé plusieurs semaines à retourner le sujet dans tous les sens avant de me lancer dans l’écriture. Je me suis réfugié dans un premier temps derrière l’idée du compte-rendu de bouquin pour ne pas avoir à trop parler de moi. Cela ne m’a pas paru satisfaisant. J’ai donc décidé de partir d’une réflexion plus personnelle qui peut néanmoins intéresser toute personne qui réfléchit sur les relations entre femmes et hommes et qui essaie qu’elles ne se fassent pas sur un mode hiérarchisé, mais d’égale à égal. Pour que mon propos soit un minimum situé, je préciserais que je suis un homme (un mâle-appris du moins) ayant eu des relations amoureuses hétéro-sexuelles, frisant la trentaine, salarié précaire à l’université. J’ai commencé mes luttes politiques dans la foulée de l’initiative "Pour une Suisse sans armée", puis avec le féminisme dans le cadre de la grève des femmes de 1991, j’ai passé ensuite par quelques groupes de l’extrême-gauche et je milite actuellement dans un groupe anti-autoritaire à très forte sensibilité libertaire et féministe.

A la base de cet article donc se trouve un questionnement sur ma propre trajectoire, sur ce qu’elle peut avoir de plus général, ce qu’elle pourrait permettre de comprendre sur les mécanismes, parfois subtils, parfois moins, de la perpétuation de la domination masculine qui doivent nous pousser à aller au-delà du personnel, pour une transfor-mation politique du personnel, comme le suggère un livre intéressant paru récemment (1). Je tiens à préciser ici que ce questionnement n’est pas le fruit d’une réflexion solitaire mais qu’il s’est nourri des nombreuses discussions et expériences que j’ai pu avoir le plus souvent avec des femmes, amantes ou amies.

Au coeur de cet article se trouve ainsi une réflexion qui me poursuit depuis quelque temps déjà et qui, je crois, dépasse mon simple cas personnel. Sans vouloir généraliser, ni dire que des femmes ne sont pas confrontées à ce genre de problématique, je vais essayer de discuter ici de la difficulté que j’ai rencontré avec les femmes à m’engager dans une relation amoureuse durable (2). Dans mes relations avec les femmes, et particulièrement les relations amoureuses, il m’a toujours paru difficile de pouvoir exprimer ce que je ressentais pour l’autre, à assumer la relation et le travail relationnel qui l’accompagne, à ne pas avoir peur lorsque la relation s’inscrit dans une certaine durée. Bien sûr que l’on est pas obligé de tout se dire, de tout exprimer. Mais je pense, même si j’ai de la peine à me l’appliquer, que les relations entre hommes et femmes gagnent si elles sont un minimum explicitées, ne serait-ce que parce que l’on vit souvent la même situation de manière différente. Derrière cette question se trouve finalement celle de savoir qui se charge de l’entretien de la relation, de la gestion de l’émotionnel à l’intérieur du couple et pourquoi ce sont le plus souvent les femmes qui s’en chargent. La question centrale de cette contribution peut ainsi se résumer à la question de savoir d’où cela vient-il et comment le dépasser pour arriver à des rapports plus égalitaires.

Avant de discuter de cette question, j’aimerais souligner que, pour ma part, un changement possible dans les rapports hommes-femmes, passe par une plus grande prise en charge par les hommes de la question du lien et de la relation, dans un couple et plus largement avec ses amis, sa famille ou ses collègues de travail. Toute la question étant de savoir par quel moyen ce changement s’opérerait, sachant que pendant longtemps en effet je me suis reposé sur une prise en charge de l’affectif par les femmes qui m’entourent? Cela peut commencer par des discussions entre hommes qui débordent des habituels sujets de discussion souvent extérieurs à ce que l’on ressent intérieurement, de manière informelle ou plus organisée, où l’on apprend à mieux se connaître, à mieux se comprendre, à être davantage en contact avec soi-même et ses émotions, et donc à mieux être à l’écoute des autres. Cela peut prendre la forme de thérapies, ou d’autres méthodes, qui seront discutées plus loin.

Dans les lignes qui suivent, j’aimerais essayer de comprendre d’où provient cette difficulté à m’exprimer sur mes sentiments les plus profonds, en quoi c’est à la fois un problème individuel et collectif, que cela s’inscrit dans les rôles et répertoires différenciés que l’on a à disposition selon son sexe, rôles qui s’inscrivent eux-mêmes dans un rapport inégalitaire entre les hommes et les femmes que l’on qualifie en général de domination masculine ou de sexisme. La peur ou la difficulté de s’engager, de s’occuper de la dimension affective du couple ou de la relation dans un cadre moins "rigide" ont en effet eu pour conséquence des histoires sentimentales où j’ai fait souffrir l’autre, sans forcément le vouloir, et où j’ai souffert moi-même. Alternant des phases d’attraction, de rapprochement et de séduction avec des phases de mise à distance, voire de fuite, mes relations affectives se sont davantage construites sur le rapport de force que sur la légèreté et la liberté dans une relation affective pleinement assumée et heureuse. Avant de voir si cela "se soigne", voyons d’où cela vient-il.

1. Etre un homme ça veut dire quoi ou d’où vient le modèle normatif de la masculinité ?

Cela semble assez classique de voir l’origine de ce type de comportement dans les stéréo-types et stéréo-nanas (3) que nous avons chacun et chacune à disposition selon notre sexe, ou plutôt selon son genre, concept féministe qui rend mieux compte de l’idée que les répertoires à notre disposition sont avant tout culturels, construits socialement dit-on en sociologie (4). Bien sûr que ces modèles ne sont pas immuables, qu’ils sont partagés et intégrés à des degrés divers selon les personnes. Disons qu’ils sont des tendances lourdes mais pas définitives, puisqu’ils sont en permanence l’objet de luttes quant au maintien ou la transformation de ce que l’on entend par être un mec ou être une nana. Pour Daniel Welzer-Lang, le genre masculin "se construit en opposition hiérarchique avec le féminin. Pour accéder au statut d’hommes, les garçons doivent montrer des signes redondants qu’ils sont différents des femmes. Apprentissages des codes virils et de la violence (violence contre soi et son corps pour correspondre à la normalité masculine, violence entre hommes, violence par suite contre les femmes) sont concomitants et associés au plaisir de l’homosocialité masculine" (5).

L’idéal masculin, au centre duquel nous trouvons la virilité, dont l’origine remonte sans doute à l’Antiquité grecque en passant par le Moyen-Age, semble avoir joué un rôle historique dans la seconde moitié du 18e siècle et au début du 19e siècle. Il a imprégné à la fois la Révolution française, les mouvements conservateurs et ouvriers (6). La révolution industrielle et la séparation entre les espaces de production et de reproduction, l’usine et le foyer, ont joué un rôle crucial en confortant les stéréotypes genrés. Une séparation claire s’effectue ainsi entre sphère publique réservée aux hommes et sphère privée, lieu des affects et de l’intimité, "royaume" de la femme-ménagère où le guerrier-laborieux-travailleur peut enfin laisser tomber son masque officiel.

Au niveau du couple traditionnel, ces stéréotypes ont conduit à une division assez nette selon la terminologie de Talcott Parsons: le mari joue un rôle instrumental pour sa famille (pourvoyeur de revenu) et la femme se charge du rôle expressif (être attentive à lui, lui exprimer de l’affection) (7). La plupart de nos parents, de la génération d’après-guerre, ont fonctionné sur ce modèle, et nous sommes encore en grande partie sous son influence. Du moins c’est mon cas.

Il faudrait nuancer en partie car avec l’apparition du mariage d’amour (qu’il ne s’agit pas ici d’idéaliser puisque l’amour, en tant que construit social, a longtemps servi, et sert encore souvent, à invisibiliser la domination masculine (8), cette division des rôles n’est plus aussi nette, du moins dans le discours. Il y a en effet une attente, peut-être surtout de la part des femmes, de trouver son âme soeur/frère dans le couple, celle avec qui l’on pourrait tout se dire, tout s’échanger. La nouvelle norme est une recherche d’authenticité, réconciliant le soi intime avec le soi statutaire accessible aux deux conjoints dans des échanges verbaux, le "couple moderne" apparaissant comme le lieu de la construction mutuelle et la réalisation de chaque conjoint (9). Dans la famille contemporaine, nous dit François De Singly, "le conjoint a pour fonction centrale d’assurer la fonction de validation de l’identité de son co-équipier" (10). Dans ce modèle, l’homme ne peut plus rester dans son rôle instrumental, mais doit s’investir dans un rôle plus expressif. Y arrive-t-il? Ce modèle est-il un piège pour les femmes qui formulent des attentes envers les hommes qui ne peuvent que les conduire à être malheureuses, à s’aliéner dans l’attente vaine d’un prince charmant qui n’existe que dans les contes pour jeunes filles sages? Qu’est-ce qui fait que c’est si dur pour les hommes, et donc pour moi, de s’ouvrir à une autre façon d’être? Ce modèle n’est-il pas pourtant un moyen de casser la domination masculine et le sexisme à partir du moment où les deux partenaires sont dans des rôles non différenciés et donc dans un rapport égalitaire? N’est-ce qu’un moyen de perpétuer cette domination, chacun restant en fait pris dans ces stéréotypes? L’homme n’a-t-il pas tout à gagner à pouvoir ouvrir son coeur, à être en contact avec ses émotions? Est-ce si dur de casser les méca-nismes, le plus souvent inconscients, qui m’ont conduit à me construire une protection à la "The Wall" de Pink Floyd?

2. Le rôle de la famille

La famille d’où l’on vient occupe une place centrale dans la construction de son identité de genre (et de classe), dans les répertoires et les modèles qu’elle fournit pour s’identifier à son propre sexe (et à sa classe). Bien sûr qu’au coeur de ces mécanismes de définition se trouve notre propre rapport à nos parents. En tant que garçon je m’identifie à mon père, plutôt absent en fait (11), comme le sien du reste. Je construis également mon rapport aux femmes à travers mon rapport à ma mère: surinvestissant ce rôle auquel la société sexiste l’a conditionnée et pensant bien faire en étant une bonne mère, elle en faisait peut-être trop pour ses enfants et pas assez pour elle. Trop présente, donc perçue comme trop envahissante, elle a projeté sur moi ce qu’elle aurait voulu que je sois. Il n’y a sans doute là rien d’original dans les rapports parents-enfants dans la petite-bourgeoisie ascendante des années ‘80. Il ne s’agit donc pas de reproches personnalisés ou de régler ici des comptes avec mes parents, mais d’essayer de poser les choses pour réfléchir sur des mécanismes liés à une division traditionnelle des rôles qu’il s’agit, elle, de remettre en question, de critiquer et d’essayer de dépasser. Ces rôles traditionnels genrés, présentés ci-dessus, m’ont conditionné également et expliquent en grande partie mes difficultés actuelles à exprimer mes sentiments et mes désirs, à faire des choix et à ne pas avoir peur lorsque la relation semble s’inscrire dans une certaine durée. Pour l’homme, acquérir des compétences en matière d’écoute et de gestion de l’émotionnel permet ainsi de pouvoir y répondre sereinement et non pas par la fuite, le silence ou la violence physique, et de ne pas voir dans l’investissement affectif des femmes le retour d’une mère envahissante.

Cela n’est pas facile comme enfant, puis comme adolescent, d’exprimer ses propres désirs lorsque l’on est confronté à ceux de ses parents, et de sa mère en particulier qui s’occupe de tout, ce qui, il faut bien l’avouer, est agréable, rendant d’autant plus difficile la rupture avec ce modèle. Mon adolescence a peut-être davantage été une réaction en opposition à ces pressions que l’expression d’envies personnelles. Ce n’était pas un âge où je pouvais analyser ce qui se passait, mais simplement réagir, par la boisson, la musique et la coupe de cheveux qui choquaient mes parents, l’enfermement dans ma chambre, l’échappatoire des virées entre copains, où nous ne parlions que rarement, du reste, de ce que nous ressentions. J’étais évidemment également en réaction contre mon père qui n’était pas présent, pris lui aussi dans ce modèle de l’homme pourvoyeur d’argent, mal à l’aise dans l’expression de ses sentiments et de son affection. En dépit de son absence, il n’en faisait pas moins autant pression sur la voie professionnelle qui m’attendait plus tard, reprendre sa boîte, ma soeur en serait elle la secrétaire, rôle correspondant bien à la division sexuée du monde qu’avaient mes parents. Sans doute s’agit-il d’un processus normal de la construction de la personnalité que de passer par une phase d’opposition qui nous fait acquérir une personnalité et une identité propres.

3. Les limites d’une approche purement psychologique de la question

Pour essayer de trouver des réponses à mes questions sur la difficulté des hommes à exprimer ce qu’ils ressentent ou à s’engager, je me suis baladé dans une librairie à la recherche d’ouvrages pouvant m’éclairer. Les ouvrages féministes n’étant pas spécialement mis en évidence dans les rayons, je suis tombé très rapidement sur des livres de psychologie proposant des réponses qui me laissent sceptique mais qu’il me semble intéressant de discuter, ne serait-ce qu’en raison de leur nombre de lecteurs et de lectrices. Le type d’argumentation est d’ailleurs assez proche de certains magazines féminins.

Ainsi, après "Ces femmes qui aiment trop" est paru "Ces hommes qui ont peur d’aimer" (12). N’insistant pas sur les ressorts sociaux sexistes au coeur de pratiques genrées différenciées, ni ne remettant en cause la domination des hommes dans la conversation sur les autres sujets qu’intimes (13), ces auteures abordent avant tout la dimension psychologique des relations, ce qui peut tout de même fournir des pistes intéressantes. Les descriptions souvent assez fines et justes permettent alors aux auteures de faire passer d’autant mieux leurs explications pourtant critiquables. Le "phobique de l’engagement", puisque d’entrée de jeu on lui colle une pathologie sur le dos, est décrit ainsi: à peine a-t-il séduit sa partenaire qu’il l’abandonne en courant, la laissant culpabiliser et chercher ce qui cloche chez elle. Bon, le trait est un peu caricatural, mais pas tant que ça finalement. Encore faut-il comprendre le pourquoi de ce mécanisme au-delà du comment.

De nombreuses causes possibles sont énumérées: crainte des "femmes nouvelles", fortes et indépendantes, doublé d’un complexe d’infériorité de l’homme; immaturité des hommes, doublée d’un refus de grandir; philosophie du playboy (ne pas s’engager avant d’être sûr qu’il n’y a pas mieux sur le marché matrimonial); conflits oedipiens, conflits de dualité du type femme-madone, femme-putain; peur du rejet, égoïsme, narcissisme, piètre estime de soi, etc. Toutefois, l’explication centrale qui est retenue est confondante de simplicité, mais surtout de simplification. L’homme est phobique car il souffre d’une phobie. Il fallait y penser ! Il y a ainsi une identification entre les réactions et les symptômes de la claustrophobie et ceux de la phobie de l’engagement. Et le tour est joué: "La phobie de l’engagement est une phobie véritable, accompagnée de sa panoplie symptomatologique physique et psychologique" (14). Il me semble toutefois que cette explication n’explique en fait rien, même s’il est précisé que cette phobie semble ne pas se localiser qu’à ce seul niveau mais touche tous les domaines où des choix doivent être faits. Je tiens à préciser ici que je ne cherche pas une justification quelconque de mon comportement en tentant de naturaliser ces modes de gérer l’émotionnel à travers un livre de psychologie. J’ai essayé de montrer l’origine sociale de ces différences genrées et je vais tenter d’esquisser quelques pistes en vue de les dépasser, comme par exemple à l’aide d’une psychothérapie.

4. Psycho-thérapie: instrument de libération ou de dépolitisation?

Même si une psychothérapie peut effectivement apporter énor-mément à celle ou celui qui en bénéficie, elle pose problème à un niveau politique, à savoir qu’elle a tendance à individualiser les problèmes, même s’ils sont effectivement vécus de manière individuelle, et à avoir ainsi un effet dépolitisant. Il est toutefois possible d’envisager une combinaison entre politique féministe et un travail thérapeu-tique individuel ou collectif (15). Je suis mal à l’aise pour parler de psychothérapie car, après en avoir commencé une durant un mois, j’ai arrêté. Je sens bien qu’il y a là un potentiel libérateur, mais peut-être me faut-il encore un peu de temps et de chemin pour accepter de parler de moi. Cet article fonctionne peut-être à cet égard comme un début de thérapie.

Ayant de la peine à verbaliser, à exprimer et à extérioriser mes sentiments, positifs ou négatifs, j’ai tendance à prendre sur moi, et donc faire peser sur mon corps toutes les tensions qui restent le plus souvent à l’intérieur. En terme psychologique et médical, on appelle cela somatiser, c’est-à-dire qu’un problème qui ne peut se formaliser par le langage va sortir sous forme de symptôme maladif. Le corps exprime alors à sa façon un sentiment refoulé en s’attaquant à l’organe le plus faible ou prédisposé à pécloter. Dans mon cas, c’était le pancréas puis, après l’opération, l’oreille gauche. Ce sont ces événements qui m’ont fait prendre conscience, en plus des diverses discussions que j’ai pu avoir, que l’expression verbale est importante pour ne pas faire payer à mon corps cette socialisation de garçon endurci à ne rien faire transparaître de ses sentiments et de ses émotions, comportement jugé souvent trop féminin.

Les problèmes d’oreille dont j’étais conscient qu’ils n’étaient pas que physiologiques et des discussions avec une personne ayant suivi cette thérapie, m’ont conduit vers une méthode auditive. Celle-ci consiste à écouter de la musique filtrée qui agit sur l’oreille et le cerveau. Cette démarche en douceur, progressive, par la musique, est censée avoir des effets sur la gestion des émotions, son rapport avec le passé, permettre d’être davantage présent dans son corps et un peu moins dans la tête à gamberger. Il s’agit surtout d’une thérapie de l’écoute qui permet de réélargir la gamme des fréquences que l’on peut entendre. Avec les chocs physiques ou émotionnels non digérés, l’oreille peut en effet se construire une protection, une distance au monde. Retrouver une bonne capacité d’écoute est toutefois primordial, puisque pour pouvoir communiquer et s’exprimer, il faut savoir être à l’écoute des autres et de soi-même. Je parlais tout à l’heure de l’image du mur, et bien j’ai appris à me construire une protection face aux autres pour ne pas être atteint, ne pas souffrir. Cela correspond du reste au modèle que la société sexiste attend des hommes: qu’ils soient forts, ne pleurent pas et donc ne parlent pas d’eux-mêmes. Bien sûr, cette méthode n’est pas incompatible avec d’autres thérapies, mais elle m’a semblé intéressante car elle permet de retrouver contact avec ses émotions sans passer par la parole et la mise en mots de ses malaises, même si les idées fusent lors de l’écoute de musique. Il ne s’agit pas d’une formule magique extérieure à soi. Cette méthode demande également un travail sur soi réflexif où l’on est partie prenante. Je suis conscient néanmoins que j’ai encore du pain sur la planche, mais disons que j’entrevois un petit peu plus la lumière qui devrait me permettre de ne plus rester un handicapé du sentiment. Mes derniers échecs amoureux me rendent toutefois modeste dans mes progrès !

5. Au-delà du psychologique, la domination masculine...

Bon, je n’ai pas encore répondu entièrement à la question de savoir pourquoi une partie des hommes adoptent le comportement décrit ci-dessus. L’explication psycho-logique, même si elle peut avoir une certaine pertinence, semble donc insuffisante, car elle n’envisage quasiment pas les rapports entre les femmes et les hommes sous l’angle de la domination masculine. En effet, il me semble que l’on comprend mieux ces compor-tements si on les remet dans un cadre d’analyse plus global, le sexisme, qui fait que les hommes sont davantage définis en tant que sujets, acteurs, autonomes et les femmes en tant qu’objets, passives, spectatrices et dépendantes. On comprend mieux alors que si l’homme se (com)plaît dans son rôle, c’est que celui-ci lui confère une position de domination. Si l’homme a peur de la relation, c’est sans doute qu’il a peur de perdre son autonomie et sa toute-puissance. Et cela d’autant plus si avoir une relation signifie également la construire, la nourrir et donc de s’occuper de la dimension psycho-affective qui lui est liée.

Le paradoxe étant que sa domination repose ainsi sur une délégation du boulot du rôle expressif qui rend l’homme potentiellement dépendant des femmes, de leur capacité à lui prodiguer des soins et de l’amour, le faisant rechercher une nouvelle maman chez sa copine-amante. Etant davantage conditionné socialement à discourir de politique (au sens large), de voiture ou de football que de relation humaine, il ne se risque que timidement sur un terrain qu’il ne maîtrise pas très bien et qui, de plus, n’est pas forcément très valorisé socialement, si tant est que ce travail soit même visible. Cette autonomie, ou indépendance, si chère à l’homme, qui le fait ainsi paniquer dans une relation où il a l’impression de ne plus être autonome, semble être au coeur de la domination, du moins tant que ce sont les hommes qui en profitent seuls, au détriment des femmes.

Corinne Monnet parle à ce propos "de refus de la part des hommes et non d’incapacité de parler de soi et de l’intime. [...] Si les hommes éprouvent des difficultés dans leur relation à autrui, induites par leur non expression de leurs émotions et non-parole sur l’intime, ce n’est pas dû à la seule socialisation masculine [...] mais aussi à leur désir de dominer. Exprimer ses émotions tend fortement à réduire sa position de pouvoir, le pouvoir ayant de forts liens avec la non-expression de la vulnérabilité. Les hommes ne sont pas des agents passifs du patriarcat, mais bien actifs" (16). Pour ma part, et bien que je puisse souscrire à cette analyse, je pense qu’il y a un déficit réel des hommes à un accès à des outils psychologiques d’(auto)-analyse et à des discussions personnelles, qui s’expliquent en grande partie par leur socialisation sexiste, mais également du fait qu’en tant que dominants, ils n’éprouvent pas le besoin de s’analyser, mais que s’ils l’éprouvent ils sont désemparés, s’adressant alors d’abord, mais pas toujours, à une amie plutôt qu’à un ami. Pour Monnet, "l’indépendance masculine repose la plupart du temps sur la négation pure et simple d’autrui, ou sur son esclavage, au moins au niveau des affections et des besoins. Ce qui n’est pas sans rappeler que leur présence dans la sphère publique, ce sont les femmes qui la payent par le confinement dans la sphère privée. Ce sont rarement eux qui s’occupent de leurs propres besoins (domestiques, corporels, humains, affectifs...) mais ce sont bien eux dont les besoins sont pris en charge par d’autres, des femmes en l’occurrence. Comme il est alors facile de se concevoir indépendant et sans besoins quand les femmes y pensent et s’en occupent à leur place ! Mais comment peut-on parler d’indépendance et d’autonomie quand on construit sa liberté sur l’esclavage d’autrui?" (17).

Elle préfère du reste le terme d’autonomie à celui d’égalité qui suppose deux termes où l’un va nécessairement fonctionner comme modèle ou référant. L’autonomie de tout être humain, indépen-damment de son genre, au contraire de l’idée d’égalité, permet d’envisager la "destruction des catégories ‘femmes’ et ‘hommes’". Alors, seulement, on pourra parler de réelle égalité" (18).

6. La sortie, c’est par où ?

Un moyen de sortir de ce type de relations inégalitaires, et donc de combattre la domination masculine, semble donc se jouer de part et d’autre. Les hommes doivent en effet apprendre à mieux gérer leurs relations aux autres (femmes ou hommes), à ne plus déléguer cette tâche de la préoccupation du lien. C’est un travail long et difficile, car étant en position de dominant, l’homme n’a pas forcément intérêt à se remettre en question. Il me semble toutefois avoir tout à gagner à mieux se connaître, à mieux gérer ses émotions que sous la forme de la violence ou du silence. Si l’homme occupe davantage ce terrain de l’affectif, de la gestion du sentiment, du communicationnel, du lien avec les autres, cela pourrait laisser ainsi davantage la possibilité aux femmes de ne plus porter la relation à elles toutes seules, à conquérir des espaces d’autonomie qui les rendent moins dépendantes psychologiquement dans leur relation. Corinne Monnet lance ainsi un message d’espoir: "revendiquer l’autonomie, c’est revendiquer le fait de pouvoir se définir soi-même dans les termes que l’on choisit. C’est revendiquer l’autodétermination complète de toutes les sphères de notre existence: politique, sociale, économique, sentimentale, intellectuelle et sexuelle. L’autonomie, c’est la liberté de se déterminer soi-même, de vivre sa propre vie et de fixer ses propres buts. [...] Les femmes doivent donc se prendre comme objets de leurs préoccupations et se rediriger vers elles-mêmes. [...] Quand la conscience de soi est noyée par la conscience excessive des autres, on ne peut se créer sujet. Ceci, évidemment, est bien une conséquence de l’appropriation des femmes par les hommes" (19).

Même si l’on ne peut pas claquer des doigts pour qu’il se réalise, cet appel me semble tracer des perspectives très intéressantes pour qu’un jour, peut-être pas si éloigné, nous atteignions une situation affective et communicationnelle équilibrée. Il ne s’agit pas d’un programme précis en trois points, sorte de mode d’emploi définitif, mais de propositions ouvertes qui peuvent être reprises dans un dialogue que ce texte se propose de poursuivre avec le livre de Corinne Monnet, Léo Vidal et d’autres, ainsi qu’avec toutes celles et tous ceux qui luttent pour un monde offrant le plus de liberté possible en dehors des barrières cloisonnées des comportements sexués traditionnels.

Je reste évidemment conscient que les schèmes de pensées qui nous poussent à agir sont si profonds que l’on peut parfois douter de la possibilité de déplacer des montagnes le plus souvent inconscientes, qui pèsent sur nos modes de penser et d’agir. Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain pourrait-on répondre à cela. Il y a en effet de nouveaux espaces de liberté. La gamme des rôles et des répertoires à disposition des hommes se sont très largement ouverts, ce qui ne veut pas encore dire que tous les hommes s’y soient engouffrés, ni que ces modèles ne réintroduisent pas par la petite porte le sexisme qu’on croyait avoir jeté par la fenêtre. Cheveux longs, mode unisexe, look androgyne, mouvement gay, drag-queen et queers semblent ouvrir de nouveaux horizons qui mettent à mal les modèles traditionnels de la masculinité (20), au moins au niveau de l’apparence des genres, mais sans toutefois remettre forcément en cause cette question de l’expressivité et sans déconstruire totalement le genre masculin.

On assiste également à ce que Welzer-Lang appelle la troisième vague du mouvement anti-sexiste. Après les premiers groupes d’hommes nés dans les années 75/80, la deuxième vague, d’inspiration New Age ou psychanalytique, et à mon avis plus discutable (21) mais pas forcément inintéressante, est apparue, même en Suisse romande, à la suite des écrits de Guy Corneau et Robert Bly (pape du Men’s movement aux Etats-Unis) ou Paule Salomon (des groupes "Femme Solaire" et "Homme Lunaire") (22). Il y a parfois des relents essentialistes ("renouer avec son identité profonde", la "masculinité retrouvée"), mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi les groupes inspirés de Bly (auteur de "L’homme sauvage et l’enfant", Seuil, 1992) sont passés du concept de New Warriors (nouveaux guerriers) à celui plus soft de Mankind Project (projet d’humanité); d’autres inspirés par Salomon proposent de devenir un guerrier amant (23). Enfin, une troisième vague semble se profiler, permettant un certain renouveau dans la lutte pour une réflexion et une redéfinition de la masculinité (avant son dépassement comme catégorie ?). Ainsi, des collectifs antisexistes, mixtes ou non, se disant souvent pro-féministes, notamment dans le sillage du médiatique Daniel Welzer-Lang (rescapé de la première vague), voient le jour et s’organisent en réseau européen, notamment à travers le réseau de l’Internet (http://users.skynet.be/profeminist). Tous ces groupes ont le plus souvent en commun de permettre à des hommes d’enlever leur masque, d’exprimer ce qu’ils ressentent, de discuter de leurs problèmes à coeur ouvert, dire leur vulnérabilité, découvrir leur capacité de solidarité. On y apprend aussi à oser toucher l’autre, grand tabou chez les hommes.

7.Conclusion

Pour conclure, je dirais que les chemins vers cette autonomie pour la plus grande liberté dans des relations affectives responsables sont multiples. Ils peuvent passer par des renégociations entre femmes et hommes (par exemple sur la norme du rangé et du désordre dans le ménage), un changement dans les rapports entre hommes qui soient moins basés sur la compétition et davantage sur l’écoute et le partage. A ce sujet, Welzer-Lang ne croit pas que "les rapports des hommes et des femmes puissent changer si les rapports entre hommes ne changent pas" (24).

Il parle en outre d’un changement de posture par rapport à une pédagogie d’intervention. Il ne s’agit pas sur ces questions de culpabiliser les hommes, de leurs extorquer des aveux, mais de "parler de plaisirs à acquérir, d’autres plaisirs qui ne soient plus oppressifs pour les femmes, ni aliénants pour les hommes. [...] L’éducation masculine nous restreint nos plaisirs. Si on arrive à dépasser cela, on en vivra encore plus" (25). Ainsi au niveau de la sexualité, débarrassés des rôles sexuels, les hommes pourraient devenir libres d’éprouver des sentiments au lieu d’être tenus aux performances, de prendre autant que de donner, d’être inconstants et incertains, d’apprendre à connaître toutes les zones érogènes de leur corps plutôt que de se concentrer uniquement sur leurs parties génitales (26).

Une voie possible, outre les groupes autonomes non-mixtes de femmes et d’hommes qui un jour confronteront les résultats de leurs discussions, réside dans une action politique au quotidien. Cela peut passer notamment par une réflexion sur la sexualité, très peu abordée ici, le couple, la monogamie et la jalousie. Monnet et Vidal ouvrent à ce propos des pistes très stimulantes, même si la prégnance du modèle traditionnel est lourde et qu’il est difficile de se dire que ce qui nous est le plus intime et personnel, les formes de relation sentimentale (exclusive ou non), nos "goûts" hétérosexuels ou non, sont également ce qui est sans doute le plus conditionné socialement par des normes puissantes. Aller à leur encontre nous semble relever d’une démarche forcée. Un contre-modèle tout aussi obligatoire n’est du reste pas non plus souhaitable, mais des expériences alternatives ne peuvent que nous ouvrir à d’autres horizons, les modèles traditionnels ayant également montré leurs limites (même si le couple n’empêche pas à tous les coups une certaine autonomie pour les deux partenaires).

Dépasser les modèles traditionnels et sexistes, cela peut passer par divers outils, plus ou moins tolérés socialement, comme ceux présentés jusqu’ici, ou d’autres vus comme plus irréalisables. Ainsi, une égalité bisexuelle, telle que la discute Vidal, peut à cet égard faire "prendre conscience aux hommes que le sexisme est bien là et que les rapports entre hommes sont froids, superficiels et durs. [...] Développer des rapports tendres, amoureux, sexuels avec d’autres hommes peut faire comprendre à quel point leurs relations hétérosexuelles sont dominantes et inégales" (27).

Les relations libres sont également une possibilité de gérer de façon non possessive, non exclusive, l’amour, le sentiment amoureux, la tendresse, l’intimité et la sexualité, même si elles sont devenues plutôt synonyme de baise phallocrate et d’accès libre aux femmes (28). Malgré toutes les difficultés, le soin et la sensibilité que cela comporte (gérer sa propre jalousie, sa possessivité, sa peur de l’abandon, vouloir sincèrement le bonheur et la liberté de l’autre, traiter de façon responsable les différentes personnes avec qui on a une histoire), ce type de relation peut agrandir et renforcer la liberté et l’indépendance mutuelle. Monnet parle à ce propos de non-monogamie responsable, une non exclusivité, ne posant aucune limite réintroduisant la monogamie par la petite porte. Le modèle de l’amitié, non exclusif, où l’on désire le bonheur et la liberté de l’autre, et non pas sa dépendance, peut servir de modèle à ce type de relations sous forme d’"amitié sexuelle non monogame". Pour elle toutefois, ce type de relation n’est souhaitable et enrichissant que dans un certain cadre: une forte volonté personnelle libre et choisie de vivre pour soi-même et non pour faire plaisir à l’autre, une parole libre et ouverte dans un climat de confiance et d’échange et un désir de travail sur soi et ses relations (29). Elle montre bien, en effet, en partant de sa propre expérience, combien ce chemin n’est pas aisé, qu’il nécessite un travail, une déconstruction de notre vision traditionnelle de l’amour monogame (aimer plus qu’une personne à la fois, sans penser qu’on le fait en attendant la personne idéale et adéquate qui nous apportera tout), un combat interne mené contre la peur de la douleur, combat qui lui semble "décisif lorsque l’on cherche à vivre autrement et que l’on est dans un processus d’autonomi-sation, générant indubitablement au minimum de l’anxiété. [...] Mais c’est un sentiment profond de libération qui fera suite à cette douleur" (30).

Yves Sancey


1. Textes réunis par Corinne Monnet et Léo Vidal, Au-delà du personnel. Pour une transformation politique du personnel, Atelier de création libertaire, BP 1186, 69202 Lyon, 1997.
2. Cette question pourrait également se poser sous la forme: "pourquoi les hommes ont-ils peur d’aimer ?", comme le suggère l’ouvrage de Steven Carter et Julia Sokol, Ces hommes qui ont peur d’aimer, [Men who can’t love, en anglais], Coll. J’ai lu, 1990.
3. Cf. Collectif Femmes en grève - Lausanne, Le temps compté de l’égalité. Réflexions féministes, Lausanne, 1998, p. 12.
4. Cf. à ce sujet deux ouvrages pionniers remaquables: Georges Falconnet et Nadine Lefaucheur, La fabrication des mâles, Combat Seuil, Paris, 1975 et Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles, Ed des Femmes, 1974.
5. Daniel Welzer-Lang, "Les transgressions sociales des définitions de la masculinité", in Collectif, La place des femmes, La Découverte, Paris, 1995, p. 445.
6. Cf. George L. Mosse, L’image de l’homme. L’invention de la virilité moderne, Ed. Abbevile, Paris, 1997, pp. 11-13.
7. Cf. François de Singly, Le soi, le couple et la famille, Ed. Nathan, Paris, 1996, p. 9.
8. Cf. Pascale Noizet, L’Idée moderne d’amour. Entre sexe et genre: vers une théorie du sexologème, Ed. Kimé, Paris, 1996.
9. Cf. Nadège Severac, Des styles communicationnels dans le couple, mémoire de maîtrise de sociologie, Université de Paris V, sous la direction de F. de Singly, 1995.
10. François de Singly, op. cit., p. 52.
11. "Père manquant, fils manqué", suggérait en 1989 le psychanalyste médiatique Guy Corneau dont on peut critiquer la dimension normative de ses écrits. Qu’est-ce en effet qu’un fils réussi? Pour Corneau, "dans notre culture, en l’absence de modèles paternels adéquats, je veux dire par là de figures paternelles compréhensives et affectueuses, les hommes, au lieu de se développer positivement en rapport avec la sensibilité paternelle, se développent négativement contre l’image maternelle. Ils procèdent ainsi pour ne pas être assimilés aux femmes. [...] Ce qui signifie que, pour être "un homme un vrai", il faut se couper de l’expression de ses émotions, de sa sensibilité, voire de sa sensualité", Psychologies magazine, décembre 1998, p. 60.
12. Cf. Steven Carter et Julia Sokol, op. cit. On pourrait allonger la liste, avec des titres tels que "La liberté dans la relation affective" de Colette Portelance ou "Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus" de John Gray, dont le côté mode d’emploi à l’américaine lui a valu un grand succès de librairie.
13. Cf. Corinne Monnet, "La répartition des tâches entre femmes et hommes dans le travail conversationnel", Nouvelles questions féministes, vol. 19, 1998.
14. Steven Carter et Julia Sokol, op. cit., p. 75.
15. Pour une réflexion sur la psychothérapie et sur différents outils pour le changement du personnel, des mécanismes contre le patriarcat, donc l’autoritaire, je vous renvoie à l’article très intéressant, qui ne parle pas que de ça du reste, de Léo Vidal, "Anarchisme, féminisme et la transformation du personnel", Au-delà du personnel..., art. cit., pp. 119-125.
16. Corinne Monnet, "A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité", Au-delà du personnel..., art. cit., p. 197.
17. Ibid., pp. 185-186.
18. Ibid., p. 186.
19. Ibid., pp. 186-187.
20. Cf. à ce propos Daniel Welzer-Lang, "Les transgressions sociales des définitions de la masculinité", art. cit., où il conclut: "Opposées à la dualité des modèles masculins de masculinité et de féminité, les remises en question maintenant masculines du sexisme et du patriarcat voient apparaître de nouveaux modèles, plein de modèles, où les luttes internes aux rapports sociaux de sexe trouvent d’autres lieux de débats, de luttes" (p. 451).
21. Pour une critique de ces groupes, cf. Daniel Welzer-Lang, "Une longue marche vers l’autonomie", Les Temps Modernes, avril-mai 1997, pp. 215-216. Je n’aborderais pas ici les mouvements de pères divorcés qui focalisent les rapports hommes-femmes sur les conflits liés à la garde des enfants qui, s’ils soulèvent des questions importantes, servent souvent d’alibi à des propos très réactionnaires et anti-féministes primaires. 22. Solaire et lunaire en référence à l’intégration du masculin et du féminin. Cf. Dossier (de 27 pages !) "Comment les hommes sont en train de changer", Psychologies magazine, décembre 1998. Absent et exclu de marque de ce dossier: Welzer-Lang !
23. Paule Salomon a ouvert des groupes de parole pour hommes en France, où elle leur propose de "retrouver l’homme sauvage et de réunir leur tête, leur coeur et leur sexe afin de devenir puissants, aimants, conscients: des guerriers-amants" (Ibid., p. 82).
24. "Crise d’identité masculine: une tarte à la crème", interview de D. Welzer-Lang, Femmes suisses, avril 1998.
25. "Et si on parlait des hommes...", Interview de D. Welzer-Lang, Courant alternatif, mars 1998.
26. Cf. à ce propos le remarquable ouvrage pionnier sur une réflexion féministe et thérapeutique sur la sexualité féminine, mais également masculine, de Carmen Kerr, Le sexe au féminin [titre original: Sex for Woman], 1977, Les éditions de l’Homme, Québec, 1979.
27. Léo Vidal, "Anarchisme, féminisme et la transformation du personnel", art. cit., p. 120.
28. Cf. ibid., p. 122.
29. Cf. Corinne Monnet, "A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétéro-sexualité", art. cit., pp. 192-193.
30. Ibid., p. 191.
La page origine : http://home.graffiti.net/flagrant-delit/Textes/fd10_affect.html