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Origine :
http://denis.bouhineau.free.fr/castoriadis.htm
voici quelques propos repris de ce livret, forts rafraichissants (essentiellement
des citations et des références à la grèce antique), rafraichissants
même si parfois ils se situent en opposition avec ma pensée. Les citations
(parfois très légèrement reformulées) et références sont prises dans
l'édition de l'aube, 1998. Pour avoir le texte complet, et original,
s'addresser à Harmonia Mundi qui en fait la diffusion. (39 francs
pour une vingtaine de pages.)
Sur la liberté
- Périclès, dans l'Oraison funèbre prononcée devant les Athéniens,
dit : "Nous sommes les seuls chez qui la réflexion n'inhibe
pas l'action." C'est admirable ! Il ajoute : "Les autres,
ou bien ils ne réfléchissent pas et ils sont téméraires, ils commettent
des absurdités, ou bien en réfléchissant, ils ne font rien parce
qu'ils se disent : il y a ce discours et il y a le discours contraire."
(p. 30)
- La liberté, c'est très difficile.Démocratie difficile parce
que liberté, et liberté difficile parce que démocratie. Parce
qu'il est très facile de se laisser aller, l'homme est un animal
paresseux, on l'a dit. Là encore, je reviens à mes ancêtres, il
y a une phrase merveilleuse de Thucydide : "Il faut choisir
: se reposer ou être libre." Je crois que c'est Périclès qui
dit cela aux Athéniens : "Si vous voulez être libres, il faut
travailler" Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez
pas vous assoir devant la télé. Vous n'êtes pas libre quand vous
êtes devant la télé. Vous croyez être libre en zappant comme un
imbécile, vous n'êtes pas libre, c'est une fausse liberté. La
liberté n'est pas seulement l'âne de Buridan qui choisit entre
deux tas de foin. La liberté, c'est l'activité. (p. 36)
Sur la démocratie
- La politique est un métier bizarre. Parce qu'elle présuppose
deux capacités qui n'ont aucun rapport intrinsèque. La première,
c'est d'accéder au pouvoir. [...] La deuxième capacité, c'est,
une fois qu'on est ua pouvoir, d'en faire quelque chose, c'est-à-dire
de gouverner. (p. 13)
- Il y a la merveilleuse phrase d'Aristote : "Qui est citoyen
? Est citoyen quelqu'un qui est capable de gouverner et d'être
gouverné." (p. 15)
- Edgar Morin parle du généraliste et du spécialiste. Le généraliste
qui ne sait à peu près rien sur un peu tout et le spécialiste
qui sait tout sur une seule chose mais pas le reste. Platon disait
que les philosophes doivent règner, eux qui sont au dessus des
spécialistes. Dans la théorie de Platon, ils ont une vue du tout.
L'autre terme de l'alternative était la démocratie athénienne.
[...] Ce sont les Grecs qui ont inventé les élections. C'est un
fait historiquement attesté. Ils ont peut-être eu tort, mais ils
ont inventé les élections ! Qui élisaient-on à Athènes ? On n'élisait
pas les magistrats. Les magistrats étaient désignés par tirage
au sort ou par rotation. Pour Aristote, souvenez-vous, un citoyen
est celui qui est capable de gouverner et d'être gouverné.
Tout le monde est capable de gouverner, donc on tire au sort.
Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une affaire de spécialistes.
Il n'y a pas de science de la politique.Il y a une opinion, la
doxa des Grecs, il n'y a pas d'epistemé. Je vous fais remarquer
d'ailleurs que l'idée qu'il n'y a pas de spécialistes de la politique
et que les opinions se valent est la seule justificaion raisonnable
du principe majoritaire. Donc chez les Grecs, le peuple décide
et les magistrats sont tirés au sort ou par rotation. Il y a des
activités spécialisées [...], la mise en place des chantiers navals,
la construction des temples, la conduite de la guerre, il faut
des spécialistes. Donc ceux-là sont élus.C'est cela l'élection.
Parce que élection, cela veut dire élection des meilleurs. Et
sur quoi se base-t-on pour élire les meilleurs ? Eh bien, là,
intervient l'éducation du peuple, car il est amené à choisir.
(p. 23)
page écrite en la mémoire du castor par <denis.bouhineau.free.fr>
http://denis.bouhineau.free.fr.
Origine :
http://denis.bouhineau.free.fr/castoriadis.htm
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