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Interview de Paule Salomon, sur son nouvel ouvrage ”Bienheureuse
infidélité”
paru aux Editions Albin Michel
Pourquoi ce titre qui semble un paradoxe : Bienheureuse infidélité
?
J’aime que les titres fassent réfléchir, la
Sainte folie du couple, mon précédent livre sur le
couple, exprimait aussi deux facettes de la vie dans laquelle chacun
de nous peut se reconnaître : D’une part ce désir
d’aimer et d’autre part cette difficulté à
aimer sans se trahir et sans empiéter sur le territoire de
l’autre ; comment concilier engagement et liberté ?
Dans les faits notre époque remet en question le couple à
vie fermé sur lui-même. Le nombre croissant des séparations
et des divorces est là pour en témoigner. L’émergence
individuelle est un phénomène de société
qui amène chaque personne à se rendre compte qu’elle
avance au cours du temps vers une connaissance d’elle-même
et des changements qui ne sont pas toujours compatibles avec les
engagements amoureux pris au début d’une vie. Les besoins
du « je » entrent en compétition avec ceux du
« nous ». C’est donc un livre qui tient compte
de la nécessaire fidélité à soi-même.
Et parfois pour être fidèle à soi-même,
à notre évolution, nous sommes amenés à
prendre le risque d’entrer dans un désordre amoureux,
à troubler l’ordre établi dans notre vie. L’authenticité
des sentiments ne se laisse pas enfermer dans un contrat ou une
promesse.
L’infidélité n’a-t-elle pas toujours
été considérée négativement ?
Justement le mot infidélité est chargé d’un
poids d’ombre et je souhaiterais le nettoyer pour le dédramatiser
et lui redonner sa place dans l’évolution de la conscience.
Nous fonctionnons beaucoup sur les catégories du bien et
du mal, nous perpétuons cette dualité qui ne correspond
pas à l’authenticité de la psyché humaine.
Nous sommes tous des êtres nécessairement fidèles
et infidèles. Comme la science avance d’erreurs rectifiées
en erreurs rectifiées, nous avançons de fidélités
anciennes à des fidélités nouvelles en passant
par des périodes de ruptures et de bouleversements. En nous
l’animal social tend à juguler et minimiser cette infidélité
au profit de la continuité, mais pour nous développer
nous avons besoin d’oser ressentir. La créativité
est à ce prix.
L’amour n’est-il pas menacé par cette ouverture
?
C’est la fermeture et l’immobilité qui tuent
l’amour.
Deux consciences qui restent libres se donnent suffisamment de place
pour évoluer vers elles-mêmes et enrichir le tissu
de la relation. L’amour a besoin d’espace et de renouvellement
individuel.
L’autre reste à jamais surprenant et mystérieux
quand il ne s’aliène pas. Précisément
parce que le couple est devenu une aventure amoureuse et non plus
une association d’intérêt, il a besoin d’être
repensé et de ne pas tomber dans le piège d’un
fusionnel romantique.
Nous cherchons un nouvel art d’aimer qui passe par la connaissance
de soi-même et des scénarios d’amour inachevé
avec papa, maman ; nous tentons d’apprendre à cesser
de contrôler l’autre et à nous remettre en question.
Quels modèles de couples préconisez-vous ?
La liberté prend bien des visages et il est très intéressant
de simplement regarder ce qui se passe dans notre société.
Nous sommes tous hommes et femmes très inventifs. L’ombre
du tiers rôde autour du couple, avec son corollaire la jalousie.
Exclure le tiers c’est la tentation du couple fusionnel.
Tous ceux qui ne veulent pas être deux moitiés mais
deux entiers vont inventer toutes sortes de formes nouvelles, des
espaces de liberté personnelle, dans le travail, les loisirs,
les modes d’habitation. On parle de couples cohabitants et
non cohabitants, de territoires personnels, de chambre à
part. Mais la question centrale reste celle de l’exclusivité
sexuelle. La fidélité amoureuse implique –t-elle
l’exclusivité sexuelle ? peut-on aimer une personne
et en désirer une autre ? Entre hommes et femmes quelles
sont les différences sur ce sujet ? La notion de polyfidélité
apporte-t-elle un élément de réponse ? C’est
en posant de vraies questions que nous avancerons tous ensemble
vers une forme d’amour qui ne soit plus fermeture mais ouverture.
Paule Salomon
Origine : http://hommefemme.joueb.com/news/75.shtml
ou
http://www.cerfpa.com/articles/dev_personnel/article_6.htm ou
http://www.magazine-clin-doeil.com/articles/dev_perso/article_6.htm
BIENHEUREUSE INFIDÉLITÉ
Auteur : Paule SALOMON
Editeur : Editions Albin Michel
Résumé
Au XXIe siècle la fidélité n'est peut-être
plus la vertu que l'on croit, source de bonheur et de stabilité,
mais plutôt une peur de s'ouvrir aux autres, de s'autoriser
le désir et l'affirmation de soi. Et l'infidélité,
ou la polyfidélité, peut se concevoir non plus comme
ce fauteur de trouble dans la paix conjugale mais comme une fidélité
à soi-même, à concevoir celle de l'autre, et
à être en accord avec soi.
Paule Salomon explore, au travers de nombreux exemples puisés
dans son expérience de thérapeute, ce continent noir
et secret de l'intime et de la passion, du désir et de la
jalousie. Elle tente de répondre aux questions cruciales
que pose toute relation amoureuse : le fait de vivre en couple est-il
synonyme d'exclusivité sexuelle, l'amour est-il monogame,
tout engagement est-il synonyme d'aliénation ? Il en ressort
une vision dynamique et inédite, loin des préjugés
et de la culpabilité, mettant l'accent sur la liberté,
l'attachement, le partage et la quête de soi.
L'auteur
Philosophe, Paule Salomon enseigne Le développement personnel
dans un esprit socratique de questionnement et d'accouchement des
êtres. Elle a enrichi son expérience par une recherche
spirituelle depuis plus de vingt ans. Elle s'est formée aux
principales techniques de psychothérapie et a réalisé
la synthèse de ces différentes approches dans son
creuset intérieur. Son travail est indépendant de
toute appartenance religieuse ou philosophique. Elle ne transmet
que son expérience et propose une voie du coeur, un art de
l’être et un art d'aimer, enracinés dans La sagesse
du corps.
Ses recherches s'articulent autour de trois axes qu'elle développe
dans ses livres et ses séminaires :
1. La transformation des identités masculines et féminines
sur le plan social et individuel.
2. L’amour et la vie de couple, des aventures de conscience
qui demandent de développer une connaissance de soi et de
son ombre. Une sexualité tantrique.
3. Devenir créateur de sa vie, une oeuvre à part entière
qui implique une guérison des blessures du passé,
un développement du couple intérieur, une connaissance
du ressourcement.
Bonjour,
je viens de découvrir un livre qui remet fortement en cause
nos préjugés, hérités de l'ordre patriarcal
et religieux du passé : "Bienheureuse infidélité"
de Paule Salomon (Albin Michel), dont voici un résumé
:
"Au XXIe siècle la fidélité n'est peut-être
plus la vertu que l'on croit, source de bonheur et de stabilité,
mais plutôt une peur de s'ouvrir aux autres, de s'autoriser
le désir et l'affirmation de soi. Et l'infidélité,
ou la polyfidélité, peut se concevoir non plus comme
ce fauteur de trouble dans la paix conjugale mais comme une fidélité
à soi-même, à concevoir celle de l'autre, et
à être en accord avec soi.
Paule Salomon explore, au travers de nombreux exemples puisés
dans son expérience de thérapeute, ce continent noir
et secret de l'intime et de la passion, du désir et de la
jalousie. Elle tente de répondre aux questions cruciales
que pose toute relation amoureuse : le fait de vivre en couple est-il
synonyme d'exclusivité sexuelle, l'amour est-il monogame,
tout engagement est-il synonyme d'aliénation ? Il en ressort
une vision dynamique et inédite, loin des préjugés
et de la culpabilité, mettant l'accent sur la liberté,
l'attachement, le partage et la quête de soi."
Lu sur Paule Salomon.org :
"C’est le livre d’Alan Watts "Bienheureuse
insécurité" qui a inspiré le titre de
ce livre.
« Vivre dans une société fondée sur la
quête de sécurité c’est comme disputer
une épreuve de rétention du souffle où tout
le monde se tendrait comme la peau d’un tambour et deviendrait
rouge comme un betterave ».
« Ce besoin de sécurité est en lui-même
une contradiction et une source de douleur, plus nous essaierons
de l’assouvir, plus nous en souffrirons ».Il en est
de même de la fidélité exclusive.
IL y a deux logiques différentes aujourd’hui : la
logique des couples qui considèrent que vaille que vaille
ils doivent se discipliner pour rester fidèles et exclusifs
avec un partenaire unique et la logique des couples qui considèrent
que leur objectif est d’ouvrir leur couple sans porter atteinte
à leur engagement l’un vers l’autre. La question
qui se pose alors est : que devient la tierce personne? Fait-elle
partie elle-même d’un couple ou vit-elle un célibat
accepté ou contraint?
Dans une certaine mesure ce livre est une tentative pour poser une
passerelle entre ces deux logiques. Le couple était fondé
sur une logique d’exclusion du tiers et il cherche désormais
à inclure le tiers.
C’est un livre « urgent » qui touche au plein
cœur de nos contradictions sociales, de nos bouleversements
d’identité homme / femme, de nos passions, de notre
désir d’aimer et d’être aimé. Sans
complaisance il dénonce l’aspect oppressif de la fidélité
et salue la beauté de l’engagement mutuel. Il évoque
l’infidélité comme un facteur de liberté
individuelle et propose de sortir la fidélité et l’infidélité
d’une morale dualiste. Les termes de polyfidélité
et polyamour apportent une ouverture . Mais c’est le terme
de fidélité à soi-même qui sera décisif
dans cette compréhension nouvelles des relations homme /femme.
La fidélité du couple doit-elle continuer d’être
bâtie sur l’exclusivité sexuelle ? Les questions
sont pertinentes, les idées sont fortes , les formules incisives,
le ton nouveau.
Ce livre donne de l’énergie.
Origine : http://www.paulesalomon.org/pages/bienheureuse.htm
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