LES APPARENCES ???
"Tout n'est qu'apparence" par Christine Strohl-Grün (extraits)
Le miroir des alouettes...
L'apparence, c'est l'aspect extérieur d'une chose ou d'une personne.
La façon dont elle se présente à la vue. Son air,
son aspect, sa mine. Ce qu'une chose (et par extension une personne)
semble être, par opposition à ce qu'elle est réellement.
Ce qu'elle est extérieurement. Vraisemblablement. Superficiellement.
Ce qui est apparent, c'est ce qui est bien visible. Ce qui apparaît
clairement. Au grand jour. Ce qui paraît Vrai. Ecartant les zones
d'ombre. Mais cela peut également signifier, l'Illusion. Comme
"la grandeur apparente du soleil", qui n'est pas tel qu'il
paraît être. Ce mot se rapporte également à
une différence, lorsqu'il évoque "le poids apparent
d'un corps dans un fluide". C'est à dire, la différence
entre le poids réel et la poussée d'Archimède,
en physique.
Quand il devient verbe, du premier groupe de l'indicatif, apparenter
: il évoque des points communs, une ressemblance, un lien de
parenté. Mais que viennent faire les parents dans tous ça?
On sait depuis Freud qu'ils ont une influence certaine (mais pas suffisante),
sur le développement de la personnalité, donc sur l'apprence
d'un individu. Mais encore?... Je m'égare. Comme d'hab. Dans
des élucubrations lacaniennes (quoi, il s'est retourné
dans sa tombe?), ou délirantes. C'est à chacun de voir.
Le visible...
Il est question du visible. Et par opposition, de l'invisible.
Différentes strates se superposent , avant de donner de nous
une image... visuelle de ce que nous sommes.
Mais dans image, il y a imaginaire.
L'image que l'on a de soi. L'image que nous renvoie un miroir. Son reflet.
Qu'il interprète et que nous interprétons à notre
tour. Selon notre humeur, nos codes culturels, éducationnels
etc... Cette image, nous la travaillons également en fonction
de l'idée que nous avons de nous, ou, plus profondément,
de ce que nous ressentons à travers nos sensations et nos émotions.
De la manière dont nous, nous situons dans ce monde. Ici et maintenant.
C'est tout cela que notre apparence dégage. Suivons-nous les
courants de la mode? A quel groupe social appartient-on? Veut-on s'y
conformer, ou au contraire montrer la révolte, ou la désapprobation
qu'il nous évoque? Quelle apparence cherche-t-on à (se)
donner?
La domination par l'image...
Pierre Bourdieu, sociologue émérite, décédé
le 23 janvier de cette année à longuement étudié
la question des règles qui régissent la société.
Et par là même, de l'apparence qu'elle nous impose malgré
nous. Et ce, afin de mieux faire accepter à chacun la domination
dont il est l'objet.
"Nous avons, hommes et femmes, tellement bien intégré
le modèle masculin (viril, courageux et moral) et le modèle
féminin (réservée, souriante et discrète)
qu'il agit comme un déclic en déclenchant, selon que l'on
soit homme ou femme, le comportement souhaitable."
On peut reprendre cette phrase en changeant les catégories. En
remplaçant ouvrier par cadre, homme par femme. Jeune par vieux.
Riche par pauvre etc... (Le travesti, l'usurpateur, le mythomane, étant
par essence des catégories marginales ou pathologiques n'entrant
pas dans les stéréotypes. Ceci avance masqué. Le
monde de l'apparence est celui qu'exprime leur nature profonde. Le je(u)
perpetuel sur l'apparence.)
Le professeur au Collège de France qui a écrit: "la
Distinction", et plus près de nous "la Misère
du monde", accordait autant d'importance à l'analyse des
implications sociales, au fait de se moucher dans un mouchoir en papier
ou en tissu, qu'aux jupes des filles.
Pour ce gourou du monde social, la jupe est un outil de domination des
hommes sur les femmes. " C'est un corset invisible, qui induit
l'entrave du corps et le souci de paraître." Mettre une jupe
impose "une tenue et retenue" et rappelle ainsi le statu de
la femme. C'est "une injonction culturelle destinée à
rappeler le système d'opposition masculin/féminin, qui
fonde l'ordre social."
Alors, les femmes, toutes des allumeuses? Ou ces messieurs n'auraient-ils
pas induit un rapport de pouvoir qui leur est agréable à
l'oeil, tout en parlant à leur imag(e)inaire?
Nonobstant ces phénomènes culturels liés au sexe,
notre société évolue aussi, au grès des
dominations économiques. Où l'image se consomme comme
les mouchoirs en papier, et où les contours sont de plus en plus
mis à mal. La bissexualité, par exemple, avec la trans-sexualité
ou les drag queen, brouillent à présent les repères.
Exubérants, se fichant des codes établis. Ils donnent
à voir l'ambiguïté des sexes. Cette frontière
fragile entre l'illusion et la réalité. Là où
se situe l'apparence, justement.
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Le lien d'origine : http://www.strasmag.com/02_dossiers/22_apparences/tout.htm