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La mémoire des lieux entretient le souvenir de la Résistance
Dominique Bloyet
Presse-Océan


Origine : http://www.nantes.maville.com/Actualit%C3%A9/re/actudet/actu_-554213------_actu.html


vendredi 08 février 2008

Le comité du souvenir rendra hommage, ce week-end, aux résistants communistes exécutés en 1943 pour faits de résistance et à l'ensemble des fusillés du département.
Longtemps, leur souvenir est resté enfoui dans les mémoires. Du moins jusqu'en 1993 quand le Rezéen Michel Doisneau a ravivé leur mémoire.

Après l'hommage collectif de la Ville de Rezé, dont nombre d'entre eux étaient originaires, suivi de celui de Nantes, le Comité du souvenir des fusillés de Nantes et Châteaubriant a pris le relais pour pérenniser le sacrifice de ces militants communistes fusillés en 1943 à l'issue de deux parodies de procès, à Nantes et à Rennes.

Samedi à Nantes

Mais en cette année de 65e anniversaire, le comité a décidé d'élargir l'hommage à tous les fusillés du champ de tir du Bêle, le pas de tir militaire, sur la route de Saint-Joseph-de-Porterie à Nantes où les Allemands exécutaient leurs basses oeuvres. « Samedi matin, à 10 h, nous ferons l'appel des 77 fusillés et le petit-fils de Marcel Boissard qui a été fusillé le 13 février 1943 lira la dernière lettre de son grand-père. Une vraie lettre d'amour et d'espoir », explique Joël Busson, le président du comité du souvenir.

Dimanche à La Chapelle-Basse-Mer

Le lendemain, à 11 h, un deuxième hommage sera rendu au cimetière de La Chapelle-Basse-Mer, où furent entre autres inhumés les militants espagnols exécutés après le Procès des 42. « L'une des filles et les petits enfants de Gomez Olliero seront présents. C'est sans doute la dernière fois que la fille se déplacera en France », précise Carlos Fernandez, vice-président du comité.

À Moisdon-la-Rivière le 13 avril avec les gens du voyage

L'association souhaite également mettre en exergue les lieux de mémoire. À commencer par le camp de la Forge, à Moisdon-la-Rivière, où furent internés 827 Espagnols (femmes et enfants compris) puis 320 nomades. « Pour la première fois depuis la Libération, nous allons honorer, le 13 avril prochain avec l'association des gens du voyage, la mémoire de ces internés. Et nous espérons, l'année prochaine, pouvoir apposer une plaque rappelant la mémoire des lieux ».

Cette cérémonie donnera également l'occasion de fleurir la tombe de Raymond Laforge, l'un des 27 otages de Châteaubriant et le seul dont le corps repose encore où les Allemands l'avaient inhumé.

Le camp du Croisic cet hiver

Autre lieu que le comité entend mettre en avant : la maison qui, au Croisic, accueillit le premier camp d'internement pour les politiques entre janvier et avril 1941 et par où sont passés plusieurs fusillés. « À la mi-décembre, la Ville a posé en catimini une plaque sur le trottoir, devant la propriété. Nous souhaitons marquer le coup en organisant une exposition et en rendant hommage au Dr Babin, interné de Châteaubriant, qui fut fusillé à la Blisière le 15 décembre 1941 et dont le père dirigeait l'usine électrique du Croisic ».

Dominique Bloyet

Presse-Océan